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Directives pour la foresterie mondiale

par le PERSONNEL DE LA FAO

La Conférence de la FAO, qui s'est réunie à Rome du 4 au 26 novembre 1955, déclare dans son rapport que l'examen des progrès réalisés en matière de forêts dans le monde au cours des dix dernières années montre la clairvoyance des fondateurs de la FAO lorsqu'ils décidèrent d'inclure les forêts dans les domaines de la compétence de l'Organisation. L'importance de la place faite aux forêts dans les programmes de développement des ressources naturelles des Etats Membres s'en est trouvée accrue. Les travaux de l'Organisation dans le domaine forestier ont eu, par certains côtés, des conséquences particulièrement heureuses: établissement de liens plus étroits et meilleure compréhension entre les producteurs (forestiers et propriétaires de forêts) et les utilisateurs de produits forestiers (industrie et commerce), ainsi qu'entre ces deux groupes, d'une part, et les spécialistes de la recherche, de l'autre; évaluation plus précise de l'étendue et de la nature des forêts existantes; étude plus scientifique de la demande de bois d'œuvre et de son utilisation rationnelle; compréhension plus grande des rapports existants entre le développement des forêts et les autres secteurs de l'économie nationale, et notamment de l'interdépendance de la foresterie et de l'agriculture.

La Conférence a constaté que les gouvernements avaient beaucoup fait au cours des dix dernières années pour éclairer l'opinion publique sur le rôle à la fois protecteur et productif des forêts, mais elle a souligné la nécessité d'intensifier, particulièrement dans les régions moins développées, les efforts en vue de l'éducation des masses afin que les populations, et en particulier les jeunes générations, prennent conscience de l'importance des forêts.

Afin d'examiner en détail le programme de travail du Directeur général dans le domaine forestier pour 1956 et 1957, la Conférence avait constitué un Comité technique des forêts, sous la présidence de M. Susilo Hardjoprakoso, directeur des services forestiers au Ministère de l'agriculture d'Indonésie. Le Comité technique des forêts qui, à son tour, a choisi comme rapporteur M. J. H. Jenkins, de la Section des laboratoires des produits forestiers, Division des forêts, au Ministère des ressources et du développement économique du Canada, comprenait des représentants de 32 pays. Des personnalités en renom faisaient partie de ce Comité: M. Richard E. McArdle, Chef du Service forestier des Etats-Unis; M. Tom Gill, Président du Comité des relations internationales de la Société des forestiers américains; M. Anton Ceschi, Président du Sous-Comité forestier de la Commission autrichienne de liaison avec la FAO; M. Eino Saari, Chef de la délégation finlandaise à la Conférence de la FAO; M. F. Merveilleux du Vignaux, Directeur général des eaux et forêts (France); M. Walter Mann, Conseiller de ministère (Allemagne); M. a. R. Ranganathan, Inspecteur général des forêts (Inde); M. Mahmoud Zahir, Directeur général du Ministère de l'agriculture (Iran); M. Alberto Camaiti, Directeur général des forêts (Italie); M. Nils Ihlen, Directeur de l'Association des forestiers norvégiens; M. Y. S. Ahmad, Inspecteur général des forêts (Pakistan); M. H.M.E. Näslund, Directeur général de l'Institut suédois de recherches forestières; M. J. Keller de l'Inspection fédérale des forêts, chasse et pêches (Suisse); Sir Henry Beresford-Peirse, Directeur général adjoint de la Commission forestière, Londres; et un observateur, M. Aldo Pavari, Président de l'Union internationale des instituts de recherches forestières.

Activités régionales

En adoptant le rapport du Comité technique des forêts, la Conférence a exprimé sa satisfaction de l'orientation prise pendant cette période par l'activité des Commissions régionales des forêts pour l'Europe, l'Amérique latine, le Proche-Orient, et l'Asie et le Pacifique. Elle a approuvé la méthode consistant à s'en remettre de plus en plus aux groupes de travail pour traiter les questions techniques. En raison du caractère mondial des activités de l'Organisation en matière de forêts le Directeur général de la FAO doit disposer de crédits suffisants pour les voyages.

