Les précipitations qui ont été abondantes dans le nord et généralisées dans le sud au cours des deuxième et troisième décades d'août et de la première décade de septembre, ont considérablement diminué au cours des deuxième et troisième décades de septembre. Dans le sud, les premières récoltes de maïs et de riz pluvial ont été moissonnées et la deuxième récolte de maïs en est au stade de la levée ou du tallage. Dans le nord, le riz est dans sa phase d'épiaison/maturation, tandis que le mil et le sorgho sont dans leur phase de montaison/floraison.
La situation des approvisionnements alimentaires demeure satisfaisante, après la commercialisation des récoltes de la première campagne dans le sud et du maïs, des arachides et des ignames dans le nord. Les besoins d'importations céréalières pour 1996 (réexportation comprise) sont estimés à 255 000 tonnes, de blé et de riz principalement. Une épidémie de choléra a touché 3 200 personnes dans les départements d'Atakora et de Borgou, au nord du pays.
Après des pluies réduites en juin, les précipitations se sont améliorées en juillet et sont devenues abondantes et généralisées en août. Les pluies sont demeurées assez abondantes pendant la première décade de septembre, puis elles ont diminué pendant les deuxième et troisième décades, mais sont restées généralisées, sauf dans le nord et l'est, fin septembre. Les précipitations cumulées sont normales à supérieures à la normale dans les régions de Boromo, Dédougou, Gaou, Ouahigouya et Pô et inférieures à la normale à Dori, Fada N'Gourma, Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Les réserves d'humidité du sol sont généralement abondantes. Le mil et le sorgho blanc en sont au stade de la floraison/maturation, le sorgho rouge et le maïs sont en cours de maturation ou de récolte. Malgré les perspectives généralement bonnes, le potentiel de rendement a été réduit dans certaines zones par une période de sécheresse survenue en juin/début juillet.
Les pâturages sont dans un état satisfaisant dans l'ensemble du pays. Les réserves en eau se sont reconstituées après leurs faibles niveaux de 1995, notamment la "mare de Dori". La situation en matière de criquets pèlerins est calme. Quelques infestations de cantharides sont signalées sur les fleurs de mil, notamment dans l'est du pays, mais elles demeurent limitées. Des opérations d'assainissement sont en cours.
Une mission FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue au Burkina Faso du 21 au 25 octobre dernier a estimé la production céréalières totale de 1996 à 2,46 millions de tonnes, soit 7 pour cent de plus qu'en 1995 et un niveau légèrement supérieur à la moyenne pour les cinq dernières années.
La situation des approvisionnements alimentaires s'est tendue avant la récolte dans certaines zones traditionnelles déficitaires touchées par la récolte réduite de 1995. Les prix des céréales ont fortement augmenté au cours des deux derniers mois, les agriculteurs ayant conservé des stocks après les faibles pluies du début de saison. Les prix du mil et du sorgho ont atteint 200 francs CFA/kilo et 240 francs CFA/kilo respectivement. Dans certaines provinces les prix ont triplé par rapport à leurs niveaux moyens. Toutefois, ils ont commencé à retomber fin septembre dans plusieurs régions. Après un premier prélèvement de 8 282 tonnes de céréales sur le stock national de sécurité (vendues au prix de 90 francs CFA le kilo), une nouvelle distribution de céréales (à vendre au prix de 100 francs CFA le kilo) a été organisée juste avant la récolte. Les réfugiés touaregs venus du Mali reçoivent actuellement une aide alimentaire. Leur nombre est estimé à 39 000 dont 33 000 se trouvent dans des camps de réfugiés.
Les conditions de croissance ont été particulièrement mauvaises à cause de l'irrégularité des précipitations. Sur l'île de Santiago, de nouveaux semis ont été nécessaires à une grande échelle après un début irrégulier ou extrêmement tardif de la saison des pluies. La récolte de maïs a été gravement touchée par les périodes de sécheresse ou l'insuffisance des précipitations sur la plupart des îles. Les sauterelles et les insectes ont attaqué les cultures notamment sur les îles de Fogo et de Santiago.
