La mission FAO d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue au Burundi du 6 au 17 octobre 1996, a estimé la production de cultures vivrières de la campagne secondaire 1996 à environ 1,634 million de tonnes, soit 2 pour cent de moins que l'an dernier et 8 pour cent de moins qu'en 1988-93, avant la crise. La mission a fondé ses estimations sur les études de production de la campagne secondaire entreprises au début de l'année et sur des informations fournies par les directorats provinciaux.
La campagne secondaire 1996 des cultures vivrières a commencé dans des conditions généralement favorables du point de vue agro-climatique et en ce qui concerne la sécurité. Dans les grandes zones productrices de céréales du nord et du nord- est, le temps et les conditions de sécurité sont restés satisfaisants et la production a été plus abondante que prévu dépassant les niveaux normaux. En revanche, les vagues de sécheresse d'avril et de mai ont réduit la production de haricots d'environ 30 pour cent dans les provinces de Gitega, Rutana et Makamba. En outre, les provinces de Bubanza, Cibitoké et Karuzi ont beaucoup souffert pendant la campagne agricole en raison de la guerre civile qui a empêché de soigner les cultures. Dans ces provinces, on estime que la production a diminué au moins de moitié.
Sur la base de prospections aériennes couvrant une grande partie du pays ainsi que de visites sur le terrain dans les provinces du nord, du centre et du sud, la mission a estimé les cultures vivrières de la troisième campagne 1996, dont la récolte est déjà bien avancée, à 615 000 tonnes, niveau de peu inférieur à celui de l'année précédente et de 11 pour cent à la normale. Les conditions de production sont restées généralement favorables durant la campagne et aucune maladie n'a été signalée. Cependant, la production a été réduite en raison du faible niveau des semis dans les zones touchées par la guerre civile, comme les provinces de Bubanza et Cibitoke, ainsi que de l'irrégularité des pluies à certains endroits.
La mission prévoit que la production alimentaire globale en 1996 atteindra 3,5 millions de tonnes, soit 3 pour cent de moins qu'en 1995 et 4 pour cent de moins qu'en 1988-93, avant la crise. Cette production se compose au total de 273 000 tonnes de céréales, 324 000 tonnes de légumineuses, 1,36 million de tonnes de racines et tubercules et 1,54 million de tonnes de bananes. Compte tenu des besoins de consommation normaux, le déficit en 1996 est estimé à 53 000 tonnes de céréales et 69 000 tonnes de légumineuses. Les importations commerciales et l'aide alimentaire distribuée jusqu'en juillet 1996 se sont élevées à 31 000 tonnes de céréales et 7 000 tonnes de légumineuses, ce qui laisse un déficit de 22 000 tonnes de céréales et 62 000 tonnes de légumineuses durant le deuxième semestre, déficit qui ne pourra être couvert vu les sanctions commerciales actuelles.
Les semis de la campagne A 1997 sont en cours dans la plupart des régions, sauf à Bubanza et Cibitoke où les conditions de sécurité sont précaires. Les pluies sont arrivées à temps dans la plupart des régions, mais leur répartition est très irrégulière et les vagues de sécheresse qui ont duré trois semaines, de fin septembre à mi-octobre ont retardé les semis dans les provinces de Karuzi et Makamba. Il est urgent qu'il pleuve davantage pour éviter des réductions des semis et des rendements. La production devrait être compromise par des pénuries locales de semences dont les prix seront élevés, ainsi que par le manque d'engrais et de pesticides.
La situation des approvisionnements alimentaires s'est détériorée depuis juillet après l'envolée des prix des produits de base que sont les haricots et les bananes, ainsi que des aliments transformés. La situation alimentaire d'une grande partie de la population déplacée et vulnérable est inquiétante.
La saison des pluies étant arrivée en temps voulu, en septembre, l'état des pâturages et des animaux s'est amélioré dans tout le pays, surtout dans le sud où les précipitations ont été supérieures à la moyenne.
Une aide alimentaire continue à être distribuée à quelque 50 000 agriculteurs et pasteurs ayant souffert de lourdes pertes de bétail, principale activité économique en zone rurale, après la sécheresse de fin 1995. La situation alimentaire est difficile aussi pour un grand nombre de personnes vulnérables en zones urbaine et rurale.
