ASIE

AFGHANISTAN* (12 février)

En dépit des ravages causés par une guerre prolongée, l'agriculture demeure le principal secteur de l'économie, dont dépendent directement ou indirectement près des trois quarts de la population totale. Toutefois, la production agricole continue à être limitée en raison des faibles disponibilités d'intrants agricoles, des dégâts et du manque d'entretien du réseau d'irrigation, de la destruction des biens de production et de l'insécurité persistante. Pendant plusieurs années, la production céréalière a été nettement inférieure aux besoins. En 1995, la production totale de blé et d'orge a été de nouveau inférieure à la normale à cause de pénuries d'intrants agricoles, notamment d'engrais et de semences améliorées.

L'ONU a lancé un Appel interinstitutions pour une aide humanitaire d'urgence et la reconstruction du pays afin de satisfaire les besoins des personnes affectées par les situations d'urgence en milieu rural et urbain, des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des réfugiés rentrant des pays voisins. L'appel, couvrant la période d'octobre 1995 à septembre 1996, porte sur une aide évaluée à 124 millions de dollars E.-U.

Le 31 janvier, un tremblement de terre a frappé trois villages au sud-est de Maimana (province de Faryab) qui avaient déjà été victimes d'un autre séisme il y a trois ans. Aucun décès n'est signalé, mais 500 familles ont été déplacées et environ 650 habitations ont été endommagées ou complètement détruites. Une évaluation des besoins est en cours et des secours d'urgence ont été acheminés par l'UNICEF.

Les besoins d'importation de céréales, essentiellement de blé, pour 1995/96, sont estimés à 1,3 million de tonnes. Le programme d'aide alimentaire pour 1996 s'élève à 180 000 tonnes.

ARABIE SAOUDITE (2 février)

En 1995/96, le gouvernement a poursuivi sa politique de contrôle strict des autorisations de culture du blé dans le but de limiter l'utilisation d'eau provenant de nappes phréatiques non-renouvelables et de diminuer les subventions à la production de blé. Chaque agriculteur ne peut profiter des prix gouvernementaux pour le blé et l'orge que dans la limite des contingents qui lui sont imposés par le Grain Silos and Flour Mills Organisation (GSFMO). Les contingents fixés pour la production de blé et d'orge en 1996 s'élèvent respectivement à 1,3 et 1,0 million de tonnes. Cette réduction des contingents fait suite à la décision prise précédemment par le gouvernement de réduire le prix d'achat du blé de 500 riyals, pour le porter à 1 500 riyals (400 dollars E.-U.) la tonne. Le prix d'achat de l'orge est resté inchangé à 1 000 riyals (266,7 dollars E.-U.) la tonne.

La production de blé de 1995, estimée officiellement à 2,5 millions de tonnes, est demeurée supérieure à la consommation nationale estimée à près de 1,8 million de tonnes. Dès lors, les exportations se poursuivront en 1995/96.

Par suite d'une diminution de la production de blé, les exportations de cette céréale, qui étaient en moyenne de 2,1 millions de tonnes durant la période de trois ans qui a pris fin en juin 1995, devraient fortement baisser en 1995/96 pour cesser complètement en 1996/97. Au cours du mois de janvier, près de 39 000 hectares ont été traités par des opérations aériennes et terrestres de lutte contre des bandes larvaires de criquets pèlerins.

BANGLADESH (29 janvier)

Le repiquage du riz "boro", qui sera récolté en mai-juin, touche à sa fin et les objectifs officiels de production sont actuellement de 6,8 millions de tonnes (riz usiné), soit en hausse de quelque 4 pour cent par rapport à la récolte de l'an dernier, qui a souffert de la sécheresse et d'une pénurie d'engrais. En 1995, les estimations officielles de production du riz "Aus" et "Aman" (riz usiné) sont de 1,65 million de tonnes et de 7,99 millions de tonnes, soit respectivement environ 8 et 6 pour cent de moins que l'an passé. La production rizicole totale de 1995/96 est par conséquent estimée à 16,44 millions de tonnes, ce qui représente une baisse globale d'environ 2 pour cent par rapport à 1994/95. Bien que cette diminution durant la campagne de commercialisation actuelle soit en partie imputable aux pertes dues aux inondations en 1995, des études récentes montrent que la culture rizicole à long terme dans les zones de culture intensive est menacée par l'épuisement des substances nutritives du sol, et requiert des quantités croissantes d'engrais pour maintenir la production.

Pour le blé qui sera moissonné en mars-avril, l'objectif de production a été fixé à 1,2 million de tonnes, soit quelque 8 pour cent en dessous de la récolte record de l'an dernier.

A cause des inondations de 1995, de grandes quantités de riz et de blé ont dû être importées pour stabiliser les prix qui avaient sensiblement augmenté. En conséquence, la situation des stocks alimentaires détenus par le gouvernement en décembre 1995 était meilleure que durant la période correspondante de l'année précédente. A la fin du mois de décembre, les stocks de céréales vivrières s'élevaient au total à 955 000 tonnes (51 pour cent de plus qu'en 1994) dont 400 000 tonnes de riz et 555 000 tonnes de blé.

CAMBODGE (5 février)

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue au Cambodge du 14 au 27 janvier 1996 afin d'estimer la production 1995/96 de riz des campagnes humide et sèche et évaluer les perspectives globales des céréales en 1996. La mission a passé en revue les données de diverses sources, notamment celles du gouvernement, du projet de la FAO TCP/CMB/4452 et d'une enquête sur les communes menée par le PAM, la FAO et la Croix- Rouge cambodgienne. D'autre part, des discussions ont été tenues avec le gouvernement, les organismes des Nations Unies, les donateurs et les ONG aux niveaux central, provincial et local. La mission a visité trois grandes provinces rizicoles, Stemp Reap, Takeo et Prey Veng.

