Après la réapparition des troubles intérieurs en avril, l'insécurité à Monrovia s'est atténuée au début du mois de juin. Les activités commerciales et économiques ont lentement repris et l'accès routier s'améliore dans le centre du pays, malgré la persistance d'escarmouches dans certaines régions. Des combats ont été signalés dans le sud-est du pays, dans la région de Grand Gedeh, ce qui a provoqué des déplacements de population. Une aide alimentaire est fournie aux personnes déplacées à Monrovia et aux alentours. Des livraisons transfrontalières d'aide alimentaire ont été effectuées à partir de la Côte d'Ivoire vers les comtés de Nimba et de Bong, et des transbordements de Monrovia à Buchanan ont également été entrepris. Une aide d'urgence importante sera toujours nécessaire en 1996, et peut-être même en 1997.
La saison des pluies a débuté à la fin mars dans le sud-est et à la mi-avril dans le nord-ouest, ce qui a permis d'effectuer les semis de céréales secondaires. Après les pluies tombées sur l'ensemble du territoire en mai et dans la première moitié de juin, les semis de riz sont en cours dans des zones relativement sûres. Toute reprise éventuelle de la production nationale cette année dépendra principalement de la sécurité dans les zones rurales. A la suite de déplacements de population massifs et continus, de nombreuses terres agricoles sont à l'abandon, tandis que l'insécurité qui règne dans les zones cultivées hors de la zone de contrôle de l'ECOMOG empêche les agriculteurs de stocker des semences pour les semis. Dès lors, la plupart d'entre eux dépendent des programmes de distribution d'urgence de semences. L'insécurité a également entravé le sarclage ainsi que les activités de protection des cultures dans de nombreuses zones cultivées à haut rendement. En 1995, la production de riz et de manioc a par conséquent chuté de 77 et 50 pour cent respectivement par rapport aux niveaux antérieurs à la guerre civile.