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La résistance aux antimicrobiens – Ce qu’il faut savoir

Comprendre les notions fondamentales, les défis et les perspectives de cette menace pour la santé mondiale


14 Nov 2017

D’après les estimations, 700 000 personnes meurent chaque année d’infections résistantes aux antimicrobiens (RAM) et un nombre incalculable d’animaux malades ne répondent pas aux traitements. La résistance aux antimicrobiens est une importante menace mondiale pour la santé publique, la sécurité alimentaire et la salubrité des aliments, ainsi que pour les moyens d’existence, la production animale et le développement économique et agricole. 

L’intensification de la production agricole a entraîné une utilisation croissante des antimicrobiens –qui devrait plus que doubler d’ici 2030. Les antimicrobiens sont importants pour le traitement des maladies des animaux et des plantes mais ils doivent être utilisés de façon responsable uniquement quand ils sont nécessaires. Pour prévenir la résistance aux antimicrobiens et faire en sorte que ces médicaments restent efficaces le plus longtemps possible, il faut investir dans de bonnes pratiques agricoles qui mettent l’accent sur la prévention des infections et mettre en place des politiques adéquates pour promouvoir ces pratiques agricoles durables. Avoir une bonne nutrition et une bonne santé est un droit humain fondamental, crucial si nous voulons atteindre l’objectif Faim Zéro de notre vivant. 

Un examen plus approfondi du phénomène de la résistance aux antimicrobiens nous permettra de mieux comprendre les risques qu’elle fait peser sur le futur, à l’échelle mondiale. 

Qu’est-ce que la résistance aux antimicrobiens ? 
La résistance aux antimicrobiens (RAM) est un phénomène naturel qui fait que les micro-organismes comme les bactéries, les virus, les parasites et les champignons deviennent insensibles aux effets des médicaments antimicrobiens, tels que les antibiotiques,  précédemment efficaces pour traiter les infections. Toute utilisation d’antimicrobiens peut conduire au développement d’une résistance. Plus on utilise d’antimicrobiens, plus il y a de probabilités que les micro-organismes développent une résistance, et en cas de mauvaise utilisation ou d’abus, le processus est accéléré. La prise de doses incorrectes, ou encore l’administration d’un antimicrobien à la mauvaise fréquence ou pendant une durée insuffisante ou excessive sont des exemples de mauvaise utilisation.

Quels sont les dangers de la résistance aux antimicrobiens ?
La RAM réduit l’efficacité des médicaments, de sorte qu’il devient difficile ou impossible de traiter les infections et les maladies. La RAM est associée à une augmentation de la mortalité, à une prolongation des maladies chez l’homme et l’animal, à des pertes de production dans l’agriculture, l’élevage et l’aquaculture. Cela fait peser une menace pour la santé mondiale, les moyens d’existence et la sécurité alimentaire. En outre, la résistance aux antimicrobiens augmente le coût des traitements et des soins. 


En quoi la résistance aux antimicrobiens affecte-t-elle la santé des animaux terrestres et aquatiques ?Les antimicrobiens sont essentiels pour la santé animale, le bien-être et la productivité et ils contribuent à la sécurité alimentaire, à la salubrité des aliments et à la santé publique. Les éleveurs les utilisent non seulement pour traiter les maladies de leurs animaux (y compris celles qui se transmettent de l’animal à l’homme), mais aussi à titre préventif. Les antimicrobiens ont également été utilisés de façon habituelle et à grande échelle pour accélérer la croissance des animaux. Ce type d’utilisation abusive ou inappropriée des antimicrobiens peut accélérer le développement d’une résistance, qui se traduira par une réduction de l’efficacité des médicaments  et par la perte de possibilités de traitement. Lorsque les traitements échouent, le nombre de maladies et de décès d’animaux montent en flèche, et la sécurité sanitaire des aliments peut être compromise. Les résidus d’antimicrobiens et les microorganismes résistants aux antimicrobiens présents dans les déchets d’origine animale contaminent aussi les sols et l’eau, contribuant ainsi à l’émergence et à la diffusion d’une RAM. 

La Résistance aux antimicrobiens et la sécurité sanitaire des aliments 
Il faut adopter de bonnes pratiques d’hygiène dans le secteur de l’agriculture, de la production, de la transformation et de la distribution alimentaires pour préserver la sécurité sanitaire des aliments et prévenir autant que possible la transmission d’une résistance aux antimicrobiens à l’homme, à travers la chaîne alimentaire. Le traitement des organismes résistants aux antimicrobiens peut être plus difficile et plus coûteux. Si les antibiotiques sont utilisés de façon inappropriée, les résidus d’antimicrobiens présents dans les aliments peuvent présenter un risque pour la santé des consommateurs. Les micro-organismes résistants aux antimicrobiens présents dans nos systèmes de production agricole et dans la chaîne alimentaire représentent non seulement un défi majeur pour la santé publique, mais aussi une menace potentielle pour le commerce et l’économie mondiale. 

Les 5 principaux défis de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans le domaine de l’alimentation et de l’agriculture  

1.  La mise en place de pratiques agricoles plus durables mettant l’accent sur la prévention des infections pour avoir des animaux et des cultures plus sains, ainsi que sur la réduction de la demande d’antimicrobiens. Nous avons besoin de votre aide pour attirer l’attention sur cette question et accéder aux ressources requises pour  réduire l’emploi des antimicrobiens dans le secteur de l’alimentation et de l’agriculture et promouvoir l’utilisation responsable de ces médicaments, uniquement quand ils sont réellement nécessaires. 

2. Tous les pays n’ont pas mis en place des réglementations et des contrôles pour garantir une utilisation responsable des antimicrobiens dans les secteurs de la production animale et végétale. Or l’utilisation d’agents antimicrobiens de mauvaise qualité  ou falsifiés – ou  inappropriés pour traiter certaines causes de maladie –  peut accélérer le développement d’une résistance. Ces médicaments ne s’achètent pas toujours sur ordonnance, de sorte qu’ils peuvent être employés par des personnes non informées alors qu’ils ne sont pas du tout nécessaires. Solliciter une formation et des avis d’experts de la part de professionnels qualifiés de la santé animale.  

3. Des organismes résistants aux antimicrobiens et des résidus d’antimicrobiens sont présents dans les déchets de la production agricole et  pharmaceutique et dans les égouts. S’ils ne sont pas traités et éliminés comme il convient, ces déchets peuvent diffuser des résidus d’antimicrobiens et des micro-organismes résistants aux antimicrobiens dans l’environnement, par les sols et par l’eau. 

4. On a une connaissance très incomplète de l’ampleur de l’utilisation des antimicrobiens et de la résistance dans de nombreuses régions du monde. Pour élaborer des stratégies de lutte efficaces, il faut investir davantage dans la surveillance et la recherche mondiales, de manière à mesurer les progrès accomplis dans la lutte contre ce phénomène.  

 5. Il ne suffit pas de réduire l’emploi des antimicrobiens dans l’agriculture pour combattre la résistance aux antimicrobiens. Chacun de nous et chaque secteur peut y contribuer, notamment par des  changements de pratiques dans le domaine de la santé humaine.

Vous pouvez aider à sensibiliser l’opinion publique sur cette question capitale, en partageant cet article avec les membres de votre famille, vos amis et vos collègues. 

Pour plus d’informations sur l’action de la FAO dans le domaine de la résistance aux antimicrobiens, consulter le lien: ‘http://www.fao.org/antimicrobial-resistance/fr/ 

** Cet article a été mis à jour le 15 novembre 2017.

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