La mission a estimé la production de riz de la campagne principale (humide) de 1995/96 à 2,785 millions de tonnes et celle de la deuxième campagne (sèche) à 0,533 million de tonnes, soit un total de 3,318 millions de tonnes, quelque 40 pour cent de plus que les estimations pour 1994/95 et 30 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. La production rizicole exceptionnelle de 1995/96 était due aux précipitations favorables tombées sur une bonne partie du pays et à une utilisation accrue des engrais qui ont, à leur tour, favorisé l'accroissement des semis et le développement des cultures. En 1996, les besoins nationaux de riz destiné à la consommation et à d'autres usages, ont été estimés à 1,918 million de tonnes. Etant donné l'absence de stocks de report de l'année précédente, les disponibilités totales de riz du pays en 1996 ont été estimées au même niveau que la production totale, c'est-à-dire 3,318 millions de tonnes de paddy ou 2,057 millions de tonnes de riz, soit un excédent de 139 000 tonnes.

Compte tenu de cet excédent, le gouvernement avait exprimé son intention d'exporter quelque 100 000 tonnes de riz en 1996. Toutefois, la mission lui a déconseillé de le faire pour les raisons suivantes. Malgré cet excédent global, certaines zones du pays souffrent encore d'un déficit alimentaire et continuent à avoir besoin d'une aide. On estime que 21 pour cent des communes des principales provinces rizicoles, ont été touchées par les inondations de 1995 qui ont causé des pertes importantes de récoltes. De ce fait, une grande partie de la population de ces régions devra faire face à des pénuries alimentaires en 1996. Au total, 291 communes, dont 232 à déficit vivrier chronique, ont été affectées. Les personnes vulnérables de nombreuses zones à déficit alimentaire disposent de ressources limitées pour acheter de la nourriture et auront besoin d'une aide. Comme la récolte a été réduite en 1994/95 dans de nombreuses régions, les stocks à la ferme sont épuisés et doivent être reconstitués. Des échanges transfrontaliers ont lieu dont l'ampleur nous est inconnue, et il est donc probable que le niveau réel des excédents soit inférieur aux estimations.

Le nombre de personnes vulnérables dans les 291 communes souffrant de pénuries alimentaires reste encore à établir. Le PAM, en association avec la Croix-Rouge cambodgienne et d'autres organismes, est en train d'effectuer une évaluation. Ce nombre pourrait être relativement important, de même que la quantité totale de céréales requises. Toutefois, dans l'intervalle, en supposant qu'il n'y aura pas de déplacements massifs de personnes, la mission a estimé que quelque 60 000 tonnes de riz et 3 000 tonnes d'autres denrées seront nécessaires en 1996 pour aider les personnes les plus vulnérables de différentes communes. Ces quantités suffisent à fournir un soutien alimentaire à 1,56 million de personnes, sans compter l'alimentation des collectivités et les activités de formation, pendant environ trois mois. Au 1er janvier 1996, le PAM détenait des stocks se montant à 13 151 tonnes de riz et avait obtenu des donateurs des annonces de contributions supplémentaires de 36 800 tonnes, ce qui donne un total de 49 951 tonnes et laisse un déficit de quelque 10 000 tonnes pour atteindre les 60 000 tonnes nécessaires. La mission a en outre recommandé au gouvernement d'acheter avec l'aide des donateurs et de conserver un stock d'environ 25 000 tonnes de riz pour faire face aux situations d'urgence. Elle a également suggéré que le PAM et les donateurs bilatéraux effectuent des achats locaux pour les programmes d'aide aux personnes vulnérables.

CHINE (9 février)

Le 3 février, un séisme, d'une magnitude de 7 degrés sur l'échelle de Richter, a frappé la région de Lijiang dans la province du Yunnan, tuant plus de 250 personnes et causant des dégâts considérables aux biens et aux infrastructures. De vastes opérations de secours se poursuivent, avec la participation des services gouvernementaux et de la Croix- Rouge, en particulier pour la fourniture de médicaments, car des pénuries sont signalées. Toutefois, il reste encore à établir l'étendue des dégâts à l'agriculture.

Les perspectives de récolte du blé d'hiver demeurent incertaines, du fait des précipitations insuffisantes dans la plupart des régions. D'après des rapports officiels récents, on prévoit une sécheresse au printemps dans le nord, due aux températures supérieures à la normale et aux faibles pluies. En 1995, une grave sécheresse a sévi dans le nord du pays à la suite de précipitations inférieures de 20 à 30 pour cent à la normale.

Pour 1995, les estimations de la production totale de céréales vivrières (soja, légumineuses, racines et tubercules) ont été révisées à la hausse, passant des 455 millions de tonnes prévus précédemment à un record de 460 millions de tonnes. L'objectif de production pour 1996 s'établit actuellement à 462,5 millions de tonnes. Afin de promouvoir davantage la production alimentaire, on prévoit que bientôt, les prix auxquels l'Etat achète les céréales seront considérablement relevés.

Au cours des deux dernières années, le pays est devenu un grand importateur de céréales vivrières. D'après les estimations officielles, les importations de blé, de maïs et de riz en 1995 sont respectivement de 11,6, 5,2 et 1,64 millions de tonnes. On prévoit un niveau similaire d'importations de blé pour la campagne de commercialisation 1995/96.

