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5 paysages et modes de vie remarquables dont vous ignoriez l'existence

Des traditions éprouvées qui peuvent contribuer à créer un monde libéré de la faim #Faimzéro


19 Jul 2017

Les collines en terrasses de la Cordillère des Andes, les rizières du sud de la Chine, les systèmes oasiens du Maghreb: l’agriculture façonne les paysages et les sites. L'agriculture influe également sur les moyens de subsistance, les modes de vie, les traditions et les cultures alimentaires. Le type de plantes qui poussent ou qui ne peuvent pas pousser, la manière dont elles sont récoltées et ce que les gens mangent définissent la vie des gens. 

Étant donné que nos ressources naturelles sont soumises à de fortes pressions, nous devons examiner et tirer des leçons de ces régions du monde où la durabilité constitue un mode de vie. La FAO a créé un programme qui vise à mettre en avant ces endroits uniques en leur genre, où les populations vivent en harmonie avec l'environnement, s'adaptent à des conditions naturelles difficiles, travaillent les terres de façon traditionnelle et durable et préservent la biodiversité et les ressources naturelles. La FAO a désigné ces lieux comme étant des Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial (SIPAM). 

Voici 5 SIPAM dont vous n’avez sûrement jamais entendu parler 

1. Ayu de la rivière Nagara au Japon


La rivière Nagara est l’une des rivières les plus propres du Japon. Ses eaux pures, qui abritent des poissons de rivières comme l'Ayu, fournissent de l’eau potable aux communautés vivant à proximité et irriguent les rizières et autres terrains cultivés. La rivière et ses célèbres poissons Ayu, sont économiquement, culturellement et historiquement liés à la région. L'Ayu, qui occupe une place très importante dans la culture culinaire japonaise, est cuisiné de différentes façons (y compris sous forme de sushi). C’est la raison pour laquelle cette région protège l’Ayu en limitant fortement les activités de pêche et en garantissant que les forêts en amont sont bien entretenues, car cela permet de préserver les eaux cristallines de la rivière Nagara, un besoin vital pour l’Ayu. 

La rivière Nagara constitue également un site unique pour le tourisme. Plus de 100 000 personnes visitent cette région chaque année afin d’observer les méthodes traditionnelles de pêche qui y sont pratiquées, dont l'une des plus typiques: la pêche aux cormorans. Cette méthode de pêche utilise des oiseaux, plus précisément des cormorans dressés: les oiseaux plongent dans l'eau et capturent des poissons avant de les rapporter dans leurs becs jusqu’au bateau. Il s’agit d’une tradition ancienne qui a peu évolué depuis son apparition au VIIIe siècle. 

2. Agriculture andine dans les régions de Cuzco et de Puno au Pérou 

Les pentes en terrasses de la Région Cuzco/Puno sont pratiquement synonymes de voyage au Pérou. Depuis plus de 5 000 ans, les paysans autochtones et les agriculteurs locaux de la région andine utilisent un système de terrasses pour transformer des pentes abruptes en zones productives en vue d’y pratiquer l’agriculture. Ces systèmes ont permis de conserver une grande biodiversité d’espèces de plantes, y compris un grand nombre de variétés indigènes de maïs, de pommes de terre et d'autres cultures andines. Les populations de cette région se sont adaptées aux hautes altitudes des Andes et utilisent des modes de culture durables et innovants, notamment grâce à des systèmes qui recueillent l’eau et la réchauffent pendant la journée. 

Les populations autochtones de ces régions sont en forte communion avec à la «Terre nourricière» (Pachamama) ainsi qu’avec les collines, montagnes, rivières et phénomènes atmosphériques qu’elles considèrent comme des divinités locales (apus). Ces croyances favorisent une vénération et un respect véritables à l’égard de la nature et des ressources qu'elle fournit. Les populations autochtones dans cette région se sentent non seulement solidaires de la nature, mais elles ont également un fort sentiment d’appartenance à la communauté et conservent ainsi, souvent, des parcelles à usage communautaire afin de venir en aide aux femmes veuves, aux orphelins, aux malades ou à d'autres personnes dépourvues de ressources. 

