Quelques pluies localisées ont été enregistrées dans le sud du pays en janvier, pendant la saison sèche. Les pluies, qui ont commencé à tomber plus régulièrement à la mi-février dans le sud, ont été faibles pendant la dernière semaine du mois pour reprendre au début du mois de mars. Les opérations de préparation des terres et d'ensemencement sont en cours. Un temps sec règne dans le nord. La production céréalière totale de 1995 s'établit selon les estimations à 637 000 tonnes, dont 480 000 tonnes de maïs, 27 000 tonnes de mil, 116 000 tonnes de sorgho, 10 000 tonnes de riz et 4 000 tonnes de fonio. Bien qu'encore supérieure à la moyenne, la production est néanmoins en recul de quelque 12 000 tonnes par rapport à 1994.
La situation des approvisionnements alimentaires reste satisfaisante, même si au début de l'année les prix ont été supérieurs à la moyenne dans les zones rurales, et ce en raison des perspectives d'une campagne secondaire médiocre et de l'accumulation de stocks de la part des négociants. Les échanges transfrontières non officiels avec les pays voisins, comme le Togo et le Burkina Faso, ont également influé sur les prix intérieurs et les disponibilités alimentaires. Par ailleurs, les importations de maïs en provenance du Nigeria ont augmenté à la suite de la dévaluation du naira. Pour 1996, les besoins d'importations céréalières sont estimés à 255 000 tonnes de blé et de riz. Une aide est fournie à quelque 20 000 réfugiés togolais dans le pays, dont l'état nutritionnel serait satisfaisant. Leur rapatriement devrait prendre fin d'ici juin. Par contre, on enregistre depuis le début de l'année l'arrivée de réfugiés Ogonis provenant du Nigeria. A la fin du mois de mars, ils étaient environ 800.
Les pluies ont démarré à la mi-avril et les opérations de préparation des terres sont sur le point de commencer. Les dernières estimations officielles indiquent pour 1995 une production céréalière de 2,31 millions de tonnes (riz compris), en recul de quelque 6 pour cent par rapport aux prévisions faites en octobre 1995 par la mission FAO/CILSS d'évaluation des récoltes. Ce fléchissement est essentiellement attribuable à un recul sensible de la production de maïs. La production de céréales a chuté dans 15 provinces, notamment celles de Soum, Seno, Yatenga et Bam dans le nord, avec un affaiblissement supérieur à 20 pour cent. Le fléchissement global a été compensé dans une certaine mesure par les augmentations enregistrées dans d'autres provinces, en particulier celles de Gnagna et Nahouri.
Si la production céréalière de 1995 est restée dans la moyenne, on signale néanmoins des difficultés d'approvisionnement alimentaire dans certaines régions où le prix des céréales a fortement augmenté sous l'effet d'une mauvaise récolte de maïs et d'exportations massives de céréales vers les pays voisins. En décembre 1995, le gouvernement a lancé un appel international à l'aide d'urgence pour 700 000 personnes dans les 17 provinces les plus à risque. Il a estimé les besoins d'aide alimentaire à près de 25 000 tonnes de céréales pour trois mois et indiqué que les achats pourraient être effectués localement ou empruntés au stock national de sécurité, dont le niveau est actuellement de 27 000 tonnes plus un fonds financier permettant l'achat de 25 000 tonnes supplémentaires. Une mission d'évaluation du gouvernement s'est récemment rendue dans les provinces touchées et a recommandé la vente de 9 700 tonnes de céréales à des prix subventionnés dans 11 provinces avant le mois de mai. Ces céréales peuvent être prélevées du stock national de sécurité et des discussions sont en cours avec les donateurs pour en programmer la reconstitution. Au début du mois d'avril, une réunion a également été tenue avec les ONG pour organiser le programme et coordonner les activités d'urgence. Les donateurs sont donc instamment priés de procéder à des achats locaux en réponse à cet appel ou dans le cadre de leurs programmes en cours ou futurs d'aide alimentaire. Les réfugiés touaregs qui ont fui le Mali au cours des cinq dernières années (surtout à partir de juin 1994) reçoivent actuellement une aide alimentaire. Selon les estimations du HCR et du PAM, ils sont au total 39 000, dont 33 000 bénéficient d'une aide alimentaire dans des camps de réfugiés. Depuis le début de l'année, une épidémie de méningite a frappé environ 17 000 personnes, causant plus de 2 000 décès.
