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5. LA TRANSFORMATION ET LA COMMERCIALISATION

5.1. Les 3 centres de pêche : Gisenyi, Kibuye et Cyangugu

5.2. La commercialisation du poisson frais, séché et congelé

Les centres de pêche reçoivent chaque jour les apports des unités de pêche du projet et tout récemment, de quelques unités privées à Kibuye (3) et Cyangugu (2).

Une partie du poisson est commercialisée à l'état frais et le reste est mis à sécher sur les séchoirs dont les centres sont dotés. A Gisenyi une partie des poissons est congelée en entier ou après traitement (étêtage et éviscérage). Le taux de rendement de congelés traités est d'environ 65 %.

La production totale de Limnothrissa miodon (“Isambaza”) dans les 3 centres, en 1986 a été d'environ 250 tonnes dont 33 % vendus frais, 60 % vendus séchés (le taux de rendement est d'environ 25 %, c'est-à-dire que de 4 kg de poissons frais on obtient 1 kg de poissons séchés) et 6 % ont été congelés.

La production de 1987 a augmenté sensiblement. Pendant les 7 premiers mois elle a été, pour les 3 centres, de presque 245 tonnes.

Les données sur la production des 3 centres de pêche et de son utilisation en 1986 et 1987 jusqu'à la fin juillet sont exposées dans le tableau suivant :

Centre de pêcheProduction
(tonnes)
Vente en frais
(tonnes)
Mis à sécherVente séchésvente congelés
19861987 Jt1986%1986%1986Jt%' 871986Jt. 1987
Gisenyi181,8  174,9  68,3  37,597,2   53,5 21,319,311,849,15
Kibuye54,753,54,69  50      91      4,9 7,5--
Cyangugu13   16,19,271    3,8  29      9,913,7--
TOTAL249,5   244,5   82,1   33    151       60    36,140,511,849,15

Les prix actuels pratiqués par le projet sont les suivants :

- prix d'achat du poisson aux unités de pêche : 50 FRW/kg

- prix de vente :Frais 60 FRW/kg
Séchés 220 FRW/kg
Congelés entiers 100 FRW/kg
Congelés traités 250 FRW/kg.

- Les clients du projet

Poissons frais

La plus grande part du poisson frais est vendue surtout à Gisenyi et Cyangugu, aux femmes commerçantes qui fréquentent les marchés de la zone (voir la liste des marchés à la page 41). A Gisenyi il y a plusieurs femmes zaïroises qui vont vendre le poisson dans la zone de Goma.

D'après les interviews eues avec ces femmes aux centres de pêche et sur les marchés des zones de Gisenyi, Kibuye et Cyangugu on peut faire les observations suivantes :

Poissons séchés

Des 36 tonnes commercialisées par le projet, provenant surtout des centres de Gisenyi et Kibuye, la grande partie a été vendue aux femmes commerçantes qui l'achètent s'il n' y a pas de poisson frais ou si elles vont sur des marchés du soir ou très éloignés. Les femmes commerçantes des marchés près des centres de pêche préfèrent vendre le poisson frais, plus rentable parce qu'on le vend plus vite, même si le bénéfice par kilo pour le poisson séché est plus haut mais il y a moins de demande.

D'autres clients importants sont le PAM (Programme Alimentaire Mondial) (7,2 tonnes en 1986 et un contrat de 25 tonnes pour 1987–1988), la TRAFIPRO (1,45 T en 1986) et quelques commerçants de Ruhengeri. A Cyangugu la production actuelle est insuffisante à couvrir la demande. En 1986 plus de 9 tonnes, sur 10 tonnes vendues séchées provenaient de Gisenyi.

Le “Ndagala” séché qu'on trouve provient du lac Tanganyika, soit du Burundi et surtout de la Tanzanie.

D'après les femmes commerçantes ceux de la Tanzanie sont “un peu amers” et ceux du Burundi ont un peu de sable.

Les gens les préfèrent souvent aux “Isambaza” parce qu'ils ont moins d'arêtes.

Les “Ndagala” séchés de la Tanzanie sont vendus à 200FRW/kg sur les marchés de Gisenyi et Cyangugu aux femmes commerçantes qui les vendent en petits tas (prix réel environ 300 FRW/kg). Mais le prix en gros, à Kigali est entre 110 et 130 FRW/kg. Et parfois, en dessous de 100 FRW. Tandis que le coût réel des “Isambaza” du projet, actuellement vendus au prix de 200 FRW/kg est plus de 250 FRW/kg.

