EUROPE

COMMUNAUTE DES ETATS INDEPENDANTS

ARMENIE* (2 avril)

En février, une mission de la FAO a pu observer que la pénurie de crédits et d’intrants a causé une légère diminution de la superficie ensemencée en céréales d’hiver qui se chiffre à 85 000 hectares. Les perspectives de récolte sont défavorables et des rendements plus faibles que ceux de l’année dernière sont attendus suite aux précipitations insuffisantes de cet hiver, aux faibles réserves d’humidité du sol pour les cultures printanières non-irriguées, à la détérioration des systèmes d’irrigation et aux dégâts importants causés aux cultures cet hiver par des températures atteignant -20 à -30 degrés sans que le sol soit protégé par une couche de neige. En 1996, la production céréalière totale est estimée provisoirement à quelque 215 000 tonnes, ce qui représente une baisse de près de 20 pour cent par rapport à 1995. De plus, la récolte de pommes de terre est menacée par une infestation de doryphores.

La situation générale des approvisionnements alimentaires s’est améliorée depuis l’année dernière grâce à des échanges commerciaux plus intenses avec les pays voisins et à une aide importante accordée par les donateurs pour l’achat et le transport de blé. Cependant, les prix du marché demeurent très élevés par rapport au niveau minimum ou moyen des salaires et pensions. En conséquence, une partie de la population n’a pas les moyens d’acheter de la nourriture. Dès lors, et jusqu’à ce qu’il y ait une amélioration sensible des niveaux d’emplois et de rémunérations, les fruits, les légumes, les céréales, le pain et les pommes de terre restent des denrées vitales pour assurer la sécurité alimentaire.

En dépit d’une augmentation de la consommation de pommes de terre, la dépendance à l’égard du pain reste élevé. Les besoins en céréales, calculés sur la base de 400 grammes par personne pour une population totale de 3,2 millions de personnes, s’élèvent à 462 000 tonnes. Les utilisations fourragères des céréales devraient tomber à 40 000 tonnes alors que les besoins pour d’autres usages (78 000 tonnes), représentent une part élevée de la production totale, les agriculteurs continuant à semer 300 kilos de semences de blé par hectare pour en compenser la mauvaise qualité. Les besoins en céréales seront de 580 000 tonnes en 1996/97; sur ce total, on estime que 215 000 tonnes seront fournis par des ressources intérieures, ce qui laisse un déficit important de 365 000 tonnes. Si la conjoncture économique est favorable, 100 000 tonnes d’importations commerciales pourraient être mobilisées en 1996/97 (juillet/juin), ce qui réduit le déficit à 265 000 tonnes. Les contributions confirmées reportées de 1995/96 s’élèvent à 75 000 tonnes et il restera encore à importer 190 000 tonnes, au moyen de crédits à taux bonifiés ou au titre de l’aide alimentaire. La capacité du commerce privé d’importer jusqu’à 150 000 tonnes de céréales n’ayant jusqu’à présent pas été démontrée, il est recommandé de prévoir un nombre important de rations alimentaires d’urgence, afin de permettre des distributions urgentes de farine de blé aux populations à risque dans le cas de pénuries ou de flambées des prix.

Les organisations humanitaires apportent une aide alimentaire à quelque 400 000 personnes. Le PAM fournit des rations alimentaires à 250 000 d’entre eux, les plus vulnérables, (réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur du pays) que ce soit par la distribution de rations sèches, par des petits projets vivres-contre-travail ou par des soupes populaires. Les secours alimentaires fournis par le PAM seront épuisés d’ici juin et les donateurs sont instamment invités à annoncer de nouvelles contributions dans le but de couvrir le déficit de quelque 8 000 tonnes d’ici la fin de l’année.

AZERBAIDJAN (2 avril)

Les emblavures en céréales d’hiver ont augmenté et s’élèvent à 622 000 hectares. L’état des cultures est satisfaisant mais les pénuries d’engrais et la détérioration des systèmes d’irrigation maintiendront les rendements à un faible niveau. L’objectif officiel pour 1995/96 est fixé à 1,050 million de tonnes, à rapprocher des 921 000 tonnes récoltées en 1995. Ce niveau de production est réalisable si les emblavures augmentent de 7 pour cent.

En dépit de la stabilité économique et de l’aide importante assurée par les donateurs pour l’achat et le transport de la nourriture, la situation des approvisionnements en blé est précaire. Les approvisionnements officiels seront très limités après le mois de mars et les stocks officiels de céréales sont faibles. En 1995/96, la consommation et les importations ont fortement diminué à cause de la fermeture de la frontière nord avec la Fédération de Russie, des dettes liées aux importations de blé et des difficultés financières de l’Office public du pain.

