From the podium

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Son Excellence Monsieur Ibrahim Bocar Daga (Ambassadeur, Représentant permanent de la République du Mali auprès de la FAO)

Permettez-moi tout d'abord de vous adresser au nom du Président de la République du Mali, Son Excellence Amadou Toumani Touré, investi dans ses nouvelles fonctions de Président de la République à la veille seulement de notre Sommet donc empêché pour des raisons d'État, au nom du Gouvernement et du Peuple du Mali et en mon nom propre toutes nos félicitations à vous-même, aux vice-Présidents du Sommet, et aux Chefs et Membres des délégations ici présentes.

Qu'il me soit permis de saisir cette opportunité pour remercier le Gouvernement du pays hôte, l'Italie, tout le personnel de la FAO et toutes les bonnes volontés qui ont contribué à la concrétisation de ce Sommet tant attendu. C'est l'occasion d'adresser nos plus vifs encouragements au Directeur général de la FAO, Monsieur Jacques Diouf, sans lequel ce Sommet n'aurait jamais pu se tenir. Nous saluons la détermination dont il a fait preuve malgré toutes les épreuves de dissuasion des uns et des autres. Cet ardent défenseur des pauvres et affamés du monde mérite donc le respect et le soutien de la Communauté internationale.

Ce Sommet nous permettra, j'en suis sûr, de jeter un regard rétrospectif afin de mesurer les victoires que l'humanité a tant bien que mal remportées dans la lutte contre la faim et la pauvreté et, surtout, nous permettra de nous projeter vers un avenir meilleur souhaité par tous pour nos générations futures. Point n'est besoin de vous rappeler que mon pays, le Mali, compte parmi les pays dits les plus pauvres du monde, à faibles revenus et à déficit vivrier, confrontés au double défi de concevoir et mettre en œuvre une politique devant, d'une part engendrer une croissance et un développement durables et d'autre part, imaginer et mettre en place les voies et moyens qui permettent d'intégrer, voire privilégier les pauvres dans ce processus de croissance et de développement.

Avec une superficie de plus de 1 200 000km2 et une population de 11 350 000 habitants dont près de 90 pour cent sont des ruraux, le Mali est un pays à vocation essentiellement agro-pastorale, mais les conditions climatiques difficiles limitent fortement la mise en valeur de son immense potentiel agricole. Le secteur rural qui contribue pour plus de 40 pour cent du PNB a connu ces dernières années des difficultés sans précédent liées à la crise du coton, principal produit agricole d'exportation et source importante de devises. Fort heureusement le secteur minier, avec la production de l'or, porte désormais avec le coton les espoirs de lendemains meilleurs pour notre pays. Il y a six ans, depuis le Sommet mondial de l'alimentation de 1996, la Communauté internationale s'est engagée, dans cette historique ville de Rome, à réduire de moitié, d'ici l'an 2015, le nombre de personnes victimes de la faim et de la pauvreté. Aujourd'hui, il est pénible de constater, au rythme actuel des progrès réalisés, qu'une fois encore ce défi ne sera pas relevé. Nos engagements solennels de 1996 n'ont pas été respectés; des millions d'êtres humains ne parviendront pas à jouir de leur droit le plus naturel, celui de se nourrir tout simplement.

Le droit à la nourriture n'est autre chose que le droit à la vie; aussi lutter contre la faim, c'est contribuer au maintien de la vie sur cette terre. Cependant, il est dommage de constater, que la faim qui frappe quelques centaines de millions d'hommes à travers le monde, n'est ni due au manque de produits, ni de savoir-faire, ni de programmes appropriés, mais plutôt à un déficit de volonté politique patente et de ressources suffisantes pour mener le combat qu'il faut.

À l'instar des autres pays, le Mali a souscrit aux mêmes engagements et le constat reste identique; cependant que de chantiers ont été bâtis pour combattre la faim et la pauvreté. Étant donné que la faim constitue l'une des manifestations les plus dramatiques de la pauvreté, le Gouvernement du Mali a décidé de faire de la lutte contre la pauvreté, la priorité de toutes les priorités de développement. Pour ce faire, il s'est doté de politiques et de stratégies de développement ambitieuses mises en cohérence aux niveaux sectoriel et macro-économique à travers le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) qui constitue un instrument d'orientation et une opportunité pour engager un nouveau départ afin de relancer le développement et réduire de façon durable la pauvreté. La pauvreté étant un phénomène multidimensionnel, les statistiques disponibles et relatives à la pauvreté des conditions de vie (alimentation, éducation, santé, etc.) permettent de mesurer les progrès accomplis depuis le dernier Sommet.

Je ne saurais passer sous silence les immenses efforts accomplis par mon pays en matière de démocratie, de bonne gouvernance, de décentralisation, d'intégration régionale, de prévention des conflits et de promotion de la paix en Afrique et dans le monde; ce qui lui vaut de ce point de vue toute la considération de la Communauté internationale. L'ensemble de ces programmes sectoriels ainsi que les politiques macro-économiques du Gouvernement ont bénéficié du soutien technique et financier des organisations internationales et c'est le lieu de les en remercier très sincèrement.

