Rapport sur l'Afrique Janvier 1996

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DEUXIEME PARTIE : SITUATION PAR SOUS-REGION

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En Afrique australe, les céréales secondaires de 1995/96 sont maintenant en terre. En Afrique de l'Est, les cultures de la campagne principale ont été récoltées et, au Soudan, le blé sera moissonné à partir de mars 1996. Dans les autres pays d'Afrique de l'Est, la récolte de la campagne secondaire débutera en février. En Afrique occidentale, les cultures de contre-saison sont en terre dans plusieurs pays, mais celles de la campagne principale de 1996 ne seront pas semées avant le mois de mars dans les pays côtiers et le mois de juin dans les pays du Sahel.

Calendrier des cultures céréalières

Sous-région Cultures céréalières
Semis Récolte
Afrique de l'Est1 mars-juin août-déc.
Afrique australe Oct.-déc. Avril-juin
Afrique occidentale
- zones côtières mars-avril juillet-sept.
- zone sahélienne juin-juillet Oct.-nov.
Afrique centrale1 avril-juin août-déc.








1 Exception faite du Burundi, du Rwanda et du Zaïre, qui ont deux campagnes principales et de la Tanzanie, dont la campagne principale suit le calendrier des semis de l'Afrique australe. Au Soudan, c'est en juin-juillet que sont semées les céréales secondaires de base et la récolte s'effectue en octobre-décembre.


Afrique orientale: La récolte des cultures vivrières de 1995 est achevée dans la sous-région. D'après les premières estimations, la production céréalière globale de la sous-région serait un peu plus abondante que l'année dernière et supérieure à la moyenne. Ce gain de production masque d'importants écarts entre les pays. L'Ethiopie a connu une récolte exceptionnelle de céréales et de légumineuses grâce à des pluies bien réparties tout au long de la campagne, une meilleure distribution des engrais et l'absence de ravageurs migrateurs. La production céréalière de la Tanzanie, supérieure à la normale, a dépassé d'un tiers le faible niveau de l'année dernière. En Ouganda, la récolte céréalière de la campagne principale a augmenté pour la quatrième année consécutive pour atteindre un chiffre record, tandis que les perspectives de la campagne secondaire sont favorables. En revanche, la production céréalière du Soudan a considérablement fléchi par rapport au niveau exceptionnel de l'année précédente, bien qu'elle soit encore proche de la moyenne; les semis et les rendements ont diminué à cause de l'insuffisance du crédit et de l'affectation de zones céréalières à des cultures de rapport, ainsi qu'à la suite des faibles précipitations en début et en milieu de campagne et des dégâts localisés causés par les ravageurs. Les semis ayant été moindres, la production de maïs du Kenya a décliné par rapport au volume record de 1994 tout en restant supérieure à la normale. En Somalie, la récolte principale "Gu" de 1995 a enregistré une chute brutale par rapport à son précédent niveau en raison de semis moins étendus, de pluies irrégulières et de graves infestations de ravageurs. Les perspectives des cultures secondaires "Der", sur le point d'être récoltées, sont incertaines en raison de l'insécurité qui règne dans les zones méridionales et de sécheresses localisées. En Erythrée, la production céréalière de 1995 est bien inférieure à la bonne récolte de 1994; les rendements ont été diminués par des précipitations irrégulières en début de campagne et l'arrêt prématuré des pluies. Au Burundi, un regain de violence suivi de déplacements de population a eu des répercussions négatives aussi bien sur les semis que sur la gestion des cultures vivrières de la première campagne de 1996, dont la récolte est imminente. De meilleures conditions de sécurité, une population rurale plus nombreuse et des pluies dans l'ensemble suffisantes laissent présager, pour la première campagne de 1996, une nette augmentation de la production vivrière du Rwanda, qui demeurera cependant près d'un quart inférieure à la moyenne.


