TURKMENISTAN (4 octobre)

Une mission FAO/SMIAR qui s'est rendue dans le pays en septembre a constaté que les politiques actuelles du gouvernement visent à produire rapidement plus de blé, de viande et de lait tout en maintenant la production de coton. Afin de parvenir à l'autosuffisance en blé, les emblavures des céréales ont été portées à près de 700 000 hectares en 1996, contre 187 000 hectares en 1990. La superficie des semis de blé est passée de 60 000 hectares en 1990 à près de 600 000 hectares en 19961/, en partie aux dépens des cultures fourragères et destinées à l'alimentation animale, du coton et des légumes. Les rendements moyens du blé, cependant, ont régulièrement fléchi depuis 1994, des terres marginales supplémentaires étant mises en culture tandis que les investissements dans les machines agricoles, les pièces détachées et les intrants baissaient et que les livraisons obligatoires de la quasi-totalité de la récolte à l'Etat à des prix fixes et bas n'incitaient guère les agriculteurs à accroître les rendements.

En 1996, le rendement moyen du blé a à peu près diminué de moitié, tombant à moins d'une tonne par hectare du fait de l'irrigation insuffisante de cette culture, des semis extrêmement tardifs et du très faible apport d’engrais. La production globale de céréales de 1996 s'établit, d'après les estimations, à près de 650 000 tonnes, contre 1,1 million de tonnes en 1995.

La production de pommes de terre est restée faible, les rendements étant compromis par la mauvaise qualité des pommes de terre de semence. La production de légumes devrait fléchir sous l'effet des bas prix, de l'insuffisance des installations de transformation et d'entreposage et de la perte de marchés d'exportation. Des pénuries aiguës d'intrants et des infestations massives de mouches blanches devraient réduire la récolte de coton, principale culture de rente, dont les recettes servent à financer les importations vivrières.

La productivité animale et la production de viande de porc et d'oeufs ont régulièrement baissé mais globalement, la production de viande et de lait a un peu progressé entre 1990 et 1995 et elle pourrait néanmoins baisser cette année à la suite de la mauvaise récolte.

La situation globale des approvisionnements alimentaires reste difficile en partie du fait du caractère saisonnier et irrégulier de la fourniture d'aliments de base tels que produits laitiers, fruits et légumes. Les salaires sont peu élevés et seule la disponibilité d'aliments rationnés et subventionnés permet de maintenir un niveau minimal de consommation. Dans les zones rurales, la pression des contingents d'achats du gouvernement maintient la consommation à un faible niveau, d'autant plus que les dimensions des parcelles accessoires sur lesquelles on peut pratiquer des cultures vivrières supplémentaires sont réduites (en moyenne 10 mètres sur 15). La consommation par habitant de la plupart des aliments a baissé depuis 1991. Dans l'ensemble, la consommation moyenne des aliments de base semble encore acceptable mais il y a de grandes différences entre les régions, certains produits manquant surtout dans des districts du nord et de la Caspienne. Les enquêtes sur la nutrition ont mis en évidence des carences générales en vitamines et sels minéraux.

En 1996/97, les besoins en céréales s'établissent, d'après les estimations, à 1,26 million de tonnes, dont près de 650 000 tonnes destinées à la consommation humaine, tandis que l'utilisation fourragère et les autres utilisations des céréales devraient baisser de près de 350 000 tonnes pour tomber à quelque 500 000 tonnes, les disponibilités en devises et les contraintes budgétaires limitant la quantité de pain subventionné qui peut être fournie. Face à ces besoins, les ressources intérieures s'établissent, d'après les estimations, à 750 000 tonnes, d’où l’on déduit un besoin minimal d'importation de 510 000 tonnes de céréales. Le volume des importations commerciales de céréales a diminué ces dernières années. Après la mauvaise récolte de blé et dans la perspective d’une mauvaise récolte de coton, le pays a demandé une assistance sous forme de crédits à des conditions de faveur ou d'aide alimentaire (blé).

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1/ Pour la récolte de 1997, l'objectif des superficies ensemencées en blé a été ramené à 400 000 hectares


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