FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires  - 03/03 - ZIMBABWE* (27 février)

ZIMBABWE* (27 février)

Les perspectives de récolte des céréales de cette année ne sont pas bonnes. Dans les zones de culture du maïs au nord, les pluies tombées fin janvier et en février ont soulagé les récoltes qui ont souffert d’une longue période de sécheresse au début de la saison, mais il probable qu’elles soient arrivées trop tard pour éviter une réduction des rendements. Cependant, le résultat final dépendra de la fréquence des pluies jusqu’au début dumois d’avril. Dans les zones du sud et de l’ouest, qui ont été le plus touchées par le temps sec pendant la période de culture, les précipitations ont été insuffisantes pour corriger les conditions de sécheresse grave. Les perspectives pour les cultures céréalières, surtout pour le maïs, s’annoncent peu favorables à cause de sérieuses pénuries d’intrants agricoles et d’une réduction des semis à la suite de réformes agricoles dans le secteur commercial. Alors que l’année dernière, le secteur commercial contribuait à un tiers de la piètre production de 498 000 tonnes, cette année on estime que les fermiers ne produiront que 15 000 tonnes. Des prévisions provisoires indiquent que la culture du maïs correspondra à peu près à celle de l’année dernière. Une évaluation des conditions des cultures est en train d’être réalisée par l’Unité d’alerte rapide nationale.

À la suite de la récolte céréalière réduite de l’année dernière et de la crise économique du pays qui gêne les importations économiques, les pénuries alimentaires sont en train d’atteindre un seuil critique dans les zones rurales et urbaines. Des niveauxd’inflation élevée continuent à entraver l’accès à l’alimentation de la majorité de la population. Pour compenser le déficit exceptionnel de maïs de quelque 1,7 million de tonnes pour la campagne 2002/03 (avril/mars), le gouvernement a annoncé des contrats d’importations pour 1 million de tonnes, mais au début décembre, 700 000 tonnes seulement avaient été livrées. La distribution de l’aide alimentaire s’est intensifiée en février avec la livraison par le PAM de près de 55 000 tonnes destinées à 3,4 millions de bénéficiaires, plus du double du niveau précédent le plus élevé. On prévoit de distribuer 278 000 tonnes de nourriture jusqu’à la fin de la campagne de commercialisation en mars. Malgré ces améliorations, le déficit alimentaire qui n’a pas été comblé est immense, surtout si l’on considère l’augmentation du nombre de personnes vulnérables que de récentes estimations ont évalué à 7,2 millions, ou plus de la moitié de la population totale. Il est urgent d’accélérer les importations commerciales.