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Notes d'information


Notes d'information

Mise en valeur des vallées onchocerquiennes en Afrique de l'Ouest

L'onchocercose, également appelée cécité des rivières. est une affection parasitaire engendrée par la présence de vers pouvant se reproduire dans l'organisme. Les victimes de cette maladie deviennent progressivement aveugles, parfois avant 35 ans. Ainsi, au début des années 70, près de 15 pour cent de la population du bassin de la Volta. une région d'Afrique occidentale qui représente une fois et demie la superficie de la France, étaient frappes par cette maladie.

La transmission d'Onchocerca volvulus est due à des petites mouches de couleur sombres: les simuliez. La femelle absorbe les embryons en piquant les personnel infectées: au bout de quelques jours, les larves infestantes alignent la trompe de l'insecte et pénètrent chez l'homme à l'occasion d'une nouvelle piqûre. Les simuliez se reproduisent près des rivières a débit rapide et, de ce fait, la maladie affecte surtout les populations rurales vivant aux approches des biefs d'eau courante.

Le lourd tribut des victimes n'est qu'un des aspects désastreux de cette maladie. La production alimentaire a également chuté de façon dramatique lorsque les populations on du abandonner les vallées fertiles infestes pour se regrouper en masse sur des terres surexploites. En outre. Ia dégradation progressive de l'environnement n'a fait qu'exacerber une situation déjà précaire.

Le Programme de lutte contre l'onchocercose (OCP)

En 1972, Robert S. McNamara, alors Président de la Banque mondiale, était en visible à Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso, lorsqu'il rencontra deux scientifiques français, Ies docteurs LeBerre et Picq. Ces deux chercheurs travaillaient sur la maladie depuis 1965.11s réussirent à convaincre M. McNamara qu'il importait de détruire les larves de simulies sur l'ensemble des sites de reproduction si l'on voulait rompre définitivement le cycle de transmission de la maladie. information

M. McNamara propose alors au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ainsi qu'à l'Organisation mondiale de la sanglé (OMS) de se joindre à la Banque mondiale pour mailler sur pied un programme commun. avec l'aide de nombreux donateurs.

C'est ainsi qu'en 1974 commença ce vaste projet. garce à une coopération multiforme. Au début, sept pays étalent concernés: le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'lvoire, le Ghana. le Mali, le Niger e le Togo. ll s'avéra impossible d'appliquer le programme d'éradication a un niveau purement national: aussi les gouvernements décidèrent-ils de l'étender à toute la sous région concernée.

Des études révélèrent que la région la plus infestée était celle du bassin de la Volta. La stratégie adoptée consistais à déverser chaque semaine des insecticides par hélicoptère sur les sites de reproduction. L'information par satellite permettait de déterminer les zones de reproduction les plus denses. Un comité écologique indépendant fut créé ayant pour mission le contrôle et l'approbation de l'utilisation d'insecticides et la protection écologique des zones situées près des points d'eau

En tant qu'agence d'exécution, I'OMS rassembla une équipe de 500 personnel composée d'entomologistes. d'épidémiologiques, et d'agents de terrain. dépendant du siège du projet simulé à Ouagadougou (Burkina Faso). Un comité d'organisation comprenant le PNUD, la FAO, I'OMS et la Banque mondiale full conseillé pour surveiller les différences phases du programme. La Banque mondiale y assumait la responsabilisé de la coordination entre pays ou organismes donateurs, et de la gestion des fonds obtenus

Désillusions

Au début des années 80. force fut de constater que les zones situées à proximité du bassin de la Volta étaient infestées par les simulies, lesquelles envahissaient de nouveau la zone cible d'origine. De 1986 à 1987, le Programme fut donc étendu aux régions plus au sud du Bénin, de la Côte d'lvoire, du Ghana, du Togo ainsi qu'en Guinée, en Guinée-Bissau, au Sénégal, en Sierra Leone et dans le sud du Mali

En 1987, un nouveau médicament. l'ivermectine, un microfilmer capable de tuer les larves à l'intérieur de l'organisme. fut identifié et incorporé au programme. Le fabricant. Ia société Merck and Co., décida alors de le distribuer gratuitement. Bien qu'il constitue un excellent remède pour la prévention de la cécité. l'ivermectine ne peut cependant pas remplacer les pulvérisations d'insecticides car il ne prévient pas la transmission de la maladie et ne suffit donc pas pour éliminer le parasite.

Succès en vue

En 1991, le Programme avait atteint son objectif de contrôle de l'onchocercose et s'appretail à enlacer la phase suivante d'une dure de six ans (Phase IV, 1992-1997), laquelle serait suivie d'une période de relâche d'environ trots ans A la fin du programme, la maladie devrait être éradiquée dans les 11 pays concernés

Les zones traitées vent comprises à l'intérieur d'une aire de 1.3 million de km2. Ie long de 50 000 km de cours d'eau et concernent 11 pays Treize nouveaux donateurs se vent joints à ceux du début. Le budget annuel moyen, sur les 20 ans de vie de ce programme de sanglé publique, est de l'ordre de 30 millions de dollars EU

Si les modes d'action employée pour aliéner les buts du programme de contrôle de la cécité des rivières n'ont guère changé, de plus en plus d'Africains, au fil des ans, y on été mêlés, à tel point qu'actuellement environ 95 pour cent du personnel de l'OCP sont originaires des 11 pays concernés.

Ontre le contrôle de l'onchocercose dans ces pays, les efforts visent essentiellement à prévenir toute résurgence de la maladie et à contrôler le bon déroulement du Programme, qui devrait s'achever vers l'an 2000.

