ASIE

AFGHANISTAN* (12 avril)

La production de blé et d'orge, qui seront moissonnés à partir de juin, devrait être encore limitée en raison des pénuries d'intrants agricoles, des dégâts aux infrastructures et de l'insécurité persistante. Au cours des dernières années, la production est tombée de 3,4 millions de tonnes en 1987 à 2,7 millions de tonnes en 1991 et à 2,5 millions de tonnes en 1995, niveaux nettement inférieurs aux besoins nationaux.

L'ONU a lancé un Appel interinstitutions pour une aide humanitaire d'urgence et pour la reconstruction du pays; l'aide, dont le montant total est évalué à 124 millions de dollars E.-U., devrait couvrir la période allant d'octobre 1995 à septembre 1996. L'Appel est ciblé sur quatre principaux secteurs de crise: situations d'urgence en milieu rural et en milieu urbain, personnes déplacées à l'intérieur du pays et réfugiés rentrant des pays voisins.

En 1995/96, les besoins d'importation de céréales, essentiellement de blé, sont estimés à 1,3 million de tonnes. Le programme d'aide céréalière pour 1995/96 devrait s'établir à 185 000 tonnes, dont 97 000 tonnes ont été livrées.

ARABIE SAOUDITE (1er avril)

Compte tenu des mesures de réduction de la production de blé subventionnée, on estime que les emblavures de la campagne 1995/96 ont diminué pour la quatrième année consécutive. Le gouverne-ment poursuit sa politique de contrôle rigoureux des permis de culture du blé, les agriculteurs ne recevant que les prix de soutien du gouvernement pour le blé et l'orge à hauteur des quotas qui leur sont assignés par l'Office des silos à céréales et des minoteries (GSFMO). Les contingents alloués pour 1996 s'élèvent à 1,3 million de tonnes de blé et 1 million de tonnes d'orge. La baisse des quotas fait suite à une réduction de 25 pour cent du prix d'achat du blé qui est tombé à 1 500 riyals (400 dollars E.-U.) la tonne. Le prix d'achat de l'orge reste inchangé à 1 000 riyals (266,7 dollars E.-U.) la tonne.

La production de blé en 1995, estimée officiellement à 2,5 millions de tonnes, a été nettement inférieure à la moyenne, tout en restant supérieure aux besoins intérieurs, estimés à quelque 1,8 million de tonnes.

Compte tenu de la baisse de production, les exportations de blé qui atteignaient en moyenne 2,1 millions de tonnes durant la période triennale qui a pris fin en juin 1995, devraient fortement se tasser en 1995/96, pour devenir nulles en 1996/97. D'après les estimations, les importations d'orge, au cours de la période de douze mois se terminant en juin 1996, devraient diminuer d'environ 500 000 tonnes par rapport à 1994/95, pour s'établir à 3,5 millions de tonnes.

Les opérations de lutte contre le criquet pèlerin ont été poursuivies sur les plaines côtières le long de la Mer Rouge jusqu'à la mi-février. Les infestations devraient diminuer car la végétation devient plus sèche et des criquets ont probablement migré vers l'intérieur.

BANGLADESH (2 avril)

Le riz "boro", qui sera récolté en avril-mai, bénéficie de conditions favorables dans l'ensemble. L'objectif provisoire de production du riz "boro", qui assure normalement un tiers de la production totale de riz, a été fixé à 7 millions de tonnes (riz usiné) par rapport à la récolte de 6,54 millions de tonnes de l'an dernier. La distribution d'engrais (urée) continue à poser des problèmes et pourrait quelque peu limiter les rendements, bien que l'on prévoie, d'une façon générale, que les agriculteurs arriveront à se procurer des quantités suffisantes, car les stocks sont favorables et les exportations ont été interdites. On estime que les rendements de l'an passé ont été réduits de 7 pour cent à cause de la pénurie et de l'application tardive des engrais.

En dépit des graves inondations durant la mousson de l'an dernier, qui ont compromis par endroits la production de riz "aman", des conditions d'humidité favorables dans d'autres régions ont permis d'accroître les rendements. De ce fait, les estimations provisoires de production du riz aman 1995/96, dont la moisson a pris fin en janvier, sont de 9,1 millions de tonnes, soit 7 pour cent de plus que le résultat de l'an dernier (8,5 millions de tonnes). La production rizicole totale de 1995 est estimée à 26,7 millions de tonnes, chiffre supérieur d'environ 6 pour cent au résultat de 1994 mais inférieur à la moyenne des cinq années précédentes. Le blé poursuit sa croissance dans des conditions généralement favorables, et un objectif révisé de 1,2 million de tonnes a été fixé, soit autant que la production de l'an dernier.

Les semis de riz "Aus" de 1996/97 ont démarré dans des conditions favorables; le riz aus assure quelque 10 pour cent de la production totale de riz.

Même si l'on prévoit une amélioration de la production intérieure en 1995/96, la situation des approvisionnements alimentaires demeure précaire et le gouvernement sera probablement contraint d'importer, cette année, des quantités considérables de céréales alimentaires, comme en 1994/95. Les importations de riz pour 1995/96 (juillet/juin) sont actuellement estimées à un chiffre record de 0,9-1 million de tonnes, dont on estime que 650 000 tonnes auraient été livrées en janvier 1996. Comme des catastrophes naturelles imprévues sont toujours possibles et qu'il faut un certain temps pour qu'arrivent les importations, le Gouvernement a accru ses stocks de riz et de blé en 1995. En conséquence, la situation globale des stocks détenus par le gouvernement est satisfaisante, ceux-ci étant estimés à 1,13 million de tonnes fin février 1996, dont 465 000 tonnes de riz et 668 000 tonnes de blé.

