From the podium

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Son Excellence Jean Paul Sarr (Ministre de l'agriculture et de l'élevage de la République de Guinée)

Son Excellence, le Général Lansana Conte, Président de la République de Guinée, nous a mandaté de transmettre son message à cette auguste assemblée.

La délégation guinéenne se joint à celles qui l'ont précédée, pour féliciter le Président du Sommet, et les membres du Bureau pour leur brillante élection.

Nous voudrions par la même occasion remercier Monsieur Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, pour l'initiative prise de convoquer le présent Sommet et pour la qualité remarquable de l'organisation mise en place.

Nous ne saurions engager notre propos, sans adresser au Gouvernement et au Peuple italien, notre déférente reconnaissance, pour l'accueil chaleureux dont la délégation guinéenne est l'objet, depuis notre arrivée dans ce beau pays.

La mobilisation de la communauté internationale pour réduire la faim dans le monde suscite beaucoup d'espoirs en Guinée, où les performances obtenues en la matière ont été significatives par rapport aux objectifs de notre lettre de politique de développement agricole (la LPDA 2).

En effet, la croissance agricole des cinq dernières années (1996-2000) a été de 5,9 pour cent supérieure à la croissance du pays, qui a été de 4,7 pour cent, elle aussi supérieure à la croissance démographique annuelle de 3,5 pour cent.

Ceci a permis des augmentations générales de la production vivrière et a favorisé la réduction des importations de riz de 45 pour cent, passant de 227 000 tonnes en 1996, à 153 000 tonnes en l'an 2000.

Cette dynamique de production est en train d'être malheureusement compromise par les effets pervers de l'instabilité que notre sous-région a longtemps connue.

Ceux-ci sont relatifs aux nombreuses pertes en vies humaines et à de multiples déplacements de populations, contraintes à abandonner champs, plantations, cheptels, réserves alimentaires et matériels agricoles.

Il se passe aujourd'hui que des zones entières de productions agricoles soient structurellement déficitaires, la base productive et le potentiel naturel ayant été affectés, ce qui explique les difficultés inquiétantes que le pays rencontre dans la remise en valeur des espaces habituellement exploités, au point que l'on enregistre, hélas, une remontée des importations de riz, contrairement aux objectifs de sécurité alimentaire que le pays s'est assignés.

La conclusion que nous en tirons est que la paix et la stabilité sont les conditions de mise en oeuvre des programmes de sécurité alimentaire.

Pour le Peuple et le Gouvernement guinéen, la faim n'est pas une fatalité et la disponibilité de 81 pour cent de terres arables inexploitées en plus du fait que notre pays soit réputé être le chateau d'eau de l'Afrique de l'Ouest, font de la sécurité alimentaire, un défi, un challenge à gagner.

La communauté internationale devrait donc accentuer ses efforts en matière de résolution des conflits et plus encore, de leur prévention car les conflits et les instabilités, les besoins de la paix, nous imposent des dépenses extra budgétaires et ce, au détriment des secteurs productifs et des secteurs sociaux, dans un contexte international marqué par la baisse de l'aide publique au développement.

La délégation guinéenne voudrait faire observer que face au fardeau de l'endettement, la communauté internationale a réussi l'initiation de stratégies nationales de réduction de la pauvreté, ce qui constitue à nos yeux un motif d'espoir, un exemple de cas attestant de notre volonté et de notre capacité commune à concevoir, et à mener des actions efficaces contre les phénomènes de société et les grands fléaux qui minent notre monde, à l'instar de la menace terroriste et du réglement des conflits de tous ordres.

La République de Guinée suit avec beaucoup d'intérêt le consensus international qui se dégage en faveur de la sécurité alimentaire.

Il serait cependant essentiel de retenir que l'on ne saurait éternellement penser que l'insécurité alimentaire est l'affaire des autres; la faim et la pauvreté sont à l'origine de bien de problèmes comme l'immigration.

Pour marquer notre engagement à mieux participer aux efforts y afférents, il nous plaît d'annoncer les dispositions suivantes:

- la prise en compte du rôle central de la sécurité alimentaire dans le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté;
- la réalisation d'une étude sur l'insécurité alimentaire en Guinée;
- l'élaboration d'un document de stratégie nationale pour la sécurité alimentaire, qui serait le cadre de référence pour la formulation et la mise en oeuvre des programmes;
- la responsabilisation des organisations paysannes et le renforcement de leur encadrement;
- la mise en place d'une commission nationale de sécurité alimentaire;
- la finalisation et l'adoption de la politique nationale de nutrition;
- l'affectation de ressources à la promotion de la paix, la prévention et la résolution des conflits;
- la préparation d'une politique et d'une stratégie nationales de la petite irrigation;
- la mise en place d'un comité national pour l'usage des pesticides;
- la mise en place en faveur des populations déplacées et des réfugiés, d'un service national d'actions humanitaires et du bureau national de coordination des réfugiés;
- l'élaboration d'un programme cadre genre et développement agricole;
- la ratification du traité sur les ressources phytogénétiques dont nous demandons avec insistance l'entrée en vigueur.

C'est le lieu de dire que la délégation de la République de Guinée soutient la mise en place d'un fonds spécial pour la sécurité alimentaire et estime que le montant indicatif de 500 millions de dollars, est le minimum nécessaire au regard des enjeux en face.

Nous voudrions féliciter toutes les bonnes volontés qui se sont manifestées pour alimenter ce fonds, encourager tous ceux qui ne tarderont pas à y contribuer et pour notre part, il nous sied d'annoncer notre apport symbolique à cette importante initiative.

Malgré quelques résultats encourageants dans les pays en bute à l'insécurité alimentaire, nous devons à la vérité de reconnaître que nous sommes loin d'éradiquer la faim, la malnutrition et leur corollaire la pauvreté.

Tout porte à croire, aujourd'hui plus que jamais, que c'est ensemble que nous réussirons, en mettant en commun nos possibilités, en échangeant nos expériences, en harmonisant nos politiques agricoles, en valorisant nos organisations régionales dans le domaine agricole (recherche, vulgarisation, protection des végétaux, crédits, etc.). Il s'agit en fait de réussir la mutation de notre agriculture de subsistance en une agriculture développée par le biais d'un faisceau d'actions intégrant notamment une mécanisation progressive au besoin, car la houe seule ne saurait répondre désormais à tous les impératifs de modernisation de notre agriculture.

Ce contexte assurera la soutenabilité de la transformation et de la mise en marche régionale de nos produits, créatrices durables de valeur ajoutée.

En ce qui concerne l'Afrique, la stratégie agricole du NEPAD procède de cette préoccupation.

Ceci est la contribution de la délégation guinéenne à ce rendez-vous du donner et du recevoir dont le caractère central des thèmes et la diversité des plates-formes de réflexion permettront de dépasser les questions de principe pour dégager des portefeuilles d'actions et de moyens, porteurs de résultats et de nature à débarrasser notre monde du fléau humiliant de la faim et de la pauvreté.

En réitérant au Sommet l'entier soutien du Peuple de Guinée et de son Président, le Général Lansana Conte, nous voudrions remercier tous les partenaires qui accompagnent la Guinée dans ses efforts de développement et souhaiter, au nom de la délégation qui nous accompagne, pleins succès à nos travaux.

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