ASIE

AFGHANISTAN* (30 octobre)

La préparation des terres en vue des semis des céréales d'hiver de 1996/97 est en cours. D'après des estimations officieuses, la production totale de blé et d'orge de 1996 serait inférieure à la normale, avec 1,85 million de tonnes, en raison de graves pénuries d'intrants agricoles et de l'insécurité.

Du fait des troubles intérieurs récents, un quart environ de la population de Kaboul, estimée à un peu plus d’un million de personnes, aurait fui la capitale en direction de la vallée de Panjshir et de Jalalabad. On compte à ce jour quelque 10 000 réfugiés. La frontière avec le Pakistan à Torkham, quoique peu étanche, demeure fermée au passage d'importants groupes de population. A ce jour, une dizaine de milliers de nouveaux réfugiés ont été enregistrés par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Sur ce nombre, 3 000 seulement ont besoin d'une assistance extérieure. Le nombre de réfugiés entrant au Pakistan est probablement supérieur, mais certains ne sont pas enregistrés car ils trouvent refuge auprès de parents et d'amis.

La prise de la capitale a eu pour conséquence l'ouverture, pour la première fois depuis trois ans, de toutes les principales routes d'accès à Kaboul qui a de ce fait pu être approvisionné en vivres importés et en produits non alimentaires. Toutefois, compte tenu de l'escalade récente du conflit vers le nord-est et le nord-ouest de la capitale, les lignes d'approvisionnement ont de nouveau été coupées en raison de l'insécurité.

Du fait de la constante dévaluation de la monnaie, les prix des vivres et d'autres produits de première nécessité augmentent partout dans le pays. Ce sont les citoyens ordinaires qui continueront à en souffrir le plus, notamment pendant l'hiver.

La réaction des donateurs à l'appel interinstitutions des Nations Unies de 124 millions de dollars E.-U. pour une aide humanitaire d'urgence et de relèvement, lancé en octobre 1995 et couvrant la période octobre 1995-septembre 1996, a donné des résultats décevants, sauf pour l'élément déminage.

Le PAM qui a fourni une aide à quelque 200 000 personnes à Kaboul, détient actuellement dans la capitale des stocks alimentaires s'élevant à 5 000 tonnes, qui représentent environ deux mois d'approvisionnement. Toutes les activités du PAM à Jalalabad sont suspendues depuis le début du mois de septembre. En attendant une réévaluation de l'impact des déclarations récentes sur les femmes, le PAM continue à utiliser les stocks intérieurs pour fournir des secours dans la plupart des régions du pays. En revanche, les expéditions de vivres supplémentaires vers l'Afghanistan ont été suspendues par le PAM depuis le 9 octobre, dans l'attente des résultats de l'évaluation.

Les besoins d'importations de céréales pour 1996/97 sont estimés à 1,5 million de tonnes, de blé essentiellement.

ARABIE SAOUDITE (4 octobre)

Les semis de blé sont en cours pour les récoltes qui auront lieu à partir du mois de mai l'an prochain. A la suite des mesures prises par le gouvernement pour limiter la production intérieure, en 1996/97 l'étendue des emblavures baissera probablement pour la cinquième année consécutive.

On estime la production de blé et d'orge en 1996 à 1,5 million de tonnes et 1,1 million de tonnes respectivement. La production de blé en 1995, estimée officiellement à 2,45 millions de tonnes, quoique nettement inférieure aux 2,82 millions de tonnes récoltées l'année précédente, dépasse toutefois encore les besoins intérieurs évalués à 1,8 million de tonnes.

Le pays qui est également autosuffisant pour les dattes et les oeufs atteint des taux élevés d'autosuffisance pour la volaille, le lait et les produits laitiers ainsi que pour les légumes et les fruits.

A la suite des baisses constantes de production ces dernières années, les exportations de blé en 1995/96 (juillet/juin) ont reculé sensiblement tombant à 300 000 tonnes et devraient cesser complètement durant la campagne commerciale en cours. On prévoit que les importations d'orge augmenteront de 200 000 tonnes en 1996/97 atteignant 3,5 millions de tonnes.

Aucune activité acridienne n'a été signalée en septembre. Selon les prévisions jusqu'à la mi-novembre un nombre faible à modéré de nouveaux ailés pourrait se trouver le long de la bordure occidentale de l’aire non infestée qui jouxte les zones actuellement touchées au Yémen.

BANGLADESH (4 octobre)

De fortes pluies ont fait monter le niveau des rivières dans le nord du pays, aggravant les inondations qui ont tué 22 personnes début septembre. Le district de Chapainawabganj a été particulièrement touché, la rivière Mahananda ayant continué de monter, coupant les routes et les communications. On prévoit d'autres pluies et l'étendue des dégâts aux cultures n'a pas encore été mesurée. Les inondations causées par les pluies de mousson de juillet et août avaient déjà dévasté une grande partie du pays, touchant quelque 6 millions de personnes et endommageant ou détruisant des milliers d'hectares de culture dans 38 districts. Toutefois, pendant la période 1er juin-4 octobre 1996, quatre des 13 stations météorologiques surveillées, représentant 18 pour cent de la superficie cultivée en riz Aman, n'avaient reçu que des précipitations inférieures à la moyenne.

La récolte du riz non irrigué "Aus", qui en temps normal représente quelque 10 pour cent de la production, est achevée. L'objectif fixé pour 1996/97 était de 1,8 million de tonnes, soit 7 pour cent de plus que la production de l'an dernier, qui s'élevait à 1,68 million de tonnes, mais on ne dispose pas encore d'estimations de la production effective. Le riz boro, qui représente quelque 40 pour cent de la récolte totale de riz, est estimé à 7,25 millions de tonnes, soit 3 pour cent de plus que l'objectif fixé. Les objectifs de 1996/97 pour les autres grandes céréales sont de 9,7 millions de tonnes pour le riz "Aman" et de 1,3 million de tonnes pour le blé. L'objectif fixé pour la production céréalière totale de 1996/97, y compris le riz usiné, est de 20 millions de tonnes.