CAMBODGE (4 avril)

La récolte du riz de la deuxième campagne (sèche) a démarré dans des conditions généralement favorables. Bien qu'elle ne représente qu'environ 11 pour cent des superficies ensemencées en riz, cette récolte est actuellement estimée à 530 000 tonnes, soit 16-18 pour cent de la production de paddy, grâce à un net accroissement des rendements du à un complément d'irrigation et à l'utilisation de variétés de riz améliorées. Si les superficies semées en riz de la saison sèche ont augmenté de quelque 28 pour cent depuis 1991/92, la superficie totale de riz n'a progressé que de 4 pour cent.

La production totale de riz en 1995/96 est estimée à 3,32 millions de tonnes, chiffre supérieur de plus d'un million de tonnes, soit près de 50 pour cent, au résultat de la campagne précédente. La production rizicole exceptionnelle de 1995/96 est essentiellement imputable aux précipitations favorables tombées sur la majeure partie du pays et à une utilisation accrue d'engrais.

Etant donné le bon niveau de la production une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires a estimé récemment que le pays disposerait, pour la première fois depuis 25 ans, d'un excédent de riz de quelque 139 000 tonnes en 1995/96 par rapport aux besoins de consommation. Compte tenu de cet excédent, le gouvernement a récemment délivré des permis d'exportation pour 120 000 tonnes de riz en 1996, conservant une réserve de 19 000 tonnes pour les plus nécessiteux. Toutefois, la Mission avait précédemment mis le gouvernement en garde contre ces exportations, essentiellement parce que le pays n'a pas atteint une sécurité alimentaire au niveau de chaque individu, des ménages et des communautés. En effet, de nombreuses communes souffrent encore de pénuries de riz dérivant des pertes de récolte dues aux inondations de l'an dernier, de la réduction des stocks, du faible pouvoir d'achat et des terres agricoles limitées. Même si le nombre exact de personnes vulnérables souffrant de pénuries alimentaires reste encore à établir, la Mission a estimé provisoirement que quelque 60 000 tonnes de riz et 3 000 tonnes d'autres denrées seront nécessaires en 1996 pour aider les personnes les plus vulnérables appartenant à différentes communes. Au 1er janvier 1996, le PAM détenait des stocks de 13 151 tonnes de riz et avait obtenu des donateurs des promesses de contributions supplémentaires de 36 800 tonnes, pour un total de 49 951 tonnes, ce qui laisse un déficit de quelque 10 000 tonnes pour atteindre les 60 000 tonnes nécessaires. La Mission a en outre recommandé au gouvernement d'acheter avec l'aide des donateurs, et de conserver, un stock d'environ 25 000 tonnes de riz pour faire face aux situations d'urgence. Elle a également suggéré que le PAM et les donateurs bilatéraux effectuent des achats locaux pour les programmes d'aide aux personnes vulnérables.

CHINE (9 avril)

On signale que les conditions du blé d'hiver sont satisfaisantes, et on prévoit, dans l'ensemble, une bonne récolte céréalière, semblable au résultat de l'an dernier (105 millions de tonnes) malgré la sécheresse et les températures supérieures à la normale dans le nord et la possibilité d'infestations de ravageurs dans certaines régions. D'après les estimations, les emblavures de blé d'hiver sont supérieures de quelque 2 pour cent à celles de l'année précédente et le gouvernement a récemment relevé de 20 pour cent le prix d'achat officiel des céréales afin d'encourager la production intérieure. On signale que quelque 6,7 millions d'hectares de terres à maïs, où les semis devraient bientôt commencer, ont également souffert de la sécheresse. En revanche, un temps froid et pluvieux durant les premières semaines d'avril a compromis les semis du riz précoce dans certaines parties du sud du pays.

Selon les objectifs officiels, les emblavures cette année devraient dépasser 110 millions d'hectares, dont 29,7 millions d'hectares destinés aux céréales d'hiver, soit 400 000 hectares de plus que l'an dernier. La région autonome de Xinjiang Uygur devrait enregistrer le plus grand accroissement de superficie ensemencée (4,5 pour cent). L'objectif de production céréalière totale en 1996 (y compris légumineuses, racines et tubercules) est de 462,5 millions de tonnes, quelque 2,5 millions de tonnes de moins que le record de l'an passé de 465 millions de tonnes. La demande progressant plus vite que l'offre intérieure en raison de la croissance à la fois démographique et économique, les importations de céréales devraient rester élevées en 1996. Les importations de blé - principale importation céréalière - ont été révisées à la hausse, s'établissant à 13 millions de tonnes, chiffre supérieur d'environ 8 pour cent aux prévisions préliminaires et de 3 millions de tonnes aux importations de 1994/95.

CHYPRE (1er avril)

En dépit de précipitations inférieures à la normale en début de campagne, les conditions du blé et de l'orge seraient satisfaisantes et on prévoit une récolte moyenne. Les emblavures de céréales d'hiver sont estimées à 63 000 hectares, au même niveau que l'an dernier.

Pour 1995, la production de céréales (essentiellement d'orge) est estimée à 140 000 tonnes, résultat inférieur à la moyenne et à celui de l'an dernier.

En 1995/96 (mai/avril), les importations de blé devraient très légèrement augmenter et passer à 90 000 tonnes, tandis que celles d'orge devraient diminuer de quelque 15 pour cent pour s'établir à 260 000 tonnes. Quant aux importations de maïs, elles devraient s'élever à 130 000 tonnes, soit un accroissement de 10 000 tonnes.

COREE, REPUBLIQUE DE (8 avril)

La moisson de l'orge, qui assure normalement quelque 6-7 pour cent de la production totale de céréales, a commencé et, d'après les indications, il semble que la production récupérera environ 9 pour cent par rapport à l'an dernier, compte tenu d'un accroissement des emblavures. Toutefois, elle demeurera inférieure d'environ 7 pour cent à la moyenne des cinq dernières années.