Une mission mixte FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue au Cap-Vert du 28 octobre au 1er novembre a estimé la récolte de maïs de 1996 à 1 000 tonnes seulement contre 7 000 tonnes environ en 1995.
Dans la mesure où le pays importe l'essentiel des céréales nécessaires pour couvrir les besoins de consommation, la situation des approvisionnements alimentaires demeure satisfaisante malgré cette récolte réduite. Toutefois, les populations rurales notamment dans les zones semi-arides seront gravement touchées et auront sans doute besoin d'être aidées. Les besoins d'importations céréalières sont estimés à 90 000 tonnes essentiellement sous forme d'aide alimentaire. Les contributions annoncées jusqu'à présent s'élèvent à 41 5000 dont 19 000 tonnes ont déjà été livrées.
Dans le nord, les précipitations sont restées généralisées en août et septembre et ont été abondantes pendant toute la dernière décade d'août. Dans le sud, les pluies ont été limitées et généralisées en août et se sont arrêtées en septembre. La première récolte de maïs a été moissonnée et les semis de la deuxième campagne sont en cours. Le mil et le sorgho en sont au stade de la maturation dans le nord tandis que le riz a commencé à être moissonné dans le sud.
La situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante et les marchés sont bien approvisionnés. Les prix de gros du riz ont diminué en 1995/96 en raison du faible prix du riz importé du volume des importations et de la bonne production locale. Le 30 septembre le gouvernement a relevé les droits d'importation sur le riz ordinaire qui sont passés de 2 à 15 pour cent avant la libéralisation de ce marché en janvier 1997. Le PAM, les ONG et les donateurs ont limité à 175 000 personnes le nombre des réfugiés libériens devant bénéficier d'une assistance alimentaire à compter de janvier 1997. Les besoins d'importations céréalières de 1996/97 (juillet/juin), réexportations comprises, sont estimées à 535 000 tonnes composées essentiellement de blé et de riz.
De fortes pluies ont été enregistrées fin août notamment dans l'est du pays. Presque toutes les stations météorologiques ont enregistré plus de 100 mm de précipitations et nombre d'entre elles plus de 200 mm. Ces précipitations abondantes ont entraîné des inondations éclairs dans certaines régions notamment dans la division du Haut Fleuve où certains champs de maïs ont été noyés. Ailleurs, les cultures se développent dans des conditions satisfaisantes. La totalité du pays a reçu d'importantes précipitations au cours de la première décade de septembre. Celles-ci ont ensuite diminué au cours de la deuxième décade. Les pluies ont augmenté quelque peu au cours de la dernière décade mais sont restées généralisées. Des variétés de maïs à cycle court semées précocement sont parvenues à un stade avancé de maturation. Le mil précoce semé tardivement en est au stade de floraison/épiaison tandis que le sorgho, le mil tardif et le riz d'altitude en sont au stade de la formation du grain. Des cantharides ont été signalées sur le mil dans plusieurs régions. Des oiseaux ont attaqué localement le mil, le maïs et le riz.
Une mission FAO d'évaluation des récoltes qui s'est rendue en Gambie du 28 octobre au 1er novembre a estimé la production céréalière totale de 1996 à 104 000 tonnes, soit un niveau légèrement supérieur au niveau de 1995 et à la moyenne des cinq dernières années.
La situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante sauf dans la division du Haut Fleuve après les inondations du mois d'août. Les stocks de riz et les importations prévues sont suffisants pour couvrir les besoins de consommation au cours des mois à venir. Le marché du riz est bien approvisionné, mais les cours internationaux ont augmenté, les prix sont plus élevés que l'an dernier. Après les inondations dans la division du Haut Fleuve, une équipe multidisciplinaire a estimé les besoins de 150 000 personnes touchées à 2 235 tonnes de riz usiné et a recommandé l'achat de semences de mil, de maïs et de riz précoce à distribuer avant la campagne agricole de 1997/98.