CHYPRE (25 janvier)

Des précipitations inférieures à la normale depuis le début de la campagne agricole ont favorisé les semis de blé et d'orge qui seront récoltés à partir de juin, mais n'ont pas été suffisantes pour assurer un degré d'humidité convenable des sols. On signale que les superficies ensemencées en céréales d'hiver sont au même niveau que l'an dernier, soit 63 000 hectares.

La production de céréales en 1995 est estimée à 140 000 tonnes, résultat moyen mais inférieur d'environ 12 pour cent à celui de l'année précédente.

Les importations de céréales, essentiellement de blé et d'orge, devraient augmenter d'environ 10 pour cent en 1995/96 (mai/avril) pour passer à 480 000 tonnes.

COREE, REPUBLIQUE DE (30 janvier)

La production de paddy de 1995 est officiellement estimée à quelque 6,4 millions de tonnes, soit environ 500 000 tonnes de moins que le résultat de 1994 et 10 pour cent de moins que la moyenne des cinq années passées. Elle constitue la plus petite récolte en 15 ans et s'explique par une diminution des superficies ensemencées plus importante que prévu et une baisse des rendements due aux dégâts causés par les inondations fin août dans la région centrale et par les conditions météorologiques défavorables vers la fin de la campagne de végétation. Les superficies ensemencées en riz étaient de 1,056 million d'hectares en 1995 contre 1,1 million d'hectares en 1994, soit une baisse de 4,2 pour cent. Cette réduction, conforme à la tendance des dernières années, est due en partie à un abandon du riz au profit de cultures horticoles plus lucratives. Le rendement moyen est tombé à 4 450 kg/hectare en 1995, soit un recul de 3 pour cent par rapport aux rendements moyens de 1994 (4 590 kg/ha). Soucieux de compenser les diminutions escomptées des superficies ensemencées, le Ministère de l'agriculture est en train de mettre au point de nouvelles variétés de riz ayant un rendement potentiel de 4 900 kg/ha.

COREE, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE POPULAIRE DE* (31 janvier)

En juillet et août 1995, d'abondantes crues ont affecté la production agricole et réduit considérablement la production de riz et de maïs. Outre les pertes de récolte, des dégâts importants ont été causés au réseau d'irrigation, aux transports, aux biens et aux infrastructures en général. Le recul de la production vivrière en 1995 survient après cinq ans de baisse de production agricole et de bouleversements économiques dus à l'effondrement des relations commerciales privilégiées avec l'ex-URSS et la Chine, ce qui rend la situation des approvisionnements alimentaires extrêmement précaire. Sur la base des résultats d'une Mission interorganisations des Nations Unies qui a visité le pays en septembre, une opération d'urgence a été approuvée conjointement par la FAO et le PAM en octobre dernier pour la fourniture de 20 250 tonnes de riz et de 625 tonnes d'huile végétale à 500 000 personnes. La réponse des donateurs à l'opération d'urgence s'est fait attendre. A la demande du gouvernement, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue dans le pays du 9 au 16 décembre 1995 afin d'estimer la production céréalière et les besoins d'importation pour 1996, y compris l'aide alimentaire.

La mission a estimé que, compte tenu des tendances fondamentales, le pays aurait dû faire face à un déficit vivrier important en 1996, même en l'absence d'inondations. Les problèmes économiques structurels ont conduit l'agriculture à la stagnation et ont entravé la capacité du pays d'importer de la nourriture par des filières commerciales. Les problèmes de balance des paiements et de liquidités pour les importations alimentaires ont été aggravés, au cours des deux dernières années, par les cours élevés des céréales sur les marchés internationaux et l'incapacité de la Chine, un des principaux fournisseurs, d'exporter de grandes quantités de céréales en Corée. Ceci s'explique par le fait que la Chine a dû elle-même importer de grosses quantités compte tenu de la réduction des récoltes, notamment en 1995.

La diminution des disponibilités alimentaires a entraîné une révision à la baisse des rations alimentaires et une réduction nette des stocks. La mission, prenant pour base l'apport énergétique révisé, a estimé les besoins de consommation à quelque 3,69 millions de tonnes de céréales vivrières en 1996, rien que pour l'alimentation humaine. Les besoins céréaliers totaux pour 1996 comprenant les céréales destinées à l'alimentation animale et à d'autres usages, ont été estimés à 5,99 millions de tonnes. La production nationale étant estimée à 4,1 millions de tonnes, le déficit global devrait être d'environ 1,16 million de tonnes, compte tenu des prévisions d'importations et des annonces de contributions d'aide alimentaire, reçues ou non.

Le pays a besoin d'une aide alimentaire pour des opérations d'urgence ainsi que pour des programmes et projets, et d'un soutien international pour la remise en état du secteur agricole après les dégâts causés par les inondations. Les communautés agricoles n'ayant aucun accès au Système public de distribution de vivres, les jeunes enfants et les femmes enceintes et les mères allaitantes sont ceux qui ont le plus besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Le volume total d'aide alimentaire d'urgence acheminé jusqu'à présent pour les 500 000 personnes affectées par les inondations s'élève à 5 140 tonnes de riz du PAM, 3 500 tonnes de riz de la FICR et 1 400 tonnes de la Caritas. Le PAM a reçu récemment d'autres fonds pour envoyer quelque 9 000-10 000 tonnes de riz, même si les besoins généraux à couvrir sont encore considérables. Une aide alimentaire supplémentaire est par conséquent requise pour éviter les souffrances imminentes et les risques de famine au cours des mois à venir.

