Après environ quatre mois de négociations, l'Iraq et les Nations Unies ont signé récemment un Protocole d'Accord pour la mise en application de la Résolution N0986 (1995) du Conseil des Nations Unies, qui autorise des ventes limitées de pétrole pour financer l'importation de denrées alimentaires, de produits sanitaires, de médicaments et autres articles de base.
L'accord "pétrole-contre-vivres" a un caractère renouvelable et autorise la vente, sur une période de six mois et sous certaines conditions, de l'équivalent de 2 milliards de dollars E.-U. de pétrole pour financer l'achat de denrées alimentaires, de médicaments et autres besoins humanitaires. Les Nations Unies exerceront un contrôle strict sur les ventes de pétrole et la distribution des approvisionnements humanitaires, ainsi que sur tous les autres éléments de l'Accord et la clause spéciale concernant la distribution de vivres dans les trois Gouvernorats du nord, Arbil, Dihouk et Suleimaniyeh. Selon les estimations, l'Iraq sera autorisé à vendre de 750 000 à 800 000 barils de pétrole par jour. Ce montant oscillera toutefois en fonction du cours du pétrole sur le marché international. Avant la guerre du Golfe, l'Iraq extrayait habituellement plus de 3 millions de barils par jour.
La Résolution N0 986 du Conseil de sécurité de l'ONU impose d'importantes déductions aux 2 millions de dollars de recettes tirés des ventes de pétrole, pour les réparations de guerre, les programmes humanitaires conduits dans les trois Gouvernorats du nord et autres dépenses engagées par les Nations Unies, y compris l'entretien de la commission spéciale pour l'élimination des armes de destruction de masse.
La mise en oeuvre de l'accord contribuera certainement à alléger les pénuries alimentaires actuelles et à améliorer la situation nutritionnelle et sanitaire des populations touchées. Il favorisera également la reprise d'une certaine activité économique et devrait déterminer une baisse des prix actuellement exorbitants des produits alimentaires et une revalorisation du dinar iraquien face aux devises fortes. Si l'accord devait être renouvelé aux mêmes conditions pour une nouvelle période de six mois, le solde des fonds disponibles pour toutes les importations d'approvisionnements humanitaires (vivres, médicaments, autres articles de base, etc.) pour une année sera d'environ 2 milliards de dollars E.-U., contre des besoins estimés à plus de 3 milliards de dollars E.-U. uniquement pour les importations de produits alimentaires.
La production de blé et d'orge de 1996 devrait être à nouveau réduite en raison des pénuries d'intrants agricoles (semences de qualité, engrais, pesticides et herbicides) et du manque de pièces détachées pour les équipements agricoles.
Les estimations actuelles indiquent pour 1995 une production céréalière de 2,2 millions de tonnes, avec un fléchissement de quelque 20 pour cent par rapport à 1994 et de 25 pour cent sur la moyenne des cinq années précédentes.