EUROPE

COMMUNAUTE DES ETATS INDEPENDANTS

ARMENIE* (8 octobre)

Durant l'hiver, les conditions de croissances ont été défavorables et ont provoqué de vastes dégâts dus au froid, mais les bonnes pluies de printemps ont eu un effet bénéfique sur les plantes qui ont survécu et sur les semis de printemps de blé et de céréales secondaires. En attendant les prévisions officielles de la récolte de céréales, la FAO estime que la récolte de cette année serait de 275 000 tonnes, soit légèrement mieux que celle de l'année précédente estimée à 260 000 tonnes.

Les superficies plantées en pommes de terre ont constamment augmenté et on prévoit de bons rendements. On constate une lente reconstitution du cheptel ainsi qu’une légère reprise de la production de viande et de lait par rapport aux points les plus bas touchés en 1992 et 1993.

En 1996/97, le pays a besoin de 615 000 tonnes de céréales pour maintenir la consommation humaine au moins au niveau de 360 grammes par personne et par jour pour une population de 3,2 millions de personnes (430 000 tonnes), plus les aliments du bétail (87 000 tonnes), d'autres utilisations, principalement les semences (78 000 tonnes) et la reconstitution des stocks, de 20 000 tonnes. La production céréalière intérieure (à l'exclusion de légumes secs) est maintenant estimée à 270 000 tonnes, ce qui laisse des besoins d'importation de 345 000 tonnes. L'essentiel de ces besoins sera importé sur une base commerciale par le secteur privé, qui s'est rapidement développé après la libéralisation complète des prix du pain. Une aide alimentaire d'urgence restera toutefois nécessaire pour les groupes vulnérables. Les annonces d'aide alimentaire à ce jour s'élèvent à 65 000 tonnes. En 1996/97, le pays recevra un appui budgétaire direct de la CE au lieu d'aide alimentaire à monétiser. L'octroi de cette aide est lié à l'application de réformes dans le secteur agricole, notamment de la réforme agraire et de la privatisation des processus de transformation des céréales, de panification et de distribution.

Les disponibilités globales et la variété des aliments se sont améliorées grâce à l'accroissement des échanges avec les pays voisins accessibles. Le chômage reste toutefois élevé et les prix du marché sont exorbitants par rapport aux salaires et aux pensions. Environ 40 pour cent de la population a un revenu de moins de 20 dollars E.-U. par mois. Les 15 pour cent les plus pauvres de la population (400 000 personnes, principalement réfugiés et personnes déplacées à l'intérieur du pays) continuent à avoir besoin d'une aide alimentaire ciblée. Les contributions actuelles ne couvrent que les activités de secours du PAM jusqu'en mars 1997 et de nouvelles annonces de contributions sont nécessaires pour poursuivre la distribution des secours d'urgence en 1997. L'aide alimentaire mensuelle du PAM se situe autour de 1 800 tonnes par mois.

AZERBAIDJAN (3 octobre)

Les informations officielles sur les superficies cultivées et la production céréalière restent contradictoires. Il semblerait que les superficies cultivées en céréales aient quelque peu augmenté pour la campagne agricole 1996 en réponse à un bon potentiel de végétation pour le blé, à la pénurie de pain dans les zones rurales et à la forte augmentation des prix du pain l'année dernière. Malgré les précipitations inférieures à la normale en hiver, les rendements du blé ont augmenté. La récolte céréalière est globalement estimée par la FAO à 1,06 million de tonnes, soit à peine plus que la récolte de 1995. La production de blé est provisoirement estimée à 750 000 tonnes, contre 725 000 tonnes l'année dernière.

Selon des informations officielles, la consommation de céréales par habitant serait en train de baisser à cause de l'augmentation des prix et de la baisse des capacités d'importations commerciales. On prévoit une autre hausse importante du prix du pain. Le pays devra importer 555 000 tonnes de céréales pour couvrir les besoins céréaliers intérieurs de 1996/97, estimés à 1,6 million de tonnes (besoins de consommation humaine, 1,03 million de tonnes ou environ 370 g par personne et par jour; alimentation du bétail, 350 000 tonnes et autres utilisations, principalement semences, 220 000 tonnes). Compte tenu des besoins d'importation de blé estimés à 500 000 tonnes, le gouvernement a déjà conclu des contrats pour 180 000 tonnes et le secteur privé devrait importer par les voies commerciales 300 000 tonnes. Les besoins d'aide alimentaire pour 1996/97 devraient être nettement inférieurs à ceux de 1995/96, lorsque 187 000 tonnes avaient été livrées. Le volume de l'aide alimentaire nécessaire dépend d’un côté de la rapidité avec laquelle il sera possible de démanteler le contrôle étatique sur les filières urbaines de distribution des céréales et le système d'établissement des prix des céréales et de l’autre, de la mise en oeuvre de plans visant à constituer une réserve d'intervention pour éviter les ruptures de stocks lors de la privatisation de l'Office public du pain. Une aide alimentaire d'urgence en faveur des populations vulnérables restera toutefois nécessaire. A ce jour, les annonces de contributions confirmées s'élèvent à 5 000 tonnes seulement. En 1996/97, le pays recevra un appui budgétaire direct de la CE au lieu d'aide alimentaire à monétiser. L'octroi de cette aide est lié à l'application des réformes dans le secteur agricole, notamment à la réforme agraire et à la privatisation des processus de transformation des céréales, de panification et de distribution, ainsi qu'à la libéralisation des prix des céréales.

A la suite du conflit du Nagorno Karabakh, il y a 900 000 réfugiés et personnes déplacées à l'intérieur du pays. Selon les premières informations disponibles, l'étude de la Banque mondiale sur la pauvreté indiquerait qu'environ 60 pour cent de la population vit dans des conditions de pauvreté, dont environ 20 pour cent dans l’extrême pauvreté. Environ un demi million de personnes avaient besoin de secours d'urgence en 1995/96 et la situation économique a continué à se détériorer. Le PAM distribue actuellement 1 200 tonnes par mois à 170 000 personnes, principalement des habitants déplacés à l'intérieur du pays vivant dans des bâtiments publics et des camps. Les stocks et le report des contributions annoncées suffisent à assurer la distribution de l'aide du PAM au niveau actuel jusqu'en mai 1997.