Il n'existe pas encore de Commission régionale des forêts pour l'Amérique du Nord et la Conférence a noté avec satisfaction que les pays intéressés envisageaient d'étudier officieusement ensemble cette question.

En ce qui concerne l'Extrême-Orient, la Conférence a insisté sur la nécessité d'intensifier l'étude des projets relatifs au problème du logement et à l'aménagement rationnel des bassins de réception. Il conviendrait également de s'attacher à résoudre les problèmes spéciaux que pose l'inventaire des forêts tropicales par les méthodes de levés aériens. Le Directeur général a été invité à donner la priorité, dans le cadre du Programme élargi d'assistance technique, à l'organisation, dans la région, d'un centre de recherche et de perfectionnement consacré aux techniques des levés appliqués aux forêts tropicales.

Parmi les réalisations importantes enregistrées en Amérique latine au cours des deux dernières années, il convient de citer l'accord conclu entre le gouvernement du Venezuela et la FAO, portant création d'un Institut latino-américain de recherche et de formation professionnelle forestières, et la réunion, en collaboration avec le gouvernement argentin, la Commission économique des Nations Unies pour l'Amérique latine et l'Administration de l'assistance technique des Nations Unies, d'une Conférence latino-américaine d'experts de la pâte et du papier à Buenos Aires en 1954. La Conférence a approuvé la création d'un groupe consultatif d'experts chargé de venir en aide aux gouvernements qui ont besoin d'une estimation impartiale des différents projets relatifs aux industries de la pâte et du papier, et de conseils pour l'élaboration et la mise en route de nouveaux projets.

Il pas de région où la nécessité du développement des activités forestières soit aussi urgente qu'au Proche-Orient; aussi la Conférence a-t-elle noté avec satisfaction que la première réunion de la Commission des forêts pour le Proche-Orient s'était tenue en Iran en septembre 1955. Elle a félicité le Directeur général d'avoir fait, dans son programme de travail, une plus large part au développement des forêts dans les zones arides. Elle a noté avec grand intérêt l'établissement de la première terminologie des forêts en langue arabe.

Les conclusions de l'étude conjointe de la FAO et de la Commission économique pour l'Europe, Consommation, production et commerce du bois en Europe - Evolution et perspectives, ont inspiré les programmes de travaux actuels de la Commission européenne des forêts et du Comité du bois de la Commission économique pour l'Europe. La Conférence a constaté avec satisfaction la tendance récente à l'augmentation de la production de bois d'industrie en Europe, l'accroissement des ressources forestières européennes révélé par de récents inventaires nationaux, et la souplesse relative avec laquelle le marché européen des bois s'est adapté, ces dernières années, à l'expansion rapide des échanges intra-régionaux de produits forestiers.

La Conférence a approuvé l'activité des groupes de travail de l'eucalyptus et du chêne-liège de la Sous-commission méditerranéenne mixte des problèmes forestiers, ainsi que les travaux accomplis par la Commission internationale du peuplier et la Commission internationale du châtaignier. Elle a approuvé tout particulièrement la collaboration des forestiers dans les délibérations du groupe d'experts réuni sous les auspices de la Commission économique pour l'Europe afin d'étudier certains plans de développement économique en Europe méridionale.

La Conférence a exprimé l'espoir que l'Organisation serait en mesure de participer plus activement qu'elle ne l'a fait jusqu'à présent au développement forestier de la région de l'Afrique située au sud du Sahara. Elle a exprimé notamment l'espoir que la collaboration de la FAO avec la Commission pour la coopération technique en Afrique au sud du Sahara pourra se développer au cours des années à venir.

Tout en reconnaissant l'intérêt des travaux accomplis dans le domaine forestier au titre du Programme élargi d'assistance technique, la Conférence a estimé que les délibérations et recommandations des Commissions régionales des forêts avaient montré que les gouvernements pourraient, dans plusieurs cas, tirer un meilleur parti de ce programme et à meilleur compte si une proportion plus importante des crédits d'assistance technique mis à la disposition de l'Organisation pouvait être affectée à des projets régionaux distincts des projets nationaux.