Les besoins minimums en céréales pour 1996/97 sont estimés à 1,6 million de tonnes, dont 1,12 million de tonnes de céréales alimentaires (400 grammes par personne et par jour pour une population de 7,6 millions d’habitants). Les utilisations fourragères sont estimées à 228 000 tonnes, soit un quart seulement des disponibilités de 1990, en dépit de la perte d’importantes zones d’estive, tandis que les autres usages (principalement semis et pertes) sont estimés à 230 000 tonnes. On estime approximativement à 560 000 tonnes les réserves nationales de blé après déduction des semences et des pertes, ce qui porte à 550 000 tonnes les besoins d’importations, sans compter un déficit important en céréales fourragères. Le potentiel d’importation commerciale est limité et près de la moitié de ces besoins devront être satisfaits par une combinaison de prêts, de crédits à conditions de faveur et d’aide alimentaire.

Le système bancaire souffre de problèmes majeurs et toutes les redevances pétrolières passées et futures ont déjà été utilisées ou sont affectées à la stabilisation du manat, la monnaie nationale. Des revenus additionnels importants provenant de l’extraction du pétrole ne pourront pas être dégagés avant deux ou trois ans. De plus, le pays est coupé de ses principaux marchés et les frais de transport ont très fortement augmenté tandis que les recettes d’exportation se sont effondrées. Par ailleurs, le pays sort à peine du conflit prolongé du Nagorny Karabakh et la présence d’environ 1 million de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays représente un poids énorme pour l’économie.

Le PAM fournit une aide alimentaire supplémentaire à un groupe-cible de 225 000 bénéficiaires qui comprend des personnes déplacées du Nagorny Karabakh, des malades hospitalisés et des personnes dépendantes des organismes de protection sociale. Les approvisionnements alimentaires sont assurés pour l’été. Les besoins pour le reste de 1996 se chiffrent à 6 300 tonnes pour une valeur approximative de 4 millions de dollars E.-U.

BELARUS (2 avril)

Les travaux agricoles de printemps sont en cours. Les premières perspectives pour la récolte de 1996 sont jusqu’à présent satisfaisantes: la production serait de quelque 6 millions de tonnes contre 5,6 millions en 1995. Les semis de céréales d’hiver ont été terminés dans des conditions favorables et les superficies ensemencées en blé et en seigle devraient avoir augmenté de 4 pour cent pour atteindre près de 1,1 million d’hectares.

GEORGIE* (2 avril)

En mars, une mission de la FAO a observé que les perspectives de la récolte 1996 étaient incertaines. La moisson de blé devrait être faible car les pénuries de semences ont empêché d’ensemencer une grande partie des terres labourées. En revanche, les emblavures de maïs devraient augmenter. Si les importations prévues de semences de maïs hybride et d’engrais arrivent à temps pour les semis de printemps, la récolte de 1996 devrait se situer entre 600 000 et 800 000 tonnes.

La situation générale des approvisionnements alimentaires s’est améliorée depuis l’année dernière grâce à la stabilité économique, à l’amélioration de la production vivrière intérieure et à une aide importante des donateurs pour l’achat et le transport de blé. Cependant, le pays souffre d’un important déficit structurel en blé et comme les approvisionnements officiels en blé seront limités à partir de mai 1996 on peut prévoir une diminution des disponibilités.

Le secteur céréalier est en phase de privatisation, de restructuration et de libéralisation des prix mais les conséquences de ces transformations sont difficilement quantifiables. Néanmoins, il est clair que l’autosuffisance rurale s’est accrue et que le secteur privé gagne en importance.

En 1996/97, les besoins en céréales alimentaires pour une population de 4,5 millions d’habitants sont évalués à 660 000 tonnes, (400 grammes de blé et de maïs par jour par personne), dont 425 000 tonnes de blé. Cette quantité est nécessaire pour assurer une ration de pain de 300 grammes par jour et par personne à la population urbaine et aux personnes déplacées à l’intérieur du pays, et de 200 grammes par jour et par personne aux ruraux. Les utilisations fourragères des céréales sont estimées à quelque 350 000 tonnes, alors que les besoins pour d’autres usages, (principalement semences et pertes) sont évalués à environ 70 000 tonnes. Pour un besoin total en céréales de 1,08 million de tonnes, les disponibilités du pays en 1996 sont de 700 000 tonnes, ce qui situe à 380 000 tonnes les besoins d’importations céréalières. On estime provisoirement à 150 000 tonnes les importations commerciales en 1996/97, la différence, de 230 000 tonnes, devant être assurée par des crédits et par l’aide alimentaire.