En 1996, l'objectif de production de riz a été fixé à 6,6 millions de tonnes.

La production de riz en 1995 est officiellement estimée à quelque 6,4 millions de tonnes, soit environ 500 000 tonnes de moins que le résultat de 1994 et 10 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Il s'agit là de la plus faible récolte en 15 ans, ce qui s'explique par une diminution des superficies ensemencées plus importante que prévu, par une baisse des rendements due aux dégâts causés par les inondations fin août dans la région centrale et par des conditions météorologiques défavorables vers la fin de la campagne de végétation. Les superficies ensemencées en riz étaient de 1,055 million d'hectares en 1995 contre 1,1 million d'hectares en 1994, soit une baisse de 4,2 pour cent. Cette réduction, conforme à la tendance des dernières années, est due en partie à un abandon du riz au profit de cultures horticoles plus lucratives. Pour compenser la réduction escomptée des superficies ensemencées et accroître le niveau d'auto-suffisance en riz, le Ministère de l'agriculture envisage d'augmenter les investissements de plus de 40 pour cent. L'objectif est de relever les rendements, de développer les ressources en eau et d'améliorer les infrastructures agricoles et la mécanisation.

Les besoins d'importations céréalières au cours de la campagne de commercialisation 1995/96 (essentiellement blé et céréales secondaires) sont provisoirement estimées à quelque 12,2 millions de tonnes, soit une augmentation d'environ 5 pour cent par rapport à la campagne précédente.

COREE, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE POPULAIRE DE* (22 avril)

Les premières perspectives des céréales de 1996, qui seront semées sous peu, sont défavorables. Les préparatifs de semis ont été retardés d'environ 2-3 semaines en raison du froid et des disponibilités insuffisantes de carburant. En outre, une part importante (quelque 40 000 hectares) de la zone touchée par les inondations de l'an dernier est encore recouverte de sable et de débris, ce qui exclut la mise en culture de ces régions en 1996.

Une évaluation sur place conduite par la FAO et le PAM à la mi-avril a révélé que, depuis leur Mission conjointe d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires de décembre 1995, la situation alimentaire s'est détériorée de façon inquiétante. En effet, l'aide alimentaire mobilisée à ce jour est relativement limitée et arrive lentement; en outre, le gouvernement n'est guère en mesure d'effectuer des importations alimentaires par voie commerciale, malgré les tentatives effectuées par diverses filières. Les importations commerciales sont presque totalement entravées par les graves pénuries de devises étrangères et l'incapacité du pays d'acheter à crédit.

Compte tenu de la grave situation alimentaire, résultant à la fois des inondations de l'an dernier, de problèmes économiques et agricoles fondamentaux, et de l'incapacité d'effectuer des importations commerciales de vivres, le Système public de distribution est mis à rude épreuve, et le gouvernement se voit contraint de réduire davantage les rations alimentaires déjà faibles. De nouvelles diminutions sont prévues en mai, et sans approvisionnements suffisants, le système de distribution pourrait s'effondrer complètement avec les conséquences dévastatrices que cela entraînerait, en particulier pour les segments de population qui sont entièrement tributaires du système.

En l'absence probable d'importations commerciales, le déficit global du pays en céréales vivrières est désormais estimé à quelque 1,64 million de tonnes, en tenant compte de l'aide alimentaire déjà promise ou reçue. Etant donné qu'aucun engagement d'assistance n'est dans la filière à partir de mai, il y a un besoin pressant d'une aide alimentaire d'urgence et de programmes ainsi que d'un soutien international pour la remise en état du secteur agricole après les dégâts causés par les inondations. L'aide alimentaire d'urgence annoncée, qui devrait être livrée d'ici la fin du mois d'avril, s'élève à 26 764 tonnes de riz, 20 000 tonnes de blé, 20 000 tonnes d'orge, 2 269 tonnes de mélange maïs-soja, 1 756 tonnes de farine de blé et 270 tonnes de produits alimentaires divers, essentiellement de la farine de maïs et du soja. Par ailleurs, depuis novembre 1995, le pays a reçu 208 000 tonnes de vivres au titre de programmes d'aide alimentaire bilatérale. Début avril, le gouvernement a demandé aux Nations Unies de lancer un nouvel appel international d'aide alimentaire.

INDE (3 avril)

Les perspectives de récolte des céréales rabi (essentiellement de blé) sont favorables, compte tenu d'une irrigation des sols suffisante, de précipitations satisfaisantes au cours des dernières semaines et de la faible fréquence des infestations de ravageurs. Du 1er octobre 1995 au 21 février 1996, toutefois, les précipitations cumulées ont été inférieures à celles de la même période de 1994/95. Sur 35 sous-divisions contrôlées, 18 représentant 64 pour cent de la production de "rabi" avaient reçu des pluies inférieures à la normale, contre 14 sous-divisions assurant 50 pour cent de la production en 1994/95. L'objectif total de récolte des céréales rabi est de 84,5 millions de tonnes, même si, d'après les projections récentes, la production pourrait avoisiner les 90 millions de tonnes. Cet accroissement serait principalement dû au blé, dont l'objectif de production s'établit à 60 millions de tonnes, même si la production effective est actuellement estimée à 65,2 millions de tonnes, soit autant que le résultat record de l'an dernier. Le gouvernement a relevé le prix de soutien du blé qui passe à 3 800 roupies la tonne, soit une augmentation de 200 roupies (5,6 pour cent) par rapport à 1995.