MISSIONS RECENTES D'EVALUATION DES RECOLTES ET
DES DISPONIBILITES ALIMENTAIRES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Entre octobre et décembre 1995, le SMIAR a organisé une série de missions d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires dans les pays sahéliens de l'Afrique occidentale ainsi qu'en Erythrée, en Ethiopie, au Libéria, au Rwanda et au Soudan. En étroite collaboration avec les parties intéressées, ces missions ont estimé la production de céréales et de cultures vivrières et les besoins d'importations céréalières et d'aide alimentaire.

Erythrée: Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires (novembre 1995) a estimé à 149 000 tonnes la production de céréales et de légumineuses en 1995, soit 42 pour cent de moins qu'en 1994 et 25 pour cent en dessous de la moyenne des trois dernières années. Des conditions atmosphériques défavorables et des infestations de ravageurs ont entraîné une diminution des semis et des rendements potentiels. La mission a estimé à 291 000 tonnes les besoins d'importation de céréales et de légumes secs en 1996, dont 191 000 tonnes sous forme d'aide alimentaire.

Ethiopie: D'après les prévisions d'une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires (novembre/décembre), la production de céréales et de légumes secs devrait atteindre 9,4 millions de tonnes en 1994/95, soit 13 pour cent de plus que l'année précédente. Ce gain de production est dû à des précipitations appropriées et bien réparties dans la plupart des régions, à une meilleure distribution des engrais et aux effets de la libéralisation. Malgré des approvisionnements dans l'ensemble suffisants, quelque 3 millions de personnes auront besoin d'une aide alimentaire d'urgence, dont une grande partie pourra être assurée par des achats locaux effectués avec le soutien des donateurs.

Libéria: Une mission FAO d'évaluation des récoltes (novembre/décembre 1995) a estimé qu'en 1995, la production de riz avait chuté de près de 77 pour cent et celle de manioc de plus de 55 pour cent par rapport à la période qui a précédé la guerre civile. En 1996, les besoins minimaux d'aide alimentaire sont estimés à 163 000 tonnes.

Rwanda: Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires (novembre/décembre 1995) a estimé à 1,78 million de tonnes la production alimentaire de la campagne A de 1996, soit 82 pour cent de la moyenne 1989-93. La mission a constaté que la situation des approvisionnements demeurait précaire en de nombreux endroits et elle a estimé que plus d'un million de personnes auraient besoin d'une aide alimentaire en 1996.

Soudan: D'après les prévisions d'une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires (novembre/décembre 1995), la production céréalière de 1995/96 ne dépasserait pas 3,85 millions de tonnes, soit 22 pour cent de moins que l'année précédente mais 2 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. Environ 78 000 tonnes d'aide céréalière seront nécessaires pour secourir plus de 2 millions de personnes.

Pays du Sahel: Une série de missions SMIAR d'évaluation des récoltes (octobre 1995), organisées conjointement avec le Programme DIAPER (diagnostic permanent) du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), ont été dans les neufs pays membres du CILSS (sauf en Gambie, où s'est rendue seulement une mission FAO). Elles ont estimé que la production céréalière totale (y compris le riz paddy) des neuf pays membres du CILSS était supérieure à la moyenne (9,6 millions de tonnes). Les conclusions de ces missions ont été présentées à la réunion annuelle du Réseau de prévention des crises alimentaires au Sahel, organisée par le Club du Sahel (OCDE) et le CILSS à la fin du mois de novembre, à Niamey.

On estime à 1,3 million de tonnes l'ensemble des besoins d'importations céréalières, en 1995, des huit pays de la sous-région dont la campagne de commercialisation se déroule entre janvier et décembre. Etant donné que les importations commerciales atteindront sans doute 0,4 million de tonnes, le déficit devra être comblé par l'aide alimentaire. Les contributions annoncées au SMIAR jusqu'à la fin du mois de décembre s'élèvent à 1,3 million de tonnes, dont 1,1 million de tonnes ont déjà été livrées.