Le PAM apporte une aide alimentaire supplémentaire à 280 000 personnes originaires d’Abkhazie ou appartenant à des groupes vulnérables. La situation des secours alimentaires est précaire, car les dernières livraisons sont prévues pour le mois de mai. Le PAM prie instamment les donateurs de le réapprovisionner afin de pouvoir maintenir le niveau d’aide actuel. Les besoins exceptionnels devant être couverts pour le reste de l’année 1996 se montent à 17 000 tonnes, pour une valeur approximative de 11,6 millions de dollars E.-U.

KAZAKHSTAN (2 avril)

Les conditions météorologiques et les considérations d’ordre économique seront déterminantes pour la récolte de 1996. Les conditions de croissance ont été satisfaisantes jusqu’à présent mais l’essentiel des cultures ne sera pas semé avant le mois prochain. La disponibilité de crédit agricole est insuffisante et après la récolte réduite par la sécheresse en 1995, il n’est pas certain que les agriculteurs disposent de suffisamment de fonds pour ensemencer les 18,2 millions d’hectares prévus. Pour 1996, le prix d’achat à la production est officiellement fixé à 120 dollars E.-U. la tonne, ce qui est considérablement inférieur au prix mondial mais deux fois supérieur à ce que les agriculteurs pouvaient obtenir en moyenne en 1995. L’idée que les agriculteurs se font du pourcentage de ce prix qu’ils percevront réellement influencera également les décisions qu’ils prendront en matière d’ensemencement.

Les céréales d’hiver, qui ne représentent cependant qu’une petite partie de la récolte totale, ont bénéficié jusqu’à présent d’un enneigement satisfaisant. L’objectif pour 1996 est de 18 millions de tonnes, soit près du double de la production de l’année précédente, compromise par la sécheresse, qui est évaluée officiellement à 9,5 millions de tonnes. En dépit d’une maigre récolte, le pays dispose de stocks céréaliers suffisants pour répondre à la demande intérieure mais la capacité d’exportation se limiterait à 1 ou 2 millions de tonnes, principalement en direction de la Fédération de Russie, au détriment des pays voisins à déficit vivrier.

OUZBEKISTAN (2 avril)

Selon les premières indications, la récolte céréalière de 1996 s’annonce satisfaisante. Les superficies semées en blé sont en expansion régulière et ont presque doublé depuis 1990, l’objectif étant de parvenir à une autosuffisance en blé. Les rendements sont cependant en lente diminution à cause de la pénurie d’intrants. Les estimations de la production de 1995 ont encore été révisées à la baisse et se chiffrent à présent à environ 2,2 millions de tonnes.

La consommation céréalière a faibli en réponse à la diminution des subventions à la fabrication de pain. Les besoins d’importations devraient passer du niveau record de 5 millions de tonnes par an avant l’indépendance à 2,4 millions de tonnes (de blé principalement) pour 1995/96, dont quelque 800 000 tonnes mobilisées dans la CEI.

REPUBLIQUE DE MOLDOVA (2 avril)

Les céréales d’hiver sont en bon état et les semis de maïs devraient bientôt commencer. Le résultat final dépendra de manière cruciale des conditions météorologiques jusqu’au mois de juillet. On estime la production céréalière de 1995 à 2,3 millions de tonnes. Pour 1995/96, les importations de blé devraient tomber à environ 50 000 tonnes (principalement du blé à forte teneur en gluten pour compléter le blé local, pauvre en gluten, lors de la fabrication du pain). Les programmes prévoyant l’échange de grandes quantités de céréales contre du pétrole azerbaïdjanais n’ont pas été mis en application.

Dans la zone du Transdniestr, la situation des approvisionnements en blé est difficile. Cette région industrielle est en pleine récession et les autorités ne disposent pas des ressources nécessaires pour importer du blé en provenance des pays voisins tandis que les agriculteurs hésitent à vendre leurs excédents de blé en échange des coupons en circulation dans la région, qui sont sujets à dévaluation. A Tiraspol (200 000 habitants), la ration officielle de pain a été pratiquement diminuée de moitié pour tomber à 225 grammes par personne par jour.

REPUBLIQUE KIRGHIZE (2 avril)

Selon les vulgarisateurs qui travaillent en collaboration avec les agriculteurs, les estimations officielles faisant état d’une augmentation de près de 100 000 hectares des emblavures en céréales d’hiver (principalement le blé) pour atteindre 332 000 hectares seraient exagérément optimistes. Malgré l’augmentation du prix à la consommation du blé, les agriculteurs n’avaient pas les crédits agricoles, les liquidités ou les intrants suffisants pour faire les semis prévus de céréales d’hiver. Les semis de printemps risquent de se heurter à des problèmes identiques, alors que le gouvernement a exhorté les agriculteurs “à se servir de leur initiative naturelle et de leur esprit d’entreprise” pour porter les emblavures de printemps à 290 000 hectares, et cela malgré une pénurie de semences de l’ordre de 14 000 tonnes. La récolte céréalière de 1995 fut décevante (990 000 tonnes), et les premières projections n’indiquent pas d’amélioration sensible pour 1996.

