From the podium

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Son Excellence Gilberto Buta Lutukuta (Ministre de l'agriculture et du développement rural de la République d'Angola)

C'est pour moi un grand honneur de participer à cet auguste forum en représentation de Son Excellence José Eduardo Dos Santos, Président de la République d'Angola, qui regrette de ne pas pouvoir participer à la suite de la résolution d'innombrables problèmes relatifs à la paix que nous venons de connaître.

À cet égard, des centaines de milliers de personnes entre militaires et civils ont abandonné le maquis et sont concentrées actuellement dans des régions préalablement définies où elles affrontent d'énormes difficultés telles que le manque de logement, alimentation, habillement et soins primaires de santé.

Son Excellence, le Président de la République, m'a fait porteur d'un message d'encouragement et de succès de ce Sommet parce qu'il considère ce forum comme le lieu privilégié pour la résolution des problèmes urgents de la sécurité alimentaire dans le monde dont la responsabilité dépasse les pays affectés et concernent toute la communauté internationale, que nous considérons comme un élément essentiel de paix et de stabilité internationales.

C'est seulement avec le droit élémentaire à l'alimentation garantie que l'on pourrait éviter des distorsions de l'actuel système d'échanges inégales qui cause aux pays plus pauvres, freinant le développement de leurs forces productives et gèrent la crise alimentaire. L'accès aux technologies de production alimentaire est un droit légal de toutes les nations du monde.

La République d'Angola vit actuellement une situation de paix, après une longue période de guerre d'environ 40 ans. Cette guerre a laissé naturellement un lourd héritage d'environ 4 millions de déplacés de leur région d'origine. Plus ou moins 100 mille mutilés de guerre, 50 000 orphelins et 150 000 soldats démobilisés.

En plus de cela, la guerre a provoqué plus ou moins la paralysie de notre appareil productif, en particulier le secteur agricole, car les conflits armés se passaient systématiquement dans les zones rurales et où on enregistre aussi l'implantation des mines. Il existe, selon les statistiques, environ deux millions de mines sur l'ensemble de notre territoire national.

L'Angola, malgré le climat de paix qui se vérifie, vit encore une situation très difficile marquée par la faim et la misère. Plus de deux tiers de notre population vit en-dessous du seuil de la pauvreté. Des millions d'angolais ne parviennent pas à satisfaire leurs besoins fondamentaux de vie, c'est-à-dire leurs besoins en aliment, en eau et en logement. Des maladies endémiques comme le paludisme, la fièvre typhoïde et d'autres, continuent à décimer d'innombrables vies humaines.

Le peuple angolais connaît la valeur de la paix et sait ce qu'elle représente pour le développement, la démocratie et le bien-être. L'Angola a besoin d'un appui ferme de la communauté internationale, non seulement pour que le processus de paix devienne irréversible, mais également pour éliminer des foyers potentiels de tension et pour combattre la pauvreté.

C'est pour cette raison que notre Gouvernement, en plus des tâches immédiates qui visent la consolidation de la paix et la reconstruction nationale, souhaite exécuter à moyen et long terme un Programme de reconstruction et de développement de notre pays en vue d'inverser l'actuelle situation économique et sociale, dans un cadre de démocratie, transparence et bonne gouvernance.

Dans le cas concret de l'Angola, nos difficultés sont dues à la fragilité du secteur agricole. Nous pensons que c'est la cause principale de la pauvreté et reconnaissons que sans la résolution des problèmes de l'agriculture, il nous sera difficile d'aspirer à une vie meilleure et au développement.

À cet égard, il est donc impérieux que l'agriculture arrive à produire suffisamment, non seulement pour satisfaire les besoins des populations mais aussi pour constituer une réserve alimentaire afin qu'elle devienne un moteur d'allègement de la pauvreté. Évidemment, tout cela sans remettre en cause
l'équilibre de l'environnement, et pour cela, il faut mettre en place une gestion adéquate des ressources naturelles.

Il est évident que toutes nos initiatives nationales ont besoin d'un appui international. Elles doivent être complétées par les différentes coopérations bilatérales ou multilatérales.

Dans la situation d'après conflit que nous connaissons aujourd'hui, il est indispensable que nous soient allouées des ressources financières, matérielles et technologiques supplémentaires afin de permettre la réintégration dans la société de milliers d'angolais qui vivaient en dehors du circuit normal d'approvisionnement et d'organisation sociale.

Nous espérons que notre appel sera entendu et que le peuple angolais pourra à nouveau faire l'objet de votre attention et de votre solidarité.

La Déclaration de l'Angola approuve la déclaration de ce Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après, et saisit cette occasion pour remercier le Gouvernement italien et le Directeur général de la FAO pour les excellentes conditions créées pour la réalisation de ce Sommet. Et nous remercions également toutes les délégations qui se sont prononcées favorablement durant ce Sommet pour l'aide à apporter à notre pays.

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