Du fait de la bonne production et des achats effectués en 1995/96 ainsi que de l'augmentation des importations, la situation des approvisionnements alimentaires est considérée comme satisfaisante malgré les dégâts causés dernièrement par les inondations.

CAMBODGE (1er octobre)

Les semis de la récolte de riz de la campagne principale de la saison des pluies, qui représente quelque 85 pour cent de la production totale de riz du pays, sont achevés. La plupart des provinces riveraines du Mékong ont été touchées par les inondations et le niveau de ce fleuve demeure supérieur à la normale. Les provinces les plus touchées sont Kratie, Prey Veng et Kompong Cham, la province la plus peuplée du pays, où les inondations auraient touché 12 des 16 districts. On ne connaît pas encore l'étendue réelle des dégâts causés aux cultures. Malgré les dégâts causés récemment par les inondations, les prévisions concernant la production totale de riz pour 1996/97 se situent entre 2,8 et 3,5 millions de tonnes, soit un niveau sensiblement supérieur à la moyenne et analogue à celui de 1995/96. Si ces prévisions s'avéraient justes, il y aurait un excédent national de riz. Toutefois, dans la mesure où le pays est polarisé en régions excédentaires et en régions déficitaires en riz, une partie de la population demeure sensible aux pénuries alimentaires et pourrait avoir besoin d'une assistance. Son accès aux vivres est également limité par la faiblesse de son pouvoir d'achat.

CHINE (1er octobre)

Au cours de la dernière semaine de septembre, le typhon Willie a endommagé les infrastructures et les terres dans l'île méridionale de Hainan, causant la mort de 38 personnes. Le district le plus touché a été Changjiang Li, où les inondations ont détruit les digues locales et les habitations et inondé des milliers d'hectares de terres agricoles. On ne connaît pas encore l'étendue réelle des dégâts aux cultures. Un précédent typhon avait aussi causé d'importants dégâts dans le sud du pays. Les rapports les plus récents indiquent que le typhon a entraîné la mort de 133 personnes dans les provinces de Guangdong et Guangxi. Outre les pertes en vies humaines, des dégâts importants ont également été causés aux biens et aux bateaux de pêche. Les pertes économiques dans les villes de Maoming et de Zhanjiang dans la province de Guangdong sont estimées officiellement à 12,8 milliards de yuan (1,5 milliard de dollars E.-U.). Depuis juillet, les rapports officiels indiquent que des orages et des inondations ayant touché le sud-ouest, le centre et le nord- est du pays ont causé quelque 2 700 décès et plus de 32 200 accidents corporels et que les dégâts se sont élevés à plus de 52,4 milliards de yuan (2,6 milliards de dollars E.-U.). Le niveau des eaux sur le cours médian et inférieur du Yangtze et de ses affluents demeure supérieur au niveau d'alerte. Ailleurs, des pluies faibles à modérées pendant la première semaine de septembre ont ralenti les moissons en Mandchourie et dans la plaine du nord, tandis que des pluies plus abondantes ont retardé les récoltes dans tout le sud de la province de Shaanxi, dans la province de Hubei et dans le centre de la province de Sichuan. Un temps plus sec a prévalu dans tout le sud du pays, favorisant la moisson du riz à récolte annuelle unique et le développement du riz tardif de seconde récolte.

La production de riz précoce de 1996 est estimée officiellement à 44 millions de tonnes, soit 1,8 million de tonnes ou 4,2 pour cent de plus que l'an dernier. Ce progrès tient essentiellement à l'amélioration des rendements et à une extension des emblavures de 90 000 hectares, soit 1,1 pour cent par rapport aux 8,29 millions d'hectares cultivés en 1995. Les principales zones de production sont les provinces de Jiangxi, Guangdong et Zhejiang. Grâce à l’amélioration des rendements, la production de blé de 1996 devrait se situer à quelque 107 millions de tonnes, contre 102 millions de tonnes en 1995. Dans l'ensemble, malgré les importants dégâts causés par les inondations, la production céréalière, d'après les estimations officielles, serait satisfaisante et supérieure à 470 millions de tonnes. Ces résultats sont aussi attribuables à la production accrue de maïs dans le nord-ouest, notamment dans les provinces de Heilongjiang et de Jilin, et à de bonnes récoltes de riz précoce dans plusieurs provinces méridionales.

A la fin du mois d'août, les achats officiels de riz précoce avaient atteint 9,08 millions de tonnes, contre un objectif de 7,96 millions de tonnes. Pendant la même période, les achats de blé ont atteint 18,53 millions de tonnes, soit quelque 80 pour cent de l'objectif pour 1996.

CHYPRE (4 octobre)

Les semis du blé et de l'orge de 1997 vont commencer. La production céréalière de 1996, constituée essentiellement d'orge, est estimée à 1 312 000 tonnes, soit 6 pour cent de moins que la récolte assez moyenne de l'an dernier. La production céréalière couvre normalement moins d'un tiers des besoins intérieurs.

Les importations céréalières de 1996/97 (mai/avril) sont estimées à 500 000 tonnes, soit quelque 20 000 tonnes de plus que l'an passé, réparties entre le blé (20 pour cent environ) et les céréales secondaires (80 pour cent), ces dernières constituées essentiellement de maïs et d'orge.

COREE, REPUBLIQUE DE (1er octobre)

Le temps plutôt sec a été bénéfique aux récoltes de riz dans tout le nord du pays, mais dans l'extrême-sud, les pluies modérées ont ralenti les récoltes et en ont peut-être diminué la qualité. Les inondations qui ont eu lieu au début de la saison sont restées limitées essentiellement aux zones montagneuses et ont eu une incidence limitée sur la production de riz. Les derniers rapports officiels indiquent que la production de paddy devrait dépasser l'objectif de 6,6 millions de tonnes grâce au temps favorable et aux bonnes conditions de croissance, en dépit d'une légère réduction de l'étendue globale des semis. On estime que la superficie vouée au riz a reculé de 15 pour cent depuis 1990. Pour tenter de contrecarrer un nouveau déclin des superficies cultivées et d'accroître l'autosuffisance en riz, le gouvernement se propose de multiplier les investissements. Son objectif est d'augmenter les rendements dans les zones visées, d'accroître les ressources en eau et d'améliorer l'infrastructure agricole et la mécanisation.

