MONGOLIE (4 juin)

L'extrême sécheresse puis l'enneigement insuffisant de l'hiver ont entraîné de graves incendies en Mongolie au mois de mars qui ont dévasté une grande partie du pays. Quelque 30 000 km2 de forêts, 50 000 km2 de pâturages ont été endommagés ou détruits, entraînant la perte de 5 000 têtes de bétail. En outre, on a signalé 19 victimes et 700 personnes sans logis. Les pertes économiques totales ont été officiellement estimées à 1,9 milliard de dollars E.-U. dans la région.

On prévoit que les incendies vont aggraver la situation déjà précaire des approvisionnements alimentaires. Vu les problèmes économiques dûs à l'éclatement de l'ex-Union Soviétique, à la cessation de l'assistance économique et technique, aux perturbations des échanges et à la transition d'une économie centralisée à une économie de marché, le pays n'a pas été en mesure d'importer les intrants agricoles, les engrais, le carburant et les machines nécessaires, ce qui a entraîné une chute rapide de la productivité et de la production depuis le début des années 90. Selon les estimations officielles, la production céréalière, essentiellement de blé, est passée de 718 000 tonnes en 1990 à environ 261 000 tonnes en 1995. De plus, étant donné que les mois d'avril et mai représentent une période critique pour les semis de blé, il se peut également que les incendies aient un effet négatif sur la production de 1996.

La perte de pâturages et de bétail, en particulier, peut avoir de sérieuses conséquences pour les pasteurs nomades, la reprise globale de l'économie et les recettes en devises étrangères, car le bétail et les produits animaux occupent une place essentielle dans les exportations. En outre, les pertes de bétail peuvent être suivies d'autres, encore plus lourdes, dans les prochains mois en raison de la réduction des pâturages pour l'alimentation des animaux.

Ces dernières années, la baisse de la production et la croissance de la demande ont creusé le déficit vivrier tandis que les problèmes économiques et le manque de devises étrangères du pays ont gravement freiné les importations commerciales qui avaient pu combler cet écart. Ce phénomène a été particulièrement marqué l'année dernière en raison de la flambée des cours internationaux des céréales. En conséquence, le pays a dû recourir à l'assistance internationale mais le volume global de l'aide était nettement inférieur aux besoins. En 1994/95 on estime que pour des besoins totaux d'importations céréalières de 137 000 tonnes, seulement 11 400 tonnes ont été fournies sous forme d'aide et il n'y a eu pratiquement aucune importation commerciale. Pour 1995/96, les besoins d'importations céréalières sont estimés à 270 000 tonnes, et jusqu'à présent aucun engagement n'a été reçu des donateurs.


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