Les récoltes de céréales de 1996 sont sur le point de commencer. Les perspectives globales restent incertaines. Les pluies cumulées ont été normales à supérieures à la normale dans les zones de production de céréales des hautes terres du sud et les perspectives des récoltes sont généralement satisfaisantes. Par contre, une partie des basses terres a souffert des pluies irrégulières et d'une vague de sécheresse en juillet; on prévoit de mauvaises récoltes dans ces régions. Les dernières estimations de l'étendue des emblavures indiquent une augmentation de 4 pour cent par rapport à l'an dernier. Les disponibilités d'intrants agricoles ont été suffisantes et la situation est plutôt calme en ce qui concerne les ravageurs.
Les prix des céréales, qui montaient depuis juin sous l'effet de la mauvaise récolte de 1995 et du faible niveau des stocks, sont restés stables le mois dernier par suite de nombreuses importations commerciales et de l'arrivée attendue de volumes substantiels d'aide alimentaire en novembre. Les prix du cheptel ont terriblement baissé sous l'effet des pénuries de grain. La situation alimentaire reste difficile pour un grand nombre de personnes vulnérables. Contre des besoins d'aide alimentaire estimatifs de 191 000 tonnes en 1996, les contributions annoncées jusqu'à fin septembre s'élèvent à environ 90 000 tonnes.
Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires devrait se rendre dans le pays début novembre pour estimer la production de céréales et les besoins d'importation en 1996, y compris d'aide alimentaire.
Les précipitations se sont normalisées en septembre, après les fortes pluies des mois passés, et ont permis aux cultures de la campagne principale "meher" 1996 de se développer. Malgré des pertes de cultures localisées dues à des inondations généralisées durant la campagne, les perspectives globales sont favorables pour les récoltes qui vont commencer. On estime que les superficies ensemencées dépassent légèrement les niveaux supérieurs à la moyenne de l'an dernier car les prix se sont renforcés. Les prix ont été soutenus par des achats locaux de céréales effectués par des donateurs pour des distributions d'aide alimentaire à la population vulnérable et pour constituer des stocks d'urgence. Les rendements devraient être bons car les pluies ont été abondantes et les distributions d'engrais et d'autres intrants agricoles ont légèrement progressé. Les infestations de ravageurs, quoiqu'importantes cette année, ont pu être maîtrisées. Bien que les perspectives des récoltes soient généralement favorables, on prévoit que la production diminuera dans plusieurs régions victimes d'inondations, y compris les zones traditionnellement déficitaires de Wallaita dans le Nord Omo. On distribue déjà une aide alimentaire à une centaine de milliers de victimes des inondations qui ont perdu leurs habitations, leurs infrastructures et leurs récoltes, surtout dans la région de Gambella et le long du fleuve Awash dans les zones centrales.
On signale que l'état des pâturages et du bétail est généralement satisfaisant grâce aux précipitations abondantes des derniers mois.
Les disponibilités alimentaires globales sont satisfaisantes car les récoltes de céréales "meher" et "belg" de 1995/96 ont été bonnes. Toutefois, une aide alimentaire est encore distribuée à 2 ou 3 millions de personnes vulnérables, notamment dans certaines parties des régions du Tigré et dans les zones du Nord Wollo, de Gonder, Wallaita et Hararghe, en dépit des retards dus aux fortes pluies dans les régions inaccessibles. Les besoins estimatifs d'aide alimentaire devraient être couverts par des stocks de report et par des achats locaux. Cependant, l'aide alimentaire reçue jusqu'en septembre se montait à 310 000 tonnes.
Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires devait se rendre dans le pays début novembre pour estimer la production céréalière et les besoins d'importation en 1997, notamment d'aide alimentaire. KENYA (4 octobre)
La moisson des céréales "des grandes pluies" de 1996 est en cours. Grâce aux pluies normales ou supérieures à la normale qui sont tombées depuis juillet dans les grandes zones de production de maïs de l'ouest du pays, succédant à des pluies irrégulières en début de campagne, les perspectives générales de la récolte se sont considérablement améliorées. Toutefois, la production de maïs de cette année pourrait être inférieure à celle de l'an dernier, compte tenu de la diminution de la superficie ensemencée consécutive à une baisse brutale des prix à la production liée au niveau élevé des stocks après deux années successives de bonnes récoltes et de libéralisation des importations. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires procède actuellement à une évaluation sur le terrain de la campagne céréalière des "grandes pluies" de 1996 et des besoins d'importation pour 1996/97, aide alimentaire comprise.
