RWANDA* (18 juin)

Une récente mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires dans le pays a constaté que la campagne B de 1996 était caractérisée par une augmentation des superficies ensemencées, notamment de celles sous sorgho et pommes de terre (17 pour cent) et sous légumineuses (14 pour cent). Cet accroissement reflète une stabilité accrue dans les régions intérieures et la reprise d'activités agricoles régulières de la part d'un nombre considérable de rapatriés. Les conditions de croissance ont été dans l'ensemble favorables, avec des pluies régulières au moment voulu, malgré quelques poches de sécheresse.

La mission a estimé la production céréalière de la campagne B de 1996 à 109 000 tonnes, dont 85 000 tonnes de sorgho, 13 000 tonnes de maïs et quelque 5 500 tonnes de blé et de riz (paddy). La production de légumineuses est estimée à 72 000 tonnes, celle de racines et tubercules à 607 000 tonnes et celle de bananes à 1 049 000 tonnes. Cela représente une progression, par rapport à la campagne B de 1995, de 38 pour cent pour les céréales, de 20 pour cent pour les légumineuses et de 14 pour cent pour les racines et tubercules, la production de bananes restant sensiblement au même niveau. Malgré un tel accroissement, la production vivrière reste inférieure de 23 pour cent à celle de 1990, avant la crise.

Selon la mission, le flux des rapatriés, qui a ralenti ces derniers temps, peut être estimé à 10 000 personnes en moyenne par mois, en 1996. Sur la base de cette hypothèse, la population totale devrait s'élever à 6 318 000 individus en septembre 1996. Considérant le niveau de production prévu, on estime les besoins d'importations pour le second semestre de 1996 à 35 000 tonnes de céréales (dont 12 000 tonnes d'équivalent céréales correspondant à l'écart par rapport aux prévisions concernant la production de racines et tubercules) et 28 000 tonnes de légumineuses. Déduction faite des importations commerciales qui seront probablement effectuées, la mission estime que le déficit sera de 20 000 tonnes de céréales et de 19 000 tonnes de légumineuses pour le second semestre de 1996. Les trois- quarts environ de l'aide alimentaire nécessaire pour couvrir ce déficit devraient être destinés à des programmes d'urgence, pour la reconstruction des habitations, la relance du secteur agricole et la remise en état des infrastructures rurales.

Considérant la production du premier semestre A de 1996, la mission estime la production céréalière totale de 1996 à 182 000 tonnes (chiffre qui dépasse de 29 pour cent celui de 1995, mais reste bien inférieur à la moyenne), celle des légumineuses à 189 000 tonnes (avec une augmentation de 40 pour cent) et celle des racines et tubercules et de bananes à 1 144 000 tonnes et 2 106 000 tonnes (soit une hausse de 30 et 5 pour cent) respectivement.

En vue de la campagne A de 1997, des efforts devront être consacrés en priorité à la multiplication et à la diffusion sur une vaste échelle de semences exemptes de maladies pour le manioc et les patates douces, ainsi qu'à la fourniture d'intrants à des prix abordables, tels que semences améliorées pour les légumineuses et le maïs, engrais minéraux et pesticides. Toutefois, l'objectif à atteindre, au-delà de la prochaine campagne agricole, reste le réel redressement du secteur agricole. L'aide internationale jouera un rôle particulièrement important pour la relance de la production de thé et de café et le redressement du secteur de l'élevage.

A l'occasion d'une conférence tenue à Genève les 20 et 21 juin 1996, les donateurs se sont engagés à verser 617 millions de dollars E.-U., sur les 832 millions demandés, à l'appui du Programme de développement lancé par le gouvernement pour 1996-98.


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