Les précipitations ont été abondantes en avril et mai, puis ont diminué à la mi-juin. Les semis du maïs de la campagne principale ont démarré dans le nord, tandis que la récolte du maïs de la campagne secondaire est en cours dans les régions du centre et du sud. Dans le nord, les semis du manioc ont commencé. Les aliments de base sont les racines et les tubercules qui représentent 60 pour cent de l'apport énergétique.
Sur le plan de la sécurité, la situation reste tendue dans les camps de réfugiés proches de la frontière avec le Rwanda et le Burundi. Les affrontements signalés dans la région de Goma, où environ 720 000 réfugiés vivent encore dans des camps, et dans la région de Masisi, ont déterminé des déplacements massifs de population. La situation devient très tendue dans toute la région, l'armée zaïroise s'avérant incapable de maintenir la paix à Masisi. Selon les estimations, en avril 1996, 1 170 000 réfugiés rwandais et burundais recevaient une aide alimentaire. Un nouvel afflux de réfugiés a également été signalé en mai dans la zone d'Uvira, à la suite des combats enregistrés au Burundi dans la région de Citiboke.
La situation générale des approvisionnements alimentaires reste difficile dans les zones urbaines et dans la région du Kivu. Une épidémie de choléra a été signalée à Kinshasa en avril. L'inflation, qui avait reculé en 1995, est remontée à environ 1 000 pour cent pendant le premier semestre de 1996. Le contexte politique tendu, auquel s'ajoute l'aggravation des problèmes d'insécurité, pèse lourdement sur la population. L'agriculture reste le seul secteur en croissance. Malgré un potentiel de production élevé, une part importante des besoins céréaliers est couverte par des importations, faute de moyens de transport et d'infrastructures de commercialisation entre les zones rurales et les zones urbaines.