Poissons congelés

En 1986 presque 12 tonnes de poissons congelés traités ou entiers ont été vendues par le centre de Gisenyi. A la fin juillet 1987 le projet avait déjà vendu plus de 9 tonnes (4,6 de congelés traités et 4,5 de congelés entiers, soit au total presque 12 tonnes de poissons frais).

Les principaux clients sont à Kigali (COVIRWA, ATHENEE, ALIRWANDA, SALHA et TRAFIPRO) et à Butare (HOTEL IBIS et KABANDANA).

5.3. Le réseau de commercialisation du poisson en dehors des centres de pêche du projet.

La liste des marchés existants dans un rayon de 30–40 km des centres de pêche du projet et dans la zone intérieure le long du lac Kivu entre Cyangugu et Gisenyi, est donnée dans l'ANNEXE IV.

Presque vingt marchés ont été visités dans les 3 Préfectures de Gisenyi, Kibuye et Cyangugu et on peut en tirer les observations suivantes :

C'est dans ces zones qu'il faut concentrer les actions de vulgarisation nutritionnelle suivie de l'approvisionnement régulier du poisson séché. Au début on pourrait y intéresser des femmes commerçantes de zones limitrophes et clientes du projet afin qu'elles puissent stimuler une présence régulière de commerçantes sur ces marchés.

Dans ces zones il y a aussi souvent des succursales de TRAFIPRO dont il faut assurer un approvisionnement régulier en poissons séchés. Les Préfectures doivent être intéressées à ce sujet pour des “pressions” sur la centrale de TRAFIPRO de Kigali et ses succursales de Gisenyi, Kibuye et Cyangugu.

Les Communes ayant un magasin de vente, ainsi que des CCDFP plus dynamiques, doivent être contactées pour un approvisionnement régulier en poissons séchés (vu qu'ils disposent de camionnettes qui vont régulièrement à Gisenyi, Kibuye ou Cyangugu).

5.4. Les “marchés parallèles” et le choix de nouveaux sites de débarquement.

Dans la zone riveraine du lac entre Gisenyi et Kibuye plusieurs marchés des collines (Nyamyumba, Rwinyoni etc..) sont ravitaillés en poissons, surtout frais ou fumés, par des femmes commerçantes qui les achètent directement aux pêcheurs des unités du projet dans ce qu'on appelle encore “marchés parallèles”. Ces marchés se sont développés au cours des dernières années et, d'après l'enquête récente du technologiste des pêches du projet (voir bibliographie), pour les raisons suivantes :

D'après les informations recueillies les marchés parallèles ont pu se développer parce que le projet n'a pas été capable de prévenir ce phénomène, parce qu'on n'a pas senti, à cause d'un contact insuffisant avec les unités, les malaises et les problèmes qui en étaient la cause. Et le projet n'a su intervenir qu'avec des mesures régressives. Tant est vrai que parfois on trouve encore un malaise et une méfiance des femmes commerçantes sur les marchés où, dans le récent passé, le projet avait confisqué des poissons provenant des marchés parallèles.

Seul un meilleur contact avec les unités, patrons et équipages et avec les femmes commerçantes à travers une intensification de la vulgarisation, peut créer une meilleure image du projet dont le but ne doit pas être régressif mais plutôt de contribuer au développement de la pêche et à l'amélioration de la situation nutritionnelle dans la zone.

L'établissement de nouveaux sites de débarquement près des lieux de pêche et près des marchés des collines, ainsi qu'une révision du prix d'achat du poisson serait la solution la plus appropriée à l'approvisionnement irrégulier du centre de Gisenyi et pour un meilleur réseau de commercialisation dans les zones rurales de l'intérieur.

Actuellement les plus importants “marchés parallèles” sont les suivants :

D'après les interviews avec les pêcheurs et les agents du projet, les éventuels nouveaux sites de débarquement devraient être choisis parmi les localités suivantes :

- Zone de Gisenyi:Cyimbili, Gahondo et Kariba
- Zone de Kibuye:Koko, Gishyita (CCF Børnfonden) et Mugonero
- Zone de Cyangugu:Mwito, Mwari, Hepfo, Busekanka, île Nkombo, Nyamasheke, Nyamirunda, Ndumba, Kirambo, Mwanga, Kamahonga, Karenge, Ishawa et Gafunuka.

Il faut distinguer :

5.5 Problèmes et priorités au niveau de la commercialisation

Les problèmes prioritaires sont les suivants :


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