Les prix du maïs, qui avaient augmenté au cours des derniers mois en prévision d'une réduction de la production, se sont stabilisés depuis le début de la récolte. Toutefois, ils ont continué à augmenter dans les provinces de l'Est et du Nord- Est et dans une grande partie de la province côtière, où les récoltes de céréales "des grandes pluies", moissonnées plus tôt que dans le reste du pays, ont gravement souffert de conditions météorologiques défavorables. La situation des disponibilités alimentaires est tendue dans ces régions parce que les récoltes des "petites pluies" précédentes, moissonnées en mars, étaient également réduites et parce que les pâturages et le bétail sont en mauvais état. D'importants groupes de population ont besoin d'une aide alimentaire dans ces provinces.
Les semis des cultures céréalières secondaires de 1996/97 sont bien avancés, dans des conditions météorologiques favorables.
La production céréalière de 1996 est estimée à 2,1 millions de tonnes, soit un fléchissement minime par rapport à la récolte record de l'an dernier. La récolte principale de maïs est estimée à 939 000 tonnes, soit 1 pour cent de moins qu'en 1995. La production d'autres cultures vivrières, notamment de légumineuses, patates douces et plantains, a augmenté par rapport à l'an dernier. Toutefois, la production de manioc a fléchi de 18 pour cent en raison de la diminution des emblavures. Ce bon niveau de production est dû essentiellement à l’abondance des précipitations pendant les deux campagnes agricoles de 1996.
Les pâturages et le bétail sont dans un état satisfaisant, notamment dans le sud-ouest, l'ouest et certaines parties du nord du pays qui ont bénéficié de pluies abondantes au cours des derniers mois.
Après trois récoltes consécutives supérieures à la moyenne, la situation générale des disponibilités alimentaires est satisfaisante. Le pays pourrait exporter quelque 300 000 tonnes de maïs en 1997. Toutefois, des quantités limitées de blé continueront à être importées à des conditions commerciales.
Les semis de la campagne "A" de 1997 sont en cours, la moisson étant prévue pour le début de l'année prochaine. L'humidité des sols est satisfaisante après les pluies normales de septembre. D'importantes quantités de semences et d'autres intrants agricoles sont distribuées à la population vulnérable par des organisations humanitaires. Toutefois, il est probable que les superficies ensemencées resteront inférieures à la normale, malgré le retour de quelque 92 000 Rwandais depuis le début de l'année.
La production des cultures vivrières de la campagne "B" de 1996 a sensiblement augmenté par rapport à l'an passé. La production céréalière a augmenté de quelque 38 pour cent pour se situer à 109 000 tonnes, celle de légumineuses a gagné 20 pour cent et se situe à 72 000 tonnes, tandis que la production de racines et tubercules, à 607 000 tonnes, a progressé de 14 pour cent. La production de bananes est restée à son niveau de la campagne "B" de 1995, soit 1 049 000 tonnes. Cette hausse de la production tient à l'amélioration de la stabilité dans l'intérieur du pays et à la reprise des activités agricoles courantes de la part d'un nombre considérable de réfugiés de retour dans leur pays, ainsi qu’à des conditions de végétation généralement favorables. Toutefois, malgré cette augmentation, la production par habitant demeure inférieure de 23 pour cent aux niveaux d'avant la guerre, dans la mesure où la production alimentaire continue à souffrir de l'absence d'un grand nombre de personnes ayant fui le pays.
La situation des disponibilités alimentaires demeure stable après la bonne récolte de la campagne "B" de 1996 et grâce aux importations d'aide alimentaire destinées à certains groupes de population. Quelque 576 000 personnes auront besoin d'une aide alimentaire d'urgence au deuxième semestre de 1996, parmi lesquelles la population touchée par la guerre, des groupes vulnérables et des réfugiés de retour. Une aide alimentaire d'urgence est également nécessaire pour les réfugiés burundais, qui continuent à arriver dans les préfectures de Cyangugu et Bugarama, et pour les réfugiés Masisi en provenance du Zaïre. Les tensions ethniques perdurent dans les provinces de Cyangugu et Bukavu riveraines du Zaïre, où des affrontements graves ont eu lieu fin septembre.
Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a estimé récemment la récolte de céréales de la campagne Gu de 1996 à 243 000 tonnes sur 492 000 ha ensemencés. Ce niveau, qui est supérieur de 47 pour cent à celui de la récolte correspondante de 1995, est inférieur toutefois de 37 pour cent à la moyenne des années 1982-88, qui ont précédé la guerre civile. Les résultats nationaux témoignent essentielle-ment d'une amélioration marquée de la production céréalière dans la région de Bay et dans le nord-ouest qui, ensemble, assurent la moitié de la production du pays. Toutefois, d'autres régions ont enregistré une chute de la production due à la sécheresse, aux insectes et/ou aux inondations (notamment le long de la rivière Juba). La production des régions de Gedo, Juba inférieur et Hiran est bien inférieure à celle de l'an dernier et risque d’entraîner de graves déficits alimentaires au cours des mois à venir.
La récolte Der de 1996/97 est estimée provisoirement à 105 000 tonnes, de sorte que la production céréalière totale de la campagne commerciale 1996/97 est évaluée à 348 000 tonnes. Compte tenu du niveau prévu de la production, les importations céréalières nécessaires pour satisfaire les besoins de consommation alimentaire normaux et pour reconstituer modestement les stocks sont estimées à 203 000 tonnes. Les importations commerciales devraient continuer à augmenter pendant l'année, même si Mogadishu et Kismayo demeurent fermées, pour atteindre un montant annuel net de 160 000 tonnes de céréales (riz et blé essentiellement). Les 43 000 tonnes restantes devront provenir de l'aide alimentaire. L'aide alimentaire d'urgence destinée aux régions affectées par les inondations et de mauvaises récoltes pluviales et où le pouvoir d'achat de la population est insuffisant par rapport aux prix élevés est évaluée à 19 000 tonnes, tandis que 24 000 tonnes supplémentaires sont nécessaires sous forme d'aide alimentaire non urgente. Il existe d'importantes possibilités d'utiliser de manière judicieuse l'aide alimentaire pour promouvoir la remise en état des projets de lutte contre les inondations et d'irrigation et la fourniture d'intrants agricoles par le biais de projets de monétisation et de vivres-contre-travail.
Pour l'année en cours, le bétail est généralement considéré dans un état satisfaisant et les disponibilités de produits animaux à des fins alimentaires devraient être favorables.
Les prix du sorgho et du maïs ont diminué sur la plupart des marchés depuis la deuxième moitié du mois d'août grâce à la production accrue de cette année. Malgré l'amélioration prévue des disponibilités alimentaires par rapport à l'an dernier, la situation alimentaire de la Somalie est encore précaire. La récolte "Gu" a diminué dans plusieurs régions. Le pays ne peut pas se passer de niveaux élevés d'importations commerciales et une amélioration continue de la sécurité est nécessaire pour garantir le transfert des vivres des régions excédentaires aux régions déficitaires. La situation est particulièrement critique dans la région du Juba inférieur, où la récolte est mauvaise pour la troisième année consécutive, mais aussi dans les régions de Hiran et Gedo, où la production a considérablement baissé par rapport aux niveaux déjà réduits de 1995.
La situation politique et la sécurité demeurent tendues à Mogadishu et dans les régions du sud. De plus en plus d'incidents violents sont signalés depuis le mois dernier et début octobre, toutes les organisations fournissant des secours ont suspendu leurs opérations non urgentes.
Les pluies normales ou supérieures à la normale qui sont tombées en septembre, après les fortes précipitations enregistrées depuis le milieu du mois de juillet, ont entraîné d'autres inondations localisées causant des dégâts considérables aux biens et aux infrastructures et des pertes de cultures dans l'Etat du Nil, et plus particulièrement autour de Khartoum. Plus de 100 décès liés aux inondations ont été signalés. Dans l'ensemble, toutefois, les pluies ont été favorables aux céréales secondaires en phase de croissance. Dans les zones irriguées, les perspectives de récolte sont bonnes, compte tenu des disponibilités hydriques abondantes dues au niveau supérieur à la moyenne des cours d'eau. Aucune infestation de ravageurs importante n'est signalée cette année et la superficie ensemencée serait supérieure à celle de 1995. La production de céréales secondaires de 1996 devrait être supérieure à la récolte réduite de l'an dernier.