BELARUS (3 octobre)

La récolte céréalière de 1996 est maintenant estimée à 6,4 millions de tonnes, poids nettoyé, soit environ 800 000 tonnes de plus que celles de l'année dernière grâce aux meilleures conditions de croissance pendant l'hiver et à l'amélioration des rendements. La superficie ensemencée est restée stable, soit environ 2,7 millions d'hectares, mais les terres semées en blé ont augmenté de deux tiers sous l'effet d'une campagne d'autosuffisance impulsée par le gouvernement. La production de blé devrait avoir atteint le niveau record de 750 000 tonnes. Même si le blé a substitué les céréales fourragères, notamment l'orge, l'amélioration des rendements a permis de porter la production de céréales secondaires à 5,3 millions de tonnes en 1996, soit 6 pour cent de plus qu'en 1995.

Les besoins d'importations céréalières du pays devraient passer de 687 000 tonnes en 1995/96 à 385 000 tonnes en 1996/97, l'essentiel des approvisionnements provenant des pays voisins de la CEI. La meilleure récolte de blé devrait permettre de réduire les importations de blé à seulement 275 000 tonnes, alors que la contraction des activités d'élevage devrait réduire à seulement 100 000 tonnes les importations de céréales secondaires. Le pays a exporté de petites quantités de seigle vers les pays voisins.

GEORGIE* (10 octobre)

Les chiffres dont on dispose sur la production agricole sont contradictoires et les conditions de végétation ont été très inégales. D'après les indications officielles, les superficies ensemencées en blé ont été plus étendues que prévu et les semis de l'ensemble des céréales occupent environ 400 000 hectares. Le temps sec et la grêle ont beaucoup abaissé les rendements du blé d'hiver dans certaines parties de l'est de la Géorgie, tandis que dans d'autres zones, ils ont été excellents. Selon les estimations officielles, la récolte de blé a progressé, pour s'établir à 175 000 tonnes. Les rendements du maïs ont également été compromis dans une certaine mesure. La récolte globale de céréales et de légumineuses de 1996 s'établit, d'après une estimation provisoire de la FAO, à quelque 580 000 tonnes, soit à un chiffre proche de ceux des dernières années, bien inférieur aux 700 000 tonnes prévues en mars en raison d'une mauvaise récolte de maïs.

La consommation de farine de maïs a beaucoup augmenté sous l'effet de la libéralisation des prix du blé en juin 1996 et de pénuries antérieures de blé. Le gouvernement a estimé que les besoins d'importations de céréales pour 1996/97 s'élèvent à 300 000 tonnes de blé, contre 460 000 tonnes environ l'année dernière, importées essentiellement sous forme d'aide alimentaire. Les importations commerciales de farine de blé du secteur commercial privé ont augmenté rapidement et devraient permettre de satisfaire les besoins du marché, qui vont probablement se contracter sous l'effet de la hausse des prix. L'aide alimentaire demeurera nécessaire pour satisfaire les besoins de distribution de secours aux populations les plus vulnérables. Jusqu'ici, les allocations d'aide alimentaire, y compris de report, s'élèvent à 53 000 tonnes. En 1996/97, le pays recevra un appui budgétaire direct de la CE en remplacement de l'aide alimentaire destinée à la monétisation. Le débours de ces sommes est assujetti à la réalisation des réformes du secteur agricole, en particulier la réforme agraire et la privatisation de la chaîne de transformation et de distribution des céréales/du pain.

La reprise économique a commencé, mais le PIB a considérablement baissé pendant les années de troubles civils qui ont conduit le pays au bord de la faillite, laissé une dette énorme, provoqué une crise énergétique persistante et provoqué de surcroît le déplacement de 288 000 personnes à l'intérieur du pays. Etant donné les graves difficultés budgétaires et l'insuffisance de la protection sociale, les salaires officiels très bas et la forte incidence du chômage, 600 000 à 700 000 personnes environ, selon les estimations souffrent d'insécurité alimentaire et ont besoin d'une aide. Il s'agit surtout de personnes déplacées à l'intérieur du pays, de familles hôtes, de mères ayant des enfants en bas âge, de retraités, de personnes handicapées et se trouvant dans des établissements sociaux financés par le budget. Le PAM distribue actuellement 2 200 tonnes par mois à une population visée de 300 000 personnes. Les stocks de report et les annonces d'aide suffisent pour que les distributions du PAM se poursuivent au rythme actuel jusqu'en mai 1997.

KAZAKSTAN (4 octobre)

A l'issue d'entretiens avec des négociants et d'autres responsables, et d'une analyse de la consommation et des exportations de céréales du Kazakstan ces dernières années, on estime que la récolte de céréales de l'année dernière était de l'ordre de 10,5 millions de tonnes (poids nettoyé), soit environ 10 pour cent de plus que le chiffre officiel de 9,5 millions de tonnes. Sur la base d'une superficie ensemencée en céréales de 17,1 millions d'hectares, et d'un rendement moyen d'environ 760 kg/ha, la FAO prévoit que la récolte de cette année s'élèvera à 13,3 millions de tonnes (poids nettoyé). De source officielle, on indique que la récolte est de l'ordre de 11 à 12 millions de tonnes. La production de blé devrait augmenter de 1,2 million de tonnes cette année pour atteindre 9 millions de tonnes, tandis que la production de céréales secondaires devrait être de l'ordre de 4 millions de tonnes, contre 2,8 millions de tonnes seulement en 1995/96. Les conditions de végétation ont été meilleures que l'année dernière, mais le faible apport d'engrais, qui a été la principale cause de la mauvaise récolte de l'année dernière, maintiendra les rendements au- dessous de la moyenne.

D'après les indications dont on dispose, la production de pommes de terre, de légumes et de tournesol va probablement augmenter, tandis que la superficie et les rendements de betteraves à sucre devraient baisser. Les effectifs des troupeaux ont considérablement baissé ces dernières années, entraînant une baisse marquée de la production intérieure de viande (-20 pour cent), de lait (-13 pour cent) et d'oeufs (- 30 pour cent) en 1995. Cette tendance va également se poursuivre en 1996.

La production de céréales d'exportation est rentable. Les données douanières et commerciales relatives aux céréales montrent que le pays a probablement exporté plus de 5 millions de tonnes de céréales en 1995/96, en puisant abondamment dans ses stocks et en réduisant l'utilisation de céréales en alimentation animale. La plus grande partie de ces exportations - près des trois cinquièmes - était destinée à la Russie en 1995-96, le reste allant surtout aux Etats d'Asie centrale, notamment l'Ouzbékistan. Si l'estimation de récolte de 1996 se concrétise, le Kazakstan pourrait exporter jusqu'à 4 millions de tonnes de blé et environ 400 000 tonnes de céréales secondaires à ses clients habituels. Cependant, l'objectif fédéral d'achat de 1,1 million de tonnes, ainsi que les objectifs d'achat des oblasts doivent être atteints avant que l'on puisse exporter légalement des céréales par l'intermédiaire de la bourse aux céréales. Les disponibilités vivrières globales sont abondantes, mais on a signalé des pénuries localisées. De grandes parties de l'ouest du Kazakstan sont désertiques, et les conditions de vie dans ces milieux infertiles et dans les villes industrielles en crise sont devenues très difficiles.