Mise en valeur socioéconomique des vallées

Du point de vue médical, le Programme de lutte contre l'onchocercose peut d'ores et déjà être considéré comme un succès: près de 30 millions de personnel sont désormais à l'abri de la maladie: environ 1,5 million de malades ont pu être guéris et les 10 millions d'enfants qui on vu le jour depuis le début du programme ne courent plus le risque de contracter la maladie. Selon les estimations de l'OMS, 500 000 cas au moins de cécité serons évités, et l'on peut raisonnablement espérer qu'à l'aube de l'an 2000 I'onchocercose sera en grande partie éradiquée dans les zones concernées.

Ces dernières années, le contrôle du vecteur a permis d'envisager la réinstallation de paysans et d'éleveurs dans les vallées à nouveau accessibles sur des terres fertiles et généralement bien arroses dont la superficie globale stélève à plus de 80 000 km2.

II est à noter, cependant, que l'occupation désordonnée de ces vallées, faute de politiques foncières garantissant la continuité de la tenure aux paysans qui s'installent sur des tenure qui ne sont pas les leurs, laisse entrevoir les risques de surexploitation des ressources naturelles des aires onchocerquiennes et leur stérilisation progressive.

Pour conjurer ce péril, la France et la Banque mondiale on organisé, en avril 1994 à Paris, une Conférence ministérielle ayant pour thème le peuplement et le développement durable de la zone du Programme de lutte contre l'onchocercose en Afrique de l'Ouest Cette réunion a eu pour résultat la mise au point et l'adoption d'une série de principes de base selon lesquels formuler des politiques d'accès aux ressources naturelles des vallées de l'OCP et à leur utilisation renouvelable

Inventorier les ressources

Suite aux vireux exprimés par les Chefs d'Etat et plusieurs ministres présents à Paris, les agences comprenantes de l'OCP ont reconnu à la FAO, en avril 1995, le rôle d'agence principale du système des Nations Unies pour la formulation et l'exécution d'un plan d'action visant à la mise en valeur renouvelable des ressources naturelles des vallées de l'OCP. ainsi que la fonction de coordination des plans nationaux de développement des zones en question

Avec l'assistance d'aulnes divisions techniques, Ie secrétariat de la FAO pour l'OP (SDAA) a donc enlarme l'élargissement d'un inventaire des ressources qui permette l'individuation de projets circonscris de développement rural durable. Centre sur la mise à jour d'études précédentes et sur le largement des donnes recueillies à la faveur d'étudés sur la situation démographique dans les vallées, les deux migratoires et les zones d'origine des immigrants: sur une description des capacités socio-économiques dans les vallées des capacités socièconomiques dans les vallées de I'OCP et sur les installations réalisées ou en cours d'exécution avec étude particulière sur les contrats d'accès et de mise en valeur des terres cédées aux nouveaux occupants afin d'y obtenir la pérennité des droits d'usage: enfin, sur un inventaire - diagnostic des ressources naturelles disponibles, notamment par des techniques de cartographique thématique basées sur les systèmes d'information géographique par satellite. Les documents cartographiques traités permettraient la formulation de propositions spécifiques de mises en valeur ainsi que la détermination des capacités de charge démographique et d'exploitation des ressources naturelles dans une aire donnée La réalisation de l'inventaire démographique a bénéficie d'une approche basée sur l'animation de cellules rationnels de recherche

Grâce aux acquis méthodologiques et aux techniques perfectionnées au cours des inventaires requis, ces équipes de recherche démographique peuvent rendre d'utiles services à leurs pays respectifs lors d'études ultérieures. A mi-parcours de leurs études rationnels, les équipes de I'inventaire démographique se vent rencontrées lors d'un séminaire sous-régional pour discuter de leurs études respectives et s'échanger une série d'informations et de conclusions provisoires.

Cette mise en réseau sous-regional des cellules de recherche démographique pourrait servir de

modèle d'intervention pour les inventaires de ressources qui pourront bientôt s'avérer nécessaires A ces volets d'inventaire des ressources, tant humaines que socio-économiques et naturelles. statuerait la promotion de la production animale dans les pays de l'OCP. On pourrai commencer par le contrôle de la trypanosomiase dans l'optique d'une expansion naturelle du projet finance par la Belgique au Togo (GCP/TOG/013/BEL), jugé un succès par beaucoup.

Gérer un outil permanent de planification

Au terme des études d'inventaire détaillées ci-dessus, la FAO serait en mesure d'aider chacun des 11 pays de l'OCP â formuler son plan de développement rural, et de lui présenter une série de projets en agriculture, fores, élevage ainsi qu'un canevas de développement rural intégré de ces zones, allant des secteurs de production agricole aux infrastructures, à la santé publique, â la démographie, aux pôles de développement. aux industries de transformation et de traitement, etc.

Il y a lieu d'ajourer que le temps réclamé pour l'obtention des divers financements que nécessitent les éludes d'inventaire des ressources devrait elle abrégé au maximum. Cette hâte dans le financement et la réalisation des études envisages est due aux pressions démographiques d'ores et déjà exercées sur les terres des vallées et aux risques subséquents de surexploitation des ressources disponibles et d'utilisation de techniques non adaptées aux conditions écologiques locales.

G. Ciparisse

Fonctionnaire chargé des régimes fonciers et de la mise en valeur des terres (SDAA) et Secrétaire technique de la FAO pour les activités onchocercose Service des régimes fonciers Division du développement rural

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