Dans le nord, les pluies ont été abondantes en août et au début du mois de septembre et ont sensiblement diminué pendant les deuxième et troisième décades de septembre facilitant la moisson de la première récolte de maïs et la maturation du riz. Dans le sud, les pluies sont demeurées généralisées quoique très faibles en août et au début de septembre puis se sont arrêtées au début de la deuxième décade de septembre pour reprendre assez faiblement pendant la troisième décade. La moisson du riz est en cours dans cette région. Grâce aux bonnes conditions climatiques pendant toute la campagne et à la fin des conflits ethniques dans le nord du pays, les superficies cultivées et la production de céréales pourraient être supérieures à la normale en 1996.
Au Ghana actuellement environ 71 000 réfugiés togolais, dont 50 000 devraient être rapatriés en 1996 et quelque 10 000 réfugiés libériens dont l'état nutritionnel serait satisfaisant. Les besoins d'importations céréalières pour 1996/97 (octobre/septembre) sont estimés à 270 000 tonnes composées essentiellement de blé et de riz.
Les pluies étendues des vingt premiers jours d'août sont devenues abondantes à la fin du mois et au début de septembre, puis ont diminué pendant les vingt derniers jours de septembre, tout en restant généralisées. Le mil, le sorgho et le maïs arrivent à maturité et le riz est au stade de l'épiaison.
Le nombre de réfugiés qui devront bénéficier des distributions d'aide alimentaire à partir de janvier 1997 est de 293 000 Libériens et 173 000 Sierra-léoniens. Les besoins d'importation de céréales en 1996 (à l'exclusion des réexportations) sont estimés à 240 000 tonnes, surtout du blé et du riz.
Les pluies abondantes ont arrosé tout le pays de fin août à mi-septembre. Elles ont diminué quelque peu fin septembre tout en restant généralisées. Les céréales secondaires arrivent à maturité ou ont déjà été récoltées en ce qui concerne les variétés à semis précoces. Le riz pluvial est au stade de l'épiaison. Le riz de marais, repiqué en août et septembre, se développe de façon satisfaisante, tandis que les travaux de préparation des terres et le repiquage du riz sont en cours dans les basses terres, surtout dans le nord. La situation est plutôt calme sur le front des ravageurs malgré quelques attaques d'insectes dans les cultures de mil dans le nord et dans l'est et dans les basses terres du sud. Les pâturages sont abondants.
La mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue en Guinée-Bissau du 28 octobre au 1er novembre a estimé la production céréalière globale de 1996 à 174 000 tonnes. Ce volume est inférieur de 13 pour cent au niveau de 1995 et de 6 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, cette baisse pourrait dépendre aussi d'un changement dans les méthodes d'estimation de la production végétale.
Dans l'ensemble, les disponibilités alimentaires sont satisfaisantes. Les marchés sont généralement bien approvisionnés et les prix restent plutôt stables. Les importations de céréales en 1996 destinées à la consommation intérieure et à la réexportation sont estimées à 70 000 tonnes, surtout du riz. Les besoins d'aide alimentaire structurels sont évalués à 6 000 tonnes.
Malgré le cessez-le-feu qui a été déclaré dans tout le Libéria le 18 août, les combats se poursuivent dans plusieurs régions, surtout dans l'Ouest et certaines parties du Sud du pays. Le désarmement, la démobilisation et la réintégration de quelque 60 000 combattants devraient commencer fin novembre.