3. Jardins flottants au Bangladesh

Dans certaines parties du sud et du centre du Bangladesh, les eaux des inondations peuvent ne pas s’écouler pendant une période prolongée, empêchant ainsi l'utilisation des terres pour l'agriculture traditionnelle. Pour faire face à ce problème, les agriculteurs ont développé un système unique dans lequel les plantes peuvent être cultivées sur l’eau. Ces «jardins flottants» sont construits sur des lits organiques de jacinthe d'eau, d’algues et d’autres composts végétaux. Ces jardins produisent une variété de fruits et de légumes comme le melon, le gombo, la courge, le concombre, les épinards et l’amarante, et permettent aux agriculteurs de cultiver presque toute l’année sur les terres humides. Les jardins flottants sont également environ dix fois plus productifs que les jardins de même taille basés au sol et sont en outre respectueux de l'environnement puisqu'ils ne nécessitent pas d'engrais ou de pesticides. 

4. Île de Chiloé, Chili

L'île de Chiloé constitue une réserve unique de nombreuses espèces endémiques végétales et animales qui sont en danger d'extinction; l’éloignement de l’archipel a permis de préserver une biodiversité exceptionnelle. L’île de Chiloé était traditionnellement connue du fait de «la culture Chilota de la pomme de terre» car, sur ces îles éloignées, la pomme de terre constitue la principale source de nourriture, et par conséquent de vie. Dans le passé, il y avait entre 800 - 1 000 espèces de pommes de terre qui étaient cultivées sur l’île de Chiloé. Aujourd'hui, il n’en reste que 91. Les pommes de terre sont au cœur de nombreuses traditions, légendes, croyances et pratiques sociales, dont bon nombre forgent encore aujourd'hui l'identité des habitants de l'île de Chiloé. 

Les femmes rurales mènent de tout temps les activités de conservation de la biodiversité dans de petites parcelles de leurs jardins potagers familiaux. Elles étaient responsables, dans leurs communautés respectives, de la collecte des semences des différentes variétés et de la conservation de ce patrimoine. Leurs connaissances, qui n’apparaissent pas sous forme écrite, mais qui ont été transmises à travers les siècles, sont inestimables. 

5. Héritage agropastoral massai au Kenya et en Tanzanie

Les populations massaï sont des agro-éleveurs semi-nomades qui élèvent des animaux comme les vaches, les chèvres, les moutons et les buffles. Les Massaï ont adapté leur mode de vie aux terres sèches arides du sud du Kenya et du nord de la Tanzanie. Les communautés massaï vivent en harmonie avec leur environnement et possèdent une grande connaissance de la nature, en particulier en ce qui concerne le climat, la faune et la flore. Ces compétences ont été perfectionnées afin qu’ils soient en mesure de survivre dans des environnements hostiles. Ils recourent encore largement aux connaissances et pratiques traditionnelles qui ont été transmises à travers les siècles pour répondre à leurs besoins alimentaires et créer des moyens de subsistance. 

Ils ont participé à la création et à la conservation du paysage dans lequel la vie sauvage peut s’épanouir. Du fait qu’ils partagent les forêts et les terres avec la faune, les Massaï récoltent uniquement quand ils en ont besoin. Ces fortes valeurs de conservation se reflètent dans les pratiques religieuses et culturelles des Massaï. Aujourd’hui, en raison de leur grande connaissance de la terre et de leur lien étroit avec la faune et la flore, les Massaï prennent part à des activités touristiques en tant que guides dans le tourisme axé sur la faune au Kenya et en Tanzanie. 

Des sites encore plus uniques

Depuis 2002, la FAO a désigné 37 sites dans 16 pays qui comptent parmi les Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial. Le programme SIPAM vise à parvenir à un équilibre entre la préservation des valeurs traditionnelles et culturelles et la diversité écologique tout en permettant le développement socio-économique qui se traduit par des systèmes de moyens de subsistance et agricoles solides, durables et décents.

En savoir plus sur les SIPAM autour du monde de la FAO.

 

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