COREE, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE POPULAIRE DE* (24 septembre)

Le temps sec et les pluies inférieures à la normale du mois d'août ont favorisé le remplissage des grains de riz dans les principales régions productrices. Toutefois, en juillet, les précipitations intensives ont provoqué des inondations étendues dans les principales provinces productrices de céréales du sud. D'après des observations faites sur le terrain par une équipe FAO/PAM, les dégâts sont estimés provisoirement à 360 000 tonnes de paddy et 92 000 tonnes de maïs. Mais l'étendue exacte des pertes et les conséquences sur les approvisionnements alimentaires l'an prochain dépendront essentiellement des résultats définitifs des récoltes en octobre. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires termine actuellement son travail.

Début septembre 1996, l'aide alimentaire acheminée par les Nations Unies s'élevait à environ 46 500 tonnes de céréales et 6 000 tonnes d'aliments mélangés, tandis que les dons supplémentaires des organisations non gouvernementales se montaient à 28 800 tonnes de grains et 1 600 tonnes de produits autres. Au total, l'aide fournie par ces différentes sources s'élève à 75 300 tonnes de céréales et 7 600 tonnes de produits non céréaliers. Or, les contributions alimentaires annoncées pour l'instant en réponse au second appel interinstitutions groupé des Nations Unies, s’élèvant à 25,9 millions de dollars E.-U., ne couvrent que 60 pour cent des besoins. On attend donc encore que le reste de l'aide soit fourni.

Sur des besoins totaux d'importation de céréales de 1,47 million de tonnes en 1995/96, définis dans l'Alerte spéciale FAO/PAM N0 267 du mois de mai, le volume des importations commerciales et du troc ainsi que l'aide alimentaire fournie ou annoncée jusqu'à présent se montent à 848 300 tonnes. Cela laisse donc un déficit global de 622 700 tonnes en 1995/96 (novembre/octobre).

INDE (1er octobre)

Les pluies localement abondantes tombées début septembre ont continué dans le sud pour revenir vers les principales zones productrices de riz du centre-nord. Le temps chaud et plus sec sur le centre a également favorisé le développement des céréales secondaires et du soja, qui avaient souffert auparavant de l'humidité. Cependant, dans le bassin de production d'arachide de Gujarat, la couche superficielle du sol reste sèche et nécessite un apport en eau supplémentaire avant la fin de la mousson. Dans l'ensemble, les perspectives des cultures ont bénéficié cette année des pluies de mousson favorables, surtout en août et au début de septembre. Les pluies cumulées jusqu'au 25 septembre étaient normales à supérieures à la normale dans 32 des 35 sous-divisions examinées, englobant 92 pour cent de la zone des récoltes kharif, contre 30 sous-divisions couvrant 88 pour cent de la zone kharif l'année précédente. Les zones plus sèches que la normale se situaient le long de la côte occidentale.

Etant donné que les conditions sont favorables, surtout dans les zones pluviales de Madhya Pradesh, Bihar et Uttar Pradesh, on pense que la production de riz et de céréales secondaires kharif atteindra ou dépassera les niveaux prévus. On prévoit actuellement que la production globale de riz kharif atteindra le niveau record de 75 millions de tonnes, en équivalent riz usiné, soit 5,6 pour cent de plus que les 71 millions de tonnes récoltées durant la campagne kharif 1995. Le gouvernement a révisé à la baisse son estimation de la production de céréales de 1995/96, pour la fixer à 190,4 millions de tonnes, y compris le riz usiné, surtout à cause de la réduction à 64 millions de tonnes de l'estimation concernant le blé. Cette réduction est due à une légère baisse de la zone considérée et au niveau des rendements qui sont inférieurs aux prévisions dans certaines zones pluviales des Etats producteurs ne disposant pas d'excédent. La récolte de blé de 1995/96, quoiqu’inférieure à celle de la campagne précédente, reste au second rang des meilleures récoltes de blé jamais rentrées.

Le gouvernement a relevé les prix de soutien du paddy en 1996/97 de 200 roupies la tonne, portant celui des variétés communes à 3 800 roupies (107 dollars E.-U./tonne), celui des variétés plus fines à 3 950 roupies (111,3 dollars E.- U./tonne) et celui des variétés superfines à 4 150 roupies (117 dollars E.-U./tonne). Cette augmentation de 5 pour cent est équivalente à celle de l'an dernier, mais inférieure aux augmentations de prix plus substantielles du début des années 90. Les prix de soutien pour les céréales secondaires kharif ont également été augmentés de 100 roupies, passant à 3 100 roupies (87 dollars E.-U./tonne) pour le sorgho et le mil et 3 200 roupies (90 dollars E.-U./tonne) pour le maïs. Les exportations de blé vont sans doute baisser à cause de la réduction de la demande internationale et de l'amélioration de la production mondiale. Des licences d'exportation pour 1,13 million de tonnes devraient être accordées par l'autorité chargée du développement des exportations des produits agricoles et des produits transformés (APEDA) pour 1996/97.

INDONESIE (19 septembre)

A Java, les pluies généralement adéquates ont favorisé le développement du riz de la campagne secondaire dans l'ouest et l'est, alors que dans le centre de l'île le temps restait essentiellement sec. Auparavant, la sécheresse avait frappé la province centrale de Banjarnegara, une des principales zones productrices de riz du pays. Les cultures ont été endommagées sur près de 6 600 hectares et le niveau d'eau des principales retenues a chuté. Par ailleurs, une épidémie de foreur du paddy a provoqué quelques dégâts dans les cultures de riz de l'ouest de Java.

La récolte du riz de la campagne secondaire commencera sous peu et se poursuivra durant le mois d'octobre. On prévoit actuellement que la production globale de paddy de 1996 avoisinera 50 millions de tonnes, soit 3 pour cent de plus que l'an dernier et 6 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. Une augmentation de la production de riz est attribuable à plusieurs facteurs, notamment aux méthodes d'exploitation intensive, à l'irrigation et à l'extension des superficies cultivées. Malgré les progrès de la production, l'offre du marché intérieur est plus faible que la demande et le pays a dû importer pour satisfaire ses besoins.