Après l'arrivée tardive de la mousson l'an dernier, les précipitations cumulées durant la campagne ont été satisfaisantes et le pays a bénéficié de pluies normales ou supérieures à la normale pour la huitième mousson consécutive. D'après les dernières estimations, la production de riz en 1995/96 serait de 80 millions de tonnes (riz usiné) correspondant à l'objectif, bien qu'inférieure d'un peu plus d'un million de tonnes au chiffre de la campagne précédente. L'objectif de production de céréales vivrières pour 1995/96 est de 192 millions de tonnes, dont 60 millions de tonnes de blé, 80 millions de tonnes de riz, 36,5 millions de tonnes de céréales secondaires et 15,5 millions de tonnes de légumineuses.

Compte tenu des stocks céréaliers importants, la situation des approvisionnements alimentaires est favorable. Les stocks totaux de blé et de riz détenus par la Food Corporation of India (FCI) au début de 1996 ont été estimés à quelque 28 millions de tonnes, dont 16,6 millions de tonnes de riz et 11,5 millions de tonnes de blé, contre des stocks d'environ 31 millions de tonnes en janvier 1995. Toutefois, les niveaux élevés des stocks engendrent des problèmes de stockage, d'où pertes dues aux intempéries et aux ravageurs. En 1995, compte tenu des cours élevés des céréales sur les marchés internationaux et de la forte demande régionale, on estime que le pays a exporté quelque 3,8 millions de tonnes de riz, tandis que les exportations de blé pour la campagne de commercialisation 1995/96 (juillet/juin) sont estimés à un million de tonnes.

INDONESIE (4 avril)

Les perspectives de la récolte du riz de la campagne principale, qui est en train d'être rentrée, demeurent incertaines en raison des inondations qui ont frappé un certain nombre de régions productrices, des fortes pluies qui ont interrompu le séchage et de la pénurie et des prix élevés de l'urée, principal engrais utilisé pour le riz. D'après les indications, une grande partie de la récolte de riz de Java aurait une teneur en eau d'environ 17 pour cent, quelque 2 pour cent de plus que la moyenne. A ce niveau, le riz ne peut être stocké que pour de courtes périodes, ce qui peut expliquer les retards dans les achats officiels de l'Office national de commercialisation, BULOG.

L'objectif de production rizicole par 1996 est fixé à 51,2 millions de tonnes, soit environ 5,6 pour cent de plus que les 48,5 millions de tonnes obtenues en 1995 et 8 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. Malgré les efforts du gouvernement visant à accroître les superficies cultivées en riz d'un million d'hectares dans le Kalimantan central, y compris à mettre en place un réseau d'irrigation, la production de 1996 devrait souffrir des conditions météorologiques défavorables, des inondations et de la pénurie d'engrais.

Producteur de riz largement auto-suffisant dans les années 80, le pays a dû recourir aux importations ces dernières années, plus particulièrement en 1995, pour satisfaire la demande intérieure. Les importations de riz en 1995 sont estimées à 2,5 millions de tonnes, nettement plus qu'au cours des années précédentes. Les achats nationaux de riz effectués par BULOG en 1995 ont été de 918 925 tonnes, le plus faible niveau depuis 1984, ce qui s'explique par le fait que la récolte a été médiocre en 1994 et que les agriculteurs ont préféré vendre aux négociants privés à des prix plus élevés. Toutefois, compte tenu des importations, l'office a accumulé des stocks importants qui ont été complétés par les achats effectués sur la récolte de cette année. Fin février, les stocks totaux étaient estimés à 2 millions de tonnes, ce qui pose des problèmes d'emmagasinage et qui pourrait amener le gouvernement à envisager des réexportations, si l'on en croit des rapports non confirmés.

IRAN, REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’ (9 avril)

D'après les indications, les perspectives du blé et de l'orge, qui seront récoltés en avril/mai, sont satisfaisantes. Les préparatifs pour les semis de riz de la campagne 1996 sont en cours dans les principales zones de production des provinces du nord, tandis que les semis dans le sud ne devraient pas démarrer avant mai-juin.

La production céréalière totale de 1995 est estimée à 17,2 millions de tonnes, chiffre dépassant légèrement celui de l'année précédente (16,8 millions de tonnes) et supérieur d'environ 12 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes.

Les importations de céréales pour 1995/96 devraient s'établir au même niveau qu'en 1994/95, soit 5 millions de tonnes, dont 3,2 millions de tonnes de blé, comme l'année précédente, un million de tonnes de céréales secondaires et 800 000 tonnes de riz.

IRAQ* (1er avril)

Les perspectives de la récolte céréalière de 1996 demeurent incertaines en raison de précipitations irrégulières et inférieures à la normale en début de campagne qui ont retardé les semis de blé et d'orge. Par ailleurs, les rendements continueront à être limités par les faibles disponibilités d'intrants agricoles tels que semences de qualité, engrais, pesticides et herbicides, ainsi que par la pénurie de pièces de rechange pour les machines agricoles.

La production céréalière de 1995 est actuellement estimée à 2,2 millions de tonnes, soit quelque 20 pour cent de moins qu'en 1994 et 25 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes.

La situation alimentaire et nutritionnelle demeure précaire, essentiellement à cause des difficultés rencontrées par le gouvernement pour financer les importations. Malgré l'efficacité du système de rationnement dans les zones contrôlées par le gouvernement, et l'augmentation de la ration mensuelle de farine de blé et d'huile végétale depuis décembre 1995, les rations couvrent globalement moins de la moitié des besoins énergétiques et ont une qualité nutritionnelle médiocre, avec des carences en protéines animales et en oligo-éléments.

