Une évaluation FAO/PAM des approvisionnements alimentaires effectuée en République démocratique populaire de Corée en avril, indique que depuis l'évaluation de décembre 1995, la situation s'est détériorée plus sérieusement que prévu. Le grave déficit alimentaire du pays est resté pratiquement inchangé, car le gouvernement n'est guère en mesure de procéder à des importations commerciales et l'aide alimentaire ne couvre qu'une faible part du déficit global. La FAO et le PAM ont averti en mai que la situation risquait d'empirer considérablement pendant la période de soudure allant de mai à septembre car l'essentiel de la récolte de l'année précédente a été consommé, les stocks sont tombés à un niveau critique, peu d'importations commerciales sont prévues et pratiquement aucune aide alimentaire n'est dans la filière.
Ces facteurs ont entraîné des pénuries qui touchent de vastes zones du pays et mettent à rude épreuve le Système public de distribution. Face à ces difficultés croissantes, le gouvernement a appliqué différentes mesures visant à diminuer la consommation globale, y compris une réduction des rations alimentaires et des usages fourragers ou industriels des céréales. Le gouvernement a abaissé les rations alimentaires à 300 g par jour mais dans certaines zones les rations ne dépassent pas 250 g par jour. Les normes de consommation ont donc progressivement chuté par rapport à la moyenne de 600 g par habitant et par jour de l'année précédente. En outre, bien que le Système public de distribution n'ait pu fournir aucune donnée spécifique sur les stocks détenus et écoulés, le gouvernement estime que le niveau actuel des stocks jusqu'à la récolte d'octobre ne permet de couvrir que quelque 25 pour cent des besoins normaux.
Compte tenu de l'aide annoncée ou livrée à ce jour au titre des secours d'urgence ou de l'aide affectée aux programmes, la FAO estime que les importations nécessaires au pays s'élèvent à quelque 916 000 tonnes de céréales pour lesquelles il a besoin d'une assistance. Sur ce total, 33 750 tonnes devraient être fournies sous forme d'aide alimentaire d'urgence aux victimes des inondations et autres populations vulnérables et 25 000 tonnes sous forme de projets "vivres-contre-travail" pour l'élimination du sable et des débris dans les zones agricoles touchées par les inondations de l'année passée. Il reste donc un solde de 857 000 tonnes à couvrir par l'aide alimentaire allouée aux programmes ou par un appui à la balance des paiements qui permettrait au gouvernement d'importer par les voies commerciales afin de maintenir des rations minimales jusqu'à la prochaine récolte. Le 6 juin 1996, l'ONU a lancé un appel conjoint pour une aide humanitaire au pays à hauteur de 43,6 millions de dollars E.-U. Le 21 juin une nouvelle opération d'urgence du PAM (58 750 tonnes de céréales et 11 800 tonnes de mélange maïs-soja, a été conjointement approuvée par le Directeur général de la FAO et le Directeur exécutif du PAM. Outre l'aide alimentaire, le pays a besoin d'une assistance substantielle pour le relèvement du secteur agricole.