OUZBEKISTAN (9 octobre)

La production de céréales a augmenté ces dernières années mais il est difficile de savoir avec précision dans quelle mesure car les statistiques officielles ont tendance à surestimer le degré de réalisation des objectifs annuels de superficie de cultures céréalières et de production. Selon les données officielles, les superficies ensemencées en céréales sont passées de moins de 1,1 million d'hectares en 1991 à plus de 1,7 million d'hectares (dont 1,2 million d'hectares irrigués) aux dépens des cultures fourragères, de coton et de fruits et légumes. Les superficies ensemencées en blé ont plus que doublé pour atteindre 1,3 million d'hectares, supplantant de plus en plus l'orge et le maïs. Cependant, les rendements moyens du blé ont baissé tandis que la superficie augmentait.

D'après les premières indications officielles, la récolte de céréales de 1996 est de l'ordre de 2,8 millions de tonnes, soit un chiffre très inférieur à l'objectif de 4,5 millions de tonnes. Ce volume est proche de celui de l'année dernière, initialement fixé, d'après les prévisions officielles, à 3,2 millions de tonnes, puis révisé à la baisse et ramené à 2,7 millions de tonnes environ. Bien que les conditions de végétation des céréales d'hiver aient été meilleures que l'année dernière, l'insuffisance des incitations à la production, les pratiques agricoles et la disponibilité d'intrants pour les emblavures plus étendues sont probablement à l'origine d'une baisse des rendements. Seuls les céréales et le coton restent assujettis à la commande obligatoire de l'Etat.

En ce qui concerne les autres cultures vivrières de base, la production de pommes de terre devrait être proche de celle de l'année dernière et celle de légumes, plus faible. Les superficies ensemencées en coton ont, d'après les estimations, légèrement baissé par rapport à l'année dernière pour s'établir à 1,45 million d'hectares, mais d’après les premières indications, la récolte de coton serait bonne. Les effectifs de bovins laitiers et de boucherie ont diminué pour la première fois en 1995. La productivité de l'élevage a encore baissé et la production de viande, de lait et d'oeufs devrait reculer en 1996 à la suite de pénuries d'aliments pour animaux.

Malgré la campagne visant à accroître la production de blé et les fortes hausses du prix du pain, le pays reste très fortement tributaire des importations de céréales pour satisfaire ses besoins de consommation. Etant donné la faiblesse des stocks de report, on estime qu'il faudra importer près de 2,4 millions de tonnes en 1996/97, soit un peu plus que l'année dernière. Les importations de blé s'établissent, d'après les estimations, à 2,2 millions de tonnes, et les importations de céréales secondaires, à près de 200 000 tonnes. On prévoit d'importer 1 million de tonnes de blé et 50 000 tonnes de maïs. Le reste proviendra probablement des pays voisins, en particulier le Kazakstan et la Fédération de Russie.

REPUBLIQUE DE MOLDOVA (4 octobre)

Les emblavures sont restées stables, mais un temps chaud et sec persistant au stade critique du cycle de végétation des céréales d'hiver et de printemps a fait baisser d'un tiers les rendements moyens et la production globale de céréales et de légumineuses devrait tomber à 1,7 million de tonnes, contre 2,6 millions de tonnes environ l'année dernière. La production de blé devrait reculer de 0,4 million de tonnes environ pour tomber à 0,7 million de tonnes, tandis que celle de céréales secondaires, gravement touchée par le temps sec, devrait baisser de 0,4 million de tonnes pour tomber à 1 million de tonnes.

La production de toutes les autres cultures devrait aussi fléchir. La production d'oeufs a augmenté en 1995 mais les effectifs des troupeaux et la production de viande et de lait semblent avoir encore diminué et cette tendance devrait se confirmer cette année. Depuis 1991, les effectifs ont été réduits de 32 pour cent chez les bovins et de 45 pour cent chez les porcins.

Le pays a été un petit exportateur net de céréales en 1995/96 mais il devra importer quelque 215 000 tonnes de céréales en 1996/97, dont 150 000 tonnes de blé et de seigle et une certaine quantité d'orge pour l'alimentation animale.

REPUBLIQUE KIRGHIZE (4 octobre)

Les superficies ensemencées en céréales ont augmenté d'environ 4 pour cent malgré des pénuries de tous les principaux intrants. Les conditions de végétation sont meilleures que l'année dernière, les précipitations de l'hiver ayant été bonnes et la couverture neigeuse ayant reconstitué les réserves d'eau des sols et d'eau d'irrigation. La récolte de cette année est bien meilleure que celle de l'année dernière, qui était mauvaise. On attend pour l'instant une récolte 1996 de 1,16 million de tonnes, soit un peu moins que prévu précédemment par le gouvernement, mais un chiffre bien meilleur que celui de l'année dernière, inférieur à 1 million de tonnes. La production de blé pourrait passer à 850 000 tonnes grâce à l'expansion des superficies ensemencées et à l'amélioration des rendements.

La production de pommes de terre, de légumes et de betteraves à sucre devrait augmenter. Les effectifs des troupeaux sont encore réduits du fait de la pénurie de céréales fourragères, du surpâturage et du fléchissement de la demande de laine. Après le temps sec de l'année dernière, la production de viande, de lait et d'oeufs a reculé, mais l'amélioration des pâturages et de la disponibilité de fourrage cette année pourrait entraîner une légère reprise de la production de viande et de lait, tandis que la production d'oeufs devrait encore baisser.

Si les prévisions de récolte se concrétisent, le pays pourrait être pratiquement autosuffisant en blé, dont la production a presque doublé depuis 1991. Pour 1996/97, les besoins intérieurs de céréales s'établissent, d'après les estimations, à 1,18 million de tonnes, dont 620 000 tonnes destinées à la consommation humaine, 310 000 tonnes à l'alimentation animale et 250 000 tonnes à d'autres utilisations, essentiellement semencières. Les ressources intérieures (le riz étant exprimé en équivalent de riz usiné) représentent 1,16 million de tonnes, ce qui laisse un besoin d'importation de 17 000 tonnes seulement, dont 7 000 tonnes ont déjà été annoncées. En 1996/97, le pays recevra un appui budgétaire direct de la CE au lieu de l'aide alimentaire à monétiser. Le débours de ces sommes est assujetti à la mise en oeuvre de réformes dans le secteur agricole, en particulier la réforme agraire et la privatisation de la chaîne de transformation et de distribution des céréales/du pain.