Les discussions récentes portant sur l'application de la Résolution du Conseil de sécurité concernant la vente de quantités limitées de pétrole ont provoqué une baisse des prix alimentaires et une forte réévaluation du dinar iraquien par rapport au dollar E.-U.. Vers la fin janvier, le cours du riz a chuté à 950 dinars le kilo, perdant ainsi 350 dinars/kg; la farine de blé est passée de 600 dinars à 450 dinars le kilo et le prix du sucre est tombé à 1 300 dinars le kilo, perdant 400 dinars/kg. Ces prix demeurent toutefois nettement supérieurs au pouvoir d'achat de la majorité de la population. Par rapport au taux précédent de 1 dollar E.-U. pour 3 000 dinars iraquiens, le taux de change en date du 3 février était de 1 dollar E.-U. pour 500 dinars. Le cours officiel du dinar, qui était de 3 dollars E.-U. pour un dinar avant la crise du Golfe a oscillé entre 500 et 1 200 dinars pour un dollar, en dépit des mesures prises par le gouvernement pour resserrer les disponibilités monétaires et de la poursuite des discussions sur les ventes partielles de pétrole.

La malnutrition, qui est généralisée, va en s'aggravant, avec l'apparition de signes cliniques de carence alimentaire. Il y a de nombreux cas de marasme et de kwashiorkor et autres problèmes liés à l'avitaminose et à la carence en minéraux. D'après les premières estimations fondées sur les données anthropométriques recueillies par une mission FAO qui s'est rendue dans le pays entre juillet et septembre 1995, auprès d'enfants de moins de cinq ans à Baghdad, 12 pour cent souffrent de dépérissement et 28 pour cent de retard de croissance. Si l'on compare ces statistiques à celles de 1991, on constate une augmentation spectaculaire de la malnutrition, avec un dépérissement quatre fois supérieur et des retards de croissance qui ont plus que doublé. On pense que la situation est pire dans le sud et dans certaines poches du nord. Les adultes semblent moins touchés, mais avec la diminution des ressources, les ménages risquent bientôt de ne plus pouvoir s'en tirer. La famine généralisée a été évitée, en grande partie grâce à l'efficacité du système public de rationnement, qui fournit désormais environ 1 250 Kcal par jour. Toutefois, ce système ne pourra être maintenu indéfiniment, et son effondrement aurait des conséquences catastrophiques pour la nutrition et la santé.

ISRAEL (1er avril)

Les perspectives de récolte des céréales sont incertaines en raison des conditions météorologiques défavorables, en particulier en début de campagne. La production de blé en 1996 devrait être nettement inférieure à la récolte supérieure à la moyenne de 1995 (250 000 tonnes).

A la suite de l'entrée en vigueur de l'Accord de l'Uruguay Round, le gouvernement a décidé d'autoriser quatre minoteries à importer du blé de toute origine.

En 1995/96 (octobre/septembre), les importations de céréales sont estimées à quelque 2,6 millions de tonnes, soit pratiquement au même niveau que la dernière campagne.

JAPON (1er avril)

En 1995, la production céréalière totale est estimée à 13,42 millions de tonnes, quelque 10 pour cent de moins que les 14,98 millions de tonnes enregistrées l'année précédente. Cette baisse est presque entièrement le fait d'une diminution des rendements par rapport aux niveaux records de 1994. Le gouvernement a annoncé le lancement d'un nouveau programme de reconversion du riz au profit d'autres cultures, portant sur quelque 780 000 hectares et destiné à réduire les excédents. Ce programme démarrera durant l'exercice budgétaire 1996/97 (avril/mars) et durera jusqu'en 1998/99. Les semis de riz 1996 ne commenceront qu'en avril /mai.

JORDANIE (11 avril)

Les récentes précipitations ont amélioré les perspectives des cultures de blé et d'orge 1996 qui avaient souffert des pluies inférieures à la normale en début de campagne. D'après les indications, l'état des pâturages est en dessous de la moyenne sur les hauts plateaux non irrigués.

Les intrants pour le bétail subventionnés par le gouvernement (essentiellement l'orge et le son de blé) sont insuffisants et les éleveurs doivent acheter des aliments concentrés. Ceci entraînera une augmentation des coûts de production et pourrait porter à une réduction du cheptel.

La production de blé et d'orge en 1995, estimée respectivement à 84 000 et 52 000 tonnes, a été nettement supérieure à celle de la campagne précédente.

Les importations de blé pour 1995/96 (juillet/juin) sont estimées à 700 000 tonnes, au même niveau que la campagne précédente. Les importations de céréales secondaires (maïs et orge) sont estimées à 850 000 tonnes, soit environ 30 000 tonnes de plus qu'en 1994/95. On envisage également d'importer quelque 90 000 tonnes de riz, niveau légèrement supérieur à celui de l'année précédente.

LAOS* (4 avril)

Mars est le mois déterminant pour les conditions d'humidité du riz de la campagne secondaire qui sera récolté en avril/mai et qui a généralement besoin de davantage de précipitations.

La production totale de riz en 1995 est actuellement estimée à 1,41 million de tonnes, en baisse de 15 pour cent par rapport à la récolte exceptionnelle de l'année précédente, de 1,65 million de tonnes. Les superficies totales récoltées ont baissé d'environ 13 pour cent et s'établissent à 522 000 hectares. Ce recul de la production est dû à de graves inondations qui ont frappé le centre et le sud du pays en juillet/août derniers, détruisant 62 000 hectares de rizières dans six provinces, dont quatre ont souffert de graves pénuries alimentaires, tandis que les deux autres ont vu leurs excédents chuter. En conséquence, les besoins d'importations céréalières pour 1996 ont été estimés par une mission FAO/PAM à 132 577 tonnes, dont 38 000 tonnes au titre de l'aide alimentaire d'urgence destinée à 374 000 personnes pour des périodes variant de 6 mois à 1 an. Jusqu'à présent, des annonces de contributions ont été faites pour 9 675 tonnes, en réponse à un appel du PAM pour 10 800 tonnes, rien que pour les cas les plus urgents. A la suite d'un appel lancé conjointement avec le gouvernement, les donateurs ont promis une aide supplémentaire de 19 000 tonnes. L'Union européenne fournit également une assistance supplémentaire de 800 000 ECU pour les besoins alimentaires et les produits de première nécessité.

