Après le temps sec prolongé de cette année, seuls 13,7 des 14,5 millions d'hectares semés en céréales devraient être récoltés. Compte tenu des résultats récents, les autorités officielles estiment que la récolte de céréales et de légumineuses de 1996 est de l'ordre de 27 millions de tonnes. Cependant, tout laisse penser que les rendements peuvent être sous-estimés de 5 à 10 pour cent car le blé et l'orge de brasserie sont soustraits aux circuits contrôlés par l'Etat.
Selon la FAO, la récolte totale de céréales de l'Ukraine pour 1996 (légumineuses comprises) s'élève à 29,4 millions de tonnes, dont 16 millions de tonnes de blé, 12 millions de tonnes de céréales secondaires et 1,3 million de tonnes de légumineuses, contre 35 millions de tonnes en 1995 (estimation FAO). La baisse des rendements du blé a été presque compensée par l'extension des superficies ensemencées et par le fait que des dégâts moindres ont été provoqués par le gel et on estime que la production de blé n'a que légèrement baissé par rapport à 1995. Le recul de la production de céréales secondaires, en particulier l'orge, a été beaucoup plus marqué - près de 30 pour cent - car, à la réduction des superficies, vient s’ajouter une baisse des rendements. Les superficies ensemencées en pommes de terre et en tournesol ont progressé, mais les conditions de végétation n'ont pas été favorables à ces cultures.
La réduction de la production de 1996 tient aux conditions de végétation défavorables cette année, le temps chaud et sec du printemps et de l'été ayant compromis le remplissage des grains des céréales d'hiver et l'implantation et le développement des cultures de printemps, en particulier dans les oblasts du sud et de l'est, où des superficies plus vastes que l'année dernière ont été touchées par la sécheresse. Les rendements dans les régions du centre et du nord ont aussi fléchi, mais pas autant. Les faibles apports d'intrants tels qu'engrais et produits phytosanitaires ont également eu une incidence sur les rendements.
Les grands élevages sont restés généralement peu rentables et les effectifs des troupeaux (en particulier de bovins) ont été considérablement réduits ces deux dernières années. Entre 1991 et 1996 (1er janvier), le nombre d'animaux a baissé de près de 30 pour cent pour les bovins et les porcins et d'environ 50 pour cent pour les ovins, les caprins et la volaille. D'après les indications dont on dispose, il y a eu un fléchissement considérable de la production de viande, de lait et d'oeufs qui s’est poursuivi en 1996 également.
L'utilisation intérieure de céréales a beaucoup reculé ces dernières années, essentiellement sous l'effet d'une baisse de la consommation de céréales fourragères. Les stocks, en particulier de blé, restent abondants, compte tenu de la politique mise en oeuvre par le gouvernement pour maintenir des stocks abondants et limiter les possibilités d'exportation, en particulier de blé et de farine, hors de la CEI pour des raisons d'infrastructure et de qualité. Malgré cela, le pays est devenu exportateur net de céréales en 1995/96, n'important que 200 000 tonnes de céréales et exportant un volume estimatif de 1,2 million de tonnes de blé (essentiellement sous forme de farine) et de près d'un demi million de tonnes de céréales secondaires vers d'autres pays de la CEI. En 1996/97, malgré la mauvaise récolte, le pays devrait encore exporter près d’un million de tonnes de céréales, surtout du blé. La récente adoption, par la Russie, de tarifs douaniers pour les importations de farine et d'autres denrées alimentaires en provenance de l'Ukraine pourrait, cette année, réduire les échanges commerciaux avec ce pays.
Mis à part le maïs, la récolte de la plus grande partie des céréales de 1996 est pratiquement terminée dans la Communauté. La production globale de céréales devrait s'élever, d'après les prévisions de la FAO, à 204 millions de tonnes, soit 24 millions de tonnes de plus que l'année dernière et un chiffre bien supérieur à la moyenne des cinq dernières années. L'augmentation est principalement attribuée à l'expansion des superficies ensemencées faisant suite à l'assouplissement des restrictions concernant la mise hors culture des terres et aux bons rendements obtenus grâce à des conditions météorologiques généralement favorables. La production de blé s'établit, d'après les estimations, à 98,7 millions de tonnes, soit 12 pour cent de plus qu'en 1995, la production d'orge, à 52,1 millions de tonnes, soit 19 pour cent de plus que l'année précédente et la récolte de maïs d'été devrait être en hausse de 10 pour cent pour s'établir à 33,6 millions de tonnes. La plus grande partie de l’augmentation est le fait des principaux producteurs de la Communauté - France, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne - en particulier cette dernière, où on estime que cette année, la récolte de céréales a presque doublé par rapport à celle de 1995, qui avait été réduite par la sécheresse. Les semis des céréales d'hiver qui doivent être récoltées en 1997 sont en cours dans toute la Communauté et les superficies pourraient augmenter, le taux obligatoire de gel des terres ayant été ramené à 5 pour cent pour 1997. On signale que le temps humide compromet quelque peu les travaux des champs dans les pays du nord, mais fournira aux sols une humidité bénéfique pour la germination des cultures déjà en terre et de celles qui ne sont pas encore semées.