Les conditions de sécurité s'améliorent et une aide alimentaire est distribuée à Monrovia et entre Monrovia et Gbnarga. On signale une grave épidémie de choléra à Monrovia et des programmes d'assainissement de l'eau sont en cours pour la maîtriser. Après le cessez-le-feu, certaines routes menant au centre du pays ont été réouvertes et sont considérées comme sûres. Dans plusieurs zones, l'aide humanitaire n'est toujours pas autorisée à arriver. A la suite des combats incessants dans les comtés de l'Ouest, l'aide alimentaire n'a pu être livrée qu'en septembre et la situation nutritionnelle reste très grave dans cette région. Début septembre, le premier convoi humanitaire atteignait aussi Tubmanburg où l'on signale des cas de malnutrition grave. La situation est identique dans d'autres comtés de l'Ouest, notamment à Grand Cape Mount où les premiers secours humanitaires sont arrivés fin septembre, ainsi que dans les comtés du Sud-Est où aucune aide n'a pu être fournie en raison des combats. Des distributions alimentaires sont actuellement effectuées en faveur de quelque 630 000 personnes. Le nombre de personnes intéressées par les distributions d'aide alimentaire en janvier 1997 est estimé à 1 074 000. Des approvisionnements alimentaires sont acheminés par la Côte d'Ivoire vers les comtés de Nimba et Bong.
Les précipitations ont repris durant les vingt derniers jours d'août et au début de septembre, surtout dans le nord. Les pluies sont restées limitées pendant la deuxième décade de septembre et ont augmenté substantiellement durant les dix derniers jours du mois. Le riz pousse de façon satisfaisante dans les zones où la situation est sûre car des outils et des intrants agricoles ont été fournis par des programmes de reconstruction. Une première évaluation des intrants agricoles distribués en mai et juin indique qu'au total plus de 2 600 tonnes de semences de riz ont été fournies à quelque 90 000 agriculteurs dans les comtés du centre. Cependant, dans de nombreuses régions, les déplacements de population et les combats à l'ouverture de la campagne agricole ont sensiblement entravé la production vivrière. En 1996, une fois encore, la production restera limitée et ne devrait pas dépasser le niveau de 1995. Une mission d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires prévue pour novembre/décembre évaluera les perspectives des récoltes de 1996 et estimera les besoins d'importation et d'aide alimentaire en 1997. Un coordonnateur d'urgence de la FAO en poste à Monrovia évalue actuellement les besoins d'urgence des agriculteurs concernés en matière d'intrants agricoles.
Grâce aux pluies suffisantes tombées depuis août, l'état des cultures est généralement satisfaisant. Après les précipitations généralisées du mois d'août, les pluies sont restées assez abondantes pendant les 10 premiers jours de septembre. Elles ont baissé à partir de la deuxième décade mais sont restées généralisées, sauf dans l'ouest fin septembre. Les pluies cumulatives sont généralement normales, sauf dans les régions de Kayes et Sotuba où leur niveau est très inférieur à la norme. Elles sont égales ou supérieures au niveau de l'an dernier sauf à Kidal, Nioro et Tessalit. Le niveau des cours d'eau est généralement inférieur à celui de l'an dernier et à la normale mais supérieur aux chiffres de 1993. Le barrage de retenue du Sénégal est rempli depuis le 22 septembre. Les récoltes de maïs, mil et sorgho sont en cours. Le riz pluvial arrive à maturité tandis que le riz irrigué de l'Office du Niger est au stade de l'épiaison. L'état des pâturages est généralement satisfaisant.
On a signalé des infestations de criquets pèlerins dans la zone de Gao fin août et dans le nord de l'Adrar des Iforas et à Timetrine début septembre. Des opérations de lutte sont en cours. Plus à l'ouest, on signale pour la première fois cette année de nombreuses bandes larvaires à l'ouest de Tombouctou. Des groupes d'ailés et quelques petits essaims devraient se former près de Gao et Tombouctou durant le mois d'octobre et sans doute s'acheminer vers l'Adrar des Iforas ou plus à l'ouest et au nord-ouest. Des oiseaux granivores ont attaqué les céréales, surtout dans la région de l'Office du Niger.
Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes s'est rendue au Mali du 14 au 18 octobre. Elle a estimé la production céréalière globale de 1996 à 2,3 millions de tonnes, soit 6 pour cent de plus que l'an dernier et 4 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années.
Grâce à cette récolte relativement bonne, les approvisionnements alimentaires globaux sont satisfaisants. Les prix du sorgho et du maïs, qui avaient beaucoup augmenté au cours du premier semestre 1996, surtout dans les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti et Ségou, ont commencé à baisser fin septembre dans plusieurs régions. Dans certaines zones où les récoltes ont été réduites en 1995, surtout dans les zones à déficit structurel du nord, des problèmes alimentaires ont été signalés durant la période de soudure. Le prix du mil a beaucoup augmenté (atteignant 230 francs CFA le kilo en juillet). D'après le système national d'alerte rapide, les trois arrondissements de la région de Gao connaissent des pénuries alimentaires et quelque 4 000 tonnes de céréales on été dégagées de la réserve nationale de sécurité alimentaire pour être distribuées à 64 500 personnes. On signale aussi des risques de pénuries alimentaires dans plusieurs arrondissements à Mopti, Kidal, Gao et Tombouctou ou le système national d'alerte rapide recommande de distribuer au total 8 567 tonnes d'aide alimentaire à 317 100 personnes dans ces régions. Ce volume d'aide a été déstocké de la réserve nationale de sécurité et distribué à partir de juin jusqu'à mi-août. Une aide a également été fournie à partir de mai aux Touaregs qui ont commencé à revenir des camps de Annefis et Inabague dans la région de Kidal en Mauritanie.
La saison des pluies ayant été tardive et irrégulière, les cultures ont dû être réensemencées ou plantées tardivement. Les précipitations se sont améliorées fin juillet, ont baissé début et mi-août et ont repris fin août. Dans l'ensemble, les précipitations cumulées sont inférieures à la normale. Comme les pluies s'achèvent à présent, les cultures plantées tardivement risquent de souffrir d'un manque d'eau et le rendement potentiel sera réduit. Cependant, les pâturages se sont régénérés de façon satisfaisante.
En septembre, des bandes larvaires de criquets pèlerins étaient encore en cours de maturation sur une vaste superficie dans le sud-ouest. Durant la deuxième quinzaine du mois, les ailés ont commencé leur mue formant de nouveaux essaims qui sont toutefois restés dans le sud-ouest de Nouakchott. Dans le sud-est, des ailés étaient éparpillés dans quelques endroits début septembre et un essaim immature a été observé qui volait vers le sud. Les opérations de lutte ont porté sur 3 660 hectares en septembre. Des essaims devaient se développer en octobre et se déplacer vers le nord en direction d’Inchiri et Adrar, tandis que quelques-uns pourraient se diriger vers le sud traversant la vallée du fleuve Sénégal.
La mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue en Mauritanie du 19 au 24 octobre a estimé à 208 000 tonnes la production céréalière globale de 1996. Ce volume est inférieur de 6 pour cent à celui de 1995 tout en restant supérieur à la moyenne.
La situation alimentaire globale, qui est restée satisfaisante en 1995/96 après deux excellentes récoltes successives, devrait être assez bonne dans l'ensemble en 1996/97 sauf dans les zones où la récolte a été réduite. Une aide alimentaire est distribuée aux réfugiés Touaregs dans des camps situés dans l'est du pays. Leur nombre est estimé actuellement à 28 000. Sur une période de 14 mois, 14 000 réfugiés ont regagné le Mali. Sur les 60 000 réfugiés qui se trouvent actuellement au Sénégal à la suite des troubles civils qui ont éclaté le long du fleuve Sénégal en 1989, un premier contingent de 4 000 personnes devait rentrer en Mauritanie à partir de la mi-juin, mais l'opération a été retardée en raison de problèmes logistiques.
