Les chiffres dont on dispose sur la production agricole sont contradictoires et les conditions de végétation ont été très inégales. D'après les indications officielles, les superficies ensemencées en blé ont été plus étendues que prévu et les semis de l'ensemble des céréales occupent environ 400 000 hectares. Le temps sec et la grêle ont beaucoup abaissé les rendements du blé d'hiver dans certaines parties de l'est de la Géorgie, tandis que dans d'autres zones, ils ont été excellents. Selon les estimations officielles, la récolte de blé a progressé, pour s'établir à 175 000 tonnes. Les rendements du maïs ont également été compromis dans une certaine mesure. La récolte globale de céréales et de légumineuses de 1996 s'établit, d'après une estimation provisoire de la FAO, à quelque 580 000 tonnes, soit à un chiffre proche de ceux des dernières années, bien inférieur aux 700 000 tonnes prévues en mars en raison d'une mauvaise récolte de maïs.
La consommation de farine de maïs a beaucoup augmenté sous l'effet de la libéralisation des prix du blé en juin 1996 et de pénuries antérieures de blé. Le gouvernement a estimé que les besoins d'importations de céréales pour 1996/97 s'élèvent à 300 000 tonnes de blé, contre 460 000 tonnes environ l'année dernière, importées essentiellement sous forme d'aide alimentaire. Les importations commerciales de farine de blé du secteur commercial privé ont augmenté rapidement et devraient permettre de satisfaire les besoins du marché, qui vont probablement se contracter sous l'effet de la hausse des prix. L'aide alimentaire demeurera nécessaire pour satisfaire les besoins de distribution de secours aux populations les plus vulnérables. Jusqu'ici, les allocations d'aide alimentaire, y compris de report, s'élèvent à 53 000 tonnes. En 1996/97, le pays recevra un appui budgétaire direct de la CE en remplacement de l'aide alimentaire destinée à la monétisation. Le débours de ces sommes est assujetti à la réalisation des réformes du secteur agricole, en particulier la réforme agraire et la privatisation de la chaîne de transformation et de distribution des céréales/du pain.
La reprise économique a commencé, mais le PIB a considérablement baissé pendant les années de troubles civils qui ont conduit le pays au bord de la faillite, laissé une dette énorme, provoqué une crise énergétique persistante et provoqué de surcroît le déplacement de 288 000 personnes à l'intérieur du pays. Etant donné les graves difficultés budgétaires et l'insuffisance de la protection sociale, les salaires officiels très bas et la forte incidence du chômage, 600 000 à 700 000 personnes environ, selon les estimations souffrent d'insécurité alimentaire et ont besoin d'une aide. Il s'agit surtout de personnes déplacées à l'intérieur du pays, de familles hôtes, de mères ayant des enfants en bas âge, de retraités, de personnes handicapées et se trouvant dans des établissements sociaux financés par le budget. Le PAM distribue actuellement 2 200 tonnes par mois à une population visée de 300 000 personnes. Les stocks de report et les annonces d'aide suffisent pour que les distributions du PAM se poursuivent au rythme actuel jusqu'en mai 1997.