FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires  - 10/03 - CÔTE D'IVOIRE (10 août)

CÔTE D'IVOIRE (10 août)

Depuis mai, les précipitations ont été dans l’ensemble inférieures à la moyenne, ce qui peut avoir des conséquences sur le développement du maïs dans le sud et sur celui du mil et du sorgho dans le nord. La production agricole ne devrait pas retrouver cette année le niveau atteint avant la crise en raison des déplacements massifs de population et de probables pénuries de semences résultant de la guerre civile.

Bien que l’on constate une amélioration sur le plan de la sécurité, la situation alimentaire dans le pays reste critique, surtout dans l’ouest et dans le nord contrôlé par les rebelles. La situation humanitaire est très préoccupante dans l’ouest, où des centaines de personnes ont quitté la brousse depuis l’envoi dans la région, fin mai, des troupes de maintien de la paix françaises et ouest-africaines. La plupart des enfants et des femmes présentaient des signes de malnutrition. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, plusieurs milliers d’agriculteurs et de travailleurs agricoles immigrés en provenance du Burkina Faso et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest sont encore forcés de quitter leur communauté d’accueil dans l’ouest. Le PAM fait face à un manque de dons pour financer les approvisionnements dans la région et le système de santé ne fonctionne pas. L’assistance humanitaire ne couvre pas les besoins actuels et on craint une montée en flèche des taux de malnutrition, de morbidité et de mortalité. Les problèmes humanitaires se sont aggravés en raison de la situation catastrophique au Libéria, qui a provoqué un nouvel afflux de plus de 30 000 réfugiés. Dans le nord contrôlé par les rebelles, l’accès aux produits vivriers est très difficile pour les exploitants de coton, qui se sont retrouvés dans l’impossibilité de vendre leur récolte en raison du conflit.

Ce conflit armé a provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes. Au moins 800 000 personnes ont fui vers le sud depuis le nord et le centre et environ 300 000 personnes ont été déplacées à l’ouest autour de la ville de Man. Deux cent mille autres, pour la plupart des travailleurs migrants des pays voisins, à savoir le Burkina Faso, la Guinée, le Libéria et le Mali, ont quitté le pays. Le PAM a lancé une opération d’urgence régionale, pour une période de huit mois (mai–décembre 2003) afin de venir en aide à 588 600 personnes en Côte d’Ivoire et 275 000 personnes en transit/rapatriés vers les pays voisins (Ghana, Burkina Faso et Mali).