Les prix du sorgho et du mil, qui avaient augmenté sensiblement au cours des derniers mois, ont diminué en septembre compte tenu des perspectives de récolte favorables. Toutefois, la situation des disponibilités alimentaires demeure tendue dans les Etats de Kordofan du Nord et de Darfour, où la récolte de 1995 avait été particulièrement mauvaise et où les stocks des agriculteurs sont pratiquement épuisés. Une aide alimentaire d'urgence est nécessaire dans ces régions.
Dans les dix Etats du sud du pays, où la moisson est achevée, la production céréalière de 1996 est estimée par une mission de la FAO à 474 000 tonnes, dont 390 000 tonnes de sorgho et 86 000 tonnes de maïs. Bien que sensiblement plus élevés que ceux de 1995, ces chiffres ne sont pas directement comparables aux estimations de l'an dernier, du fait que les rapports de cette année sont plus complets. Les céréales ont bénéficié de pluies généralement abondantes pendant toute la campagne, malgré des périodes de sécheresse dans certaines régions en juin et juillet (Tambura, Juba et le nord de Baahr el-Ghazal), et de fortes pluies en août et septembre qui ont entraîné des inondations et des pertes de culture localisées. Les pluies abondantes pendant toute la campagne ont été bénéfiques aux pâturages et au bétail, dont l'état serait satisfaisant. Même si la récolte a été bonne dans l'ensemble, la production a été fortement réduite à Juba et à Gograil en raison de l'insécurité et, dans certains districts de l'Etat de Jonglei (districts de Pochalla et de Pibor), à cause des inondations et de graves pertes de culture. Si la récolte céréalière est dans l'ensemble suffisante pour répondre aux besoins de la population, les difficultés pratiques que pose le transfert des céréales des zones excédentaires aux zones déficitaires dans les conditions actuelles d'insécurité croissante et compte tenu du mauvais état des infrastructures signifient que d'importants groupes de population auront encore besoin d'une aide alimentaire pendant tout le restant de l'année 1996 et en 1997.
Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires devrait se rendre dans le pays début novembre pour estimer la production céréalière de 1996 et les besoins d'importation de 1997, aie alimentaire comprise.
Les semis de la campagne agricole "Vuli" des petites pluies de 1996/97 sont en cours dans les régions de la ceinture côtière du nord et dans le nord-est du pays, où il y a deux saisons des pluies. Les conditions atmosphériques sont favorables à ce jour.
La production céréalière de 1996 est estimée provisoirement à 4,5 millions de tonnes, soit 2 pour cent de plus que la bonne récolte de l'an dernier. La récolte de maïs, principal aliment de base, a augmenté de 4 pour cent pour atteindre 2,7 millions de tonnes. Les cultures non céréalières (légumineuses, bananes et plantains, manioc et pommes de terre) auraient également augmenté de 2 pour cent pour se situer à 3 millions de tonnes. La production vivrière a bénéficié de précipitations généralement suffisantes tout au long de l'année, mais particulièrement pendant la campagne principale "Masika". En revanche, la montée en flèche des prix des engrais, consécutive à la suppression des subventions, a entraîné une réduction de leur utilisation et des rendements plus faibles dans certaines régions.
Compte tenu de la bonne récolte de cette année, les prix du maïs et d'autres aliments de base ont baissé depuis juillet. Bien qu'aucune exportation céréalière ne soit prévue pour la campagne de commercialisation 1996/97 (juin/mai), la production vivrière est suffisante pour couvrir les besoins intérieurs et la situation générale des disponibilités alimentaires est considérée comme satisfaisante. Malgré cela, des difficultés alimentaires sont prévues dans des régions à déficit vivrier chronique et dans certaines zones où les cultures ont souffert de la rareté des précipitations pendant la campagne.