L'objectif d'achat officiel de riz pour 1996/97 (avril/mars) avait été initialement fixé à 2 millions de tonnes par l’organisme de commercialisation national - BULOG - mais de récents rapports indiquent que les achats définitifs seront inférieurs de 30 pour cent environ, s'élevant à 1,4 million de tonnes. Ce déficit est dû au fait que le prix du marché est supérieur au prix offert par BULOG. Entre avril et septembre, 1,08 million de tonnes ont été achetées. Etant donné la croissance de la demande de produits à base de blé, on prévoit que les importations de blé en 1996/97 resteront importantes et équivalentes aux 3,8 millions de tonnes importées en 1995/96.

IRAN, REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’ (19 septembre)

La récolte de blé est terminée et celle de riz va commencer. On prévoit que la production de blé sera supérieure à la moyenne cette année quoique légèrement inférieure au record de 11,2 millions de tonnes obtenu l'an dernier. Quant à la récolte de paddy, on prévoit actuellement qu'elle sera équivalente à celle de l'an dernier, soit 2,4 millions de tonnes. En 1996/97, les importations de blé seront sans doute légèrement supérieures à celles de l'an dernier.

Par suite de la détérioration des conditions de sécurité dans le nord de l'Iraq, le nombre des réfugiés et des personnes déplacées à l'intérieur du pays a augmenté dans les zones proches de la frontière. Dans ces régions, le nombre de ces personnes est estimé à 200 000 environ pour un total de 800 000 personnes qui ont abandonné leur habitation. Sur ce total, 70 000 se trouvent près de la frontière de la province du Kordestan, 50 000 à 60 000 aux alentours de Kermanshah et Qasr-e Shirin et 25 000 dans les régions bordant l'ouest Zarbayjan et Sardasht.

IRAQ* (4 octobre)

Les événements qui ont eu lieu récemment dans le nord de l'Iraq ont retardé la mise en oeuvre de la Résolution 986 du Conseil de sécurité qui autorise, dans certaines conditions, des ventes limitées de pétrole pour acheter et distribuer divers produits essentiels du point de vue humanitaire.

Bien que la levée de l'interdiction des échanges entre la zone autonome et le reste du pays, précédemment imposée par le gouvernement, favorise les mouvements de produits, la situation humanitaire reste critique en Iraq. Par ailleurs, le flux de produits agricoles allant de la zone autonome vers le reste du pays a entraîné une augmentation des prix dans le nord. Le nombre des personnes déplacées à l'intérieur du pays dans la région nord de l'Iraq n'a pas augmenté sensiblement, par contre celui des réfugiés kurdes qui s’enfuient en Iran s'est considérablement accru.

En attendant que l'arrangement prévoyant l'échange de pétrole contre de la nourriture soit mis en place, une mesure transitoire indispensable a été adoptée sous forme d'un appel des Nations Unies demandant une contribution totale de 39,963 millions de dollars E.-U. dans le but de satisfaire les besoins d'urgence de la population pendant les trois prochains mois. Les besoins essentiels particuliers inclus dans l'appel d'avril 1996 et ceux créés par les événements récents dans le nord de l'Iraq ont été regroupés dans le cadre du programme d'assistance actuel pour que les activités humanitaires en cours dans tout le pays ne soient pas interrompues.

On estime qu'une fois encore la production de blé et d'orge en 1996 sera inférieure à la normale à cause des dégâts provoqués par les ravageurs et de l'apport insuffisant d'intrants agricoles, ainsi que du manque de pièces de rechange pour les machines agricoles.

Pour faire la soudure pendant les délais que nécessitent la recherche, l'achat, le transport et la distribution de grandes quantités de ressources alimentaires, et veiller à ce que les besoins d'aide alimentaire d'urgence de 2,15 millions de bénéficiaires soient couverts durant tout le rude hiver, le PAM met au point une nouvelle phase de son opération d'urgence portant sur une période de six mois qui va d'octobre 1996 à mars 1997. Les besoins s'élèvent à 125 000 tonnes, évalués à 57 millions de dollars E.-U. Au mois d'octobre 1996, les stocks de report et les contributions confirmées ne couvraient que 55 pour cent des besoins alimentaires dans le nord et 4 pour cent dans le centre et le sud.

ISRAEL (4 octobre)

Les semis de blé et d'orge pour les récoltes de 1997 sont en cours et se poursuivront jusqu'en décembre. En raison du temps défavorable, on estime que la production de blé de 1996 atteindra 150 000 tonnes, soit environ 30 000 tonnes de moins que l'an dernier et moins que la moyenne pour la troisième année consécutive.

On prévoit que les importations de céréales en 1996/97 (octobre/septembre) s'élèveront à 2,1 millions de tonnes environ, niveau équivalent à celui de la précédente campagne.

JAPON (20 septembre)

Le temps ensoleillé et les pluies inférieures à la normale en août ont favorisé le remplissage des grains de riz dans toute la partie nord du pays, tandis que dans le centre, le temps généralement sec a facilité la maturation des grains. Cependant, les inondations et les torrents de boue provoqués par le cyclone Kirk à Kyushu pendant la deuxième décade de septembre, pourraient compromettre la récolte.

D'après les estimations provisoires, l'étendue totale des semis est inférieure à la moyenne et aux 2,12 millions d'hectares plantés l'an dernier, en raison des efforts du gouvernement pour intensifier le programme de diversification des cultures cette année. Le volume de la production devrait être inférieur aux 13,4 millions de tonnes récoltées en 1995. Le pays, qui avait connu une pénurie de riz il y a trois ans, possède aujourd'hui des excédents alors que les ventes du riz importé et détenu par le gouvernement ralentissent. L'office national pour l'alimentation avait d'abord prévu de vendre 1,18 million de tonnes de riz du gouvernement avant la fin de la campagne agricole (31 octobre) mais, à la fin de juillet, il n'en avait vendu que 390 000 tonnes, correspondant à un tiers de l'objectif. Etant donné que la récolte de riz s'annonce bonne cette année pour la troisième année consécutive, le Japon devrait avoir un excédent important de plus de 3 millions de tonnes début novembre, dont quelque 600 000 tonnes provenant des campagnes précédentes.

