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4. UTILISATION DE L’ESPACE FORESTIERE

4.1 LES FORMES D’EXPLOITATION DES RESSOURCES FORESTIERES

Jusqu´a présent la forêt guinéenne a été le support des activités économiques diverses, notamment celles qui sont liées avec les économies rurales orientées pour la subsistance, résultat desquelles des zones significatives ont été distribuées, à partir des feux de brousse et abattement. Cette pratique ancienne, où la forêt représente souvent l’espace potentiel pour de nouvelles superficies de culture itinérante et de pâturage, il est justement considéré comme la principale cause de la dégradation des formations forestières. Autres fortes raisons actuelles, qui sont liées avec la diminution de la couverture forestière est non seulement l’augmentation significative de la population et l’intensification de la monoculture des anacardiers, mais aussi, celle de la création des vergers dans les localités occupées par la forêt naturelle. On peut se référer encore, que d’autres activités sont venues également contribuer pour de tel appauvrissement, par exemple, l’exploitation forestière de bois

C´est après tout le caractère sélectif de ce que revêt une telle exploitation, conforme au nombre réduit d´espèces, qui apparaît en fait le plus préoccupant, étant donné que le volume extrait ne dépasse pas la possibilité d´abattement pour l´ensemble de toutes les espèces. Dans l´étude l´Atlanta Consult (1985) relate que le volume de 55.000 m³ de bois de qualité et dimension est supérieur à l´estimation des espèces qui sont objets d´exploitation.

L´obtention du bois de consommation et d´usine de charbon végétal et autre activité exercée des ressources forestières, laquelle avise, dès lors, assurer environ 90% des nécessités de l’énergie domestique utilisée en Guinée-Bissau (Lopes, 1988).

La forêt guinéenne a été encore utilisée de façon permanente par la population comme source de divers produits forestiers, ou, associés au domaine forestier, comme ont été les fruits sauvages, plantes médicinales, chasse, apiculture, etc., aspect relativement auquel n’existe pas des études exhaustivement, éclaircies de la fonction et de l’importance que ces derniers jouent globalement dans le cadre de l’économie de la famille, communauté et au niveau national.

 

4.2 INDUSTRIES FORESTIERES

L´ exploitation forestière a été effectuée par 10 entreprises de bois dont les scieries possèdent une capacité installée de l’ordre des 20.000 m³/an de bois scié, ce qui équivaut environ 40.000 m³ de bois entier, comprenant ainsi que l’incidence de mise en valeur est de l’ordre de 85% de la capacité installée et que l’industrie de la première transformation de bois se caractérise par un niveau productif et technologique faible, faible indice de mise en valeur de la matière première et coûts élevés de manutention, réparation et transport. On note que les recettes provenant des paiements des taxes, d’exploitation du bois constituent un des grands supports du budget général de l’État.

Il arrive que, malgré l’exploitation des espèces comme le bois rouge et le bois incenso, ne dépassent pas en général les 5% à 10% du volume total exploité, le bois rouge représente 23% (1.060.185 m³) du volume total de bois pour les scieries des espèces connues qui est de 4.552.730 m³, alors que le bois incenso représente environ 31% (1.440.828 m³) du même volume (Costa R., 1993). L’exploitation que l’on pratique incite autour de 80% dans une seule espèce, le Caicédrat (Khaya sénégalenses), ce qui, représente au moins 10.6% (4.860. 158 m³) du volume pour la scierie, ce qui dit respectivement aux bois "pau-conta" (Afzelia africana), bois rouge (Pteurocarpus erinaceus), "Mancone" (Erytrophleum guineense), Fromager (Ceiba pentendra), "bois incenso" (Daniella oliveri) et "bois-bicho-amarelo"(Chrorophora exelsa), qui constituent les 20% qui restent. Cela signifie que l’exploitation pratiquée ne traduit pas la composition du peuplement et la disponibilité du volume d’abattement des différentes espèces connues, fonctionnant avant tout comme instrument de sélection négative en ce qui concerne l’appauvrissement de la forêt guinéenne en bois de grande valeur commerciale.

L’usine de mobilier de bambou et rotin, crée en 1980 avec l’appui technique, financier et matériel de la République Populaire de la Chine, vient à se transformer en une authentique école de formation professionnelle, dans laquelle la matière première était essentiellement la canne de bambou, le rotin fin et le grossier. Les données de 1994 pointaient le nombre de 12 techniciens qui ont donné la formation à plus de 40 jeunes par an, qui ont crée à leur tour, les postes de travail (Programme de la revitalisation de l’Artisanat Guinéen, Bissau, 1992). Incorporé, postérieurement, au Centre de production Artisanal et Formation CEPAF (crée en 1989), cette unité de production était à l’origine de la prolifération des mobiliers en bambou et en rotin pour tout le pays, principalement dans la capitale, au Cap Vert et à petite échelle dans les pays lusophones.