On estime à 1,5 million de tonnes l'ensemble des besoins d'importations céréalières du Kenya, de la Somalie, de la Tanzanie et du Soudan - pays qui viennent d'entamer leur nouvelle campagne de commercialisation.

Afrique australe: Les premières perspectives sont favorables en ce qui concerne les céréales secondaires et le riz de 1995/96, dont les semis viennent d'avoir lieu. Alors que la sécheresse a sévi dans la quasi-totalité du Malawi et du Mozambique en octobre et au début novembre, des pluies éparses sont tombées en certains endroits du Botswana, du Lesotho, de Madagascar, de la Namibie, de l'Afrique du Sud, de la Zambie et du Zimbabwe. En décembre, la saison des pluies a démarré dans toute la sous-région et les précipitations ont été abondantes en de nombreux endroits, sauf en Namibie où, jusqu'au début janvier, les pluies sont demeurées insuffisantes pendant la période des semis. D'après de premières indications, les plantations de maïs de l'Afrique du Sud seront bien plus étendues que l'année dernière, lorsque la sécheresse avait réduit leur niveau, mais encore inférieures à la moyenne. Toutefois, les pluies torrentielles de décembre ont provoqué de graves inondations en Afrique du Sud et au Zimbabwe, ce qui a endommagé les barrages et les habitations. Dans la province du Kwazulu-Natal, en Afrique du Sud, ces inondations ont fait plus de 150 victimes tandis qu'environ 2 000 personnes sont restées sans abri.

En Angola, des précipitations ininterrompues depuis le mois de septembre ont favorisé les semis et l'implantation rapide des nouvelles cultures dans la plus grande partie du pays. Etant donné que le pays connaît actuellement une période de paix et que le programme de relèvement national bénéficie de l'appui énergique de la communauté internationale, on prévoit que les superficies cultivées seront plus vastes que l'année dernière. Toutefois, la nécessité de déminer d'importantes étendues de terres arables et les difficultés rencontrées pour transporter les semences et les autres intrants agricoles demeurent un obstacle majeur à la production.

La situation des approvisionnements alimentaires de la sous-région demeure précaire. Etant donné que la production céréalière totale est inférieure à la moyenne avec 14,6 millions de tonnes, soit 24 pour cent de moins que la moyenne quinquennale, on estime à 5 millions de tonnes les besoins d'importation pour la campagne commerciale 1995/96 contre 4 millions de tonnes en 1994/95. L'aide alimentaire promise, estimée à 1 million de tonnes, n'a été livrée que dans la proportion de 60 pour cent. Par ailleurs, on signale que les importations commerciales s'effectuent lentement, notamment en Zambie, et que les stocks s'épuisent rapidement, d'où une aggravation de la situation des approvisionnements dans plusieurs régions. Les donateurs sont instamment invités à accélérer les livraisons de l'aide alimentaire promise.

Afrique occidentale: L'hivernage 1995 a été dans l'ensemble favorable au développement des cultures. Les précipitations ont été, en général, abondantes dans les pays du Sahel pendant toute cette période. La saison des pluies a débuté assez tôt au Burkina Faso, dans le sud du Tchad ainsi qu'au Mali, où les premières pluies sont tombées en avril et au début de mai. Il a commencé à pleuvoir en mai en Guinée-Bissau et dans le centre du Tchad, au début juin dans le sud du Sénégal, à la mi-juin en Gambie et au Niger, à la fin juin en Mauritanie et au début du mois de juillet au Cap-Vert. Les précipitations sont devenues abondantes en juillet et en août dans toutes les grandes zones de production, tandis qu'elles sont restées faibles en juillet et au début août dans le nord du Sénégal et du Burkina Faso, ainsi que dans le nord et le centre-ouest du Mali, où les plantes ont souffert du manque d'eau. Dans certaines de ces régions, les semis ont été retardés. Les pluies ont recommencé à tomber à la mi-août, ce qui a permis une bonne reprise des cultures. Elles se sont ensuite raréfiées en septembre, notamment dans le nord du Sénégal, au Mali, au Burkina Faso et en Mauritanie occidentale, à mesure que les précipitations se sont déplacées vers le sud, tout en restant bien réparties sur l'ensemble des pays. Les pluies ont cessé fin septembre/début octobre dans le nord et le centre du Sénégal, en Mauritanie, dans le Mali central, au Niger et au Cap-Vert. Les précipitations se sont interrompues à la mi-octobre au Burkina Faso et dans le Centre du Tchad, tout en demeurant très abondantes dans le sud du Tchad au début du mois d'octobre.