Temps sec de saison. Les prévisions concernant la production de maïs de 1995 ont dû être révisées à la baisse, de 9 000 à 7 900 tonnes, volume inférieur à la moyenne mais trois fois supérieur à la mauvaise récolte de 1994.
Malgré une faible production, les marchés sont bien fournis et la situation des approvisionnements alimentaires est dans l'ensemble satisfaisante, le pays couvrant par des importations l'essentiel de ses besoins de consommation. Pour 1996, les besoins d'importations céréalières sont estimés à 90 000 tonnes, dont l'essentiel sous forme d'aide alimentaire.
Un temps sec de saison a régné depuis le début de l'année, avec des pluies épisodiques à mi-février dans les régions centrales. Les précipitations abondantes enregistrées pendant les dix premiers jours de mars, ont été bénéfiques aux semis du maïs de la première campagne. Grâce à des conditions de végétation favorables tout au long de la saison, la production céréalière globale de 1995 s'établit selon les estimations à 1,4 million de tonnes.
La situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. En 1995, l'inflation a reculé passant des 32,2 pour cent de 1994 à 7,7 pour cent, suite à la dévaluation du franc CFA. Afin d'encourager la minoterie locale, le 1er janvier le gouvernement a annoncé une hausse des droits d'entrée de 10 pour cent pour le blé et de 30 pour cent pour la farine de blé, ainsi que la libéralisation des prix de la farine sur le marché local. Le PAM et le HCR mettent actuellement en oeuvre la stratégie prévue de diminution progressive des distributions gratuites de vivres aux réfugiés libériens autosuffisants. De ce fait, seuls 250 000 réfugiés ont été retenus en janvier/février pour bénéficier de la distribution de vivres. Il n'y a eu que quelques rapatriements spontanés depuis l'accord de paix au Libéria, mais les récents affrontements enregistrés à Monrovia au début d'avril pourraient toutefois donner lieu à de nouveaux déplacements de population vers la Côte d'Ivoire.
Temps sec de saison. Les estimations finales concernant la production céréalière de 1995 ont été fournies pour les céréales secondaires (75 000 tonnes), mais ne sont pas encore disponibles pour le riz. Les prévisions provisoires établissant la production rizicole à 26 000 tonnes, la récolte céréalière totale resterait dans la moyenne avec 101 000 tonnes, malgré un léger fléchissement par rapport aux 106 000 tonnes récoltées en 1994.
La situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Le marché du riz est stable mais les prix sont plus élevés que l'an dernier, surtout en raison de la hausse des cours mondiaux. Les besoins d'importations céréalières pour la campagne de commercialisation 1995/96 (novembre/octobre) sont estimés à 100 000 tonnes et les besoins d'aide alimentaire à 11 000 tonnes.
Les pluies ont fait leur apparition dans le sud pendant la deuxième décade de février, pour cesser pendant les dix derniers jours du mois et reprendre au début du mois de mars. Les opérations de préparation des terres et d'ensemencement du maïs de la campagne principale sont en cours. Grâce à l'expansion des superficies cultivées et à des pluies favorables, la production céréalière globale de 1995 est estimée à 1,8 million de tonnes, soit un volume supérieur au record atteint en 1993. Toutefois, des conflits ethniques au début de 1995 et de graves inondations dans le nord, ont perturbé dans certaines zones la production de riz, de mil et de sorgho.
Grâce à une bonne récolte de céréales et à l'augmentation de la production de racines et tubercules, la situation des approvisionnements alimentaires est bonne. Une aide alimentaire est distribuée aux quelque 71 000 réfugiés togolais qui se trouvent encore au Ghana. Il y a eu quelques rapatriements spontanés au cours des derniers mois et la plupart des réfugiés devraient être rapatriés d'ici juin. Environ 14 000 réfugiés libériens bénéficient également d'une aide.
Un temps sec de saison règne dans la plus grande partie du pays. Les pluies ont démarré à la mi-février dans tout le sud- est, puis se sont arrêtées pendant les dix derniers jours de février pour reprendre en mars. Les opérations de préparation des terres sont en cours dans cette région. Grâce à des pluies abondantes en 1995, la production céréalière globale est estimée à 840 000 tonnes. Les superficies ensemencées sont restées stables, avec une légère diminution des emblavures de mil et de sorgho et une expansion des cultures de coton.
La situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Les prix du riz local ont sensiblement baissé après la récolte, mais sont restés en général supérieurs à ceux de l'année précédente. En 1996, le pays continuera à importer du blé et du riz. Après l'adoption de la stratégie régionale de réduction progressive, comme en Côte d'Ivoire, quelque 113 000 réfugiés libériens continuent de recevoir une aide alimentaire pendant la première partie de l'année, dans le cadre d'une distribution générale, tandis que 100 000 autres réfugiés pourraient être aidés dans le cadre de programmes d'alimentation sélectifs. Il y a actuellement en Guinée quelque 400 000 réfugiés libériens et 200 000 réfugiés Sierra-léoniens, mais les récents affrontements au Libéria pourraient déterminer une augmentation du nombre de réfugiés. Des attaques aux camps de réfugiés libériens, qui ont fait des victimes, ont été signalées à la fin du mois de mars.
Temps sec de saison. Selon les estimations d'une mission FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, effectuée en octobre 1995, la production céréalière totale de 1995/96 (riz compris) devrait atteindre le volume record de 201 000 tonnes contre les 175 000 tonnes récoltées en 1994. Estimée à 133 000 tonnes, la production rizicole a donc légèrement augmenté, tandis que la production de céréales secondaires a progressé de quelque 39 pour cent grâce à une bonne répartition des pluies.
La situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Les marchés sont bien alimentés et les prix restent généralement stables. Selon les estimations, les importations de céréales destinées à la consommation et à la réexportation s'élèveraient en 1996 à 70 000 tonnes, essentiellement de riz. Les besoins d'aide alimentaire structurelle sont estimés à 6 000 tonnes.
La récente reprise des troubles civils à Monrovia après une brève période de paix, est destinée à aggraver la situation déjà précaire des approvisionnements alimentaires dans le pays. Le 6 avril, de violents affrontements entre différentes factions se sont étendus de la banlieue de Sinkor au nord- est, à la capitale, Monrovia. Des milliers de civils ont abandonné leurs habitations. Le conflit touche donc à nouveau Monrovia, et ce pour la première fois depuis l'accord de paix d'Abuja signé en août 1995 par sept factions libériennes. Les troubles actuels compromettront sérieusement le fragile processus de paix et risquent de causer une nouvelle vague de déplacements de population. Les opérations d'urgence qui étaient généralement conduites depuis Monrovia seront perturbées et le retour prévu des libériens réfugiés dans les pays voisins sera retardé.
Les perspectives d'une certaine reprise de la production intérieure en 1996 resteront vaines si les combats s'étendent de Monrovia aux zones rurales où les opérations d'ensemencement du riz sont en cours. Même avant les troubles actuels, des déplacements massifs et continus de population avaient laissé à l'abandon de vastes étendues de terres agricoles; en outre l'insécurité dans les agglomérations situées hors de la zone contrôlée par l'ECOMOG avait rendu difficile pour les agriculteurs le stockage de semences et la plupart d'entre eux étaient tributaires de programmes de distribution d'urgence de semences. L'insécurité a aussi dissuadé les cultivateurs de pratiquer le sarclage et la protection des cultures dans plusieurs zones à fort potentiel. De ce fait, la production de riz et de manioc a chuté en 1995 de 77 et 50 pour cent respectivement, par rapport aux niveaux atteints avant la guerre civile.
Avant la récente recrudescence des conflits à Monrovia, si l'accès aux comtés de l'extrême ouest, du nord et de l'est était encore très peu sûr, les routes de l'intérieur du pays s'ouvraient progressivement et il était prévu que les populations pourraient commencer à avoir accès au marché, aux fournitures d'aliments d'urgence et à des débouchés pour leurs produits, puisque l'on observait des signes prometteurs d'une croissance de l'activité commerciale et des échanges de produits vivriers de part et d'autre des lignes de démarcation. Toutefois, le secteur officiel des exportations est resté paralysé et le pays a une lourde dette internationale. Une aide alimentaire d'urgence importante sera nécessaire tout au long de 1996.
Temps sec de saison. Selon les estimations d'une mission FAO/CILSS d'évaluation des récoltes effectuée à la fin d'octobre, la production céréalière totale de 1995 s'établirait à 2 178 000 tonnes, riz compris. Cela représente un fléchissement de quelque 11 pour cent, par rapport au volume record de 2 457 000 tonnes engrangé en 1994/95, qui est attribuable à une diminution des superficies ensemencées et à un affaiblissement des rendements. Quelques criquets pèlerins isolés pourraient se trouver dans certaines zones de l'Adrar des Iforas.