Activités techniques

La Conférence a jugé bien conçu et bien équilibré le programme de travail proposé dans le domaine des forêts par le Directeur général pour 1956 et 1957, au point de vue du choix des activités et de leur équitable répartition dans le monde. Pour aider le Directeur général à bien équilibrer les diverses catégories d'activités prévues dans son programme de travail relatif aux forêts, la Conférence a estimé utile de faire certaines observations.

Utilisation et conservation des terres

Dans certaines parties du monde, l'évolution économique suscite une pression croissante en faveur de la conversion de certains terrains forestiers en terrains de parcours et de culture; mais ces modifications de l'utilisation des terres ne doivent être admises, dans aucune partie du monde, sans que les autorités forestières aient donné leur avis en raison des conséquences extrêmement graves que peut avoir sur le sol et sur le régime des: eaux un déboisement inconsidéré. La Conférence a approuvé entièrement le Directeur général d'avoir mis l'accent, dans son programme de travail, sur les influences de la forêt, l'aménagement des terrains de parcours (pâturage en forêt) et l'aménagement des bassins de réception, en exprimant l'espoir que plus d'importance pourra encore être donnée à ce genre de travail. Elle a appelé spécialement l'attention des gouvernements sur la nécessité de développer les études sur les influences de la forêt dans les zones tropicales où de nombreux pays entreprennent actuellement de vastes programmes de mise en valeur des vallées.

Législation forestière et régime de la propriété forestière

Quelques délégués ont mis en doute l'utilité immédiate des analyses de législation forestière et des études comparées de la valeur et des effets des différents régimes de propriété forestière; mais il a été généralement admis que les travaux de ce genre étaient une condition préalable à la mise en route de programmes forestiers rationnels dans les régions moins développées et fournissaient aux experts de l'assistance technique des renseignements généraux indispensables.

Sylviculture et aménagement forestier

La Conférence a approuvé le Directeur général d'avoir mis l'accent, dans son programme, sur le développement de la production forestière et elle a jugé particulièrement dignes d'intérêt les activités portant sur les forêts tropicales et sur les techniques de plantation. Elle a fait sienne la proposition tendant à organiser en automne 1956 une conférence mondiale de l'eucalyptus et a pris note, avec une vive satisfaction, de l'offre d'accueillir cette conférence formulée au nom du gouvernement italien.

Utilisation

La Conférence a approuvé pleinement le programme de travail relatif à l'utilisation des produits forestiers, en appelant l'attention sur le fait que celle-ci influe directement sur le développement économique général, notamment dans les pays insuffisamment développés. Elle a félicité le Directeur général de son projet de convoquer une conférence technique des panneaux de fibre et d'agglomérés et elle a exprimé l'espoir que les techniciens et les représentants des intérêts des producteurs et des utilisateurs y participeront largement.

Statistiques et tendances forestières

La Conférence a noté avec satisfaction les progrès réalisés par de nombreux pays dans l'amélioration de la qualité des statistiques nationales relatives aux forêts et aux produits forestiers. Elle a souligné l'intérêt pratique, pour les forestiers et pour les utilisateurs du bois, de l'étude actuellement entreprise en commun par la FAO et la Commission économique pour l'Europe sur les tendances de l'utilisation du bois et des produits du bois, de l'étude qui doit être entreprise avec le concours de la Commission économique pour l'Asie et l'Extrême-Orient sur les tendances de l'industrie du bois d'œuvre en Extrême-Orient, et d'études régionales analogues susceptibles de conduire à une amélioration des méthodes statistiques et à l'élargissement de la portée des statistiques recueillies.

Congrès forestiers mondiaux

La Conférence a exprimé ses sincères remerciements au gouvernement de l'Inde pour l'organisation du quatrième Congrès forestier mondial en décembre 1954. Elle a noté que les recommandations des experts réunis à Dehra Dun étaient entièrement conformes aux objectifs et au programme de la FAO.

La Conférence a fait sienne la recommandation du Congrès tendant à ce que la FAO établisse une liste d'experts de l'enseignement forestier et elle a noté que le Directeur général avait déjà pris des mesures pour donner suite à cette recommandation. Toutefois, elle n'a pas cru pouvoir adopter, pour l'instant, les propositions du Congrès concernant la création de nouvelles commissions internationales, patronnées par la FAO, sur les essences exotiques à planter dans les zones tropicales et sur les problèmes forestiers dans les zones arides.