LIBAN (19 avril) FS

A la suite du conflit déclenché dans les régions du sud le 11 avril, l'ONU a lancé un Appel éclair en faveur des personnes déplacées à l'intérieur du pays à la demande du Gouvernement libanais. L'Appel, pour satisfaire les besoins nationaux, demande une aide totale de 8,59 millions de dollars E.-U. pour des secours d'urgence et une aide humanitaire destinés à 20 000 familles pour une durée minimum de trois mois.

Dans l'ensemble, les perspectives du blé et de l'orge sont favorables pour 1996 et on prévoit une récolte normale. Toutefois, la production intérieure de céréales ne couvre qu'environ 10 pour cent des besoins totaux et plus de 700 000 tonnes devront être importées.

En 1995, la production céréalière, estimée à 73 000 tonnes, a enregistré une progression par rapport an niveau médiocre de l'année précédente, tout en restant inférieure à la moyenne.

On prévoit que quelque 750 000 tonnes de céréales, essentiellement de blé, seront importées en 1995/96 (juillet/juin), soit un accroissement d'environ 4 pour cent par rapport à la campagne précédente.

MALAYSIE (2 avril)

La récolte de riz de la campagne principale est en cours et, d'après les premières prévisions, la production totale de riz serait de 2,1 millions de tonnes en 1996, au même niveau qu'en 1995. Les semis du riz de la deuxième campagne, qui représente environ 38 pour cent de la production totale, démarreront sous peu. Ces dernières années, l'urbanisation a empiété sur les rizières dans certaines zones et désorganisé le système d'irrigation dans d'autres. Bien que la réduction globale soit progressive, on estime que certains états comme Perlis, perdent 2 000 tonnes de riz par an pour ces raisons. Pour pallier ce problème, le gouvernement envisage de mettre en culture des terres vierges dans d'autres états tels que le Sabah et le Sarawak.

On signale que le gouvernement envisage d'accroître les importations de riz en provenance du Myanmar afin de diversifier les sources d'approvisionnement du pays. Les importations de riz pour 1995/96 (juillet/juin) sont actuellement estimées à 450 000 tonnes, au même niveau que la campagne précédente, tandis que celles de céréales sont estimées à 3,9 millions de tonnes, contre 3,8 millions de tonnes en 1994/95.

MONGOLIE* (2 avril)

L'économie est fortement tributaire de l'élevage et de l'exportation de bétail et de produits de l'élevage. Toutefois, du fait de la transition d'une économie centralisée à une économie orientée sur le marché, les exportations et les échanges ont subi des perturbations, dont a souffert le secteur agricole. En conséquence, celui-ci continue d'être pénalisé par de graves pénuries d'engrais, d'herbicides, de carburant, de machines agricoles et d'autres intrants. En outre, des pénuries de main-d'oeuvre sont signalées durant les principales opérations de récolte, la disponibilité de main-d'oeuvre gratuite ayant été considérablement réduite.

Les emblavures et la production de blé - principale céréale vivrière du pays - ont baissé de quelque 53 pour cent de 1989 à 1994, mais les estimations officielles pour 1995 laissent entrevoir une production de 423 000 tonnes, soit une reprise d'environ 30 pour cent par rapport à l'année précédente. Toutefois, malgré ce redressement, le pays n'est pas en mesure de satisfaire ses besoins alimentaires et dépend de l'aide alimentaire pour combler son déficit. La situation des approvisionnements alimentaires reste, par conséquent, précaire et la perte des marchés d'exportation traditionnels ces dernières années, et, partant, des devises étrangères, limitent la capacité du gouvernement d'effectuer des importations commerciales.

MYANMAR (2 avril)

Vers la fin du mois de février, des pluies salutaires sont enfin tombées sur certaines zones du pays, favorisant le riz de la deuxième campagne, même si, dans l'ensemble, les précipitations ont été insuffisantes. Le riz est en train d'être moissonné et l'objectif s'établit à 1,6 million d'hectares sur un objectif total de superficies ensemencées en riz de 6,2 millions d'hectares pour 1995/96.

L'objectif officiel de production rizicole pour 1995/96 est de 19,6 millions de tonnes, bien que les prévisions de la FAO indiquent un chiffre inférieur de quelque 5 pour cent, soit 18,5 millions de tonnes, contre 18,2 millions de tonnes en 1994/95. Cet accroissement de la production en 1995/96 est en partie imputable à un meilleur approvisionnement en engrais, grâce aux importations considérables du gouvernement, et à un accroissement des superficies ensemencées par rapport aux 5,9 millions d'hectares de 1994. Parmi les autres mesures de relèvement de la production nationale figurent l'introduction de machines agricoles, l'amélioration des techniques d'exploitation et la fourniture de semences à haut rendement, qui ont permis d'intensifier les cultures. Le système d'irrigation a également été amélioré, notamment dans le Delta d'Irrawady.

Les tendances de la production étant en hausse, le gouvernement a fixé l'objectif d'exportation à 1,5 million de tonnes pour la campagne de commercialisation en cours, contre 1,03 million de tonnes exportées l'année précédente, selon les estimations.

NEPAL (2 avril)

La moisson du blé a démarré dans certaines régions et les premières prévisions de production sont de 863 000 tonnes, contre un objectif de 1,05 million de tonnes et un résultat l'an dernier de 942 000 tonnes. Cette baisse de la production est due en partie à une réduction des emblavures et à des problèmes d'approvisionnement en engrais faisant suite à l'interdiction d'exporter décrétée au Bangladesh.

En 1995, la production céréalière totale est estimée à 5,8 millions de tonnes, soit quelque 430 000 tonnes ou 8 pour cent de plus qu'en 1994, et 5 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes.