RUSSIE (FEDERATION DE) (4 octobre)

Les superficies ensemencées en céréales s'établissent, d'après une estimation de la FAO, à 53,8 millions d'hectares, soit environ 1 million d'hectares de moins que l'année dernière et près de 8 millions d'hectares de moins qu'en 1991. Les emblavures de céréales d'hiver ont augmenté d'environ 2 millions d'hectares, compensant en partie la réduction des semis de céréales de printemps. Les superficies globales ensemencées en blé ont progressé d'environ 2 millions d'hectares en 1996, tandis que celles des céréales secondaires et légumineuses ont augmenté de près de 3 millions d'hectares.

Dans l'ensemble, les conditions météorologiques ont été meilleures qu'en 1995. Après un mauvais démarrage, les conditions de végétation des cultures d'hiver ont été le plus souvent bonnes. Les dégâts du gel ont été limités et les rendements moyens sont sensiblement plus élevés. Les céréales de printemps ont souffert du temps chaud de mai et d'une vague de sécheresse en juillet, en particulier dans certaines régions du nord du Caucase, du sud de l'Oural et certaines oblasts du Chernozem central. Au moment de la moisson, les conditions météorologiques étaient satisfaisantes en août, mais de fortes pluies tombées en Sibérie en septembre ont retardé la moisson, provoqué des phénomènes de verse et de germination, détériorant la qualité d'une récolte par ailleurs bonne. D'après les prévisions officielles actuelles, la récolte s'élèverait à 67-70 millions de tonnes, contre 63,5 millions de tonnes en 1995. Cependant, cette année, elle a été sous-estimée d'environ 5-7 millions de tonnes selon certaines sources officielles et davantage encore selon certaines estimations commerciales.

La FAO prévoit pour l'instant une récolte de céréales et de légumineuses de l'ordre de 75 millions de tonnes (poids nettoyé) en 1996, contre un chiffre estimatif de 68 millions de tonnes l'année dernière. La production de blé, soit plus de 38 millions de tonnes, devrait dépasser de plus de 6 millions de tonnes celle de l'année dernière. La production de céréales secondaires s'établit, d'après les estimations, à près de 34 millions de tonnes, soit environ 1 million de tonnes de plus que la récolte de 1995, qui avait été amoindrie par la sécheresse. La production de riz et de légumineuses devrait respectivement tomber à 0,4 et 1,8 million de tonnes.

Malgré le recul de 30 pour cent de la production agricole depuis 1991, il n'y a pas de pénurie alimentaire, essentiellement grâce à l'accroissement des importations, en particulier de viande, de sucre, de fruits frais et de légumes ainsi qu'à la production intensive que l'on pratique dans les parcelles familiales et accessoires. La demande de céréales a beaucoup reculé ces dernières années, essentiellement sous l'effet du fléchissement de la production animale. Malgré la forte baisse de la production céréalière en 1995, les importations de quelque 6 millions de tonnes, complétées d'importantes quantités prélevées sur les stocks, ont assuré un approvisionnement stable en céréales vivrières presque partout et ont permis d'exporter plus de 0,7 million de tonnes de céréales.

En 1996/97, les importations de céréales devraient tomber à quelque 4 millions de tonnes, dont 3 millions de tonnes de blé. La plus grande partie de ces importations proviendra probablement du Kazakstan et de l'Ukraine, ce qui laisse une quantité estimative de 0,5 million de tonnes de blé à importer de l'extérieur de la CEI, pour l'Extrême-Orient. Les importations de céréales secondaires devraient reculer d'environ un demi million de tonnes pour tomber à 800 000 tonnes, orge et maïs compris, ce dernier provenant essentiellement de l'extérieur de la CEI. D'après les premières prévisions, les exportations de céréales pour 1996/97 seront de l'ordre du million de tonnes, assez également réparties entre le blé et les céréales secondaires.

TADJIKISTAN* (4 octobre)

Il est difficile d'obtenir des informations systématiques et fiables concernant la production agricole dans ce pays déchiré par les troubles. Cependant, après les pénuries chroniques de blé des dernières années, les superficies ensemencées en céréales ont été considérablement étendues pour atteindre quelque 400 000 hectares, dont 150 000 hectares environ sont irrigués.

Cette année, les conditions de végétation ont été meilleures que l'année dernière et on s'accorde généralement à dire, comme l'a confirmé la mission FAO de juin/juillet, que la récolte céréalière de 1996 sera de l'ordre de 400 000 tonnes, soit une récolte bien meilleure que celle de l'année dernière. Cependant, la production de la plupart des autres cultures vivrières et fourragères devrait être en baisse, des terres ayant été réaffectées à la culture du blé. La production de coton, principale culture de rente, devrait reculer d'un tiers. La production de viande, de lait et d'oeufs devrait également accuser un fort recul du fait de la pénurie d'aliments concentrés pour animaux et de la réduction des superficies disponibles pour l'affouragement et le pâturage.

Malgré une production céréalière plus abondante en 1996, le pays est très déficitaire en céréales vivrières. Du fait de la pauvreté générale, la situation des approvisionnements devrait rester précaire. Le risque de pénurie alimentaire est particulièrement aigu chez les pauvres des zones urbaines et dans les zones touchées par les troubles civils. On estime à près de 760 000 tonnes les besoins de céréales pour 1996/97, dont 660 000 tonnes destinées à la consommation humaine (soit quelque 360 grammes par personne et par jour pour une population de 5,5 millions d'habitants) et 100 000 tonnes pour l'alimentation animale et d'autres usages, essentiellement semencier. Quant aux disponibilités intérieures, elles s’élèvent à 390 000 tonnes (à l'exclusion des légumineuses et du riz en équivalent de riz usiné), de sorte qu’il reste à importer 370 000 tonnes. Les problèmes de disponibilités de devises étrangères et de solvabilité vont limiter la capacité d'importation du pays et on estime que celui-ci aura besoin de 107 000 tonnes d'aide alimentaire, dont 41 000 tonnes ont été annoncées à ce jour, ce qui laisse un solde non couvert de 66 000 tonnes, outre les disponibilités d’aide d’urgence humanitaire en faveur de 620 000 personnes très vulnérables. Il s'agit notamment des populations déplacées à la suite des troubles civils, des retraités âgés, des veuves de guerre avec enfants, des familles nombreuses monoparentales, des orphelins et des handicapés/invalides. En 1996/97, le pays recevra un appui budgétaire direct de la CE au lieu de l'aide alimentaire à monétiser. Le débours de ces sommes est assujetti à la mise en oeuvre de réformes du secteur agricole, en particulier la réforme agraire et la privatisation de la chaîne de transformation et de distribution des céréales/du pain et la libéralisation des prix des céréales.

