Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a estimé récemment la récolte de céréales de la campagne Gu de 1996 à 243 000 tonnes sur 492 000 ha ensemencés. Ce niveau, qui est supérieur de 47 pour cent à celui de la récolte correspondante de 1995, est inférieur toutefois de 37 pour cent à la moyenne des années 1982-88, qui ont précédé la guerre civile. Les résultats nationaux témoignent essentielle-ment d'une amélioration marquée de la production céréalière dans la région de Bay et dans le nord-ouest qui, ensemble, assurent la moitié de la production du pays. Toutefois, d'autres régions ont enregistré une chute de la production due à la sécheresse, aux insectes et/ou aux inondations (notamment le long de la rivière Juba). La production des régions de Gedo, Juba inférieur et Hiran est bien inférieure à celle de l'an dernier et risque d’entraîner de graves déficits alimentaires au cours des mois à venir.
La récolte Der de 1996/97 est estimée provisoirement à 105 000 tonnes, de sorte que la production céréalière totale de la campagne commerciale 1996/97 est évaluée à 348 000 tonnes. Compte tenu du niveau prévu de la production, les importations céréalières nécessaires pour satisfaire les besoins de consommation alimentaire normaux et pour reconstituer modestement les stocks sont estimées à 203 000 tonnes. Les importations commerciales devraient continuer à augmenter pendant l'année, même si Mogadishu et Kismayo demeurent fermées, pour atteindre un montant annuel net de 160 000 tonnes de céréales (riz et blé essentiellement). Les 43 000 tonnes restantes devront provenir de l'aide alimentaire. L'aide alimentaire d'urgence destinée aux régions affectées par les inondations et de mauvaises récoltes pluviales et où le pouvoir d'achat de la population est insuffisant par rapport aux prix élevés est évaluée à 19 000 tonnes, tandis que 24 000 tonnes supplémentaires sont nécessaires sous forme d'aide alimentaire non urgente. Il existe d'importantes possibilités d'utiliser de manière judicieuse l'aide alimentaire pour promouvoir la remise en état des projets de lutte contre les inondations et d'irrigation et la fourniture d'intrants agricoles par le biais de projets de monétisation et de vivres-contre-travail.
Pour l'année en cours, le bétail est généralement considéré dans un état satisfaisant et les disponibilités de produits animaux à des fins alimentaires devraient être favorables.
Les prix du sorgho et du maïs ont diminué sur la plupart des marchés depuis la deuxième moitié du mois d'août grâce à la production accrue de cette année. Malgré l'amélioration prévue des disponibilités alimentaires par rapport à l'an dernier, la situation alimentaire de la Somalie est encore précaire. La récolte "Gu" a diminué dans plusieurs régions. Le pays ne peut pas se passer de niveaux élevés d'importations commerciales et une amélioration continue de la sécurité est nécessaire pour garantir le transfert des vivres des régions excédentaires aux régions déficitaires. La situation est particulièrement critique dans la région du Juba inférieur, où la récolte est mauvaise pour la troisième année consécutive, mais aussi dans les régions de Hiran et Gedo, où la production a considérablement baissé par rapport aux niveaux déjà réduits de 1995.
La situation politique et la sécurité demeurent tendues à Mogadishu et dans les régions du sud. De plus en plus d'incidents violents sont signalés depuis le mois dernier et début octobre, toutes les organisations fournissant des secours ont suspendu leurs opérations non urgentes.