En dépit d'une certaine amélioration des approvisionnements alimentaires dans le pays, due au fait que la production a été supérieure aux prévisions, certaines zones continueront à avoir besoin d'une aide alimentaire. Les annonces de contributions pour la campagne commerciale 1995/96 s'élèvent à quelque 29 100 tonnes de céréales, dont 15 000 tonnes ont déjà été livrées.

PAKISTAN (2 avril)

La moisson du blé qui démarrera bientôt s'annonce favorable, grâce à d'abondantes réserves d'humidité des sols et à des disponibilités suffisantes pour l'irrigation. Le gouvernement a également fourni, l'année dernière, une incitation aux agriculteurs en relevant le prix de soutien du blé de 3 pour cent (de 160 à 165 roupies) pour 1995/96. Compte tenu des conditions favorables, cette année, la production devrait, selon les estimations actuelles, être proche de l'objectif de 17,4 millions de tonnes, soit 400 000 tonnes de plus qu'en 1994-95.

La production de riz de 1995/96 devrait atteindre le niveau record de 6 millions de tonnes, soit un résultat proche de l'objectif, autant que la production exceptionnelle de 1993 et quelque 16 pour cent de plus qu'en 1994. L'objectif de production (riz usiné) du Basmati et du riz IRRI-6 avait été fixé respectivement à 1,32 et 2,70 millions de tonnes. La production de céréales secondaires est estimée à 1,8 million de tonnes, en recul d'environ 7 pour cent, car les semis - essentiellement de mil - ont été réduits de quelque 8 pour cent.

Durant la campagne de commercialisation 1995/96, les exportations de riz sont provisoirement estimées à 1,35 million de tonnes, dont 693 000 tonnes ont déjà été exportées au cours des sept premiers mois de la campagne, jusqu'en janvier.

En dépit d'une récolte record de blé en 1994/95 et des perspectives de récolte exceptionnelles cette année, le pays demeure un importateur net de blé. On estime qu'en 1995/96, les importations s'élèveront à 2 millions de tonnes de blé pour satisfaire la demande et constituer une réserve.

PHILIPPINES (2 avril)

Les précipitations et l'absence de temps sec en mars pourraient retarder la récolte de riz de la deuxième campagne, prévue en mai-juin. Les prévisions officielles de la production totale de riz pour 1996 ont été révisées à la baisse, passant de 12 à 11,5 millions de tonnes. Ceci correspond à 7,53 millions de tonnes de riz usiné, dont respectivement 1,79, 1,34, 1,3 et 3,1 millions de tonnes sont prévus aux premier, deuxième, troisième et quatrième trimestres. L'objectif fixé était de 11,53 millions de tonnes.

Selon les prévisions officielles, la production de maïs de la deuxième campagne, qui sera également moissonné en mai-juin, sera de 1,85 million de tonnes, chiffre supérieur d'environ 17 pour cent au résultat de 1,58 million de tonnes de l'an dernier. Cette augmentation est le fait d'un accroissement de 8,65 pour cent des superficies ensemencées, qui sont passées de 994 000 hectares à 1,08 million d'hectares.

Au cours des trois dernières années, le pays a atteint des niveaux de production record de riz, de 6,49 millions de tonnes en 1993 à plus de 7 millions de tonnes en 1995, et d'après les indications préliminaires, la récolte de cette année devrait être encore supérieure. La production nationale ne suffit toutefois pas à satisfaire la demande et on prévoit de fortes importations cette année pour stabiliser les prix. L'accroissement de la production de riz est dû, pour l'essentiel, à une augmentation des superficies, tandis que les rendements ont en grande partie stagné durant les cinq dernières années.

SRI LANKA* (2 avril)

Compte tenu des précipitations sensiblement inférieures à la normale depuis octobre dernier, la récolte de riz "maha" de la campagne principale, désormais presqu'entièrement rentrée, devrait subir un recul considérable. Les principales zones de production du nord-ouest et du nord et du centre du pays ont été le plus durement touchées, en particulier les districts de Kurunegala, Puttalam et Anuradhapura, où est tombée moins de la moitié des précipitations normales de la mousson du nord-est. Pour le seul district d'Anuradhapura, on estime que les familles victimes de la sécheresse sont au nombre de 140 000.

D'après les prévisions, la production sera encore en forte baisse dans les zones de culture pluviale et les petits périmètres d'irrigation. Toutefois, l'étendue des dégâts dans le grand périmètre d'irrigation du Mahaweli, essentiellement dans les secteurs G et H, devrait être moins importante que prévu, grâce à une bonne gestion des ressources en eau. Le gouvernement a créé un Comité interministériel pour suivre la situation de la sécheresse et aider les agriculteurs touchés dans certaines régions du pays. Etant donné les mauvais résultats de la mousson, des coupures d'énergie ont récemment été imposées quatre heures par jour dans l'ensemble du pays afin de maintenir l'eau dans les réservoirs.

La récolte de riz "Maha" qui vient d'être rentrée, est estimée à quelque 1,4 million de tonnes, résultat inférieur de 300 à 400 000 tonnes à l'an dernier et nettement en dessous de la moyenne. Les perspectives du riz de la campagne secondaire "Yala", semé à partir d'avril et qui assure normalement un tiers de la production, sont également défavorables car vu les faibles disponibilités d'eau d'irrigation, les superficies ensemencées seront probablement réduites.

Dans l'ensemble, la situation des approvisionnements alimentaires reste satisfaisante pour le moment, compte tenu de la production favorable de riz au cours des deux dernières années et des stocks suffisants détenus par le gouvernement. Néanmoins, étant donné les perspectives défavorables des cultures en 1995/96, qui ont déjà entraîné une hausse progressive des prix, les importations de riz en 1996 seront sensiblement plus élevées qu'au cours des deux années précédentes.