D'après les premières indications, les superficies totales ensemencées n'ont pas sensiblement diminué par rapport à 1994, grâce à de bonnes précipitations. Comme en 1994, certaines terres marginales ont pu être cultivées grâce aux pluies abondantes qui ont permis d'ensemencer des terres généralement incultes. D'importantes zones rizicoles, qui avaient été inondées au Niger en 1994, ont été cultivées. En revanche, les inondations qui ont sévi dans certaines régions du Tchad ont empêché les cultures, notamment de riz et de sorgho, dans certaines zones de basses terres ou irriguées. La quantité de semences disponibles a été suffisante grâce aux précédentes récoltes, supérieures à la moyenne, dans la plupart des pays. En raison de la régularité des précipitations après les semis, les jeunes plants n'ont généralement pas été affectés par le manque d'eau et il n'a pratiquement pas été nécessaire de procéder à de nouveaux semis, sauf au Burkina Faso qui a souffert de la sécheresse en juillet.

Dans la seconde moitié du mois d'octobre, une série de missions conjointes FAO/CILSS d'évaluation des récoltes (la mission envoyée en Gambie était uniquement une mission FAO) ont été organisées pour analyser la campagne 1995 et prendre connaissance des premières estimations de la production céréalière effectuées par les services nationaux de statistiques agricoles. D'après les estimations FAO/CILSS, la récolte devrait être supérieure à la moyenne dans tous les pays membres du CILSS, sauf au Cap-Vert. Des chiffres records sont prévus en Gambie et en Guinée-Bissau, tandis qu'en Mauritanie et au Sénégal la production est proche des niveaux records atteints respectivement en 1994 et en 1993. Au Burkina Faso et au Niger, la production a légèrement fléchi par rapport à 1994. Elle a subi un déclin sensible au Tchad et au Mali, tout en demeurant supérieure à la moyenne 1987-94. Comparée à 1994, la production de céréales secondaires a généralement diminué dans tout le Sahel, tandis que celle de riz a augmenté, notamment au Burkina Faso et au Niger. La production céréalière, en 1995, des neuf pays membres du CILSS en Afrique de l'Ouest, est provisoirement estimée à près de 9,6 millions de tonnes (y compris paddy), soit 4 pour cent de moins qu'en 1994 mais 14 pour cent de plus que la moyenne 1988-1994. Il s'agit là de chiffres préliminaires, car les enquêtes ont le plus souvent été effectuées avant la fin de la récolte et englobent les prévisions concernant les cultures de décrue et les cultures de contre-saison. Dans certains pays, la saison des pluies s'est achevée avec des précipitations abondantes en octobre, ce qui pourrait se traduire par une hausse des rendements mais aussi avoir créé des problèmes pendant la maturation et la récolte. Il sera donc peut-être nécessaire de revoir ces estimations au cours des prochains mois, mais il est peu probable qu'il y ait un renversement de la tendance générale qui indique une production moyenne ou supérieure à la moyenne pour l'ensemble de la sous-région.