Une mission interinstitutions d'évaluation des besoins conduite par le Département des affaires humanitaires s'est rendue dans le pays en octobre et a identifié les besoins d'aide humanitaire d’urgence. Le PAM, les ONG, le CICR et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge continuent à distribuer des secours, mais on a besoin d'urgence de contributions supplémentaires des donateurs afin d'assurer le maintien de la filière de l'aide d'urgence au-delà de l'hiver en cours.

TURKMENISTAN (4 octobre)

Une mission FAO/SMIAR qui s'est rendue dans le pays en septembre a constaté que les politiques actuelles du gouvernement visent à produire rapidement plus de blé, de viande et de lait tout en maintenant la production de coton. Afin de parvenir à l'autosuffisance en blé, les emblavures des céréales ont été portées à près de 700 000 hectares en 1996, contre 187 000 hectares en 1990. La superficie des semis de blé est passée de 60 000 hectares en 1990 à près de 600 000 hectares en 19961/, en partie aux dépens des cultures fourragères et destinées à l'alimentation animale, du coton et des légumes. Les rendements moyens du blé, cependant, ont régulièrement fléchi depuis 1994, des terres marginales supplémentaires étant mises en culture tandis que les investissements dans les machines agricoles, les pièces détachées et les intrants baissaient et que les livraisons obligatoires de la quasi-totalité de la récolte à l'Etat à des prix fixes et bas n'incitaient guère les agriculteurs à accroître les rendements.

En 1996, le rendement moyen du blé a à peu près diminué de moitié, tombant à moins d'une tonne par hectare du fait de l'irrigation insuffisante de cette culture, des semis extrêmement tardifs et du très faible apport d’engrais. La production globale de céréales de 1996 s'établit, d'après les estimations, à près de 650 000 tonnes, contre 1,1 million de tonnes en 1995.

La production de pommes de terre est restée faible, les rendements étant compromis par la mauvaise qualité des pommes de terre de semence. La production de légumes devrait fléchir sous l'effet des bas prix, de l'insuffisance des installations de transformation et d'entreposage et de la perte de marchés d'exportation. Des pénuries aiguës d'intrants et des infestations massives de mouches blanches devraient réduire la récolte de coton, principale culture de rente, dont les recettes servent à financer les importations vivrières.

La productivité animale et la production de viande de porc et d'oeufs ont régulièrement baissé mais globalement, la production de viande et de lait a un peu progressé entre 1990 et 1995 et elle pourrait néanmoins baisser cette année à la suite de la mauvaise récolte.

La situation globale des approvisionnements alimentaires reste difficile en partie du fait du caractère saisonnier et irrégulier de la fourniture d'aliments de base tels que produits laitiers, fruits et légumes. Les salaires sont peu élevés et seule la disponibilité d'aliments rationnés et subventionnés permet de maintenir un niveau minimal de consommation. Dans les zones rurales, la pression des contingents d'achats du gouvernement maintient la consommation à un faible niveau, d'autant plus que les dimensions des parcelles accessoires sur lesquelles on peut pratiquer des cultures vivrières supplémentaires sont réduites (en moyenne 10 mètres sur 15). La consommation par habitant de la plupart des aliments a baissé depuis 1991. Dans l'ensemble, la consommation moyenne des aliments de base semble encore acceptable mais il y a de grandes différences entre les régions, certains produits manquant surtout dans des districts du nord et de la Caspienne. Les enquêtes sur la nutrition ont mis en évidence des carences générales en vitamines et sels minéraux.

En 1996/97, les besoins en céréales s'établissent, d'après les estimations, à 1,26 million de tonnes, dont près de 650 000 tonnes destinées à la consommation humaine, tandis que l'utilisation fourragère et les autres utilisations des céréales devraient baisser de près de 350 000 tonnes pour tomber à quelque 500 000 tonnes, les disponibilités en devises et les contraintes budgétaires limitant la quantité de pain subventionné qui peut être fournie. Face à ces besoins, les ressources intérieures s'établissent, d'après les estimations, à 750 000 tonnes, d’où l’on déduit un besoin minimal d'importation de 510 000 tonnes de céréales. Le volume des importations commerciales de céréales a diminué ces dernières années. Après la mauvaise récolte de blé et dans la perspective d’une mauvaise récolte de coton, le pays a demandé une assistance sous forme de crédits à des conditions de faveur ou d'aide alimentaire (blé).

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1/ Pour la récolte de 1997, l'objectif des superficies ensemencées en blé a été ramené à 400 000 hectares

UKRAINE (9 octobre)

Après le temps sec prolongé de cette année, seuls 13,7 des 14,5 millions d'hectares semés en céréales devraient être récoltés. Compte tenu des résultats récents, les autorités officielles estiment que la récolte de céréales et de légumineuses de 1996 est de l'ordre de 27 millions de tonnes. Cependant, tout laisse penser que les rendements peuvent être sous-estimés de 5 à 10 pour cent car le blé et l'orge de brasserie sont soustraits aux circuits contrôlés par l'Etat.

Selon la FAO, la récolte totale de céréales de l'Ukraine pour 1996 (légumineuses comprises) s'élève à 29,4 millions de tonnes, dont 16 millions de tonnes de blé, 12 millions de tonnes de céréales secondaires et 1,3 million de tonnes de légumineuses, contre 35 millions de tonnes en 1995 (estimation FAO). La baisse des rendements du blé a été presque compensée par l'extension des superficies ensemencées et par le fait que des dégâts moindres ont été provoqués par le gel et on estime que la production de blé n'a que légèrement baissé par rapport à 1995. Le recul de la production de céréales secondaires, en particulier l'orge, a été beaucoup plus marqué - près de 30 pour cent - car, à la réduction des superficies, vient s’ajouter une baisse des rendements. Les superficies ensemencées en pommes de terre et en tournesol ont progressé, mais les conditions de végétation n'ont pas été favorables à ces cultures.

La réduction de la production de 1996 tient aux conditions de végétation défavorables cette année, le temps chaud et sec du printemps et de l'été ayant compromis le remplissage des grains des céréales d'hiver et l'implantation et le développement des cultures de printemps, en particulier dans les oblasts du sud et de l'est, où des superficies plus vastes que l'année dernière ont été touchées par la sécheresse. Les rendements dans les régions du centre et du nord ont aussi fléchi, mais pas autant. Les faibles apports d'intrants tels qu'engrais et produits phytosanitaires ont également eu une incidence sur les rendements.