INDE (13 février)

Une grande partie des cultures d'hiver rabi (essentiellement de blé) a reçu des précipitations inférieures à la normale durant la campagne en cours. Du 1er octobre 1995 au 31 janvier 1996, les précipitations ont été inférieures à la normale dans 19 des 35 sous-divisions, qui représentent 93 pour cent de la production totale de blé, contre 14 sous- divisions, assurant 52 pour cent de la production au cours de la même période de l'an passé. Toutefois, les pluies de mousson favorables l'an dernier ont accru les disponibilités pour l'irrigation et les niveaux d'humidité des sols dont dépendent fortement les résultats des cultures rabi.

Après l'arrivée tardive de la mousson l'an dernier, les précipitations cumulées durant la campagne ont été satisfaisantes et les pluies ont été normales ou supérieures à la normale pour la huitième mousson consécutive. D'après les estimations officielles, la production de riz kharif est de 71,4 millions de tonnes et la production totale de céréales vivrières (y compris le riz usiné et les légumineuses) en 1994/95 s'établit à un record de 192 millions de tonnes, soit 9 millions de tonnes de plus que l'année précédente. L'essentiel de cette augmentation (6 millions de tonnes) est à mettre au crédit de la production de blé.

Les stocks céréaliers étant importants, la situation des approvisionnements alimentaires est favorable. Les stocks totaux de blé et de riz détenus par la Food Corporation of India (FCI) au 1er janvier 1996, ont été estimés à quelque 28 millions de tonnes, soit le double du niveau réglementaire de 14 millions de tonnes. Toutefois, les stocks dépassent de loin la capacité de stockage de la FCI, ce qui veut dire que des volumes importants de céréales doivent être stockés en plein air et exposés aux intempéries et aux ravageurs. Afin de tirer parti des cours élevés des céréales sur les marchés internationaux, le gouvernement a autorisé la FCI à exporter 3 millions de tonnes de riz courant et superfin et 2,5 millions de tonnes de blé. On estime pour l'instant que quelque 1,4 million de tonnes de riz ont été exportés cette année. Toutefois, il est officiellement reconnu qu'il faut améliorer les infrastructures et les installations portuaires ainsi que la qualité des céréales pour améliorer les résultats globaux du secteur des exportations céréalières.

INDONESIE (30 janvier)

Les perspectives du riz de la campagne principale, au stade de la floraison ou de la grenaison, ont subi les conséquences des inondations sur les îles de Java et Sumatra. Les précipitations continues de fin décembre à début janvier ont causé les pires crues jamais vues depuis 1926 et 1933, respectivement dans l'Aceh de l'est et du nord, à Sumatra. Quelque 40 200 ménages ont été touchés dans 24 sous- districts, 18 personnes sont décédées et biens et cultures ont été endommagés. Les inondations ont également affecté quelque 50 500 ménages de divers districts de Jakarta. D'après les estimations provisoires, environ 2 900 hectares de rizières ont été détruits dans le Java occidental. Précédemment, huit personnes avaient péri à la suite d'un raz- de-marée dû à un séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter qui avait frappé l'île de Sulawesi.

Les estimations officielles de production rizicole en 1995 sont de 48,45 millions de tonnes, chiffre légèrement en-deçà de l'objectif, mais supérieur d'environ 4 pour cent à celui de 1994 et de la moyenne des cinq dernières années.

Compte tenu des faibles stocks de report et d'un flux limité de riz des disponibilités nationales dû à des prix d'intervention inférieurs à ceux du marché, les stocks détenus par l'Office national de commercialisation (BULOG) sont restés inférieurs non seulement à l'objectif de 2 millions de tonnes, mais également au million de tonnes jugé nécessaire pour maintenir la stabilité des prix. On estime les importations de riz pour la campagne de commercialisation 1995/96 à quelque 2 millions de tonnes.

IRAN, REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’ (30 janvier)

En décembre, les inondations et la neige abondante tombée au centre et au sud du pays ont isolé des centaines de villages et ont causé des dégâts considérables aux infrastructures et à l'agriculture. Les dommages économiques totaux ont été estimés à quelque 6 millions de dollars, bien que l'étendue exacte des dégâts aux cultures soit inconnue.

Les perspectives de récolte du blé et de l'orge devraient être favorables. La production céréalière totale de 1995 devrait atteindre le niveau exceptionnel de 17,4 millions de tonnes, chiffre similaire à celui de 1994 et supérieur d'environ 12 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes. Par rapport à 1994, la production de blé et d'orge a été similaire, avoisinant respectivement 11,5 et 2,5 millions de tonnes, tandis que la production de céréales secondaires a gagné quelque 3 pour cent, passant à 3,4 millions de tonnes.

IRAQ* (5 février)

Les perspectives de la récolte céréalière de 1996 sont incertaines. Comme le gouvernement s'efforce d'encourager les agriculteurs à augmenter la production de céréales, les emblavures devraient être supérieures au niveau inférieur à la moyenne de l'an dernier. Toutefois, le potentiel de rendement sera probablement entravé à nouveau par de graves pénuries d'engrais, de pièces détachées pour les machines agricoles et d'autres intrants agricoles. En dépit des conditions météorologiques favorables, la production céréalière de 1995 est estimée à 2,5 millions de tonnes, soit 10 pour cent de moins que l'an dernier et quelque 16 pour cent de moins que la moyenne.

La situation des approvisionnements alimentaires demeure précaire, essentiellement à cause des difficultés rencontrées par le gouvernement pour financer les importations. Le problème a été exacerbé par la récession économique due à l'embargo pétrolier, qui a des conséquences extrêmement graves sur l'état alimentaire et nutritionnel de la population. Début décembre 1995, le gouvernement a augmenté les rations de farine de blé et d'huile végétale. La ration mensuelle de farine de blé a été relevée de 1 kg, passant ainsi à 7 kg par personne, tandis que celle d'huile végétale est passée de 625 à 750 grammes. Toutefois, en dépit de cet accroissement, la ration alimentaire couvre moins de la moitié des besoins énergétiques.

