Les opérations de récolte des céréales de 1996 sont bien avancées. Une récente mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a signalé que les précipitations ont été abondantes cette année et relativement bien réparties sur l'ensemble du territoire. Dans la plupart des provinces, les pluies sont arrivées au moment voulu en septembre et octobre, favorisant les semis de maïs dans les hautes-terres du plateau central et ceux de sorgho et de mil plus au sud. La période de sécheresse enregistrée en décembre/janvier, à Huambo et dans les provinces avoisinantes, au moment de la floraison, a eu des effets négatifs sur la formation des semences dans les premières cultures et il a fallu dans certains cas refaire les semis de maïs. La situation s'est toutefois améliorée ensuite dans ces régions, tandis que les pluies reprenaient, avec des résultats bien meilleurs pour les emblavures de janvier et de février dans les terres intermédiaires et pour celles de février et de mars dans les basses-terres alluviales.
Les importantes inondations enregistrées dans les basses- terres du Bengo ont bien entendu réduit la superficie ensemencée dans cette province. Par contre, en raison de la cessation prématurée des pluies dans les provinces du sud de Namibe, de Cunene et de Cuando Cubango (zones méridionales), il est probable que le rendement des cultures de sorgho et de mil ait diminué dans ces régions.
La mission a évalué la production céréalière de 1995/96 à 500 000 tonnes, dont 398 000 tonnes de maïs et 102 000 tonnes de sorgho et de mil. Cela représente une progression de 62 pour cent par rapport aux estimations de l'an dernier, attribuable à une reprise de la production grâce à la fourniture d'outils et de semences, à une meilleure répartition des pluies et à l'absence de ravageurs ou de maladies graves. La production de légumineuses, cultivées en association avec du maïs ou des racines et tubercules, devrait avoir augmenté de 24 pour cent, atteignant quelque 55 000 tonnes. La production a cependant été limitée dans certaines régions par une grave pénurie d'outils manuels et de socs, par l'absence d'engrais et d'antiparasitaires chimiques, ainsi que par des obstacles à la production/récolte, comme le manque de débouchés commerciaux pour les excédents et les vols ou les destructions à grande échelle des récoltes sur pied.
Malgré l'accroissement de la production, la situation de la sécurité alimentaire restera tendue en 1996/97, du fait de l'absence de pouvoir d'achat dans les zones urbaines et rurales, d'infrastructures insuffisantes (routes et véhicules) et des déplacements limités des commerçants. La mission a estimé les besoins d'importations céréalières pour 1996/97 à 442 000 tonnes. Avec des importations commerciales de céréales évaluées à 200 000 tonnes, le déficit restant à couvrir par une aide alimentaire d'urgence et une aide alimentaire liée à des programmes, est de 242 000 tonnes. Selon la mission, les besoins d'aide alimentaire d'urgence représentent 129 000 tonnes pour 1 375 000 personnes, et sont couverts par des approvisionnements déjà disponibles dans le pays ou en cours d'acheminement. Le déficit net à combler par une aide alimentaire associée à des programmes est donc de 113 000 tonnes. Face à de tels besoins, les contributions annoncées par les donateurs s'élèvent à 112 000 tonnes, dont 57 000 tonnes d'aide d'urgence et 55 000 tonnes d'aide alimentaire liée à des programmes. Vingt-quatre mille tonnes ont déjà été livrées, dont 5 000 à titre d'aide d'urgence.