Après deux bonnes récoltes successives, la situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Certaines zones, notamment dans les régions du nord à déficit structurel, connaissent cependant des difficultés dérivant d'une mauvaise récolte et d'infestations de ravageurs. Le système national d'alerte rapide indique que les trois arrondissements du cercle de Bourem dans la région de Gao (Bamba, Bourem et Téméra) connaissent des pénuries alimentaires et reçoivent une aide alimentaire estimée à 4 000 tonnes de céréales au total et destinée à 64 500 personnes environ pour une période de 7 mois. De surcroît, plusieurs autres arrondissements des cercles de Bandiagara, Djenné et Ténenkou dans la région de Mopti, des cercles d'Abeibara, Kidal, Tessalit et Tin Essako dans la région de Kidal, ainsi que les arrondissements de Douékiré et de Goudam dans la région de Tombouctou et de N'Tillit et d'Almoustarat dans la région de Gao, sont menacés par des pénuries alimentaires. Le système d'alerte rapide recommande pour la population concernée de ces zones, estimée à 317 100 personnes, une aide alimentaire totale de 8 567 tonnes. Ailleurs, la situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante ou, si la production devait fléchir, d'autres sources de revenus sont disponibles. Une aide sera également nécessaire pour les Touaregs qui ont commencé à rentrer de Mauritanie dans la région de Kidal: 60 tonnes pour le camp d'Annefis (950 personnes) et 20 tonnes pour le camp d'Inabague (300 personnes). Quelques excédents de céréales secondaires sont disponibles dans le sud et peuvent être mobilisés pour couvrir les besoins d'aide alimentaire indiqués ci-dessus. Pour la campagne commerciale 1995/96 (novembre/octobre), les besoins d'importations céréalières sont estimés à 105 000 tonnes et les besoins d'aide alimentaire à 25 000 tonnes.
Temps sec de saison. Les cultures de décrue ont été récoltées et les perspectives sont prometteuses. Selon les estimations d'une mission FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, effectuée à la fin d'octobre, la production totale de céréales (riz compris) a atteint en 1995 192 600 tonnes, soit un volume légèrement inférieur au niveau record de 1994. L'activité du criquet pèlerin est en baisse depuis fin décembre. Quelques petits essaims de faible densité mêlés à des ailés immatures ont été signalés sur un total de 160 hectares en deux endroits au sud d'Atar dans l'Adrar occidental de la Mauritanie pendant la première décade de mars. Les traitements au sol, y compris les opérations de lutte conduites par les cultivateurs, ont intéressé 280 hectares. Quelques groupes de sauteriaux ont également été signalés près de la frontière avec le sud du Maroc. Ailleurs, les équipes de surveillance ont repéré des criquets matures isolés ou à un stade larvaire avancé en plusieurs points de l'Adrar occidental et dans le sud-ouest du Tiris Zemmour.
Après deux récoltes exceptionnelles consécutives, la situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Les prix des céréales ont légèrement augmenté en janvier mais les marchés sont bien approvisionnés. Selon les estimations, les importations de céréales destinées à la consommation intérieure et à la réexportation pendant la campagne commerciale 1995/96 (novembre/octobre), s'élèvent à 250 000 tonnes et les besoins d'aide alimentaire à 50 000 tonnes. Une aide alimentaire est distribuée aux Touaregs réfugiés dans des camps dans l'est du pays. Ils sont actuellement 34 000, contre les 80 000 recensés à la fin de 1994. Les irrégularités dans les distributions de vivres, dues à des problèmes de stock, semblent avoir contribué à faire augmenter les taux de malnutrition, surtout chez les enfants. En une année, 9 000 réfugiés ont regagné le Mali. Il en reste 34 000 et selon les prévisions, les retours se feront au rythme d'un millier d'individus chaque mois.
Temps sec de saison. Les estimations finales concernant la production céréalière de 1995 ont récemment été communiquées. Elles indiquent une production globale de céréales de 2 090 000 tonnes, avec un fléchissement sensible par rapport aux estimations fournies en octobre 1995 par la mission d'évaluation des récoltes, attribuable principalement à un net recul de la production de mil. Des criquets pèlerins épars pourraient se trouver en certains points du Tamesnar.