La décision récente du gouvernement iraquien de discuter de l'application de la Résolution du Conseil de sécurité pour ce qui est des conditions de vente de quantités limitées de pétrole a donné lieu à une baisse des prix alimentaires et à une forte réévaluation du dinar iraquien par rapport au dollar E.-U.

Le 20 janvier, le cours du riz a chuté à 950 dinars le kilo, perdant ainsi 350 dinars/kg; la farine de blé, à 450 dinars le kilo, perdant 600 dinars/kg et le sucre, à 1 300 dinars le kilo, perdant 400 dinars. Ces prix demeurent toutefois nettement supérieurs au pouvoir d'achat de la majorité de la population. Par rapport au taux précédent de 1 dollar E.-U. = 3 000 dinars iraquiens, le taux de change en date du 3 février était de 1 dollar E.-U. = 500 dinars. Le taux officiel avant la crise du Golfe était de 3 dollars E.-U. pour 1 dinar iraquien.

D'après le rapport de la mission FAO qui s'est rendue dans le pays de juillet à septembre 1995, la malnutrition, qui est généralisée, va en s'aggravant, et l'on observe couramment des signes cliniques de carence alimentaire. Il y a de nombreux cas de marasme et de kwashiorkor et autres problèmes liés à l'avitaminose et à la carence en minéraux. D'après les premières estimations fondées sur les données anthropométriques recueillies par la mission auprès d'enfants de moins de cinq ans à Baghdad, 12 pour cent souffrent de dépérissement (plus de deux écarts types au-dessous du rapport poids/taille de référence) et 28 pour cent de retard de croissance (plus de 2 écarts types au-dessus du rapport taille/âge de référence). Si l'on compare ces statistiques à celles de 1991, on constate une augmentation spectaculaire de la malnutrition, avec un dépérissement quatre fois supérieur et des retards de croissance qui ont plus que doublé. On pense que la situation est pire dans le sud et dans certaines poches du nord. Les adultes semblent moins touchés, mais avec la diminution des ressources, les ménages risquent de ne plus pouvoir survivre longtemps. On a évité la famine généralisée, en grande partie grâce à l'efficacité du système public de rationnement, qui fournit environ 1 000 kcal par jour. Toutefois, ce système ne pourra être maintenu indéfiniment, et son effondrement aurait des conséquences catastrophiques pour la nutrition et la santé. Le choléra, la typhoïde et la dysenterie sont en augmentation et pourraient entraîner des risques d'épidémie.

Le PAM est en train de lancer une nouvelle opération d'urgence en faveur de 2,1 millions de bénéficiaires. Les besoins alimentaires nets pour la période allant d'octobre à mars 1996 sont de quelque 121 000 tonnes.

ISRAEL (2 février)

Les perspectives du blé de 1996 sont incertaines du fait de précipitations inférieures à la normale. La production nationale en temps normal couvre environ un tiers des besoins totaux de blé, le reste étant importé par les minoteries du secteur privé avec des licences d'importation. Le gouvernement a décidé récemment d'autoriser les minoteries à importer du blé de toute origine.

En raison d'un accroissement des emblavures et des conditions météorologiques favorables, la production de blé a enregistré une forte hausse en 1995, s'établissant à 250 000 tonnes, chiffre nettement supérieur à la moyenne.

En 1995/96 (octobre/septembre), les importations de céréales sont estimées à quelque 2,6 millions de tonnes, soit au même niveau que l'an dernier.

JAPON (30 janvier)

En 1995, la production céréalière totale est estimée à 14,2 millions de tonnes, quelque 10 pour cent de moins que le résultat exceptionnel de l'année précédente. Cette baisse est presque entièrement le fait d'une diminution de la production de riz qui est passée de 15 millions de tonnes en 1994 à 13,4 millions de tonnes en 1995.

Les importations totales de céréales pour 1995/96 devraient rester au même niveau que celles de l'an dernier, soit quelque 27 millions de tonnes, dont 6 millions de tonnes de blé et 16 millions de tonnes de maïs.

JORDANIE (2 février)

Les semis des céréales d'hiver 1996 se sont achevés en décembre dans des conditions favorables dans l'ensemble. D'après les indications, les superficies ensemencées sont moyennes.

La production de blé et d'orge de 1995, estimée respectivement à 84 000 et 52 000 tonnes, a été nettement supérieure à celle de l'année précédente et à la moyenne. A la suite d'un accroissement sensible des superficies ensemencées, la production de lentilles a plus que doublé (5 000 tonnes) et celle de pommes de terre a augmenté de 18 000 tonnes, s'établissant à 108 000 tonnes, malgré une réduction des superficies ensemencées.

Les importations de blé pour 1995/96 (juillet/juin) sont estimées à 600 000 tonnes, quelque 100 000 tonnes de moins que la campagne précédente. Les importations de céréales secondaires, principalement de maïs et d'orge, sont estimées ` 870 000 tonnes, soit environ 50 000 tonnes de plus qu'en 1994/95. On envisage également d'importer quelque 90 000 tonnes de riz, niveau légèrement supérieur à celui de l'année précédente.