La Conférence a autorisé le Directeur général à prendre toutes mesures nécessaires et appropriées pour contribuer à l'organisation du cinquième Congrès forestier mondial prévu pour 1960.

Tendances du programme

Pour aider le Directeur général à tracer les grandes lignes de son programme de travail en matière de forêts pour les années 1958 et 1959, la Conférence a examiné un certain nombre de problèmes importants de la foresterie mondiale et appelé l'attention sur certaines des principales tâches devant lesquelles se trouvent les Etats Membres, ainsi que sur les moyens par lesquels l'Organisation pourrait contribuer à l'accomplissement de ces tâches.

Ressources et besoins mondiaux en bois

La Conférence a étudié les rapports entre les ressources forestières mondiales et les besoins éventuels en bois, et elle a appelé l'attention des Etats Membres sur les conclusions suivantes:

1) Une économie mondiale en expansion et le rapide accroissement démographique font prévoir une notable augmentation des besoins en bois de l'industrie; cette augmentation sera très marquée dans les régions les moins développées du monde.

2) L'évolution technique des industries faisant usage du bois comme celle des besoins des consommateurs ont modifié et continueront à modifier la structure des besoins de l'industrie en bois. C'est ainsi que les besoins en bois à pâte augmenteront plus rapidement que les besoins pour les autres principales catégories de produits.

3) La transformation des besoins de l'industrie a entraîné la transformation des exigences de l'homme à l'égard de la forêt. Mais les ajustements apportés à la politique forestière ne pourront produire leurs effets que lentement; une fois la politique modifiée, il ne sera pas aisé de revenir en arrière. De plus, le forestier, outre qu'il accroît la production forestière et l'adapte à l'évolution des besoins de l'industrie, doit tenir compte de la capacité de production à long terme de la forêt et donner toute l'attention voulue à son rôle protecteur.

4) Pour formuler la politique forestière, que ce soit à l'échelon national, régional ou mondial, il est tout aussi important de comprendre les incidences des tendances techniques et économiques en matière d'utilisation du bois, que d'évaluer l'étendue et la nature des ressources forestières existantes.

En conséquence, la Conférence a prié instamment les Etats Membres de consacrer une attention croissante à l'évaluation quantitative et qualitative des ressources et des besoins courants et éventuels en bois, Elle a demandé au Directeur général de continuer de s'efforcer d'évaluer, région par région, la situation actuelle et future de l'offre et de la demande dé bois de façon à fournir aux Etats Membres les éléments nécessaires à l'élaboration, tant de leur; politique forestière nationale, que de leur politique d'importation ou d'exportation, facilitant ainsi, où il convient de le faire, l'élaboration de politique de production et d'échange à l'échelle régionale.

Enfin, la Conférence a proposé que la question des ressources et des besoins mondiaux en bois constitue le thème principal du cinquième Congrès forestier mondial auquel, espère-t-on, assisteront les Directeurs des services forestiers de tous les pays du monde.

Foresterie tropicale

La Conférence a noté que les progrès économiques réalisés dans les régions les moins développées du monde, ainsi que l'accroissement escompta des besoins en bois dans toutes les régions obligent maintenant à accorder plus d'attention aux problèmes relatifs à la foresterie tropicale. Jusqu'à présent, la récolte des forêts tropicales hétérogènes a été difficile, sélective et accompagnée d'un fort gaspillage, mais les progrès techniques qui ont élargi ces dernières années la gamme des matières premières des industries utilisatrices de bois permettent d'espérer une utilisation plus complète.

Mais il reste à résoudre un grand nombre de problèmes, pour la plupart d'ordre économique. L'ampleur de ces problèmes a incité à la création de forêts artificielles, constituées parfois d'espèces exotiques, soit dans les régions où les forêts tropicales existantes ont été rasées, soit dans des régions tout à fait différentes. Cependant, on n'est pas placé devant un dilemme général impliquant un choix entre forêts naturelles et plantations. Il s'agit plutôt de choisir dans chaque cas en se fondant sur une connaissance approfondie des besoins locaux en produits forestiers et des possibilités sylvicoles et écologiques de chaque site. La solution de ce dilemme exige des données beaucoup plus précises que celles dont on dispose actuellement sur les aspects sylvicole, technique et surtout économique de l'exploitation des forêts tropicales naturelles et de la création et de l'exploitation des plantations.