En effet, dès 1997, dans le but de réduire substantiellement, à moyen et long terme, la pauvreté, le Gouvernement a décidé de mettre en œuvre une politique volontariste capable d'accélérer la croissance économique, d'augmenter les revenus des populations et assurer une meilleure distribution de la richesse créée. Pour ce faire, il a prévu d'entreprendre à la fois des actions globales et d'ordre macro-économique et des mesures de politique sectorielle appropriées pour relancer les secteurs clé de l'économie. Aujourd'hui, malgré une légère modification dans les priorités de la politique du développement du Mali vers les secteurs sociaux, le secteur agricole occupe toujours une place prépondérante dans l'affectation des ressources humaines et financières de l'Etat. Pour le secteur agricole, la stratégie de croissance accélérée élaborée par le Gouvernement retient des axes d'intervention à moyen terme, qui doivent permettre de réaliser l'objectif particulier d'assurer largement la sécurité alimentaire du pays à l'horizon 2015.

La faim est la manifestation la plus immédiate de la pauvreté, et la lutte contre la pauvreté passe inéluctablement par l'élimination de la faim. Mais assurer la sécurité alimentaire de tous et à tout moment, exige:

- des innovations dans la production vivrière;
- une meilleure information sur la nutrition et la sécurité sanitaire des aliments;
- la compréhension des causes sous-jacentes de la pauvreté;
- l'aptitude à informer, former et à susciter des changements de comportement;
- ainsi qu'un engagement politique et des ressources appropriées.

C'est pourquoi le Gouvernement du Mali, depuis le début des années 90, a engagé des réformes afin de mettre en œuvre les mesures les mieux indiquées pour lutter contre la pauvreté et la faim dans notre pays avec l'appui financier et technique des partenaires au développement. Ainsi, dans le domaine agricole, les axes de croissance ont été orientés vers l'amélioration des infrastructures et équipements de base et l'augmentation de productions végétales et à travers le renforcement des capacités du monde rural. Enfin, en vue d'améliorer la rentabilité de la filière cotonnière et son impact sur l'économie nationale, le Gouvernement a entrepris une importante action de restructuration de cette filière.

Pour attendre les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation, les pays en développement sont confrontés à d'énormes difficultés dont la baisse de l'aide publique essentiellement, la fluctuation des cours mondiaux des produits agricoles, conséquences de l'extraversion de nos économies, et la problématique du foncier et l'accès des femmes rurales à la terre. Pour faire face à ces défis, notre pays estime que l'intégration sous-régionale et régionale constitue l'une des voies les plus appropriées. C'est pour cette raison que nous œuvrons inlassablement à la consolidation des organisations sous-régionales et régionales et à la réalisation d'une véritable unité africaine.

Le Mali se félicite du nouveau cadre de coopération dont l'Afrique s'est doté pour assurer son développement, à savoir le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique). I soutien fermement les initiatives proposées dans son programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine et lancer un appel à la Communauté internationale à fin de contribuer, dans les meilleurs délais, au financement des programmes et projets identifiés. L'appui fourni par la FAO est à souligner dans ce cadre. Le Mail salue les initiatives prises en matière de réduction de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE). Nous saluons l'adoption de la Déclaration du Sommet et espérons qu'elle sera génératrice d'une Alliance internationale contre la faim. En particulier, le Mali a souscrit à tous les accords internationaux en vue de promouvoir l'Agriculture, notamment les Accords de Kyoto, le Traité sur les ressources phytogénétiques, le Code de conduite sur la distribution et l'utilisation des pesticides dont il a participé à l'élaboration.

A l'heure où nous sommes dans nos travaux, force est de constater qu'aucune voie dissonante ne s'est élevée pour contester les motivations de notre combat contre la faim. Ceci est encourageant, mais il faudrait éviter de nous retrouver à nouveau pour reconnaître seulement notre manquement aux engagements pris présentement. Il ne faudrait pas que ce Sommet ne soit qu'un Sommet de plus, sans lendemain. Le monde entier est interpellé pour mettre fin à cette marginalisation éhontée de centaines de millions d'êtres humains. La solidarité internationale ne doit pas rester un vain mot.

C'est pourquoi nous lançons un appel pressant à la Communauté internationale tout entière pour une contribution efficace et importante au Fonds fiduciaire que nous avons créé afin de donner les moyens à la FAO d'accomplir la mission que nous lui assignons.

Tout le monde reconnaît que les moyens sont disponibles pour relever le défi qu'est la lutte contre la faim. Il nous reste à le vouloir. Le Mali sait pouvoir compter sur l'interpellation des consciences des dirigeants de l'humanité que nous sommes. Puissions-nous seulement en être à la hauteur.

En souhaitant plein succès au Sommet mondial de l'alimentation: cinq ans après, nous formulons le vœu que les résolutions adoptées à l'issue de ce sommet fassent l'objet d'un suivi conséquent.

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