LAOS* (31 janvier)

Les précipitations excessives tombées en juillet et en août derniers et une série de typhons ont causé de graves inondations au centre et au sud du pays, détruisant 62 000 hectares de rizières. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a révélé que six provinces au total avaient été touchées, dont quatre victimes de graves pénuries alimentaires, tandis que les deux autres devraient voir leurs excédents chuter. La mission a estimé les besoins globaux d'importations alimentaires à 132 577 tonnes pour 1996, dont 38 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence destinée à 374 000 personnes pour des périodes variant de 6 mois à 1 an. Sur la base des conclusions de la mission, une opération d'urgence a été approuvée conjointement par la FAO et le PAM en décembre 1995 pour l'acheminement de 10 800 tonnes d'aide alimentaire destinée à 150 000 personnes pour 6 mois. Le total de l'aide n'a pu être pris en charge par le PAM en raison de graves problèmes financiers. L'Union européenne fournit également une assistance supplémentaire de 800 000 ECU pour les besoins alimentaires et les produits de première nécessité.

LIBAN (2 février)

Les semis de blé et d'orge, qui seront récoltés à partir de juin, se sont achevés récemment. En 1995, la production céréalière, estimée à 73 000 tonnes, a enregistré une progression par rapport au niveau médiocre de l'année précédente, tout en restant inférieure à la moyenne.

On prévoit que quelque 750 000 tonnes de céréales, essentiellement de blé, seront importées en 1995/96 (juillet/juin), soit un accroissement d'environ 4 pour cent par rapport à la campagne précédente.

MALAYSIE (31 janvier)

La récolte de riz de la campagne principale est en cours dans le Sabah et commencera sous peu dans le Saarawak. D'après les estimations, la production totale de riz pour 1995 a atteint un record de 2,2 millions de tonnes, chiffre légèrement supérieur à celui de 1994 et quelque 8 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. Les semis de riz de la deuxième campagne, qui représente normalement environ 38 pour cent de la production totale, démarreront fin mars/avril. Les importations de riz pour 1995/96 (juillet/juin) sont actuellement estimées à 450 000 tonnes, au même niveau que la dernière campagne.

MONGOLIE* (31 janvier)

Le secteur agricole et la production vivrière continuent d'être pénalisés par des pénuries d'engrais, d'herbicides, de carburant, de machines agricoles et autres intrants, dues à la transition d'une économie centralisée à une économie de marché. En outre, des pénuries de main-d'oeuvre sont signalées durant les principales opérations de récolte, et la disponibilité de main-d'oeuvre gratuite a été considérablement réduite.

En dépit de la baisse sensible et continue des emblavures et de la production de blé - principale céréale vivrière du pays - de quelque 53 pour cent de 1989 à 1994, les estimations officielles de 423 000 tonnes en 1995 indiquent une reprise d'environ 30 pour cent par rapport à l'année précédente. Toutefois, malgré ce redressement, le pays n'est pas en mesure de satisfaire ses besoins alimentaires et dépend de l'aide alimentaire pour combler le déficit. La situation des approvisionnements alimentaires reste, par conséquent, précaire et la perte des marchés d'exportation traditionnels ces dernières années, et, partant, des devises étrangères, limitent la capacité du gouvernement d'effectuer des importations commerciales.

MYANMAR (2 février)

La production rizicole de 1995 est estimée à un record de 19,6 millions de tonnes, contre 18,2 millions de tonnes l'année précédente, soit une augmentation de quelque 8 pour cent et environ 22 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. Cet accroissement de la production est en partie dû à des disponibilités d'engrais supérieures à la moyenne, grâce aux considérables importations effectuées en 1995 par le gouvernement, même s'il est peu probable que l'objectif officiel d'environ 1 million de tonnes d'engrais ait été atteint l'an dernier.

La production totale a également bénéficié d'un accroissement des superficies ensemencées de 5,9 millions d'hectares en 1994 à 6,2 millions d'hectares en 1995, soit une augmentation de 5 pour cent. Parmi les autres mesures de relèvement de la production nationale figurent l'introduction de machines agricoles, l'amélioration des techniques d'exploitation et la fourniture de semences à haut rendement, qui ont permis d'intensifier les cultures. Le système d'irrigation a également été amélioré, notamment dans le Delta d'Irrawady.

Compte tenu du relèvement des tendances de production, le gouvernement a fixé l'objectif d'exportation à 1,5 million de tonnes pour la campagne de commercialisation en cours, contre des exportations estimées à quelque 1,03 million de tonnes pour la campagne précédente.

NEPAL (2 février)

En 1995, la production céréalière totale est estimée à 5,8 millions de tonnes, soit quelque 430 000 tonnes ou 8 pour cent de plus qu'en 1994. Dans l'ensemble, on a assisté à une amélioration des disponibilités d'engrais dans le pays, après les pénuries dues à l'embargo décrété au Bangladesh. Les objectifs de production de blé, de riz et de maïs pour 1995/96 sont respectivement de 1,05 million de tonnes, 4 millions de tonnes et 1,36 million de tonnes.

En dépit d'une certaine amélioration de la situation générale des approvisionnements alimentaires dans le pays, due à une production supérieure aux prévisions, certaines zones victimes de la sécheresse continueront à avoir besoin d'une aide alimentaire. Les annonces de contributions totales pour la campagne commerciale de 1995/96 s'élèvent à quelque 35 000 tonnes, dont 18 000 tonnes ont été livrées.

PAKISTAN (2 février)

Au cours des dernières semaines, les petites pluies éparses tombées dans la plupart des zones agricoles ont relevé les niveaux d'humidité des sols et favorisé le développement des cultures rabi. Le niveau et la répartition des précipitations ainsi que les basses températures ont favorisé en particulier le blé qui sera moissonné à partir d'avril.

L'objectif officiel de production de blé en 1995/96 est fixé à 17,4 millions de tonnes, contre les 17 millions de la campagne précédente.