LA SITUATION ACRIDIENNE

En Afrique de l'Ouest, les principales infestations de criquets pèlerins de 1995 ont touché la Mauritanie. Du fait de la concentration progressive des infestations dans l'ouest du pays et de leur migration vers le nord au cours des derniers mois de 1994, des essaims sont apparus et ont pondu dans le nord de la Mauritanie en janvier 1995. Les régions contiguës du nord-ouest du Mali pourraient avoir connu la même situation. Malgré d'importantes opérations de lutte, de nouveaux ailés ont migré encore plus au nord, atteignant en mars la bordure méridionale de la chaîne de l'Atlas en Algérie et au Maroc. Des interventions de lutte au sol et des opérations aériennes se sont déroulées de janvier à la mi-avril 1995 dans le nord de la Mauritanie.

Un groupe d'ailés a été signalé pour la première fois dans le sud-est de la Mauritanie en avril 1995, mais la migration vers le sud des ailés venus des zones de reproduction de printemps du Maroc et de l'Algérie est devenue plus évidente en mai, où quelques petits essaims sont apparus dans l'Adrar et l'Inchiri. Plusieurs essaims ont également atteint la région de Nema. De nombreux ailés semblent s'être dispersés plus au sud dans les régions limitrophes de l'ouest du Mali, alors même que les conditions étaient déjà favorables à la reproduction dans la plupart des zones de reproduction d'été de Mauritanie. Aucun événement marquant ne s'est produit dans ces régions, ni dans les deux Hodhs de Mauritanie pendant l'été.

Toutefois, les criquets pèlerins restés en Mauritanie se sont concentrés dans le sud-ouest et ont pondu en mai et en juin. Des infestations ont également été constatées dans la vallée du fleuve Sénégal, où des ailés et des bandes larvaires ont été traités fin juillet et en août. Fin septembre, des survivants ont commencé à former des essaims qui se sont dirigés vers les zones de reproduction d'hiver du nord de la Mauritanie. Des opérations de lutte contre les essaims pondeurs et de nouvelles bandes larvaires ont eu lieu en octobre et des infestations larvaires sont apparues au sud de l'Atar à la fin du mois. En novembre, des nomades ont signalé des essaims et des bandes larvaires à Tiris Zemmour. Les opérations de lutte contre des essaims en phase de maturation se sont poursuivies près de Nouakchott en décembre. Des infestations limitées de larves et d'ailés ont été constatées dans certaines zones du nord de la Mauritanie, où des pluies généralisées sont tombées en décembre, et dans les régions limitrophes du sud-ouest du Maroc. Les criquets pèlerins devraient se développer lentement et des ailés et peut-être quelques petits essaims pourraient migrer vers le nord en direction du Maroc, si les températures augmentent.

Dans le nord du Niger, on a signalé des ailés grégaires matures qui ont pondu début février, ce qui a donné lieu à des infestations larvaires localisées. Des traitements ont été entrepris de fin janvier à fin avril. Des opérations de lutte limitées ont également eu lieu dans le nord du Mali pendant la même période. Début juin, quelques essaims et un petit nombre de bandes larvaires sont apparus dans le nord des deux pays. Toutefois, la plupart des ailés se sont dispersés dans les régions méridionales, où certains sont restés pendant tout l'été et où il ne s'est rien passé depuis. Plusieurs essaims venus du nord-ouest de l'Afrique sont apparus dans le nord-est du Niger à la mi-juin. Ils ont poursuivi leur progression vers l'est, atteignant l'est du Tchad à la fin juin puis le Soudan. Aucune ponte n'a eu lieu dans l'est du Tchad, où seuls des ailés épars sont restés ici et là à partir du mois d'août.

Au Soudan, plusieurs petits essaims en phase de maturation ont été signalés fin novembre et au cours de la première moitié du mois de décembre sur la côte sud de la mer Rouge, dans le delta de Tokar et dans la région voisine de Khor Baraka. De fortes densités d'ailés solitaires ont été aperçues sur les plaines côtières au sud du delta de Tokar, près d'Adobana. A la mi- décembre, un essaim a été vu en train de pondre dans la même région. Pendant la deuxième moitié du mois, des ailés matures épars et en phase de copulation ont été signalés dans le delta de Tokar et près d'Adobana. Fin décembre, un essaim dense a été vu à Khor Hamalieb. En Somalie, fin novembre on a signalé des ailés matures épars en quelques points de la côte nord-ouest près de Harshow et Humbies. La reproduction devrait se poursuivre dans ces deux pays et quelques bandes larvaires et groupes d'ailés pourraient se former.