La Conférence a donc prié le Directeur général d'accorder, dans l'élaboration de son programme de travail en matière de forêts pour les années 1958, 1959 et suivantes, une attention particulière aux points suivants:

1) Etudes techniques sur les méthodes de régénération et de développement naturels ou artificiels de la forêt tropicale composée d'essences à feuilles persistantes ainsi que sur les systèmes sylvicoles et méthodes d'exploitation à appliquer.

2) Encouragement de la recherche technique, technologique et industrielle, et diffusion de ses résultats, de façon à permettre une utilisation aussi complète que possible des produits des forêts tropicales de toutes catégories.

3) Etudes économiques comparatives sur la sylviculture et l'utilisation des différents types de forêt tropicale.

4) Rassemblement, étude et publication d'informations sur tous les aspects, mais particulièrement sur les aspects économiques, de la création de plantations pures ou mixtes d'espèces indigènes et exotiques dans les régions tropicales.

Enfin, la Conférence a approuvé chaleureusement la proposition du Directeur général tendant à organiser une réunion spéciale d'experts des différents aspects des forêts tropicales et de l'utilisation des produits qu'on en retire, pour étudier les problèmes esquissés plus haut, et elle a exprimé l'espoir que cette consultation pourra avoir lieu en 1956.

Productivité de l'exploitation et des industries forestières

La Conférence a approuvé l'objectif à long terme du programme du Directeur général en matière de forêts: assurer la productivité maximum des terres, de la main-d'œuvre et des capitaux. Elle a noté que jusqu'à présent le but principal de ce programme avait été d'améliorer l'efficacité de l'exploitation forestière et la formation des ouvriers forestiers, au titre tant du Programme ordinaire que du Programme élargi d'assistance technique. Convaincue qu'il est tout aussi nécessaire de prendre parallèlement des mesures pour accroître la productivité des industries forestières; la Conférence:

a) a invité le Directeur général à poursuivre ses efforts pour assurer l'amélioration - et la mécanisation lorsqu'il a lieu - de l'exploitation forestière et, en particulier, de l'abattage;

b) a insisté pour que l'on étende cette action à toutes les régions, en veillant soigneusement à coordonner les efforts sur le plan régional et à éviter le chevauchement tant des études que des activités;

c) a attiré l'attention du Directeur général et des Etats Membres sur l'urgente nécessité d'encourager l'amélioration de la productivité dans les diverses industries de produits forestiers, de façon à assurer une utilisation plus rationnelle de la production forestière et à réduire le gaspillage au minimum;

d) a souligné combien l'échange de renseignements techniques, l'organisation de consultations techniques et l'octroi de bourses pourraient aider à atteindre cet objectif.

Coordination régionale des travaux de recherche forestière

La Conférence a affirmé de nouveau l'importance de la recherche pour l'exploitation et la mise en valeur rationnelles des richesses forestières mondiales, et notamment l'étude des possibilités d'utilisation de l'énergie atomique, et elle a souligné les avantages que les Etats Membres pourraient tirer d'une intégration et d'une coordination satisfaisante de ces travaux. Elle s'est déclarée satisfaite de l'amélioration tangible de la coordination des recherches dans lés régions où les instituts de recherche existants sont peu nombreux, amélioration qu'atteste la création d'organisations régionales de recherche dans le Proche-Orient et en Amérique latine où l'on a créé des instituts centraux en Syrie et au Venezuela respectivement. Elle a estimé que le Directeur général doit créer des comités de coordination de la recherche au sein des Commissions régionales des forêts au Proche-Orient et en Amérique latine, ainsi que dans la région Asie-Pacifique, comme il en a été prié par les Commissions forestières respectives.

La Conférence a noté également avec satisfaction que le Directeur général entend assurer cette coordination des travaux de recherche en accord avec l'Union internationale des instituts de recherche forestière.