 

4.3 LA CONSOMMATION DOMESTIQUE DU CHARBON ET BOIS DE FEU

Autres aspects caractéristiques et préoccupants de lapression qui actuellement s’exerce sur les ressources forestières guinéennes sont liés avec l’activité de la production du charbon végétal. Alors les études réalisées ont indiqué que, environ 90% de l’énergie utilisée dans le pays est obtenue à partir de l exploitation du combustible ligneux (Lopes, in Costa, 1993) qui est exprimée de la forme que nous pouvons dire que la consommation journalière par habitant est de 450 g de charbon ou 1 kg de bois, ce qui signifie la quasi-totalité de la population est profondément dépendant de ce type de combustible pour satisfaire leurs nécessités énergétiques journalières. Dans les centres urbains, les estimations de la consommation sont les suivantes: 70% de charbon et 30% de bois (la majeure partie du bois est consommée par des fours-pour faire du pain) et dans les zones rurales la situation s’inverse; étant 95% de bois et 5% de charbon (Dias e correia, in 12 anos da Planificacçäo Costeira).

Le processus de la production du charbon est assuré tant par les hommes que les femmes. Cependant, originaires de la capitale, les femmes (en nombre considérable) vont dans les zones de production avec l’objectif d’acquérir du charbon et le revendre à Bissau. Alors, ces activités gèrent une forme d’occupation et garantissent une source de rendement à ceux qui les pratiquent.

Tenant compte des données de 1997, environ 650.000 tonnes par an est la quantité de bois consommée, celle du charbon au niveau interne atteint 137.000 tonnes. Dans les dernières années, on a vérifié une réduction de la consommation du bois de feu.

Le transport de charbon pour les pays voisins (Sénégal en grande partie) est fait de forme clandestine avec des préjudices pour l’économie nationale. Cependant, ce scénario tend à se maintenir à cause de la paralysation des activités de ce genre dans la Province de la Casamance, cela est originé par le conflit armé qui a duré plus de 15 années. Selon le projet d’Utilisation Rationnelle du Patrimoine Forestier, il est possible que dans les prochaines années, la charbonisation au Nord dans la zone de la frontière avec le Sénégal ne soit la première cause de dégradation environnementale (PDFN, 1992).

 

4.4 L`EXPLOITATION DES RÖNIERS POUR LA CONSTRUCTION CIVILE

L’augmentation démographique, au niveau de la ville deBissau (même dans d’autres régions), que l’on a registré ces dernières années, a originé l’apparition de nouvelles zones d’habitation. Par conséquent, la construction civile a gagné une dimension énorme, exerçant une influence dans la pression sur les ressources forestières principalement le rônier, avec les conséquences déjà visibles et néfastes dans beaucoup d’écosystèmes dans la région Nord.

Selon les données récentes de la DSFC (DSFC, tableau des prix 2000), la consommation annuelle en rônier est en moyenne 250.000 fissures, chaque fissure coûtant la valeur symbolique de 125 FCFA, ce qui permet à l’état de bénéficier environ 37.000.000 FCFA par année. Entre temps, à Bissau, la valeur de chaque fissure de rônier varie et atteint parfois 2000 FCFA, ce qui représentera un bénéfice assez élevé.

Il est certain que la construction des habitations (avec une couverture de zinc) continuera à se développer, analysant l’actuel rythme (constant), de la fuite des populations des villages vers la ville, il est susceptible de prévoir une augmentation quantitative de la commercialisation de rôniers dans la capitale et son usage ne deviennent chaque fois une nécessité incontournable.

La couche de la population originaire des zones rurales se caractérise, dans la majorité des cas, comme étant des individus jeunes et capables de se dédier aux activités lucratives, par exemple le commerce.

Ces présuppositions nous amènent à conclure que n’ayant aucune alternative à l’acquisition des matériaux de couverture que ne sont que le zinc, alors dans les prochaines 20 années, l’existence des rôniers (essence végétale), en tant qu’élément indispensable pour la toiture en zinc sera presque nul.

 

4.5 L´UTILISATION DE LA MANGROVE

Comme il est évident, lamajeure partie de la superficie de la mangrove se trouve dans la zone côtière du pays, où habitent 65% de la population guinéenne (Planification Côtière, 1993). En 1976, la superficie occupée par les palétuviers était de 476.000 hectares, au début de 1986, 24% (114.000 hectares) ont été converties en superficies agricoles, et ce taux de conversion (1.500 hectares/an) s’est maintenu jusqu’aux finales de la décade 80, totalisant ainsi environ 21.000 hectares. Dans le cas de la Province Nord, la majorité de ces rizières ont été après abandonnée. Selon les analystes, la récupération des rizières a été faite sans études préalables de la viabilité technique et socio-économique.