La saison des pluies a commencé précocement mais les précipitations ont beaucoup baissé en juin provoquant des dégâts dans les cultures qui ont parfois obligé à réensemencer. Toutefois, les pluies ont repris fin juillet et en août et sont restées suffisantes jusqu'à la fin de la période de végétation. Après les bonnes pluies de la mi-/fin août, les précipitations sont restées assez abondantes le long de la frontière méridionale début septembre. Les pluies ont diminué à la mi-septembre mais sont restées généralisées sur les principales zones productrices. Elles ont évolué vers le sud durant les dix derniers jours du mois et se sont interrompues dans plusieurs zones de l'ouest du pays. Les cultures arrivent généralement au stade de la reproduction ou de la maturation mais leur degré de développement varie selon les régions. La fin des pluies pourrait entraîner un manque d'eau pour les cultures ensemencées tardivement surtout dans l'ouest.
Des sauteriaux ont été signalés dans plusieurs régions. Des traitements aériens importants ont été entrepris. Des criquets pèlerins sont probablement présents dans la zone du Tamesna central et font leur mue, mais les infestations devraient rester faibles et limitées.
Une mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue au Niger du 21 au 25 octobre termine actuellement son évaluation. La production globale de céréales devrait être à peu près moyenne.
Les prix des céréales ont beaucoup augmenté ces derniers mois, surtout dans les départements de Dosso, Maradi et Zinder. Des pénuries alimentaires ont affligé certaines zones ayant un déficit structurel, notamment dans les départements de Diffa, Agadez et Tillabery. A la suite d'un appel du gouvernement pour obtenir une aide extérieure, lancé en janvier, et d'une communication du réseau pour la prévention des crises alimentaires au Sahel, du Club du Sahel (OCDE), en avril, qui a estimé les besoins d'urgence à 50 000 tonnes de céréales, plusieurs donateurs ont financé des achats locaux ou promis une contribution en échange de distributions de denrées prélevées sur les stocks de sécurité nationaux. En 1995/96, un volume total de 48 000 tonnes de mil a été distribué ou vendu à des prix subventionnés dans le cadre de divers programmes d'aide alimentaire ou de dons et 3 000 tonnes de riz ont également été importées à titre d'aide alimentaire. Comme le mil distribué provenait essentiellement de la réserve de sécurité nationale, le niveau de cette dernière est à présent très bas (3 000 tonnes environ). Toutefois, quelques contributions d'aide alimentaire ont déjà été livrées ou sont sur le point de l'être et l'OPVN, l'Office de commercialisation des céréales, a lancé un appel d'offre pour 30 000 tonnes de mil qui serviront à reconstituer les stocks de sécurité.
Les perspectives sont favorables pour les cultures de céréales de 1996. Les pluies ont été abondantes pendant les vingt derniers jours d'août et les dix premiers jours de septembre, puis ont beaucoup diminué pendant les vingt derniers jours de septembre, sauf dans le sud-est. Dans le nord, les récoltes de mil et de sorgho sont en cours. Le maïs de la campagne secondaire a été semé et se développe bien. La production de 1996 devrait augmenter mais moins que l'an dernier. On a signalé des pénuries d'engrais, de semences améliorées et de pesticides à l'époque des semis, par suite d'une interdiction d'importation imposée par le gouvernement et de difficultés de distribution des engrais produits localement.
Afin de réduire les pertes après récolte importantes, le gouvernement a lancé un programme de stockage des denrées qui comprend notamment la construction de 26 silos d'une capacité de 636 000 tonnes, et l'installation de 500 structures de stockage améliorées pour les agriculteurs. Les besoins d'importation de céréales en 1996/97 (novembre/octobre) sont estimés à 1 020 000 tonnes, dont 700 000 tonnes de blé et 250 000 tonnes de riz.