SYRIE (1er avril)

Les perspectives du blé et de l'orge demeurent favorables en 1996. Toutefois, les superficies ensemencées ayant été réduites de 20 pour cent, la production d'orge devrait être inférieure au résultat de l'an dernier (1,7 million de tonnes).

En 1995, la production de blé, estimée à 4,2 millions de tonnes, a été supérieure de 13 pour cent à celle de l'année précédente. La production d'orge a augmenté de 15 pour cent pour s'établir à 1,7 million de tonnes, tandis que celle de maïs est estimée aux alentours de 200 000 tonnes, soit 159 000 tonnes de moins qu'en 1994.

En 1995/96 (juillet/juin), les importations de farine de blé devraient reculer de quelque 60 000 tonnes et tomber à 120 000 tonnes, tandis que celles de maïs devraient s'établir à 200 000 tonnes, en baisse d'environ 120 000 tonnes. On estime les disponibilités exportables d'orge à environ 160 000 tonnes en 1995/96.

THAILANDE (2 avril)

Les perspectives du riz irrigué de la deuxième campagne, dont la plus grande partie arrive sur le marché en avril/mai, sont favorables et les prévisions officielles ont été révisées à la hausse, soit 3,59 millions de tonnes contre des prévisions précédentes de 3,4 millions de tonnes et un résultat de 2,9 millions de tonnes l'an dernier. Cet accroissement est dû à une augmentation des superficies ensemencées et à l'amélioration des rendements sous l'effet des prix d'exportation favorables. Les semis de riz et de maïs de la campagne principale 1996 démarreront en mai.

La production totale de riz en 1995 est estimée à environ 21,1 millions de tonnes, soit légèrement mieux que l'année précédente et 9 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. De ce fait, le pays devrait disposer d'un important excédent exportable qui pourrait dépasser l'objectif de 5 millions de tonnes pour 1996. En 1995, les exportations de riz s'élevaient à quelque 6 millions de tonnes, la deuxième meilleure performance depuis 1989.

TURQUIE (1er avril)

En 1996, Les perspectives des cultures céréalières sont prometteuses compte tenu des conditions météorologiques favorables dans l'ensemble depuis les semis en octobre. L'enneigement a été suffisant et les pluies ont été normales dans les régions méridionales.

Si les précipitations sont normales pour le reste de la campagne, la production de blé et d'orge devrait être supérieure à celle de l'an dernier qui s'établissait à 25,5 millions de tonnes. On prévoit que des pesticides et insecticides seront appliqués sur 1,6 million d'hectares de blé en avril.

La production de blé de 1995, estimée à 18 millions de tonnes, est supérieure à la récolte réduite de l'année précédente, mais demeure inférieure à la moyenne en raison de précipitations exceptionnelles en cours de moisson et de dégâts causés par les ennemis des cultures.

Les prix de soutien du blé pour 1995/96 ont été fixés, dans un premier temps, à 236 dollars E.-U. la tonne pour le blé dur anatolien, à 155 dollars E.-U. pour le blé dur blanc, à 140 dollars E.-U. pour le semi-dur rouge. Le prix de soutien de l'orge a été fixé à 110 dollars E.-U. la tonne et celui du maïs à 133 dollars E.-U. la tonne. Les augmentations mensuelles ont été fixées aux alentours de 10 dollars E.-U. pour une tonne de blé et de 6 dollars E.-U. pour une tonne d'orge et de maïs.

Le gouvernement a récemment relevé la surtaxe sur les importations de riz; celle-ci, qui était à l'origine de 50 dollars E.-U. la tonne, avait été ramenée à 5 dollars en décembre 1994 et a maintenant été reportée à 30 dollars E.-U. la tonne.

Les exportations de blé et de farine de blé de 1995/96 (juin/mai) sont actuellement estimées à 1,2 million de tonnes, contre 1,8 million de tonnes l'année précédente. Les importations de blé panifiable et de blé dur devraient atteindre 1,2 million de tonnes, contre 700 000 tonnes en 1994/95.

VIET NAM (2 avril)

Les perspectives de récolte du riz d'hiver - de printemps qui sera rentré en mai-juin ont été compromises par de violentes vagues de froid et des précipitations inférieures à la normale dans certaines zones de la province du nord et du centre, où on signale des dégâts aux cultures sur environ 100 000 hectares.

En dépit d'une récolte principale du "dixième mois" médiocre dans le nord et d'une récolte d'automne compromise par la pluie dans le sud, la production de riz en 1995 est estimée à 24,7 millions de tonnes, soit légèrement mieux que la récolte de 1994 et 10 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. L'objectif d'exportation de riz pour 1996 a été fixé à 2 millions de tonnes. Afin d'améliorer les résultats du secteur, le gouvernement a limité le nombre de sociétés autorisées à exporter du riz, de façon à réduire les défaillances et renforcer la fiabilité.

YEMEN (1er avril)

La préparation des terres pour les cultures de sorgho et de mil de la campagne principale, qui seront moissonnées vers la fin de l'année, sont en cours.

La production de blé de 1995 est estimée à environ 168 000 tonnes, très légèrement inférieure à celle de l'année précédente. En revanche, la production de sorgho a augmenté de 9 pour cent, s'établissant à 480 000 tonnes. La production de mil est demeurée inchangée à quelque 55 000 tonnes, tandis que celle d'orge et de maïs a baissé légèrement à 62 000 et 67 000 tonnes respectivement.

Les importations de céréales pour 1996 - principalement de blé sont estimées à environ 2 millions de tonnes, quelque 3 pour cent de plus qu'en 1995.

Des criquets pèlerins épars pourraient être présents et se reproduire sur la Tihama ainsi que sur les plaines côtières près d'Aden. Des ailés isolés pourraient être présents dans certaines zones internes de Sabatayn et Hadhramaut.

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