Pour 1995/96, les besoins d’importation minimums sont maintenant estimés à environ 200 000 tonnes de blé. Face à ces besoins, les contributions annoncées par les donateurs atteindraient à ce jour 106 000 tonnes.

RUSSIE (FEDERATION DE) (2 avril)

Les premières perspectives pour la récolte céréalière de 1996 sont meilleures que l’année dernière à la même époque grâce aux fortes chutes de neige de cet hiver qui ont apporté au sol suffisamment d’humidité après la sécheresse de l’année passée. La réalisation de l’objectif fixé pour 1996 (entre 77 et 80 millions de tonnes) dépendra cependant, dans une large mesure, des conditions météorologiques jusqu’à l’été et de la capacité du secteur agricole de mobiliser à temps les facteurs nécessaires (liquidités ou crédits, engrais, carburant et pièces détachées) pour les semis et la moisson des récoltes de 1996. En 1995, la hausse des prix du blé provoquée par la mauvaise récolte et l’augmentation des investissements des entreprises nationales dans la production agricole pourraient contribuer à alléger les graves problèmes financiers du secteur agricole. Toutefois, après un faible emploi d’intrants, notamment d’engrais et d’herbicides, durant plusieurs années successives, les rendements devraient être inférieurs à la normale.

Les superficies ensemencées en céréales d’hiver (15,3 millions d’hectares) et celles labourées en automne ont augmenté. Les conditions globales des céréales d’hiver sont bonnes et l’on s’attend à ce que les dégâts dus au gel soient conformes à la moyenne, à savoir environ 10 pour cent des récoltes, et moins que les deux dernières années. Si les conditions de croissance restent favorables, la récolte de céréales d’hiver pourrait être bien plus importante que celle de l’année dernière qui s’est chiffrée à 20 millions de tonnes. L’objectif qui a été fixé pour les semis de printemps est de 70 millions d’hectares, dont environ 40 millions d’hectares de céréales de printemps.

La demande de céréales a nettement chuté ces dernières années. Les fortes réductions de cheptel et la baisse de la demande de produits animaux ont réduit la demande d’aliments composés du bétail, qui est passée de 40 millions de tonnes au début des années 90 à 10 millions de tonnes en 1995. La demande pour la consommation humaine serait également tombée à 120 kilos par habitant et par an. Malgré la faible récolte, (sous-estimée à 63,5 millions de tonnes) et la lenteur des achats intérieurs de céréales, les importations de céréales pour 1995/96 n’excéderaient pas 5 millions de tonnes (y compris le commerce au seine de la Confédération).

En mars 1996, le PAM a terminé la mise en oeuvre du programme d’aide alimentaire d’hiver destiné aux 95 000 Tchéchènes déplacés en Ingouchie, en Ossétie du Nord et au Daghestan. Sur la base d’une récente mission d’évaluation du PAM, il a ité décidé de maintenir les opérations d’aide supplémentaire dans le cadre d’un appel étendu des Nations Unies pour les victimes du conflit tchéchène. Le PAM prie instamment les donateurs de réapprovisionner les réserves destinées aux secours alimentaires. Les besoins pour la période comprise entre le 1er juin 1996 et le 31 mars 1997 ont été évalués à 6 700 tonnes, pour une valeur de 5,1 millions de dollars E.- U.

TADJIKISTAN* (2 avril)

La situation générale des approvisionnements alimentaires dans ce pays sans littoral de 5,6 millions d’habitants est tellement grave que les populations les plus vulnérables risquent la famine si des dispositions immédiates ne sont pas prises pour reconstituer les réserves utilisées par l’aide humanitaire. La production céréalière reste faible et le pays doit importer le carburant, les céréales et la plupart des intrants industriels. Les conséquences des troubles intérieurs de 1992, la récession profonde et constante ainsi que le manque de devises et de biens pouvant faire l’objet d’un troc ont entraîné un chômage endémique et une pénurie alimentaire chronique. A l’heure actuelle, le pays est parvenu à couvrir moins de la moitié de ses besoins minimums d’importations céréalières, qui s’élèvent à 530 000 tonnes pour 1995/96, et le gouvernement signale une interruption des approvisionnements pour les mois de soudure qui précèdent la moisson de juillet. Si des dispositions immédiates ne sont pas prises pour mobiliser un supplément de 100 000 tonnes d’aide alimentaire et pour assurer la livraison des contributions annoncées, la consommation humaine de céréales chutera à seulement 65 kilos par personne et par an en 1995/96, soit moins des deux tiers des besoins journaliers minimums en céréales (300 g par personne).