Les grands élevages sont restés généralement peu rentables et les effectifs des troupeaux (en particulier de bovins) ont été considérablement réduits ces deux dernières années. Entre 1991 et 1996 (1er janvier), le nombre d'animaux a baissé de près de 30 pour cent pour les bovins et les porcins et d'environ 50 pour cent pour les ovins, les caprins et la volaille. D'après les indications dont on dispose, il y a eu un fléchissement considérable de la production de viande, de lait et d'oeufs qui s’est poursuivi en 1996 également.

L'utilisation intérieure de céréales a beaucoup reculé ces dernières années, essentiellement sous l'effet d'une baisse de la consommation de céréales fourragères. Les stocks, en particulier de blé, restent abondants, compte tenu de la politique mise en oeuvre par le gouvernement pour maintenir des stocks abondants et limiter les possibilités d'exportation, en particulier de blé et de farine, hors de la CEI pour des raisons d'infrastructure et de qualité. Malgré cela, le pays est devenu exportateur net de céréales en 1995/96, n'important que 200 000 tonnes de céréales et exportant un volume estimatif de 1,2 million de tonnes de blé (essentiellement sous forme de farine) et de près d'un demi million de tonnes de céréales secondaires vers d'autres pays de la CEI. En 1996/97, malgré la mauvaise récolte, le pays devrait encore exporter près d’un million de tonnes de céréales, surtout du blé. La récente adoption, par la Russie, de tarifs douaniers pour les importations de farine et d'autres denrées alimentaires en provenance de l'Ukraine pourrait, cette année, réduire les échanges commerciaux avec ce pays.

CE (18 octobre)

Mis à part le maïs, la récolte de la plus grande partie des céréales de 1996 est pratiquement terminée dans la Communauté. La production globale de céréales devrait s'élever, d'après les prévisions de la FAO, à 204 millions de tonnes, soit 24 millions de tonnes de plus que l'année dernière et un chiffre bien supérieur à la moyenne des cinq dernières années. L'augmentation est principalement attribuée à l'expansion des superficies ensemencées faisant suite à l'assouplissement des restrictions concernant la mise hors culture des terres et aux bons rendements obtenus grâce à des conditions météorologiques généralement favorables. La production de blé s'établit, d'après les estimations, à 98,7 millions de tonnes, soit 12 pour cent de plus qu'en 1995, la production d'orge, à 52,1 millions de tonnes, soit 19 pour cent de plus que l'année précédente et la récolte de maïs d'été devrait être en hausse de 10 pour cent pour s'établir à 33,6 millions de tonnes. La plus grande partie de l’augmentation est le fait des principaux producteurs de la Communauté - France, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne - en particulier cette dernière, où on estime que cette année, la récolte de céréales a presque doublé par rapport à celle de 1995, qui avait été réduite par la sécheresse. Les semis des céréales d'hiver qui doivent être récoltées en 1997 sont en cours dans toute la Communauté et les superficies pourraient augmenter, le taux obligatoire de gel des terres ayant été ramené à 5 pour cent pour 1997. On signale que le temps humide compromet quelque peu les travaux des champs dans les pays du nord, mais fournira aux sols une humidité bénéfique pour la germination des cultures déjà en terre et de celles qui ne sont pas encore semées.

ALBANIE (8 octobre)

D'après les informations les plus récentes, la production céréalière de 1996 est encore inférieure à celle de l'année dernière, déjà faible. En ce qui concerne le blé, principale culture, les semis n’occupent plus, selon les estimations, que 127 000 hectares environ, soit un chiffre bien inférieur à la moyenne de 150 000 hectares de la période 1991-1995. Cette réduction tenait essentiellement au fait que les agriculteurs avaient opté pour d'autres cultures plus rentables que le blé. Les rendements ont également, d'après les estimations, baissé encore et sont inférieurs à ceux de l'année dernière, déjà réduits. Comme ces dernières années, le potentiel de rendement était déjà amoindri par l'accès limité des agriculteurs aux intrants tels qu’engrais, produits chimiques phytosanitaires et semences nouvelles (les agriculteurs ont simplement conservé une partie de la récolte de la campagne précédente pour la semer l'année suivante, ce qui a entraîné une baisse de la qualité des semences), ce à quoi il faut ajouter des conditions météorologiques défavorables aux cultures de 1996. Les premières estimations officielles de la récolte de blé de 1996 s'établissent à 305 000 tonnes, soit une baisse de 26 pour cent par rapport à 1995.

Compte tenu de ce volume de production, l'Albanie restera tributaire des importations de blé en 1996/97 (juillet/juin) pour satisfaire la plus grande partie de ses besoins pour sa production de pain, aliment de base en particulier dans les zones urbaines. La consommation vivrière de blé du pays en 1996/97 (juillet/juin) s'établit, d'après les estimations, à quelque 700 000 tonnes, ce qui signifie qu'au moins 400 000 tonnes de blé devraient être importées pour la seule consommation vivrière (à condition que la totalité de la récolte estimative de 1996 soit également disponible pour une utilisation vivrière).

Du fait de la forte hausse des prix du blé dans le pays cet été, les agriculteurs devraient être davantage incités à semer, en octobre et en novembre, du blé à récolter l'année prochaine. Cependant, la disponibilité d'intrants, en particulier de semences de bonne qualité, pourrait avoir une influence importante sur l'issue de la campagne de semis de l'automne.

BOSNIE-HERZEGOVINE* (1er octobre)

Les fortes pluies tombées à la fin de septembre sur l'importante zone céréalicole des environs de Banja-Luka ont retardé la récolte du maïs de 1996 et infligé des dégâts localisés aux cultures. Cependant, les perspectives générales de récolte restent favorables du fait de l'expansion des emblavures et de l'amélioration des rendements. La production céréalière de 1996 est, d'après les estimations, beaucoup plus abondante que l'année dernière, tant dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine que dans la République serbe, en raison de la cessation des hostilités, de la liberté de déplacement et d’une meilleure disponibilité d'intrants agricoles moins onéreux, en particulier dans la République serbe, après la levée de l'embargo international, l'intensification de l'agriculture dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine à la suite de la désorganisation des activités industrielles, ainsi que grâce à un temps généralement favorable pendant les campagnes des cultures d'hiver et d'été. La production des autres cultures vivrières, en particulier les pommes de terre, doit aussi, selon les estimations, être bien supérieure à celle de 1995. Une reprise de l'élevage devrait également s'amorcer.