Après deux récoltes successives supérieures à la moyenne, en 1994 et en 1995, la situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante sur le plan national. Néanmoins, certaines populations restent exposées à des pénuries alimentaires dans les zones à déficit structurel, notamment dans les départements de Diffa, Agadez et Tillabéry où de récentes enquêtes ont relevé des taux de malnutrition inhabituellement élevés. A la mi-janvier, le gouvernement a lancé un appel à l'aide internationale, estimant les besoins à quelque 129 000 tonnes de céréales et à 10 000 tonnes de suppléments fourragers. A mi-mars, le système national d'alerte rapide a averti que la situation était alarmante dans certaines zones et qu'il y avait un besoin urgent de 9 400 tonnes de céréales. Celles-ci peuvent être prélevées sur les stocks nationaux de sécurité, si les donateurs contribuent à leur reconstitution. Plusieurs donateurs ont confirmé l'aide alimentaire annoncée ou la disponibilité de fonds pour des achats locaux. Des projets "vivres-contre- travail" sont ou seront conduits en faveur des populations vulnérables dans les zones à risque. Selon les estimations de la FAO, les besoins d'importations céréalières pour la campagne de commercialisation 1995/96 (novembre/octobre) s'élèvent à 200 000 tonnes et ceux d'aide alimentaire à 50 000 tonnes. Une partie des besoins d'importations peuvent être couverts par des importations traditionnelles en provenance du Nigeria.
Des pluies légères mais diffuses ont été enregistrées à la mi- février, dans le sud du pays. Elles se sont renforcées au cours de la deuxième semaine de mars. Les opérations de préparation des terres ont démarré pour les cultures de mil, de sorgho et du maïs de la première campagne. Un temps sec de saison règne dans le nord et le centre du pays. Grâce à des conditions de végétation favorables, la production céréalière globale de 1995 s'établit, selon les estimations, à 13,3 millions de tonnes environ, soit un volume légèrement supérieur à la moyenne, et ce malgré l'interdiction des importations d'engrais.
Après une bonne récolte, la situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante et les marchés sont bien fournis. Le pays importe de grandes quantités de blé et de riz. Pour la campagne de commercialisation 1995/96 (juillet/juin), les besoins d'importations céréalières sont estimés à environ 0,9 million de tonnes.
Un temps sec de saison règne dans le pays et les cultures de décrue ont été récoltées le long du fleuve Sénégal. Les estimations finales concernant la production céréalière globale de 1995, qui ont été récemment communiquées, indiquent un volume de 1 109 000 tonnes, paddy compris, ce qui représente un chiffre légèrement inférieur au niveau estimé à la mi-octobre par une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, mais supérieur de 12 pour cent au volume récolté en 1994. La production de mil a sensiblement augmenté, avec une progression de 20 pour cent, et celle de sorgho s'est accrue de 18 pour cent; en revanche, il y a eu un fléchissement de la production de maïs et de riz. La production d'arachides et de niébé a progressé, tandis que celle du manioc est en recul.
La situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante et les marchés urbains sont bien approvisionnés. Les prix du mil, du sorgho et du maïs qui avaient augmenté en janvier, ont légèrement baissé en février sur les marchés ruraux et urbains. Après avoir atteint 32 pour cent en 1994, l'inflation est tombée à 8 pour cent en 1995, à la suite de la dévaluation du franc CFA. Une aide pourrait être nécessaire pour l'achat de céréales secondaires en excédent dans le sud et leur transport jusqu'aux zones traditionnellement déficitaires du nord. Pour la campagne de commercialisation 1995/96 (novembre/octobre), les besoins d'importations céréalières sont estimés à 700 000 tonnes, principale-ment de riz et de blé, et les besoins d'aide alimentaire structurelle à 27 000 tonnes.
Temps sec de saison. Du fait de la perturbation des activités agricoles et des déplacements de population, la production céréalière de 1995 est estimée à 340 000 tonnes, soit environ 60 pour cent du volume d'avant guerre. La production rizicole, qui représente 80 pour cent de la production de céréales, a été la plus touchée par la guerre civile.
