From the podium

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Son Excellence Pascal Couchepin (Vice Président de la Confédération suisse)

800 millions de personnes dans le monde sont encore sous-alimentées. Ce constat négatif pourrait nous décourager. Et pourtant, d'autres chiffres nous donnent confiance dans la possibilité d'améliorer la situation alimentaire dans le monde. Malgré l'augmentation très forte de la population mondiale, il a été possible de réduire de 1 milliard à 800 millions le nombre de personnes sous-alimentées. La productivité s'est fortement accrue dans l'agriculture au cours des 40 dernières années. La meilleure qualité des denrées alimentaires et l'amélioration des conditions d'hygiène et d'accès à l'eau potable ont entraîné un allongement de l'espérance de vie et une baisse de la mortalité infantile.

Mais en dépit de ces éléments positifs, la malnutrition continue de sévir. Il existe même un risque de voir les progrès réalisés être réduits à néant, car:

- Sur le plan social, les retombées sont très inégales, le fossé entre riches et pauvres s'est encore élargi. Or, la pauvreté est, nous le savons tous, une des causes principales de la stagnation du nombre de personnes sous-alimentées.
- A cela s'ajoute, au niveau écologique, l'aggravation des atteintes aux sources et ressources essentielles que sont le sol et l'eau.
- Sur le plan de l'aide au développement, on a enregistré, au cours des dix dernières années, un déclin des ressources destinées à l'agriculture.
- Enfin, à l'échelon politique, les guerres et conflits qui persistent dans de nombreuses régions du globe ainsi que les atteintes aux droits de l'homme et la corruption, compromettent l'action menée contre la faim et la pauvreté

Le Sommet mondial de l'alimentation de 1996 a fixé l'objectif de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées d'ici à 2015.

Pour atteindre cet objectif, il est essentiel d'accorder une priorité à l'agriculture et au développement rural. En effet, les trois-quarts des personnes souffrant de pauvreté et de malnutrition vivent dans l'espace rural.

La Suisse considère que la lutte contre la faim et la pauvreté doit s'articuler sur le principe de la bonne gouvernance.

- Au plan local, il s'agit de promouvoir activement la participation des populations concernées à l'élaboration et à la mise en œuvre de programmes.
- Au niveau régional, les institutions étatiques et privées doivent agir plus efficacement en faveur des populations rurales et prendre réellement en considération les besoins des plus démunis. Des marchés commerciaux et financiers qui fonctionnent, de meilleures infrastructures, des systèmes adéquats de formation et de vulgarisation, une utilisation rationnelle de l'eau sont des éléments permettant d'améliorer la production et l'accès aux denrées alimentaires.
- A l'échelon national, il est nécessaire de mener une politique agricole et régionale cohérente qui implique l'existence de conditions politiques, institutionnelles et sociales adéquates et la mise en œuvre de réformes économiques. Sans démocratie ni transparence financière, il est impossible de concrétiser la participation visée aux niveaux local et régional. Il faut orienter l'agriculture dans la voie du développement durable et encourager les investissements dans les régions rurales.
- Sur le plan international, les échanges commerciaux entre pays du Nord et du Sud doivent se faire de manière plus équitable. Pour les plus pays les moins avancés, le renforcement de la compétitivité du secteur agricole en vue d'améliorer la sécurité alimentaire est lié à un meilleur accès aux marchés des pays industrialisés. Il est nécessaire de réduire, voire d'éliminer, les subventions aux exportations et le dumping qui ont un impact négatif sur le développement de l'agriculture des pays du Tiers-Monde. La prise en compte des aspects non commerciaux de l'agriculture est aussi dans l'intérêt des pays du Sud.

La poursuite d'une politique de bonne guvernance à tous les échelons constitue le fondement d'un processus de développement agricole efficace. J'en viens maintenant au rôle actif que la Suisse entend jouer dans la lutte contre la faim et la pauvreté. Mon pays a la volonté de mener à cet égard une action déterminée.

Sur le plan financier, la Suisse qui a triplé son aide publique au développement depuis 1960, entend l'augmenter de 6 pour cent par an d'ici 2010.

La Suisse continuera à soutenir l'action conduite par la FAO et en particulier le Programme spécial pour la sécurité alimentaire ainsi que d'autres projets visant à renforcer les capacités des pays les plus démunis. Par ailleurs, la Suisse oeuvre en faveur du développement durable, principe inscrit dans sa Constitution. Elle entend notamment ratifier le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture.

Dans ce contexte de l'Année internationale de la montagne, mon pays organisera la semaine prochaine une conférence internationale sur le thème "Agriculture durable et développement rural dans les régions de montagne". Cette conférence est mise sur pied en étroite collaboration avec la FAO.

En matière de politique commerciale, la Suisse entend, dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce, soutenir les initiatives visant à réduire les entraves aux importations de produits agricoles en provenance des pays les plus pauvres. Nous avons décidé l'an passé de réduire progressivement les droits de douane appliqués sur tous les produits (sauf naturellement les armes) en provenance des dits pays. Notre objectif est d'éliminer les droits de douane sur les importations en provenance des pays les moins avancés.

Enfin, la Suisse continuera à prendre des mesures d'accompagnement de la paix et de prévention des conflits.

800 millions de personnes souffrent dans le monde de carences alimentaires graves. C'est intolérable. La faim et la malnutrition sont des fléaux qui ne peuvent pas nous laisser indifférents. L'accès à une alimentation suffisante est un droit fondamental pour chaque être humain. Dans ce cadre, la Suisse souhaite l'élaboration d'un code de conduite, et participera aux travaux d'élaboration de lignes directrices en matière de droit à l'alimentation. Les belles paroles ne suffisent plus. Il faut agir. La voie a été tracée en 1996. Le plan d'action existe. Il faut œuvrer efficacement à sa concrétisation. La Suisse est prête à renforcer sa contribution.

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