Du fait de l'accroissement de la production végétale et animale, la situation globale des approvisionnements alimentaires s'est améliorée. En général, la population rurale devrait bénéficier d'une sécurité alimentaire satisfaisante pendant la campagne de commercialisation 1996/97 (juillet/juin). La sécurité alimentaire de ceux qui n'ont pas de terre ou en ont peu s'est également améliorée avec la normalisation des échanges depuis le début de l'année: les marchés sont bien approvisionnés et les prix des denrées alimentaires ont beaucoup baissé. Cependant, l'accès à la nourriture de groupes importants de la population a encore été compromis par un pouvoir d'achat réduit imputable à la forte incidence du chômage et aux bas salaires.

Les besoins totaux d'importation de blé pendant la campagne de commercialisation 1996/97 s'établissent, d'après les estimations, à quelque 214 000 tonnes, soit 17 pour cent de moins que l'année précédente, les disponibilités intérieures étant plus abondantes. Les importations de blé ne seront nécessaires que pour la Fédération de Bosnie-Herzégovine, qui produit à peine un tiers de ses besoins annuels. Dans la République serbe, la production de blé devrait permettre de satisfaire les besoins intérieurs. Des importations commerciales sont prévues pour 86 000 tonnes au minimum d'équivalent de blé en grains, ce qui laisse un déficit d'environ 112 000 tonnes à combler par des importations d'aide alimentaire.

De manière générale, la filière d'aide alimentaire du PAM en faveur des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des réfugiés est suffisante jusqu'à la fin de l'année. Pendant les deux premiers mois de 1997, malgré une diminution des besoins, trois des quatre principaux produits viendront à manquer. Après les recommandations formulées par la mission PAM/FAO/HCR d'évaluation des besoins d'aide alimentaire, la ration de base pour les bénéficiaires de Bosnie-Herzégovine et de Slavonie orientale a été réduite aux quatre principaux produits: farine de blé, légumes secs, huile végétale et sucre. D'autres articles d'aide alimentaire (sel, produits protéiques en boîte, lait en poudre ou biscuits à haute teneur en protéines) qui font l'objet de dons en nature seront considérés comme des aliments d'appoint et programmés en conséquence.

BULGARIE (8 octobre)

Les dernières informations dont on dispose confirment que la récolte de céréales a été très faible en 1996, puisqu’elle s'établit, d'après les estimations actuelles, à un peu plus de 3 millions de tonnes, contre 6,5 millions de tonnes en 1995. Cette mauvaise récolte tient surtout au retard des semis, les agriculteurs n'ayant pas de moyens financiers suffisants pour acheter des intrants essentiels l'automne dernier et aux mauvaises conditions météorologiques. La production de blé s'élève, selon les estimations actuelles, à 1,7 million de tonnes, contre un chiffre habituel de 3,5 millions de tonnes environ. Une grande partie de la récolte de blé ne pouvant, comme à l'accoutumée, être consommée que par les animaux, et les stocks de réserve du pays ayant beaucoup baissé après les importantes exportations de l'année dernière, le pays devra importer massivement cette année pour satisfaire les besoins de consommation intérieure des humains et des animaux. On a signalé à la fin de septembre que bien que 130 000 tonnes de blé aient déjà été importées, quelque 450 000 à 500 000 tonnes de blé panifiable et 700 000 tonnes de céréales fourragères seraient encore nécessaires pour combler le déficit intérieur.

Les semis d'automne des céréales d'hiver qui seront récoltées en 1997 sont en cours mais progressent lentement, les agriculteurs manquant de fonds, d'intrants et d'incitations, et les conditions météorologiques étant mauvaises. Au début d'octobre, on a signalé que seuls 20 000 hectares de blé et 7 000 hectares d'orge avaient été semés, contre une superficie estimative de 1,2 million d'hectares de blé et 300 000 hectares d'orge nécessaire pour satisfaire les besoins de consommation intérieure en 1997/98.

CROATIE (4 octobre)

La production de blé de 1996 s'élève, d'après les premières estimations, à 650 000 tonnes, soit quelque 20 pour cent de moins que l'année dernière. La production a été faible à la suite d'une réduction des superficies ensemencées et de rendements inférieurs aux prévisions. Cependant, cette production sera suffisante pour satisfaire les besoins intérieurs de blé pendant la campagne de commercialisation 1996/97 (juillet/juin). Les estimations concernant la récolte de maïs de 1996 ne sont pas encore connues, mais on attend une production satisfaisante malgré les vagues de sécheresse qui ont sévi pendant la période de végétation.

Les semis du blé d'hiver qui sera récolté en 1997 sont en cours. Les superficies ensemencées devraient progresser d'environ 40 pour cent par rapport aux faibles chiffres de l'année dernière, pour atteindre 300 000 hectares environ.

ESTONIE (17 octobre)

La récolte de céréales de 1996 s'établit, d'après les premières prévisions, à 575 000 tonnes, soit 10 pour cent environ de plus que la production de l'année dernière, grâce à des conditions de végétation plus favorables et à de meilleurs rendements. Les superficies ensemencées en céréales d'hiver (principalement céréales vivrières) ont légèrement augmenté, de même que les superficies ensemencées en blé de printemps et légumineuses. Cependant, les superficies ensemencées en céréales vivrières de printemps (essentiellement orge) ont beaucoup baissé. Globalement, les superficies ensemencées en céréales sont tombées à 296 000 hectares, contre 310 000 hectares l'année dernière. La production de légumineuses est accrue pour aider à compenser la carence en protéines des aliments pour animaux.

EX-REPUBLIQUE YOUGOSLAVE DE MACEDOINE (1er octobre)

Les pluies tombées pendant la campagne ayant été suffisantes, on a estimé que la récolte de blé d'hiver de 1996 était moyenne. En revanche, la récolte de maïs a été compromise par les vagues de sécheresse qui ont sévi pendant l'été.

La récente suppression des tarifs douaniers applicables aux échanges avec la République fédérative de Yougoslavie normalisera la circulation vers les principales villes européennes et aura probablement un effet favorable sur l'activité économique du pays et les conditions de vie de la population.

HONGRIE (8 octobre)

D'après les dernières estimations officielles, la récolte céréalière de 1996 est de l'ordre de 10,8 millions de tonnes, soit un peu moins que la récolte de 1995, qui s'élevait à 11 millions de tonnes. La production de blé, principale culture vivrière, a, selon les estimations, fortement baissé pour tomber à 3,9 millions de tonnes, contre 4,6 millions de tonnes l'année dernière, et la production d'orge a également reculé, pour tomber à un peu plus d’un million de tonnes, contre 1,4 million de tonnes en 1995. La baisse de la production de ces cultures serait principalement imputable au mauvais temps au moment des semis de l'année dernière et aux difficultés financières des producteurs. En ce qui concerne la récolte de maïs d'été, l'effet négatif de la disponibilité limitée d'intrants a été plus que compensé par le temps chaud et humide de l’été, qui était favorable et selon les estimations la production de maïs a augmenté pour atteindre 5,4 millions de tonnes, contre 4,6 millions de tonnes l'année dernière.

