LIBÉRIA* (20 février)
La poursuite des affrontements armés dans les zones agricoles les plus productives, la difficulté de circuler dans ces secteurs et les déplacements massifs de leurs habitants, pour la plupart des agriculteurs de subsistance, continuent de compromettre la sécurité alimentaire dans le pays. Comme les importations commerciales ne suffisent pas à couvrir les besoins, presque toute la population, en particulier les pauvres chroniques, sera tributaire des secours extérieurs (aide alimentaire comprise) pour l’avenir prévisible. La pénurie de terres arables et d’outils agricoles réduisent les chances des PDI de compléter l’aide alimentaire qu’ils reçoivent et donc d’améliorer leur sort.
Les conflits armés incessants ont poussé quelque 184 000 habitants du nord, du nord-ouest et du centre du pays vers des camps situés dans d’autres régions. Des milliers de Libériens ont fui vers la Sierra Leone à la suite d’une intensification des combats entre les troupes gouvernementales et les rebelles au début de février. Par ailleurs, l’instabilité persistante en Côte d’Ivoire a incité un nombre croissant de réfugiés libériens bloqués par le conflit (ils seraient environ 60 000) à demander d’être immédiatement rapatriés ou évacués vers des pays voisins. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a demandé de nouveau aux pays d’Afrique de l’Ouest d’accueillir les réfugiés libériens, dont la protection n’est assurée ni en Côte d’Ivoire ni dans leur propre pays. Le PAM continue de fournir régulièrement de l’aide à quelque 117 600 personnes sur le territoire du Libéria.