Les pluies insuffisantes de septembre ont probablement endommagé les cultures dans le nord et le centre mais les conditions de croissance restent favorables dans le sud. Les pluies qui ont été abondantes et généralisées fin août ont diminué sensiblement au cours des dix premiers jours de septembre dans la moitié nord du pays, puis ont cessé pendant la deuxième décade pour reprendre durant les dix derniers jours du mois dans le centre. Les précipitations cumulatives sont inférieures à la normale dans le centre et le nord. Par contre, elles sont normales à supérieures à la normale dans le sud et le sud-est où elles sont restées abondantes durant le mois de septembre. Les céréales secondaires et le riz se développent de façon satisfaisante dans le sud. Les pâturages se dessèchent dans le nord.
On signale des infestations locales de cantharides et de sauteriaux mais les dégâts dans les cultures restent limités. Des criquets pèlerins adultes se trouvent sans doute dans la partie ouest de la vallée du fleuve Sénégal et seront très certainement remplacés par des groupes d'ailés, sans doute quelques petits essaims, provenant du nord en octobre car le Front intertropical se déplace vers le sud. Ils pourraient arriver à maturité et pondre dans les zones de pluies récentes, ou poursuivre leur route vers le sud.
La mission conjointe FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui s'est rendue au Sénégal du 14 au 18 octobre a estimé la production céréalière globale de 1996 à 1,1 million de tonnes. Ce volume est proche du niveau de 1995 et supérieur à la moyenne. La production de riz et de sorgho a augmenté tandis que celle de maïs a baissé.
La situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Le pays importe de grandes quantités de riz pour satisfaire ses besoins de consommation. Les marchés sont généralement bien approvisionnés sauf en maïs. Toutefois, les prix du mil, du sorgho et du maïs ont beaucoup augmenté tant en zone rurale que sur les marchés urbains, notamment dans le nord.
Les pluies ont été faibles mais étendues pendant les dix premiers jours d'août puis elles sont devenues plus abondantes vers la mi- et la fin août et en septembre. Dans le nord, le mil, le sorgho et le maïs arrivent à maturité. Dans les zones où la situation est sûre, les récoltes de riz sont en cours. La production de 1996 devrait remonter partiellement par rapport au niveau de l'an dernier grâce à la mise en place du processus de paix et des programmes de reconstruction qui ont permis de planter le riz de la campagne principale dans certaines zones productrices.
Le cessez-le-feu qui a suivi les élections a permis d'améliorer les conditions de sécurité. Quelques personnes déplacées sont déjà rentrées, surtout dans les régions de Makeni et Bo, et il faudra leur fournir des aliments car la principale période de végétation est terminée. Les grandes routes vers l'est et le nord (Segbwema, Bo, Kenema et Makeni) ont été réouvertes et des produits alimentaires sont livrés dans ces régions. Toutefois, les conditions de sécurité restent instables et de nombreuses violations du cessez-le- feu ont eu lieu surtout autour de Kenema. Des convois d'aide alimentaire ont également été attaqués. On estime, à 1 276 000, le nombre de personnes qui devront bénéficier des distributions d'aide alimentaire en janvier 1997, y compris les réfugiés de retour, sur un total de 1,6 million de personnes déplacées dans le pays.
Le Ministère de la planification et du développement économique a organisé des études multisectorielles d'évaluation des besoins, avec l'aide des organisations des Nations Unies et des ONG. La FAO a évalué les effets de la guerre civile sur la population agricole à Bo, Kenema, Makeni, Kabala et Bonthe et elle est venue en aide aux agriculteurs victimes du conflit en leur distribuant des semences, du matériel de plantation et des outils dans le cadre du Programme d'aide d'urgence MANR/FAO avec le concours des ONG. L'Appel groupé des institutions des Nations Unies a été mis à jour de façon à être centré sur les besoins de redressement et de réinstallation et à harmoniser les opérations en cours avec les programmes de réinstallation, de remise en état et de reconstruction du gouvernement. Une mission FAO/PAM d'évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires devrait se rendre dans le pays en novembre/décembre 1996.