Une conférence de paix a été organisée à la fin du mois de mars. Sur le plan de la sécurité, la situation s'est améliorée dans l'ensemble depuis le cessez-le-feu de la mi- mars et les personnes déplacées à l'intérieur du pays ont pu regagner leurs villages dans les provinces de Bo et de Magburaka. Les violations du cessez-le-feu sont toutefois fréquentes dans le sud. Du fait de la perturbation des travaux agricoles et des déplacements de population, la production céréalière de 1995 devrait s'établir à 340 000 tonnes, soit environ 60 pour cent du niveau d'avant les troubles intérieurs. La production de riz, qui assure 80 pour cent de la production céréralière nationale, a été particulièrement touchée. La situation reste délicate dans le sud-est du pays où, dans les districts de Bo et de Moyamba, certains villages ont été dévastés. Les embuscades sur les routes qui relient Freetown à Bo, Kenema et Makeni perturbent gravement le commerce et les livraisons d'aide alimentaire. Un nouveau président civil a été élu à la fin du mois de février. Des négociations de paix sont actuellement en cours entre le Front révolutionnaire uni (FRU) et le nouveau chef du gouvernement. Selon les estimations, il y aurait actuellement 1,6 million de personnes déplacées dans le pays. On signale la présence de 250 000 sierra-léoniens en Guinée et d'environ 120 000 autres dans l'ouest du Libéria. Une nouvelle opération d'urgence du PAM vient d'être approuvée pour fournir en 1996 une aide alimentaire de secours aux populations victimes de la guerre. Il a fallu réviser à la hausse le nombre des bénéficiaires - personnes déplacées à l'intérieur du pays et réfugiés - qui étaient 500 000 en 1995, sont maintenant 841 650 dont 121 650 bénéficiaires de programmes d'alimentation sélectifs et institutionnels. Les principaux sites retenus pour la distribution des vivres sont Bo (235 000 personnes), Kenema (175 000) et Makeni (110 000). Il s'agit au total de distribuer 41 500 tonnes de vivres dont près de 33 000 tonnes de céréales.
Selon les prévisions, les cultures de décrue berbéré sont inférieures à la normale dans les sous-préfectures d'Abeché (zone rurale), d'Am-Dam (dans l'Ouaddaï) et d'Oum-Hadjer (dans le Batha). Les pluies sont arrivées dans le sud et les opérations de préparation des terres ont démarré. Par rapport aux prévisions d'octobre de la mission d'évaluation des récoltes, les estimations relatives à la production céréalière finale de 1995 sont en légère baisse, avec un total de 908 000 tonnes. Cet abaissement est imputable au fléchissement de la production de mil et de maïs, partiellement compensé par une progression de la production de sorgho et de riz. Cette production est inférieure de 23 pour cent à la récolte exceptionnelle de 1994, mais reste néanmoins supérieure à la moyenne.
Après deux années consécutives de bonnes récoltes, la situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Les marchés sont généralement bien fournis. Les prix des céréales ont légèrement augmenté, notamment ceux du mil et du maïs dans le Kanem. Il y a un risque de pénurie alimentaire dans les zones traditionnellement déficitaires du nord. A l'occasion d'une enquête réalisée en février, le système national d'alerte rapide a estimé que 333 000 personnes au total étaient exposées à des pénuries alimentaires dans certains villages des préfectures de Kanem, Biltine, Batha, Ouaddaï, Lac et Chari-Baguirmi, par ordre d'importance. L'aide alimentaire nécessaire pour une période de 4 mois, à partir d'avril/mai 1996, est estimée à environ 9 600 tonnes. Les céréales peuvent être prélevées sur le stock national de sécurité. A la fin de 1995, une mission FAO a recommandé que l'essentiel du stock national de sécurité soit conservé à N'Djamena et que les quantités d'aide alimentaire déterminées par le système national d'alerte rapide soient distribuées aux régions avant la saison des pluies. L'effondrement de la production agricole en 1995 a déterminé une certaine augmentation des besoins d'importations céréalières pour 1995/96, qui s'établissent selon les estimations à 65 000 tonnes de blé et de riz. Les besoins d'aide alimentaire structurelle sont estimés à 2 000 tonnes.
Les pluies ont démarré pendant la deuxième décade de février dans le sud du pays, puis ont cessé au cours de la troisième pour reprendre avec vigueur pendant les deux premières décades de mars. Les semis du maïs de la première campagne et des ignames sont en cours dans le sud. Grâce aux bonnes pluies reçues pendant la période de végétation, la production céréalière totale de 1995 est estimée à 491 000 tonnes, volume supérieur à la moyenne mais en recul par rapport à la récolte exceptionnelle de 1993, en raison de l'irrégularité des pluies dans certaines zones du sud. Les inondations qui ont touché le centre du pays en septembre ont aussi perturbé la production de maïs et de sorgho.
Les marchés sont bien fournis et la situation globale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. L'inflation devrait tomber à 8 pour cent en 1996, les effets de la dévaluation du franc CFA en janvier 1994 ne se faisant plus sentir. Environ 6 000 réfugiés ghanéens se trouvent encore au Togo.