LETTONIE (17 octobre)

D'après les premières prévisions, la récolte de céréales de 1996 est de l'ordre de 850 000 tonnes, soit quelque 20 pour cent de plus qu'en 1995. Ce chiffre tient à une augmentation à la fois des superficies ensemencées et des rendements moyens, en particulier en ce qui concerne les céréales d'hiver (vivrières).

LITUANIE (21 octobre)

On pense actuellement que la récolte de 1996 va être en forte hausse, et elle est actuellement fixée à 2,5 millions de tonnes. La superficie globale ensemencée en céréales à récolter en 1996 a, selon les estimations, augmenté de 7 pour cent pour atteindre 1,1 million d'hectares. Les superficies ensemencées en céréales d'hiver (vivrières) ont fortement augmenté après l'annonce de prix garantis plus élevés pour les produits agricoles en juillet 1995 et a plus que compensé la baisse des superficies de céréales fourragères de printemps. Les céréales d'hiver en particulier ont bénéficié de bonnes conditions de végétation et on estime que les rendements moyens ont augmenté.

POLOGNE (8 octobre)

D'après les dernières estimations officielles, la récolte de céréales de 1996 est légèrement inférieure au chiffre prévu en août. La production céréalière globale est maintenant fixée à 24,5 millions de tonnes environ, soit 5 pour cent de moins qu'en 1995, mais ce volume reste dans la moyenne des cinq dernières années. Sur ce chiffre total, le blé représente, d'après les estimations, 8,3 millions de tonnes, contre 8,7 millions de tonnes en 1995, tandis que la production de seigle est fixée à 5,8 millions de tonnes, contre 6,3 millions de tonnes l'année précédente.

REPUBLIQUE SLOVAQUE (8 octobre)

On estime que la récolte de 1996 est de l'ordre de 3,3 millions de tonnes environ, soit un chiffre inférieur aux prévisions et à la production de 1995, qui s'élevait à 3,5 millions de tonnes. Les rendements sont inférieurs aux prévisions du fait de conditions météorologiques défavorables pendant toute la campagne. En particulier, les fortes pluies et les averses de grêle qui se sont abattues au moment de la récolte ont infligé des dégâts importants aux cultures et l'humidité a favorisé la propagation des maladies. La production de blé s'établit maintenant, d'après les estimations officielles, à 1,75 million de tonnes, contre plus de 1,9 million de tonnes l'année dernière. Néanmoins, on indique de source officielle que les approvisionnements en blé panifiable seront suffisants pour satisfaire les besoins de consommation intérieure en 1996/97. Toutefois, on prévoit qu'il faudra importer quelque 300 000 tonnes de céréales fourragères.

REPUBLIQUE TCHEQUE (8 octobre)

On estime de source officielle que la récolte de céréales de 1996 est de l'ordre de 6,6 millions de tonnes, soit à peu près le même chiffre que l'année dernière. La production de blé a reculé de 5 pour cent pour tomber à 3,6 millions de tonnes, tandis que la production d'orge est passée à 2,4 millions de tonnes, soit 11 pour cent de plus qu'en 1995.

ROUMANIE (8 octobre)

La production céréalière de 1996 s'établit, d'après les estimations, à 14,4 millions de tonnes, soit près de 30 pour cent de moins que la récolte record de l'année dernière et un chiffre inférieur à la moyenne des cinq dernières années. Cette réduction tient essentiellement aux mauvaises conditions météorologiques du début de l'année qui ont endommagé de façon appréciable les céréales d'hiver qui se développaient. La récolte de blé de 1996 s'établit actuellement, d'après les estimations officielles, à 3,2 millions de tonnes environ, contre 7,7 millions de tonnes en 1995, tandis que la production d'orge a reculé d'environ 0,5 million de tonnes pour tomber à 1,3 million de tonnes. La récolte de maïs d'été est actuellement fixée à 9 millions de tonnes, contre près de 10 millions de tonnes en 1995.

Les semis des céréales d'hiver qui doivent être récoltées en 1997 sont déjà en cours, mais des pénuries de carburant, qui ont déjà compromis la récolte de cette année, continuent à ralentir les opérations agricoles. Si cette situation n'est pas réglée rapidement, les agriculteurs risquent de ne pas parvenir à semer autant que prévu et bon nombre de cultures seront probablement semées après les dates optimales.

SLOVENIE (1er octobre)

Les conditions météorologiques généralement bonnes pendant l'année ont favorisé les cultures de blé d'hiver et de maïs d'été. Les emblavures étant moyennes, la production devrait être normale.

YOUGOSLAVIE, REP. FEDERATIVE DE (SERBIE ET MONTENEGRO)* (4 octobre)

Les dernières estimations officielles de la récolte de blé de 1996 ont été révisées à la baisse et ramenées à 1,5 million de tonnes, soit la moitié du chiffre de 1995 et le volume le plus faible des 25 dernières années. La baisse de la production tient à la réduction des superficies ensemencées, des terres ayant été réaffectées à des cultures plus rentables, et à la baisse des rendements, essentiellement imputable à des pénuries d'intrants agricoles. Malgré la forte baisse, la production de cette année, ainsi que les stocks de report, devraient être suffisants pour permettre de satisfaire les besoins intérieurs de consommation de blé.

La production de maïs s'établit, d'après les prévisions, à 5,1 millions de tonnes, soit un recul de 11 pour cent par rapport à l'année dernière. Malgré une augmentation de 5 pour cent des superficies ensemencées, ces cultures ont été endommagées par une vague de sécheresse pendant l'été. Cependant, la production sera encore suffisante pour satisfaire les besoins de consommation intérieure, ménageant un excédent exportable.

Les semis du blé d'hiver de 1996/97 sont en cours. Après la mauvaise récolte de cette année, les superficies ensemencées prévues ont été fixées à 850 000 hectares, soit une augmentation de 46 pour cent par rapport à la campagne de l'année précédente. Le gouvernement a annoncé qu'il financera les semis de blé de 1997 en grande partie par des contrats de vente du blé à terme.

Les prix du blé et du maïs ont beaucoup augmenté depuis juillet, sous l'effet de la mauvaise récolte de céréales de 1996 et des exportations de blé. Les prix du marché des céréales en septembre étaient supérieurs de 47 pour cent au prix officiel garanti.