Le maïs est en train d'être récolté tandis que le mil est en cours de maturation. Dans la zone sahélienne le sorgho est sur le point d'atteindre la maturité. Dans la zone soudanienne il est en cours de moisson. Les perspectives de récolte sont en général favorables pour le sud du pays, les pluies ont été insuffisantes dans le nord. Après des précipitations abondantes et généralisées fin août, les pluies se sont raréfiées début septembre. Les nuages ont commencé à se déplacer vers le sud pendant la deuxième décade. La troisième a été sèche dans plusieurs régions de la zone sahélienne et octobre a marqué la fin de la saison des pluies dans la plupart des régions.
La situation en matière de criquets pèlerins demeure calme. Certains ailés peuvent être présents dans la région de Biltine. Des sauteriaux ont causé des dégâts aux cultures dans plusieurs régions des préfectures de Batha, Biltine, Guéra, Kanem, Lac, Ouaddaï et Salamat. Des oiseaux granivores se sont attaqués au mil et au sorgho en pleine maturation dans la zone sahélienne et à Moyen Chari. Des chenilles, d'autres insectes et des rongeurs ont également été signalés localement.
Les pâturages sont en excellentes conditions dans la zone soudanienne, mais dans un état moins satisfaisant dans la zone sahélienne. Les migrations de troupeaux ont commencé dans certaines régions du nord.
Du 14 au 18 octobre dernier la mission FAO/CILSS d'évaluation des récoltes a examiné la production agricole de 1996 avec les services nationaux et le système national d'alerte rapide du Tchad. Elle a estimé la production céréalière de 1996 à 840 000 tonnes, soit un niveau légèrement inférieur à celui de l'an dernier et à la moyenne. La production est restée stable par rapport à l'an dernier dans la zone soudanienne mais a diminué dans la zone sahélienne.
Durant la période intermédiaire entre deux campagnes, la situation des approvisionnements alimentaires s'est tendue dans plusieurs régions du fait de l'augmentation brutale des prix des céréales sur les principaux marchés. Des difficultés ont été signalées à la préfecture de Kanem notamment dans les régions de Mao et Nokou, dans la préfecture de Biltine essentiellement dans les régions d'Arada et d'Iriba et dans la région d'Abéché-Rural dans le nord de la préfecture d'Ouaddaï, où les prix des céréales étaient particulièrement élevés. Toutefois, la situation s'est quelque peu améliorée dans plusieurs zones déficitaires de la région sahélienne après la distribution de céréales à des prix subventionnés. Le système national d'alerte rapide estime qu'au total 333 000 personnes sont exposées à des pénuries alimentaires dans des villages situés dans les préfectures de Kanem, Biltine, Batha, Ouaddaï, Lac et Chari-Baguirmi. Des céréales ont été prélevées sur le stock national de sécurité dont le niveau est aujourd'hui proche de zéro. Une aide alimentaire est donc nécessaire de toute urgence pour reconstituer le stock de sécurité qui permettra d'entreprendre des distributions ou des ventes à des prix subventionnés dont le niveau sera estimé au cours d'une réunion du système national d'alerte rapide début novembre.
Dans le nord, les pluies ont été abondantes en août et durant les dix premiers jours de septembre puis elles ont beaucoup baissé pendant les vingt derniers jours de septembre, ce qui a permis au mil et au sorgho d'arriver à maturité. Dans le sud, on n'a pas signalé de précipitations durant les dix premiers jours d'août mais il a plu partout pendant les vingt derniers jours d'août et en septembre. Le maïs de la campagne secondaire pousse bien et le riz arrive à maturité.
Les marchés sont bien approvisionnés car les cultures de la première campagne ont été commercialisées. Les besoins d'importation de céréales en 1996 (y compris les réexportations) sont estimés à 160 000 tonnes.