Plusieurs pays ont connu des infestations localisées de sauteriaux, notamment le Burkina Faso, le Cap Vert, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Des traitements de grande envergure ont été entrepris au Niger. Ailleurs, grâce à l'abondance de la végétation naturelle due aux bonnes précipitations, les sauteriaux ne se sont pas concentrés sur les cultures.

Les principales activités en cours au titre de l'élément acridien du système FAO de prévention et de réponse rapide contre les ravageurs et les maladies transfrontalières des animaux et des plantes (EMPRES) prévoient l'établissement d'un réseau d'échange d'informations à l'échelon régional, l'amélioration de la capacité de réaction rapide grâce à des plans et à des dispositions d'urgence, l'amélioration des enquêtes sur le criquet pèlerin et l'appui à l'expérimentation sur le terrain de nouvelles méthodes de lutte. D'autres activités du Programme EMPRES sont axées sur la surveillance du criquet pèlerin en Afrique occidentale et sur l'amélioration du système de prévision au Siège de la FAO.

Dans les pays riverains du golfe de Guinée, les conditions de croissance générales des cultures céréalières de 1995 ont été dans l'ensemble favorables. Un démarrage précoce de la saison des pluies dès la fin février et au mois de mars dans le sud et dès la fin avril et en mai dans les régions septentrionales, suivi par des précipitations régulières et bien réparties pendant toute la campagne, a permis un bon développement des cultures. Les précipitations cumulées depuis le début de la campagne sont dans l'ensemble normales à supérieures à la normale et on prévoit une bonne récolte sauf au Libéria et en Sierra Leone. La première récolte de maïs engrangée fin juin et en juillet a été bonne dans les pays côtiers les plus au sud, tandis que l'on prévoit des récoltes de mil et de sorgho supérieures à la moyenne (mais inférieures à celles de l'an dernier) dans le nord, sauf au Cameroun et au Ghana où l'on s'attend cette année à une récolte record. La seconde récolte de maïs semée début septembre croît dans des conditions favorables. Les fortes pluies tombées début juillet en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Togo et au Bénin ont provoqué de graves inondations et endommagé les infrastructures, notamment à Accra. Les pluies ont également provoqué des inondations à la mi-septembre dans le centre du Bénin et du Togo.

Grâce aux récoltes généralement satisfaisantes, la situation des approvisionnements alimentaires ne devrait pas causer d'inquiétude pendant la campagne commerciale 1995/96, sauf au Libéria et en Sierra Leone où sévit encore la guerre civile. Au Cap Vert, où l'on prévoit de substantielles importations commerciales de céréales et/ou une aide alimentaire importante, la situation des approvisionnements alimentaires n'est pas jugée préoccupante, malgré la récolte réduite de 1995. Dans certaines régions du Bénin, du Ghana, du Tchad et du Togo, plusieurs groupes de populations risquent d'être confrontés à des pénuries alimentaires liées aux inondations de 1995 et pourraient avoir besoin d'une assistance. Dans les autres régions, après plusieurs récoltes successives d'un niveau moyen à exceptionnel, les stocks des agriculteurs devraient atteindre des niveaux confortables. Des déficits localisés pourront être couverts par des transferts de zones excédentaires. Des excédents exportables sont également disponibles et des opérations commerciales triangulaires pourraient être organisées, notamment à partir du Mali.