JORDANIE (4 octobre)

Les travaux de préparation de la terre pour les semis de céréales d'hiver de 1997 sont en cours. La production globale de blé et d'orge en 1996 est estimée à 75 000 tonnes, soit 20 pour cent de moins que le volume de la mauvaise récolte de l'an dernier. Grâce à l'accroissement des superficies ensemencées, la production de lentilles a augmenté de 12 pour cent passant à 2 400 tonnes, tandis que celle de pommes de terre, avec 110 000 tonnes, est supérieure de 12 000 tonnes à celle de l'an dernier.

Les prix à la production du blé et de l'orge de 1996, annoncés après les semis, ont été accrus de plus de 20 pour cent. Le prix du blé a été augmenté de 35 DJ (49 dollars E.- U.) passant à 200 DJ (282 dollars E.-U.) la tonne, tandis que celui de l'orge progressait de 23 pour cent atteignant 160 DJ (226 dollars E.-U.) la tonne. Les prix des lentilles et des pois chiches ont augmenté aussi d'environ 12 pour cent atteignant 380 DJ (537 dollars E.-U.) la tonne et 450 DJ (636 dollars E.-U.) la tonne, respectivement.

Le gouvernement a annoncé récemment des augmentations du prix du pain. Le prix de deux qualités de pain de consommation courante a été relevé et fixé respectivement à 180 Fils (25 cents E.-U.) et 220 Fils (31 cents E.-U.) le kilo, contre 85 Fils (12 cents E.-U.) et 120 Fils (17 cents E.-U.) précédemment.

On estime à 630 000 tonnes les importations de blé en 1996/97 (juillet/juin) soit un peu moins que durant la précédente campagne. Les importations de céréales secondaires - maïs et orge - sont évaluées à 910 000 tonnes, soit environ 60 000 tonnes de plus qu'en 1995/96. Les importations de riz devraient atteindre 95 000 tonnes environ, volume légèrement supérieur à celui de la précédente campagne.

LAOS* (23 septembre)

Les pluies torrentielles tombées fin août ont provoqué de graves inondations qui auraient causé des dégâts étendus dans les biens, l'infrastructure et les cultures. Les provinces les plus touchées sont situées au nord et au centre du pays et incluent: Houaphane, Phongsaly, Luang Praang, Luang Namtha, Boliharnsa, la préfecture de Vientiane, la province de Vientiane, Khammouane et Savannakhet. Les estimations gouvernementales disponibles indiquent que 266 villages auraient été frappés et plusieurs milliers d'hectares de paddy auraient été endommagés ou détruits. L'étendue exacte des dégâts dans les cultures et leur incidence sur les approvisionnements alimentaires n'ont pas encore pu être déterminés.

En dépit des dégâts provoqués par les inondations, l'objectif de production globale de paddy en 1996 est fixé à 1,7 million de tonnes, ce qui est nettement supérieur à la moyenne et dépasse de 20 pour cent environ le volume de la récolte de l'an dernier qui avait souffert aussi des inondations.

LIBAN (4 octobre)

Le volume de la récolte de blé de 1996 a légèrement diminué, tombant à 45 000 tonnes, et il reste inférieur à la moyenne. Il couvre moins de 10 pour cent des besoins totaux et le pays est totalement dépendant des importations pour satisfaire ses besoins en riz, sucre et lait en poudre.

On prévoit que les importations de céréales - surtout du blé - en 1996/97 (juillet/juin) atteindront 760 000 tonnes, soit 5 000 tonnes de plus que durant la précédente campagne.

MALAISIE (1er octobre)

Les semis du paddy pluvial de la récolte principale, qui aura lieu en décembre-janvier, commenceront sous peu. Les perspectives sont favorables pour l'instant car les pluies sont faibles à modérées sur tout le pays depuis le début du mois, ce qui a permis d'accroître la teneur en humidité du sol. La récolte de riz irrigué de la campagne secondaire, qui représente habituellement environ 45 pour cent de la production annuelle, va bientôt s'achever.

D'après les projections actuelles, la production globale de paddy en 1996 s'élèvera à 2,1 millions de tonnes, niveau équivalent à celui de l'an dernier.

MONGOLIE* (22 octobre)

La mission FAO d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui s'est rendue en Mongolie, a constaté que cette année les vastes incendies qui ont ravagé la steppe et les forêts dans tout le pays ont provoqué d'énormes dégâts aussi dans les pâturages d'hiver. Pourtant, les incendies qui ont provoqué des pertes de bétail, risquant d’aggraver les difficultés économiques actuelles au niveau des ménages, n'ont pas affecté la production. Néanmoins, la production de céréales a baissé pour la cinquième année consécutive à cause des faibles pluies au début de la saison et des problèmes qui persistent dans ce secteur et qui sont la conséquence de la transition économique et des réformes de marché. Dans la région agricole du centre, qui assure environ 80 pour cent des récoltes nationales, 1996 s'est caractérisée par une mauvaise préparation des jachères, l'utilisation massive de semences de mauvaise qualité, les retards de germination, une lutte insuffisante contre les mauvaises herbes, l'absence d'engrais, des pluies inférieures à la moyenne aux stades critiques du cycle végétal et une récolte qui s'est prolongée, phénomènes qui sont aggravés par l'archaïsme des machines agricoles et la pénurie de pièces de rechange. La production de pommes de terre et de fourrage présente les mêmes caractéristiques. Bien que la production animale, dans l'ensemble, reste relativement stable, l'accès aux produits de l'élevage a été compromis par la fragmentation du secteur et l'effondrement des circuits de commercialisation de l'Etat.