Les perspectives pour 1996 sont une fois encore défavorables. Du blé a été semé partout où cela était possible, et la superficie des emblavures a augmenté, mais les rendements chutent de manière constante à cause de la pénurie de semences de qualité, de carburant et de pièces détachées, des pannes des machines agricoles et de l’utilisation croissante de terres marginales. Les tensions ethniques associées à une généralisation du chômage et du sous-emploi dans les zones rurales et urbaines rendent extrêmement difficile la parcellisation des grandes exploitations agricoles d’Etat et le transfert de la terre aux agriculteurs privés pour la production alimentaire. Le pays aura encore besoin d’aide pour couvrir ses besoins d’importations qui s’élèvent à 530 000 tonnes en 1996/97, et de l’aide humanitaire complémentaire apportée par le PAM.

Une aide alimentaire d’urgence est nécessaire pour une population-cible de 620 000 personnes appartenant à des groupes sensibles. Le PAM lance un appel pour couvrir les besoins de 400 000 d’entre eux (retraités, veuves de guerre, orphelins, invalides, rapatriés et déplacés).

Les contributions confirmées dans la filière couvrent uniquement les besoins du PAM jusqu’en mai. Les donateurs sont instamment priés de fournir les 24 000 tonnes nécessaires d’ici la fin de l’année.

TURKMENISTAN (2 avril)

Les données concernant la production céréalière ont été gonflées. La récolte de céréales de 1995 est à présent estimée à environ 1 million de tonnes, soit un peu moins que la récolte de 1994 (1,09 million de tonnes). L’augmentation de la production céréalière a été très forte entre 1990 et 1993 mais s’est ralentie entre 1993 et 1995 malgré une augmentation de 30 pour cent des emblavures. Les rendements ont constamment diminué ces dernières années, pour les raisons suivantes: manque de stimulants accordés aux agriculteurs pour une plus grande efficacité, engorgement des sols et salinisation des terres productives, manque d’intrants et mauvaise qualité des semences. Le gouvernement éprouve toujours davantage de difficultés à financer de manière adéquate la production agricole dans les fermes d’état. La situation des réserves céréalières est serrée, et le gouvernement a du mal à fournir ne fût-ce que la ration mensuelle réduite de 8 kilos de farine par personne.

Pour 1995/96, la consommation intérieure de céréales devrait tomber à quelque 1,5 million de tonnes; en effet, la récolte estimée à environ 1 million de tonnes a été decevante, la capacité d’importation commerciale est limitée et les disponibilités exportables du Kazakhstan voisin étaient réduites.

UKRAINE (2 avril)

Les premières perspectives concernant les céréales d’hiver sont bonnes. Les chutes de neige abondantes de cet hiver ont protégé les céréales d’hiver et aideront à reconstituer les réserves d’humidité du sol pour la croissance de printemps. Les superficies ensemencées en céréales d’hiver sont passées de 6,8 à 7,1 millions d’hectares et les conditions des cultures sont satisfaisantes, malgré quelques dégâts dus au gel. Les superficies en céréales de printemps devraient pouvoir atteindre 6,2 millions d’hectares tandis que les travaux agricoles de printemps sont en cours. La moisson de 1996 devrait s’élever à 38 millions de tonnes, dont 18 millions de tonnes de blé. Les résultats dépendront des conditions météorologiques ainsi que des mesures prises pour remédier aux pénuries de semences et d’engrais qui ont été observées. La production céréalière de l’année passée est officiellement estimée à 35 millions de tonnes (poids net) mais devrait être légèrement sous-estimée.

La production céréalière de 1995 doit pouvoir répondre aux besoins alimentaires et fourragers (en déclin) pour 1995/96, et le pays est susceptible d’exporter jusqu’à deux millions de tonnes de céréales, principalement du blé.

CE (15 avril)

Au sein de la Communauté, les perspectives de la récolte de blé et de céréales secondaires de 1996 sont satisfaisantes. La prolongation du temps hivernal a maintenu longtemps en dormance la plupart des cultures hivernales dans le nord, mais la croissance de printemps a déjà débuté dans le sud de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie. Les derniers rapports confirment la légère expansion des emblavures de céréales d’hiver, notamment en France, en Allemagne et au Royaume-Uni (les trois plus grands producteurs de l’Union) suite à la réduction des terres mises hors culture et aux bonnes conditions météorologiques de cet automne. L’essentiel de l’augmentation concerne le blé, tandis que pour le seigle et l’orge, les augmentations sont de moindre importance. Le résultat des semis de printemps entrera malgré tout en ligne de compte pour la récolte totale, mais en se basant sur les données disponibles actuellement concernant la superficie et l’état des céréales d’hiver, et en supposant des conditions normales pour les semis de printemps, on peut tabler sur une augmentation de près de 5 pour cent de la production céréalière totale au sein de l’Union. La production de blé tendre devrait s’accroître de quelque 6 pour cent tandis que l‘augmentation de la production de blé dur pourrait atteindre jusqu’à 25 pour cent. La production d’orge et de maïs devrait également croître de près de 6 et 8 pour cent respectivement. Après la récolte de 1995 qui avait été réduite par la sécheresse, on prévoit cette année en Espagne une forte reprise de la production céréalière qui devrait contribuer sensiblement à l’augmentation générale de la production céréalière de 1996 dans la Communauté.

