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5 DISCUSSION ET CONCLUSIONS

Une nouvelle prospection acoustique effectuée sur le lac Kivu en semptembre 1989 a conduit à une estimation de l'abondance du Limnothrissa miodon de 5130 tonnes. Cette biomasse correspond à un nombre de poissons de 1030 millions.

L'estimation en poids est supérieure d'environ 70% à celle précédemment obtenue en avril 1989, alors qu'en nombre elle n'en représente que la moitié environ.

Ceci s'explique par le fait que le très grand nombre de juvéniles observés en avril 1989 ont en grandissant donné lieu à des poissons plus gros qui constituent actuellement une part importante de la biomasse totale.

La proportion de juvéniles actuellement présents dans le lac, bien qu'inférieure au niveau exeptionnel d'avril dernier, permet cependant d'espérer une continuité du niveau du stock et de la pêche si les conditions du milieu restent favorables.

La notion de répartition exclusive des juvéniles près des côtes est encore une fois mise en défaut par leur observation dans diverses régions du lac, en particulier au centre du bassin nord.

Les variations importantes de l'abondance du stock de Limnothrissa miodon sont des phénomènes courants des espèces pélagiques. Elles peuvent être liées aux variations des conditions naturelles qui influant sur la reproduction, la survie et la croissance, mais aussi à l'impact de la pêche. A ce stade de nos connaissance des mécanismes qui jouent sur l'abondance, il n'est pas possible de déterminer l'importance relative des divers facteurs impliqués. Seule l'étude de longues séries chronologiques permettra d'améliorer la compréhension des interactions entre le milieu et l'abondance.

Le poids moyen individuel d'un Limnothrissa miodon globalement pour tout le lac est de 5 g en septembre 1989, il était de 1,56 g en avril dernier, cette différence s'explique, on l'a vu, par la proportion relative des juvéniles et des poissons de grande taille dans le stock total.

Lors des six premières prospections effectuées entre 1984 et 1987 avec du matériel limité et de technologie plus ancienne, la possibilité d'accéder directement à la répartition des tailles de poissons in situ n'existait pas. Le poids moyen de 7,13 g, calculé à partir des données des débarquements, avait été utilisé pour l'estimations de l'abondance de toutes les campagnes. On comprend mieux dans ces conditions que les premières estimations aient pu atteindre des niveaux supérieurs aux niveaux actuel.


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