Des importations de blé et de riz demeureront nécessaires, mais celles de céréales secondaires resteront modestes, sauf dans les régions frontalières où le commerce local est traditionnellement actif. Pour les programmes d'aide alimentaire en cours, les donateurs sont instamment priés d'effectuer sur place, dans toute la mesure possible, leurs achats de céréales secondaires. En outre, il faudra suivre de près la situation acridienne en Mauritanie.

Les besoins totaux d'importations céréalières des sept pays de la sous-région dont la campagne commerciale va de janvier à décembre, sont estimés pour 1996 à 1,1 million de tonnes. On prévoit que les importations commerciales atteindront 0,7 million de tonnes et les besoins d'aide alimentaire 0,4 million de tonnes. Sur ce total, 290 000 tonnes seront livrées au Bénin, au Libéria et à la Sierra Leone au titre d'une assistance exceptionnelle. Fin décembre 1995, les annonces de contributions signalées au SMIAR s'élevaient à 0,39 million de tonnes, dont 0,36 ont été livrées à ce jour. Ainsi, les quelque 30 000 tonnes qui n'ont pas encore été livrées peuvent être considérées comme des contributions annoncées pour la prochaine campagne commerciale de 1996.

Pour les dix pays qui ont déjà entamé leur nouvelle campagne commerciale 1995/96, les besoins d'importations céréalières sont estimés à 3,5 millions de tonnes. Les besoins d'aide alimentaire, essentiellement sous forme de blé et de riz, sont estimés, quant à eux, à quelque 0,3 million de tonnes. Aucune aide alimentaire sous forme de céréale secondaire importée n'est nécessaire pour le Burkina Faso, la Guinée et la Guinée Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Togo, mais les achats locaux sont vivement recommandés pour couvrir les besoins en céréales secondaires liés aux programmes d'aide alimentaire en cours. Compte tenu des contributions annoncées mais non livrées l'année précédente, l'aide alimentaire annoncée s'élève à ce jour à 110 000 tonnes, dont 29 000 tonnes ont déjà été livrées.

Afrique centrale: La production totale de céréales de 1996 devrait atteindre des niveaux moyens à supérieurs à la moyenne dans la plupart des pays. Des récoltes supérieures à la moyenne sont prévues au Cameroun et en République centrafricaine. Au Zaïre, la campagne agricole démarre dans le sud, tandis que les perspectives sont favorables pour les récoltes récemment engrangées dans le nord.

Pour les quatre pays dont la campagne commerciale se déroule de janvier à décembre, les besoins d'importations céréalières sont estimés à 325 000 tonnes. Les contributions annoncées au SMIAR s'élevaient fin décembre à 69 000 tonnes, dont 67 000 tonnes ont déjà été livrées, essentiellement sous forme d'aide alimentaire d'urgence destinée aux Rwandais réfugiés dans l'est du Zaïre.

En ce qui concerne le Cameroun, le Congo et la République centrafricaine qui ont déjà entamé leur nouvelle campagne commerciale 1995/96, les besoins céréaliers totaux pour 1995/96 sont estimés à 0,5 millions de tonnes, de blé et de riz essentiellement, et les besoins d'aide alimentaire à 10 000 tonnes seulement.

Afrique subsaharienne: Besoins d'aide alimentaire et d'importations de céréales
par sous-région (en milliers de tonnes)

1994/95 ou 1995
Sous-région
Production
1994
Besoins
d'importations
de céréales
Importations
commerciales
prévues
Aide alimentaire
Besoins
dont: besoins
non couverts
Afrique orientale 21 922 2 822 1 462 1 360 107
Afrique australe 23 784 4 157 2 657 1 500 439
Afrique occidentale 27 619 4 240 3 507 733 145
- Pays côtiers 17 634 2 846 2 352 494 97
- Pays du Sahel 9 985 1 394 1 155 239 49
Afrique centrale 2 535 740 670 70 2
TOTAL 75 860 11 959 8 296 3 663 693

Note: Totaux calculés à partir de chiffres non arrondis.


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