Problèmes de l'utilisation forestière et agricole des terres dans l'aménagement des bassins de réception

Cette question a été discutée au cours d'une réunion commune des comités techniques de l'agriculture et des forêts organisée dans le cadre de la Conférence. La Conférence a ensuite souligné la grande importance de ces problèmes et s'est félicitée de constater que leur étude a été abordée par la FAO sur le plan inter-divisionnel.

A la suite du débat sur l'aménagement des bassins de réception, la Conférence a appelé instamment l'attention des gouvernements sur:

a) le fait que l'aménagement des bassins de réception est une activité essentielle à la production agricole et forestière;

b) le fait que les objectifs de l'aménagement des bassins de réception visent à la conservation du sol et à la régularisation et à l'utilisation des eaux;

c) l'importance des mesures de conservation dans l'utilisation des terres pour l'agriculture, les pâturages et la foresterie; les conséquences de la surcharge et de la mauvaise gestion des terrains de parcours ainsi que la disparition de plantes précieuses pour la production fourragère et la conservation du sol peuvent être désastreuses;

d) les dangers de l'agriculture nomade pour l'économie agricole et forestière, en particulier pour celle des zones tropicales;

e) les dimensions gigantesques du problème de l'aménagement des bassins de réception; la FAO ne peut, dans ce domaine, que donner des avis et des conseils, les mesures correctives elles-mêmes devant être prises par les gouvernements;

f) le fait qu'il s'agit d'un problème international, exigeant souvent une coopération internationale;

g) l'extrême diversité des conditions dans le monde et la nécessité de recherches en matière d'aménagement des bassins de réception et d'hydrologie ainsi que de programmes d'enseignement destinés à aider les propriétaires fonciers individuels;

h) l'organisation par la FAO de centres de perfectionnement et d'activité éducative connexes au profit des techniciens chargés de l'aménagement des bassins de réception. A cet égard, il a été noté qu'un centre de perfectionnement de ce type sera organisé en 1957 pour l'Extrême-Orient et que l'Inde a généreusement offert de l'accueillir.

La Conférence a recommandé que l'Organisation, en poursuivant ses études sur l'aménagement des bassins de réception et les problèmes connexes, prépare un programme spécial indiquant les mesures que les gouvernements et la FAO devront appliquer en priorité afin d'obtenir des améliorations tangibles. Elle a attiré l'attention sur le grand intérêt de l'aménagement des bassins de réception pour la prévention des inondations et la lutte contre celles-ci, tout en reconnaissant que cet aménagement a également d'autres objectifs, par exemple la lutte contre la pollution des cours d'eau, l'amélioration de la navigabilité, l'extension et l'amélioration de l'alimentation en eau pour les besoins domestiques et industriels.

Le Comité technique des forêts comptait des représentants des pays suivants: Afghanistan, Allemagne (République fédérale), Argentine, Australie, Autriche, Belgique Birmanie, Canada, Etats-Unis d'Amérique, Ethiopie, Finlande, France, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Pays-Bas, Portugal, République des Philippines, Royaume-Uni, Suède Suisse, Thaïlande, Turquie, Viet-Nam, et Yougoslavie. Les délégations de quelques Etats Membres étaient trop peu nombreuses pour leur permettre de participer de manière continue aux travaux du Comité. Les représentants du Brésil, de l'Irlande et de la Jordanie ont pris part à quelques séances.

(Traduit de l'anglais)

Prochaines réunions de la FAO

 

1956

27 mai - 2 juin

France

Sous-Commission de coordination des questions forestières méditerranéennes

Septembre

Argentine

Conférence latino-américaine du peuplier

17-30 octobre

Rome

Conférence technique sur l'eucalyptus

 

1957

14-25 janvier

Genève

Conférence technique sur les panneaux de bois

Date non fixée

Indonésie

Commission des forêts pour l'Asie et le Pacifique (quatrième session)

"

Rome

Commission européenne des forêts (neuvième session)

"

Irak

Commission des forêts pour le Proche-Orient (deuxième session)

"

Guatemala

Commission latino-américaine des forêts (sixième session)

"

France

Commission internationale du peuplier

"

Moscou

Comité mixte FAO/CEE des techniques d'exploitation et de formation professionnelle forestières

Novembre

Rome

Conférence de la FAO (neuvième session)


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