ALBANIE (15 avril)

Les perspectives des récoltes de céréales de 1996 sont incertaines, mais comme les agriculteurs sont confrontés à des difficultés financières constantes ainsi qu’à une pénurie d’intrants indispensables, il est probable que la production reste considérablement inférieure à ce qu’elle pourrait être. La production de blé, qui est la principale culture vivrière, ne devrait pas s’améliorer par rapport à la faible récolte de 1995, qui se chiffrait à 420 000 tonnes. Dès lors, elle ne pourrait couvrir qu’environ la moitié des besoins normaux de consommation du pays. Les réserves de blé du pays étant virtuellement épuisées, le pays devra, comme pour l’année en cours, dépendre en permanence des importations, surtout pour assurer la production de pain dans les zones urbaines. Pour 1995/96, on estime à près de 300 000 tonnes les importations nécessaires, dont la plus grande partie devra être assurée par l’aide alimentaire. Environ un tiers de ces besoins sont déjà couverts par des achats commerciaux et des dons d’aide alimentaire effectués par plusieurs pays.

BOSNIE-HERZEGOVINE* (1er avril)

En 1996, une couverture neigeuse satisfaisante a protégé des basses températures le blé d’hiver en dormance et, grâce à de bonnes pluies, l’humidité du sol est suffisante pour la croissance végétative qui est sur le point de commencer. Les perspectives restent bonnes, grâce également à l’expansion des superficies ensemencées, surtout dans les zones centrales, et à une meilleure disponibilité de semences et d’engrais.

La situation générale des disponibilités alimentaires s’est améliorée depuis la signature des accords de paix en novembre, qui s’est traduite par une normalisation progressive des activités commerciales et par un meilleur accès aux zones où l’aide alimentaire est nécessaire. Cependant, 1,9 million de réfugiés et de victimes de la guerre ont toujours besoin d’une aide alimentaire d’urgence pour le premier semestre de 1996.

La réinstallation des personnes déplacées à l’intérieur du pays et le retour des réfugiés ont lentement commencé, mais ce n’est qu’après l’hiver que devrait débuter le retour organisé. La paix a amené des changements positifs dans les efforts d’aide humanitaire, et l’amélioration de la liberté de circulation a permis de livrer sans problèmes l’aide humanitaire de part et d’autre des anciennes lignes de front. Toutefois, la paix ne s’est pas encore traduite par une diminution des besoins de secours alimentaires. L’infrastructure économique du pays est détruite et les perspectives d’emploi sont maigres pour la plus grande partie de la population. Selon une étude de vulnérabilité récemment demandée par le PAM, la malnutrition infantile en Bosnie a doublé par rapport à 1994/95. Le PAM s’est engagé à poursuivre ses efforts d’aide en 1996 pour assurer une aide alimentaire d’urgence à 1,9 million de bénéficiaires.

Une mission FAO/PAM-HCR d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires doit visiter le pays dans la seconde quinzaine d’avril pour évaluer les superficies emblavées en céréales d’hiver, les perspectives des semis de printemps et la production attendue pour 1996 et pour réviser les besoins d’aide alimentaire.

BULGARIE (10 avril)

Selon les dernières estimations, la superficie ensemencée en blé d’hiver se situerait entre 800 000 et 850 000 hectares, contre 910 000 hectares l’année précédente. Malgré un hiver clément et une couche de neige qui a, de manière générale, protégé les cultures des dégâts dus au gel, les rendements devraient être inférieurs à la normale à cause de semis tardifs, du manque d’engrais et de l’arrivée tardive du climat printanier, pour la sortie de dormance. En conséquence, la production de blé d’hiver ne devrait pas dépasser les 2 millions de tonnes, ce qui suffit à peine aux besoins alimentaires du pays, même si les conditions météorologiques normales devaient persister jusqu’à la fin de la saison. Le pays dépendrait alors davantage de bonnes récoltes de printemps (surtout de maïs) pour l’alimentation de son bétail.