Dans la décade 90, cet important écosystème a souffert encore plus avec des abattements pour le fumage des poissons, n’oubliant pas que cette pratique est plus accentuée au Sud du pays. Les palétuviers sont une source importante de bois pour la construction dans la zone côtière du pays.

La riziculture est une pratique de culture qui dégrade le plus cet écosystème fragile suivi du processus de l’oxydation des sols, du processus de formation de tannes, la construction des infrastructures.

Les populations des zones côtières utilisent le matériel ligneux de la mangrove pour les différentes finalités:

Bois pour la construction des cases

Comme énergie pour la satisfaction des nécessités domestiques (bois de chauffe et -charbon)

Utilisation de la mangrove (comme bois) pour le fumage des poissons

Pour la fabrication des ustensiles domestiques de travail

 

4.6 L’UTILISATION DES AUTRES PRODUITS FORESTIERS

Selon la DSFC, (1997) la consommation annuelleest de 196 charges de camion. Cependant, l’information donnée par les techniciens de ce service, elle, bien qu’elle soit de celle qui est exploitée, peut être considérée comme la moyenne de la consommation annuelle.

Les produits forestiers comestibles comme le «fole», le pain de singe, le «mandipli» et le «foroba», sont en ce moment, des activités secondaires dont se dédient fondamentalement les femmes dans les zones rurales et elles sont motivées para le caractère cyclique de ces produits. A une faible échelle, la commercialisation des produits forestiers comme le zaboan sénégalais, le pain de singe, le mandipli et le nété, un groupe avec peu d’expression s’y active, à cause de la période cyclique de régénération de dits produits.

La meilleure expression est la commercialisation du «fole», du pain de singe et encore à petite échelle le mandipli, le véludo et l’acitona pour la consommation de la ville de Bissau, cette activité étant purement féminine. Cependant, le long de ces années, nous avons assisté à une invasion de la part des commerçants sénégalais qui exportent en grandes quantités le «fole» pour leur terre d’origine. Un tel fait, a proportionné un certain intérêt au niveau des communautés locales et elles retirent un certain bénéfice de la collecte et de la vente du «fole» pendant la saison pluvieuse.

Pour la consommation dans la ville de Bissau, les femmes domestiques font les ventes suc gelé, des sucreries fraîches à base du pain de singe et du taboan (Londolphia) qui contribuent pour certaines dépenses de la maison. Mais l’exercice de ces activités est en train de devenir préjudiciable à cause de la pénurie de l’énergie électrique dans la ville de Bissau.

Il est important de faire noter le manque des industries de transformation dans le pays, ce qui ne contribue pas à l’encouragement de la collecte de ces produits sylvestres bien comme la création de l’emploi. Naturellement, dans les prochaines années, l’importation des dites produits vers l’extérieur est l’unique alternative viable qui conduirait à la valorisation de ces derniers au bénéfice de l’économie nationale et des communautés locales.

 

4.7 UTILISATION DES PLANTES MEDICINALES

L’une des activités sur l’usage desressources forestières, puisque la plante a eu une influence énorme et des résultats assez satisfaisants est, sans doute, la médecine traditionnelle.

Jouant aussi un rôle que l’on ne peut pas substituer (et parallèle) dans la solution des problèmes de santé et leurs pratiquants ou meilleur ceux qui s’y activent forment un groupe social important: les charlatans (djambacus), authentiques professionnels dont le matériel de travail est retiré des forêts.

N’omettant pas le rythme assez accéléré qu’atteignaient les feux de brousse (données de Atlanta Consult-1995 environ 40.000 à 60.000 hectares/an), la pratique de la médecine traditionnelle et la conséquente valorisation des plantes médicinales ont contribué de forme significative pour la non dilapidation, la conservation et l’usage durable de ces produits forestiers. Néanmoins charlatans obtiennent des rendements qui nécessitent d’être évalués.

Une étude faite en 1991, dans la région de Contuboel (financé par JNICT par le Portugal et l’appui par DEPA, Guinée-Bissau) a ramassé seulement dans cette région 30 espèces, ils ont sélectionné 26 espèces jugées de grande utilisation dans la pharmacopée et dont l’étude est en course.