La production de riz de 1995 est actuellement estimée à un record de 6 millions de tonnes, au même niveau que le résultat de 1993 et quelque 16 pour cent de plus que celui de 1994 et la moyenne des cinq dernières années. L'objectif de production (riz usiné) du Basmati et du riz IRRI-6 avait été fixé respectivement à 1,32 et 2,70 millions de tonnes. La production de céréales secondaires est estimée à 1,8 million de tonnes, en recul d'environ 6 pour cent, à cause d'une réduction des superficies ensemencées - essentiellement de mil et de maïs- de quelque 8 pour cent.

L'Office d'exportation du riz du Pakistan (RECP) envisage d'exporter bientôt un total de 500 000 tonnes de riz IRRI-6 dans divers pays d'Afrique et d'Asie. En dépit d'une récolte exceptionnelle en 1995, on estime que, pour satisfaire les besoins nationaux, le pays importera quelque 2 millions de tonnes de blé durant la campagne commerciale en cours.

PHILIPPINES (2 février)

Les récentes précipitations ont retardé la récolte de riz de la deuxième campagne. La sécheresse, suivie d'inondations et d'une série de typhons vers la fin de l'année 1995, ont nui à la production agricole de l'an dernier. Par rapport à 1994, les superficies ensemencées en riz et en maïs ont également subi un léger recul. Les estimations de production totale de riz ont été révisées à la baisse, s'établissant à 10,2 millions de tonnes, chiffre inférieur de quelque 500 000 tonnes aux précédentes indications et d'un million de tonnes aux prévisions du Ministère de l'Agriculture au début de 1995. Après révision, la production de 1995 est en baisse de 3 pour cent par rapport à l'année précédente, tout en dépassant de quelque 4 pour cent la moyenne des cinq dernières années. Les estimations de production de maïs pour 1995 ont également été abaissées à 4,16 millions de tonnes, soit environ 10 pour cent de moins que les prévisions précédentes et 550 000 tonnes de moins que la normale.

Compte tenu de la baisse de la production agricole, le pays a dû importer de grosses quantités de céréales vivrières afin de stabiliser les prix sur le marché national.

SRI LANKA (5 février)

Les pluies largement inférieures à la moyenne tombées depuis le mois d'octobre et une pénurie d'engrais, surtout dans le nord, devraient entraîner une importante réduction de la production de riz Maha (campagne principale) dont la récolte est prévue pour mars-avril. Après deux ans de production satisfaisante, des rapports non confirmés laissent entrevoir une diminution de la production céréalière variant de 25 à 50 pour cent dans le nord et de 20 à 25 pour cent dans le sud, moins affecté. L'insuffisance des précipitations a également provoqué une forte diminution des réserves d'eau d'irrigation et des rationnements d'eau ont été signalés en vue de maintenir le niveau nécessaire à la production d'énergie hydro-électrique.

Bien que les troubles intérieurs aient diminué d'intensité à Jaffna, dans le nord, il existe un grand nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI). Selon les dernières estimations, les PDI seraient au nombre 150 000 dans la péninsule de Jaffna et de 487 000 dans la région de Vanni, à l'intérieur du pays, dont 325 000 déplacés récents et 162 000, de longue date. Une étude récente du CICR indique que 31 pour cent des enfants vivant dans des centres d'hébergement et 25 pour cent de ceux vivant en dehors de ces centres souffrent d'une légère malnutrition. Selon le gouvernement, au 31 décembre 1995, un total de 980 387 personnes recevait des rations sèches, contre 705 453 à la fin octobre. Parmi les bénéficiaires de rations, 260 389 étaient considérés comme économiquement affectés et le reste comme déplacés. Le flux de 325 000 nouveaux arrivés à Vanni a exercé une forte pression sur les services sanitaires de la région, qui étaient déjà considérés comme rudimentaires et sous-équipés par rapport au reste du pays. Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies a récemment suspendu toute assistance aux personnes déplacées dans la Province Nord à cause de problèmes de sécurité. L'assistance aux personnes déplacées dans les régions de Kilinochchi, Mullaittivu et Vavuniya est suspendue depuis le 22 janvier.

La situation générale des approvisionnements alimentaires reste cependant satisfaisante par suite de bonnes récoltes de riz ces deux dernières années et du bon niveau des stocks publics. Les importations de riz en 1995 ont été les plus basses depuis les années cinquante et le pays aurait également exporté du riz vers d'autres pays asiatiques. Ces derniers mois, le gouvernement a graduellement augmenté le prix de la farine de blé afin de réduire le niveau de subvention et de se rapprocher des prix internationaux. Il a également diminué les subventions dans le but de rétablir le rapport entre les prix nationaux du blé et du riz, car les riziculteurs avaient difficilement pu commercialiser leur production, en raison du prix subventionné de la farine de blé et du pain, qui s'était traduit par une augmentation de la consommation de ces produits.

SYRIE (2 février)

Du fait de conditions météorologiques normales, les perspectives sont favorables pour les céréales d'hiver devant être moissonnées à partir de la mi-mai.

La production de blé en 1995 est estimée à 4 millions de tonnes, soit 13 pour cent de plus que l'année précédente. La production d'orge a augmenté de 15 pour cent, s'élevant à 1,7 million de tonnes, alors que la production de maïs, estimée approximativement à 215 000 tonnes, est inférieure de 143 000 tonnes à celle de l'année précédente.

Pour 1995/96 (juillet/juin), les importations de farine de blé sont évaluées à plus ou moins 350 000 tonnes, équivalant aux chiffres de la campagne 1994/95. Les importations de maïs devraient diminuer de quelque 100 000 tonnes et tomber à 200 000 tonnes. On estime que 600 000 tonnes d'orge seraient disponibles pour l'exportation en 1995/96. Un accord a été conclu selon lequel 200 000 tonnes d'orge seraient échangées contre du ciment en provenance de Jordanie.