CROATIE (1er avril)

Les conditions météorologiques favorables du mois passé ont eu un effet bénéfique sur les cultures d’hiver de 1996 en dormance. La production totale devrait pourtant fléchir de 12 pour cent pour tomber à 857 000 tonnes, principalement à cause d’une réduction de 9 pour cent des emblavures qui s’établissent à 206 000 hectares. La production d’orge d’hiver et de seigle, de moindre importance, devrait augmenter pour atteindre respectivement 92 000 et 5 000 tonnes, grâce à des semis accrus et à de meilleurs rendements .

Suite à une diminution du nombre de rapatriés ces derniers mois, on estime qu’en 1996 il reste encore dans le pays quelque 400 000 réfugiés qui ont besoin d’une aide alimentaire, sans compter une population vulnérable de 30 000 personnes qui reçoit une aide alimentaire en Slavonie orientale.

ESTONIE (2 avril)

Les premières perspectives pour la moisson de 1996 sont favorables. Les céréales d’hiver ont bénéficié de bonnes chutes de neige, ce qui permettra également de fournir au sol l’humidité suffisante pour la croissance de printemps. Les semis ont facilement été faits dans les temps et les dégâts dus au gel devraient être limités. Les superficies ensemencées en céréales devraient augmenter car les prix sont élevés et les disponibilités exportables des pays voisins, réduites. Cependant, le long processus de privatisation des terres, l’insuffisance des crédits et les perturbations du marché continueront à peser sur les rendements.

EX-REPUBLIQUE YOUGOSLAVE DE MACEDOINE (1er avril)

Les perspectives de la récolte des céréales d’hiver dormantes sont généralement bonnes. Une couche de neige satisfaisante continue à protéger les récoltes du froid extrême, tandis que les précipitations régulières maintiennent une humidité du sol adéquate.

Suite au rétablissement du commerce et des liens économiques avec les pays voisins, et surtout avec la République Fédérale de Yougoslavie, la situation alimentaire du pays devrait s’améliorer. Une aide alimentaire est toujours distribuée à quelque 5 000 personnes, réfugiés ou appartenant à des groupes vulnérables.

HONGRIE (10 avril)

Les perspectives de la récolte de céréales d’hiver de cette année sont de manière générale satisfaisantes, même si un temps hivernal prolongé a retardé le début de la croissance de printemps. Les emblavures de blé d’hiver devraient rester au-dessous de ce qu’elle pourraient être et se chiffrer à environ 1 million d’hectares, à cause des ressources financières limitées dont disposent les agriculteurs. Les chutes de neige satisfaisantes tombées au cours de l’hiver ont procuré au sol une abondante humidité, favorable à la croissance végétative et aux semis de printemps. Le résultat des céréales d’hiver et des semis de printemps dépendra cependant toujours du temps et de la disponibilité de moyens financiers des agriculteurs pour l’achat des intrants essentiels.

LETTONIE (2 avril)

Jusqu’à présent, les conditions de croissance pour les céréales d’hiver de cette année ont été favorables et les superficies ensemencées en seigle d’hiver devraient avoir augmenté. La production totale dépendra cependant de manière cruciale des superficies ensemencées en céréales fourragères de printemps et des conditions météorologiques au printemps et en été. Il est probable que les rendements céréaliers resteront médiocres en raison du peu d’intrants utilisés et des difficultés à obtenir des prix rémunérateurs pour les produits de l’élevage.

Le gouvernement a délivré des licences pour l’importation de 70 000 tonnes de blé et de 167 000 tonnes de céréales fourragères pour 1995/96.

LITUANIE (2 avril)

Les premières perspectives des céréales d’hiver sont satisfaisantes. Les superficies emblavées ont très légèrement progressé (430 000 hectares) et la couche de neige a été en général suffisante pour protéger les céréales d’hiver de dégâts exceptionnels dus au gel. L’objectif pour les emblavures de céréales de printemps est de 500 000 hectares, ce qui fait chuter la superficie céréalière totale de 12 pour cent et l’amène à 930 000 hectares en 1996. Les besoins d’importation céréalière sont estimés officiellement à 350 000 tonnes, dont 50 000 tonnes de blé et 300 000 tonnes de céréales fourragères.

POLOGNE (10 avril)

Les perspectives des céréales de 1996 sont généralement bonnes. Cet hiver a cependant été le plus long et le plus froid depuis neuf ans et, en conséquence, les pertes devraient être plus élevées que la normale, surtout dans les zones où la couche de neige a été la plus mince. Dès lors, même si les superficies consacrées aux céréales d’hiver ont progressé d’environ 4,6 pour cent, il reste à voir quel sera le taux de survie des cultures au printemps. On estime à 1,8 million d’hectares la superficie ensemencée en blé d’hiver, soit 78 000 hectares de plus qu’en 1994. Les semis de seigle, avec 2,4 millions d’hectares, ont augmenté de 146 000 hectares, tandis que les semis d’orge ont progressé de 31 000 hectares pour atteindre 200 000 hectares. L’orge d’hiver et les oléagineux devraient avoir souffert davantage des rigueurs de l’hiver. La récolte céréalière de 1996 dépendra véritablement des superficies semées au printemps. Les céréales de printemps ont cependant généralement un rendement inférieur à leurs équivalents d’hiver, et la production céréalière totale pourrait faiblir par rapport à la bonne production de l’année dernière.