La Mongolie est classée parmi les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV). Bien qu'elle ne souffre pas d'insécurité alimentaire dans le sens habituel, ni de crise qui risque de provoquer une famine généralisée, comme tous les pays de la CEI en transition économique, elle connaît une multiplication des groupes à faible revenu dont l'état nutritionnel baisse de façon spectaculaire par suite de la modification de leur situation économique. C'est pourquoi, comme dans beaucoup de pays de la CEI qui reçoivent actuellement une aide alimentaire, la pauvreté croissante en Mongolie est devenue un problème urgent nécessitant une aide internationale. Le gouvernement a estimé que les chômeurs, les personnes âgées, les ménages dont une femme est le chef de famille, les enfants, les retraités et les petits éleveurs sont ceux qui paient le plus lourd tribut à cette période de transition. Ces couches de population ont un accès extrêmement limité aux ressources financières nécessaires pour acheter des aliments, sur un marché qui est de plus en plus libéralisé. Même les gens qui ont un emploi ont énormément de mal à satisfaire la demande de nourriture de la famille car l'inflation reste élevée et les hausses du prix des aliments dépassent largement celles des salaires dans le secteur public.

La diminution des approvisionnements céréaliers intérieurs s'est inévitablement accompagnée d'une nouvelle détérioration de l'aptitude du pays à nourrir sa population et des importations importantes seront nécessaires pendant la campagne commerciale 1996/97 pour satisfaire les besoins; cette situation est aggravée par le faible niveau des réserves céréalières, par la diminution des échanges commerciaux et par l’aptitude du pays à importer des quantités suffisantes de grains sur une base commerciale pour surmonter le déficit. De plus, une baisse des prix mondiaux du cuivre et du cachemire, importantes sources de revenu, diminuera sans aucun doute les revenus et les dépenses du gouvernement dans l'année à venir.

La mission estime que les besoins globaux d'importation de céréales en 1996/97 seront de 235 000 tonnes pour le blé et 3 000 tonnes pour le riz, soit 238 000 tonnes au total. Sur ce volume, le gouvernement devrait pouvoir financer l'importation à titre commercial de 87 000 tonnes environ, comme l'an dernier, ce qui laisse un déficit de 151 000 tonnes, pour lequel le pays devra recevoir une assistance dans le cadre de secours d'urgence et d'aide alimentaire liés à un programme. Pour les groupes les plus vulnérables de la société, ceux qui entrent dans la catégorie de la pauvreté absolue, on recommande de fournir 22 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence, ce qui laisse un déficit de 129 000 tonnes à couvrir par des crédits à des conditions de faveur et par une aide alimentaire au programme.

MYANMAR (1er octobre)

Les pluies supérieures à la normale et les températures normales d'août ont favorisé le développement du paddy de la campagne principale qui sera prêt à être récolté à partir d'octobre. Cependant, contrairement aux années précédentes, les stocks de paddy de mousson récolté l'an dernier et le paddy d'été ont été endommagés par les ravageurs et les maladies. Le paddy d'été a été brûlé par des attaques de cicadelle brune, surtout dans les zones où les approvisionnements en eau sont insuffisants, tandis que le paddy stocké a souffert de la calandre du riz, du petit ver de la farine et de l'aiguillonnier.

L'objectif officiel de la production globale de paddy de l’année en cours a été fixé à 21,7 millions de tonnes. Près des trois quarts de la production de riz du pays devraient provenir de la récolte principale. L'objectif d'exportation de riz en 1996/97 a été abaissé à 250 000 tonnes environ, car le niveau des stocks et l'état du marché intérieur suscitent des inquiétudes.

NEPAL (1er octobre)

Les semis de paddy de la campagne principale s'achèvent dans le Terai et la récolte du maïs d'été est bien avancée. L'objectif fixé pour les emblavures est équivalent à celui de l'an dernier, soit environ 770 000 hectares pour le maïs et 1 450 000 hectares pour le paddy. L'objectif de production de paddy en 1996/97 a été fixé à 4,25 millions de tonnes.

PAKISTAN (1er octobre)

Les fortes pluies tombées sans interruption pendant plusieurs jours dans le grand Etat producteur de céréales du Punjab durant la dernière semaine d'août ont abîmé ou détruit les cultures sur pied sur plus de 219 000 hectares. Les rapports officiels du Département des secours du Punjab indiquent qu'au total 2 024 villages ont été touchés et 1 186 131 personnes ont dû quitter leur habitation. Il y a 79 morts, dont 34 au moins dans le district de Lahore. En ce qui concerne les dégâts dans les cultures, les zones les plus touchées sont Sialkot et Hafizabad où quelque 83 600 hectares ont été endommagés et 43 000 hectares détruits. Les autres zones concernées incluent Sheikhupura (42 000 hectares), le district de Gujranwala (21 200 hectares) et Kasur (14 700 hectares). Le gouvernement fournit une aide en espèces, des soins médicaux d'urgence et des secours alimentaires aux victimes des intempéries.

Les semis de riz et de céréales secondaires étaient pratiquement achevés en août et les récoltes commenceront en octobre. L'objectif de production de paddy en 1996 est de 6 millions de tonnes, ce qui équivaut au niveau de l'excellente récolte de l'an dernier. On prévoit que la production de céréales secondaires sera légèrement inférieure aux 1,84 million de tonnes récoltées l'an dernier. La production de blé, qui a été récolté en avril/mai, est estimée officiellement à 17 millions de tonnes, contre un objectif de 17,57 millions de tonnes.

Le long des frontières du Rajasthan et du Gujarat, au cours de la deuxième moitié d'août et au début de septembre, des opérations de lutte de petite envergure ont été menées contre des infestations de larves.

PHILIPPINES (1er octobre)

A la mi-septembre, le cyclone Violet a été accompagné de fortes pluies sur une vaste zone dans l'île principale de Luzon, et notamment dans la capitale Manille, mais on ne signale ni décès ni dégâts dans les cultures. Les pluies équivalentes ou supérieures à la normale tombées sur une grande partie du pays en août et en septembre ont reconstitué l'humidité du sol et favorisé le développement du riz de la campagne principale.