THAILANDE (5 février)

La production totale de paddy est estimée a 21 millions de tonnes, dont 81 pour cent sont représentés par le riz de la campagne principale, récemment récolté. La production totale de riz en 1995 a été supérieure à la moyenne et équivalente à celle de 1994, malgré les inondations importantes d'août/septembre de l'année passée qui ont détruit d'importantes zones rizicoles.

Etant donné la forte demande en provenance des autres pays asiatiques pour l'importation de riz, le pays exporterait quelque 6 millions de tonnes de riz, soit 25 pour cent de plus que l'objectif gouvernemental fixé à 4,8 millions de tonnes. Récemment, le Comité pour les politiques alimentaires a réduit les taxes à l'importation sur le maïs du taux normal de 7,5 pour cent à 3 pour cent, pour un contingent total de 550 000 tonnes. Cette mesure a pour but de permettre des importations supplémentaires en 1996 afin de satisfaire la demande prévue pour l'alimentation du bétail. Les importations seront autorisées à partir de mi-février jusqu'à fin juin, avant que la production locale de maïs n'arrive sur le marché.

TURQUIE (2 février)

Les conditions du blé et de l'orge qui seront moissonnés à partir de juin seraient satisfaisantes étant donné les précipitations normales voire supérieures à la moyenne. Les prix de soutien gouvernementaux sont annoncés avant chaque saison de récolte et sont relevés mensuellement. En ce qui concerne le blé, les prix fluctuent selon la variété.

En 1995/96, les prix initiaux de soutien pour le blé ont été fixés à 236 dollars E.-U. la tonne pour le blé dur anatolien, à 155 dollars E.-U. la tonne pour le blé dur blanc et à 140 dollars E.-U. la tonne pour le blé rouge semi-dur. Le prix de soutien pour l'orge a été fixé à 110 dollars E.-U. la tonne et celui du maïs à 133 dollars E.-U. la tonne. Les hausses mensuelles ont été fixées à plus ou moins 10 dollars E.-U. la tonne pour le blé et à 6 dollars E.-U. la tonne pour l'orge et le maïs.

Du fait de conditions généralement favorables, la production de blé en 1995 s'est rétablie à 18 millions de tonnes. Ce résultat, même s'il se situe en-dessous de la moyenne et s'il est largement inférieur aux 21 millions de tonnes prévues initialement, représente néanmoins 500 000 tonnes de plus par rapport à la récolte médiocre de l'année précédente. Le rendement a été compromis par les dégâts causés par les ravageurs dans les régions septentrionales ainsi que par les pluies intempestives qui ont frappé tout le pays vers la fin de la période de croissance.

En août 1995, le gouvernement a décidé de supprimer la taxe de 20 dollars E.-U. la tonne sur le blé importé en vue de permettre aux négociants privés d'importer de plus importantes quantités de blé de haute qualité et de satisfaire la demande nationale des minotiers et des producteurs de pâtes. L'Office Céréalier Turc (TMO) était déjà exempté de cette taxe.

Le gouvernement a récemment augmenté la surtaxe à l'importation sur le riz de 5 dollars E.-U. la tonne, (alors qu'elle avait été réduite de 50 dollars E.-U. la tonne en décembre 1994) à 30 dollars E.-U. la tonne.

Selon les prévisions actuelles, les exportations de blé et de farine de blé devraient s'élever à 1,3 million de tonnes en 1995/96 (juin/mai) contre 1,8 million de tonnes exportées l'année précédente. Les importations de blé panifiable et de blé dur devraient s'élever à 1,2 million de tonnes contre 0,7 million de tonnes en 1994/95.

VIET NAM (5 février)

Les estimations officielles de la production céréalière totale de 1995 ont été révisées et s'élèvent à 27,5 millions de tonnes, ce qui représente 5 pour cent de plus qu'en 1994 et 17 pour cent de plus que la moyenne fluctuante des cinq dernières années. La production de paddy est estimée à 25,5 millions de tonnes, en légère augmentation par rapport à l'année précédente, en dépit des typhons et des graves inondations qui se sont produits plus tôt dans la saison dans les zones hautement productives du Delta du Mekong et des provinces centrales.

Le pays aurait exporté quelque 2,2 millions de tonnes de riz l'année passée, soit 7 pour cent de plus qu'en 1994.

YEMEN (12 février)

Les emblavures du blé d'hiver, de l'orge et du maïs qui seront récoltés plus tard dans l'année continuent dans des conditions météorologiques globalement favorables. Les superficies ensemencées sont conformes à la moyenne.

La récolte du sorgho et du mil de la campagne principale, rentrée à la fin de 1995, serait identique au niveau supérieur à la normale des années précédentes et s'élèverait globalement à 0,5 million de tonnes.

En 1994, la production de sorgho, estimée à 0,44 million de tonnes, a baissé de 21 000 tonnes par rapport à l'année précédente tout en restant au-dessus de la moyenne. La production de mil et de maïs estimée respectivement à 54 000 et 69 000 tonnes a été dans les deux cas légèrement inférieure à celle de 1993. La production d'orge n'a pratiquement pas évolué par rapport aux 63 000 tonnes de l'année précédente, alors que la production de blé a augmenté de 11 000 tonnes pour atteindre 171 000 tonnes.

Les importations de céréales en 1995, principalement de blé, devraient s'élever approximativement à 2 millions de tonnes, une augmentation de quelque 19 pour cent par rapport à 1994. -->TOCRetour au menu