REPUBLIQUE SLOVAQUE (10 avril)

Les perspectives des céréales d’hiver de cette année sont satisfaisantes. Les semis de blé d’hiver seraient identiques à ceux de l’année dernière, et en dépit de la prolongation anormale de l’hiver, les cultures ont globalement été protégées des dégâts dus au gel par une bonne couche de neige.

REPUBLIQUE TCHEQUE (10 avril)

Selon les premières estimations, les superficies ensemencées en céréales d’hiver pour 1996 seraient identiques à celles de l’année dernière. Les conditions météorologiques pour les cultures d’hiver dormantes sont satisfaisantes malgré l’arrivée tardive du printemps qui retardera le début de la croissance végétative et pourrait ainsi retarder les semis de printemps.

ROUMANIE (10 avril)

Malgré un hiver long et rigoureux, les conditions des céréales d’hiver sont bonnes cette année. Selon les dernières indications, les emblavures de blé d’hiver se chiffrent à quelque 2,1 millions d’hectares, contre le chiffre supérieur à la moyenne de 2,4 millions d’hectares en 1995, et, bien que la germination n’ait pas été aussi bonne que l’an passé, les dégâts dus au gel ne devraient pas être trop importants. Les perspectives des semis de printemps sont incertaines puisque, mis à part l’hiver prolongé, de nombreux agriculteurs manquent de moyens financiers pour assurer les travaux des champs et l’achat d’intrants. Selon certaines informations, environ 3 millions d’hectares devant être ensemencés en maïs, en orge et en tournesol n’ont pas été labourés. A la fin mars, cependant, le gouvernement a approuvé un crédit de 1,1 million de lei pour aider les agriculteurs à effectuer les labours de printemps.

SLOVENIE (1er avril)

La récolte du blé d’hiver de 1996 s’annonce satisfaisante. Une bonne couverture neigeuse a protégé les cultures des basses températures et a assuré au sol des réserves d’humidité suffisantes pour la croissance de printemps. Selon certaines informations, les emblavures sont conformes à la moyenne et l’on s’attend à une production normale.

YOUGOSLAVIE, REP. FEDERATIVE DE (SERBIE ET MONTENEGRO)* (1er avril)

Les conditions de croissance du blé d’hiver de 1996 en dormance demeurent satisfaisantes. Une couche neigeuse adéquate a protégé les cultures des températures extrêmes et de légères pluies ont amplement maintenu l’humidité du sol. Les emblavures devraient pourtant avoir diminué de 11 pour cent par rapport à l’année dernière, à cause des difficultés financières du secteur agricole et de l’affectation des terres à des cultures industrielles plus rentables. En conséquence, la production devrait fortement fléchir par rapport au niveau inférieur à la moyenne de l’année dernière. Le gouvernement a limité à 500 000 tonnes les exportations pour 1996 afin d’éviter une pénurie de blé dans la seconde moitié de l’année.

En revanche, les premières perspectives des cultures de printemps (principalement le maïs) sont prometteuses grâce aux bonnes conditions du sol et à l’annonce faite par le gouvernement d’une plus grande disponibilité d’intrants agricoles et de services financiers pour les agriculteurs. L’objectif pour le maïs a été fixé à 1,5 million d’hectares, soit quelque 7 pour cent de plus qu’en 1995. Si cet objectif est atteint, la production pourrait dépasser la récolte record de l’année dernière.

Selon le PAM, les besoins devraient progressivement diminuer au fur et à mesure du retour au pays des réfugiés. Pour des raisons d’organisation, le PAM pense poursuivre la fourniture de nourriture à 283 000 réfugiés en Serbie et à 27 300 réfugiés au Monténégro, même si les volumes totaux ont été réduits de 10 pour cent en prévision de la diminution progressive des bénéficiaires.

L’assortiment alimentaire complet (farine de blé, légumineuses, huile alimentaire, sel, sucre, et aliments protéiques en conserve) sera encore distribué aux groupes particulièrement vulnérables vivant dans des collectivités, tandis que les réfugiés vivant dans des infrastructures privées recevront l’assortiment réduit. Le PAM ne fournit que deux produits de base, la farine de blé et les légumineuses, tandis que l’Office humanitaire de la Communauté européenne (ECHO) fournira les produits restants.

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