Selon les prévisions actuelles, la production de paddy en 1996/97 atteindrait 11,5 millions de tonnes, soit 3 pour cent de plus que l'an dernier. La production de maïs devrait s'établir à 4,7 millions de tonnes cette année contre une demande de 5,5 millions de tonnes.

On estime que les stocks détenus par l'Office national pour l'alimentation (NFA) s'élevaient, en août, à quelque 404 000 tonnes de riz, contre 25 400 tonnes il y a un an. Cette augmentation spectaculaire des stocks du NFA est attribuable en grande partie aux importations qui ont été jugées nécessaires pour contrecarrer le retour éventuel d'une période de grande pénurie comme l'an dernier. On estime que le gouvernement a importé 885 000 tonnes de riz cette année contre 240 000 tonnes en 1995. Les importations de maïs sont évaluées cette année à 350 000 tonnes, soit beaucoup plus que l'an dernier.

SRI LANKA (1er octobre)

Les perspectives pour les résultats définitifs des récoltes de la campagne Yala et des semis de la campagne Maha se ressentiront de la faiblesse des précipitations durant la mousson du sud-ouest de l’année en cours, qui s'est accompagnée d'une réduction du niveau d'eau dans les réservoirs d'irrigation ainsi que de la teneur en humidité du sol. A la mi-août, les pluies étaient inférieures à la moyenne sur l'île, et très inférieures dans les provinces de l'ouest, du sud et de Sabaragamuwa ainsi que dans les districts de Kandy et Nuwara Eliya. Du 1er avril au 10 août, les pluies cumulées ont été inférieures à la normale dans les zones productrices de riz de l'ouest de l'île. Toutefois, les perspectives pour les cultures de la campagne Maha 1996/97 qui seront semées à partir d'octobre dépendront essentiellement des résultats de la mousson du nord-est vers la fin de l'année.

Les mauvaises pluies de mousson en 1995/96 ont entraîné une baisse substantielle de la production des récoltes de riz de la campagne principale Maha et de la campagne secondaire Yala. D'après les estimations actuelles, on produit 1,9 million de tonnes de paddy, soit 900 000 tonnes de moins qu'en 1994/95 et moins que le volume de la dernière récolte qui avait gravement souffert de la sécheresse en 1986/87. Si l'on tient compte de l'usinage, des semences et des pertes, ce volume de paddy équivaut à 1,3 million de tonnes de riz. Etant donné le déficit de la production intérieure le pays a besoin d'importer à peu près 500 000 à 600 000 tonnes de riz par an. On signale que le secteur privé a importé une centaine de milliers de tonnes de riz durant les sept premiers mois de l'année.

Comme le coût annuel de la subvention pour le blé est très élevé, le gouvernement a pris des mesures pour en réduire le montant. Fin août, le gouvernement a accru le prix de la farine de blé de trois roupies - le fixant à 16,50 roupies, tandis que le prix de la miche de pain a été augmenté d’une roupie et porté à 6,75 roupies.

Compte tenu du déficit de production l'an dernier et de la poursuite de la guerre civile, la situation alimentaire est préoccupante, surtout dans le nord. Les Nations Unies et d'autres organisations humanitaires s’efforcent d’acheminer des produits alimentaires essentiels vers les zones le plus touchées par la guerre civile, mais les habitants des zones reculées ont toujours du mal à satisfaire leurs besoins alimentaires de base. La capacité opérationnelle des organisations humanitaires internationales dans le district est restreinte par la limitation de la liberté de mouvement qui les a pratiquement paralysées. A Wanni, les gens vivent dans des conditions difficiles et de nombreuses familles se sont lourdement endettées pour tenter de compléter les rations déshydratées fournies par le gouvernement. L'instabilité persiste dans l'est où de nombreuses personnes vivent relativement isolées car les transports publics ne fonctionnent plus. Le gouvernement estime qu'il y a 400 000 personnes déplacées à l'intérieur de la péninsule de Jaffna, même s'il n'a pas été possible d’en faire le décompte précis. A Wanni, le nombre total de personnes déplacées à l'intérieur de la région est estimé à 478 000 personnes. Ces dernières semaines, un flux massif de réfugiés est parti vers l'Inde.

SYRIE (4 octobre)

Les semis précoces de blé et d'orge pour les récoltes de 1997, qui ont commencé avec un temps généralement favorable, se poursuivront jusqu'à la fin de l'année. La production de céréales en 1996, estimée à 6,1 millions de tonnes, est pratiquement identique à celle de l'an dernier. Une légère baisse de la production de blé, estimée à 4,1 millions de tonnes, a été compensée par une augmentation de 95 000 tonnes de la récolte de maïs. La production d'orge est restée de 1,7 million de tonnes.

Le pays est devenu autosuffisant pour son blé en 1993, mais comme il produit surtout du blé dur, il lui faudra importer une centaine de milliers de tonnes de farine de blé en 1996/97.

Il est prévu que les importations de maïs en 1996/97 (juillet/juin) se monteront à 350 000 tonnes, comme l'an dernier. Les disponibilités exportables d'orge durant la campagne commerciale en cours sont évaluées à 600 000 tonnes environ. Quelques exportations de blé dur ont été négociées pour 1996/97.

THAILANDE (13 octobre)

Les fortes pluies tombées dans le nord-est pendant la deuxième quinzaine de septembre ont entretenu les réserves d'humidité du sol pour le riz et les céréales secondaires. Malgré les pluies généralement favorables de septembre, les précipitations cumulées ont été inférieures à celles de 1995. Entre le 20 mai et le 13 octobre, les pluies cumulées tombées sur le pays ont été inférieures à la normale dans 5 des 26 stations météorologiques examinées, qui représentent 15,3 pour cent de la production de paddy et 7 pour cent de celle de maïs, contre 2 stations représentant 6,2 pour cent du paddy et moins de 1 pour cent du maïs, durant la même période en 1995.