 

4.8 LA CHASSE

La chasse est pratiquée par presque tous les groupes ethniques, mais avec une grande incidence de population par les Peuls et Mandingues. Selon l’enquête dans le village de Fulamansa et Madina Djalocunda, les populations ont informé qu’elles ne laisseront pas de pratiquer la chasse organisée en parades, style de leurs anciens. De l’autre côté, elles ont dit que la chasse actuellement n’est pas rentable comme avant, parce que les effectifs des espèces ciblées ont diminuées de forme drastique et d'autres ont disparues ou ont changé de zone.

L’exercice de la chasse est une tradition chez l’ethnie Peul. La chasse ainsi pratiquée respecte un certain rituel contractuel entre la famille du chasseur et le propriétaire de la forêt. La préoccupation de l’utilisation rationnelle de la faune doit être le quotidien des communautés, par l’existence des formes traditionnelles de la protection de la faune qui est assez respectée dans les localités, ce qui n’est pas tenu en compte avec les étrangers.

Tableau 1: Recette realisée entre Juillet 1999 et Juillet 2000

Désignation des recettes

Montant

Licence de chasse touristique

Licence de chasse d`étranger résident

Licence de chasse nationale

 

 

12. 437.500,00

255.000,00

22.500,00

Total

12.714.000,00

Source: DSFC, 1999

Le commerce clandestin de la faune sauvage et des trophées respectifs a incité un réseau de trafiquants. On vérifie l’invasion de la zone frontalière par les chasseurs furtifs venant des pays voisins où la vigilance sur leurs activités est très efficiente. D’un autre côté, les captures et vente des espèces exotiques ont été stimulé comme les tortues marines, les perroquets, la gueule tapée, les phacochères et d’autres reptiles.

 

4.9 LE TOURISME ET L’ECOTOURISME

Dans le cas concret de la Guinée-Bissau, nous ne possédons pas de grandes extensions de sable (plage), le territoire national patenté de conditions naturelles optimales avec un détachement particulier pour une faune et une flore exubérante des diversités des cas impaires et variées. Et, c’est dans ce contexte que doit se dessiner la valorisation de ces potentialités, les attributs distincts et à travers desquels la Guinée-Bissau pourra marquer une différence qualitative comme destin touristique.

Faisant une analyse comparative, François Lamarque affirme que l’écotourisme réunit des pratiques touristiques "brandas" demandant d’infrastructures, c’est un tourisme de découvertes de nature dans sa globalité, valorisant tous les éléments de l’écosystème; faune et flore, mais aussi la civilisation.

Les activités touristiques basées sur la pêche et la chasse sportive promue par les campements existants et exercés. Il est important d’alerter que beaucoup de ces potentialités sont exposées pour toute la Guinée-Bissau.

 

4.10 LA FAUNE SAUVAGE

La faune sauvage et ses habitats jouent toujours le rôle essentiel dans la vie journalière des populations africaines, tant au niveau alimentaire qu’au niveau socioculturel. La chasse traditionnelle, les danses, les masques, les totems et tabous, les cérémonies d’initiation sont des exemples où la faune sauvage intervient.

L’inventaire quantitatif de la faune au niveau national réalisé par CECI/DGFC/UICN, 1999, révèle la présence d’une importante diversité de mammifères. Le résultat de cet inventaire pointe pour l’existence de 64 espèces de mammifères en Guinée-Bissau, répartis de la forme suivante: 11 espèces des primates, 2 de polidotes, 9 des rongeurs; 21 des carnivores, 1 des "tubulidentés", 1 des sérénides, des ongulés, 374 espèces des oiseaux et 39 espèces de reptiles. Il est pratiquement notoire les raretés des espèces de grande portée: des éléphants, les buffles, les lions, les "sim sim", les "boca branco" etc. Les zones côtières présentent des caractéristiques spéciales en terme de diversité génétique et servant de pôle de la concentration des oiseaux migrateurs

Pratiquement il n’existe aucun modèle de la gestion faunistique dans le pays, ne serait-ce qu’une période légale de défense entre le 1 mai au 31 octobre, comme mesure de la protection des espèces cynégétiques qui s’appliquent aussi dans les aires protégées. Relativement à la faune des oiseaux migrateurs, il est en cours dans les pays depuis 1996 un projet de suivi et comptage des oiseaux dans le cadre du protocole d’accord signé entre la Guinée-Bissau et la Troïka de la Mer de Wadden: l’Allemagne, le Danemark et la Hollande.

Il y a toute une nécessité d’actualiser un inventaire faunistique, cela, si nous tenons en compte que la dégradation de la couverture des arbres est entrain de souffrir en ce moment affecte sur la forme de la diversité biologique des écosystèmes forestiers et aussi par la prolifération des clubs de chasse.

 

 

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