NIGER (20 juin)

Les premières précipitations, enregistrées dans l'extrême sud du pays à la mi-mai, ont permis de commencer à préparer les terres. Au début juin, des pluies importantes se sont étendues à l'ensemble des régions productrices. A la mi-juin, elle se sont quelque peu atténuées à l'ouest, au sud-ouest et à l'est, mais se sont intensifiées au centre. La préparation des terres est en cours. Les semis progresseront vers le nord dès l'arrivée de pluies régulières.

Le 12 mai, on a pu observer des essaims de criquets pèlerins immatures au Tamesna, à l'ouest d'Agadez. Des ailés immatures ont également été signalés dans le nord-est par des nomades et des indigènes. Aucun détail quant à la taille et à la densité des infestations n'a pu être obtenu. Cependant, ces rapports sont peut-être la première indication d'un déplacement d'ailés des zones de reproduction printanière situées en Afrique du Nord-Ouest en direction des zones de reproduction estivale du Sahel. La présence de quelques ailés isolés dans certains oueds au nord d'Agadez avait déjà été signalée durant la deuxième décade de février. Pendant la seconde quinzaine de mars, des nomades ont indiqué qu'un essaim se déplaçait au sud d'Agadez. A la fin avril, des criquets ont à nouveau pu être observés au nord d'Agadez, près d'Arlit, et à 30 km à l'est d'Agadez. Le nombre d'ailés est à présent susceptible d'augmenter dans le Tamesna et dans les oueds situés à l'ouest des montagnes de l'Aïr, à mesure que des ailés arrivent en provenance du nord. Ces derniers vont arriver à maturité et se reproduire avec l'arrivée de la saison des pluies. Les ailés présents dans la zone de Bilma devraient se déplacer plus à l'est si les conditions ne sont pas favorables à la reproduction.

Après deux récoltes supérieures à la moyenne en 1994 et 1995, la situation des approvisionnements alimentaires est favorable au niveau national, mais dans les départements à déficit structurel de Diffa, Agadez et Tillabery, le risque de pénurie alimentaire subsiste. Selon les chiffres définitifs de la production de 1995, la production céréalière totale s'élèverait à 2 090 000 tonnes, y compris le paddy, soit une diminution de 12 pour cent par rapport aux premières estimations. En janvier, le gouvernement a lancé un appel à la communauté internationale pour couvrir le déficit jusqu'à la prochaine récolte. En avril, le “Réseau pour la prévention des crises alimentaires dans le Sahel” du Club du Sahel (OCDE) a organisé une réunion dans le but de réévaluer la situation sur base des récents rapports et des chiffres définitifs de la production, et a également lancé un appel à la communauté des donateurs, en estimant les besoins d'aide d'urgence à 50 000 tonnes de céréales. Une partie peut être prélevée sur le stock national de sécurité, à condition que les donateurs contribuent à sa reconstitution. Plusieurs donateurs ont confirmé les contributions annoncées ou la disponibilité de fonds pour des achats locaux. Des programmes vivres-contre-travail, en cours ou à mettre en oeuvre, sont également prévus pour les populations vulnérables se trouvant dans des zones à risque. Pour la campagne de commercialisation 1995/96 (novembre/octobre), les besoins d'importations céréalières sont estimés par la FAO à 200 000 tonnes, tandis que les besoins d'aide alimentaire s'élèvent à près de 50 000 tonnes. Une partie des besoins peut être couverte comme d'habitude par des importations en provenance du Nigéria voisin.


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