La production de paddy de la récolte secondaire est estimée à 3,9 millions de tonnes, soit un niveau record qui dépasse de 34 pour cent les 2,9 millions de tonnes produites l'an dernier. Cette augmentation est attribuable essentiellement au niveau élevé des prix du paddy et aux approvisionnements suffisants en eau, surtout dans les barrages de retenue du delta de Chao Phraya dans les plaines centrales où se trouve la principale zone de riz irrigué du pays. On prévoit que la production globale de paddy en 1996 s'établira autour de 21,6 millions de tonnes, volume qui dépasse quelque peu la production supérieure à la moyenne de 1995. Environ 83 pour cent de la production totale de paddy provient de la récolte de la saison principale. On s'attend à ce que les prix élevés du maïs cette année aient entraîné une augmentation des superficies ensemencées ce qui, joint à la faible incidence des dégâts provoqués par les intempéries, devrait permettre d'améliorer la production.

L'objectif d'exportation de riz en 1996 est de 5,5 millions de tonnes, contre des exportations records d'environ 6 millions de tonnes l'an dernier. Entre janvier et août 1996, quelque 3,5 millions de tonnes ont été exportées contre près de 4 millions de tonnes durant la même période l'année précédente.

TURQUIE (4 octobre)

Les pluies supérieures à la normale tombées vers la fin de la période de végétation ont permis une reprise partielle des récoltes de blé de 1996, à présent estimées à 18,5 millions de tonnes, soit près de 3 pour cent de plus que le niveau de 18 millions de tonnes de l'an dernier qui avait été supérieur à la moyenne. La production d'orge, évaluée à 8 millions de tonnes, a dépassé de 500 000 tonnes le volume de la récolte de 1995, tandis que la production de maïs a baissé d'environ 8 pour cent tombant à 1,75 million de tonnes.

Les prix de référence pour les achats gouvernementaux de blé dur et de blé rouge de qualité meunière en 1996/97 ont été augmentés de 157 pour cent et 125 pour cent et portés à 18 000 LT le kg (234 dollars E.-U. la tonne) et 22 500 LT le kg (292 dollars E.-U. la tonne), respectivement. Le prix de l'orge a été relevé de 174 pour cent et fixé à 14 400 LT le kg (177 dollars E.-U. la tonne) tandis que celui du maïs a augmenté de 171 pour cent passant à 17 100 LT le kg (222 dollars E.-U. la tonne). Ces prix seront relevés chaque mois suivant la courbe de l'inflation.

Les exportations de blé et de farine de blé en 1996/97 (juillet/juin) devraient, selon les prévisions actuelles, progresser de 100 000 tonnes pour s'établir à un million de tonnes. Les importations de blé panifiable et de blé dur devraient tomber à 700 000 tonnes, contre 1,2 million de tonnes précédemment.

VIET NAM (1er octobre)

Les pluies torrentielles des dix derniers jours de septembre, qui faisaient suite au typhon Willie, ont endommagé des milliers d'habitations et inondé de grandes étendues de rizières dans les provinces centrales du pays. D'après des rapports officiels de l'Unité d'organisation des opérations de secours, environ 56 200 familles ont été touchées dans la seule province de Nghe An (centre nord). Willie était la sixième tempête tropicale à toucher le pays cette année. Auparavant, 44 personnes étaient décédées dans sept provinces centrales lorsque le typon Sally avait provoqué de fortes pluies et des inondations. Globalement, les tempêtes tropicales, les typhons et les inondations ont provoqué cette année quelque 430 pertes de vies humaines et plusieurs centaines de milliers d'hectares de terres agricoles ont été touchés depuis juillet. On estime que les dégâts infligés à l’économie sont de l'ordre de 300 millions de dollars E.-U.

On ne connaît pas actuellement de manière précise et définitive l'ampleur des dégâts infligés au riz "du dixième mois" en cours de maturation, qui va bientôt être récolté. La production du riz d'hiver/de printemps, qui représente environ 40 pour cent de la production annuelle, atteignait précédemment, selon des sources officielles, le record de 12,9 millions de tonnes, soit 7,5 pour cent de plus que l'année dernière. Soixante pour cent environ de la production provenaient du sud. L'utilisation de nouvelles variétés de riz à haut rendement et de technologies, l'amélioration de la fourniture d'engrais et le contrôle des prix sont considérés comme des facteurs qui ont encouragé la production agricole cette année.

Compte tenu de la demande internationale soutenue, le gouvernement a relevé le plafond des exportations de riz de 500 000 tonnes, celles-ci passant de 2 à 2,5 millions de tonnes. En 1995, quelque 2,025 millions de tonnes de riz ont été exportés.

YEMEN (4 octobre)

Du fait de la réduction des superficies ensemencées, de la pénurie d'intrants agricoles et des dégâts infligés par les ravageurs et les inondations, les perspectives de la récolte en cours de sorgho d'été ne sont pas bonnes. Les fortes pluies tombées à la mi-juin ont été à l'origine d'inondations qui ont fait de gros dégâts dans plusieurs villages et villes de tout le pays et ont entraîné des pertes de terres agricoles. Les structures de protection contre les inondations, ainsi que les infrastructures rurales et d'irrigation ont aussi été endommagées.

La production de sorgho de 1995 s'établit, selon les estimations, à 480 000 tonnes, soit environ 40 000 tonnes de plus que l'année précédente et un chiffre bien supérieur à la moyenne. La production estimative de mil - 55 000 tonnes - est pratiquement celle de l'année dernière. La production de blé et d'orge, respectivement 168 000 et 62 000 tonnes, selon les estimations, est légèrement inférieure à celle de 1994.

Les importations de céréales - essentiellement de blé - pour 1996 sont, d'après les estimations, de l'ordre de 2 millions de tonnes, soit une augmentation de quelque 2 pour cent par rapport à 1995.

En septembre, les criquets pèlerins se sont reproduits dans une vaste zone de l'intérieur, dans le sud de la région de Ramlat Sabatayin. Au cours d'opérations de lutte, quelque 2 900 hectares ont été traités jusqu'au 18 septembre. Avec le dessèchement de la végétation, les ailés devraient se concentrer et se déplacer vers l'ouest et le nord vers les plaines côtières de la mer Rouge où ils pourraient arriver à la fin d'octobre.