EVALUATION PRELIMINAIRE DE LA PRODUCTION
CEREALIERE DE 1996 EN AFRIQUE DE L’OUEST

Système mondial d'information et d'alerte rapide

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Rapport final - FAO Rome, novembre 1996


NOTE: Le présent rapport est préparé sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir de renseignements fournis par des sources officielles et officieuses. Les conditions pouvant évoluer rapidement et les renseignements ne reflétant pas toujours l'état actuel de la situation, il convient de demander de plus amples renseignements avant de prendre des mesures quelconques. Aucun des rapports ne doit être considéré comme représentant l'exposé du point de vue du gouvernement intéressé.

Pour toute demande de renseignements, prière de s'adresser à M. Abdur Rashid, Chef, Service Mondial d'Information et d'Alerte Rapide, Division des Produits et du Commerce International (ESC), FAO, Rome (télex: 610181 FAO I; Télécopie directe du SMIAR: (39)-6-5225-4495, E-mail: Internet [email protected]). Ce document est aussi disponible en anglais.



I. INTRODUCTION

Le présent document donne une évaluation préliminaire des récoltes céréalières de 1996 dans les neuf pays membres du CILSS [/ CILSS: Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel. Les neuf Etats Membres sont les suivants: Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.] . Il est établi à partir des renseignements dont disposait le Système Mondial d'Information et d'Alerte Rapide sur l'alimentation et l'agriculture (SMIAR) au début de novembre 1996, et, pour les pays du CILSS, sur des estimations de la production fournies par les services nationaux, examinées et étudiées par les missions d'évaluation des récoltes qui ont été organisées durant la deuxième quinzaine d’octobre dans les neuf pays du CILSS. Ces missions comprenaient des experts et consultants du SMIAR, du projet Diagnostic Permanent (DIAPER) du CILSS et du Centre Agrhymet de Niamey, sauf en Gambie ou seule la FAO/SMIAR a participé à la mission. Ces missions ont collaboré étroitement avec les services nationaux des statistiques agricoles chargés de la collecte et de l'analyse des données de la production des céréales, avec les services techniques de la météorologie, de la protection des végétaux, de l'hydrologie et avec, s'ils existent, les systèmes nationaux d'alerte rapide (SAP) et/ou d'information sur les marchés (SIM). Les missions ont également rencontré les représentants des principaux bailleurs de fonds. Pour ces évaluations, la FAO et le CILSS ont coopéré étroitement, tant sur le terrain qu'au niveau central, et les chiffres de ce rapport ont fait l'objet d'un accord général des deux secrétariats.

Ces chiffres ont été présentés et discutés lors de la réunion annuelle du "Réseau de Prévention des Crises Alimentaires au Sahel" organisée par le Club du Sahel et le CILSS organisée cette année les 28 et 29 novembre à Rome, à l’invitation de la FAO.

Au moment des missions d'évaluation, les récoltes des cultures pluviales étaient en cours ou presque terminées dans la plupart des pays. Le mil précoce et le maïs avaient généralement déjà été moissonnés mais les variétés de céréales à cycle long et les cultures semées tardivement étaient en train de mûrir ou sur le point d'être récoltées dans certaines zones, tandis que les cultures irriguées étaient moins avancées. Le repiquage du riz se poursuivait dans les mangroves et les bas-fonds de Guinée-Bissau et du sud Sénégal. Les semis des cultures de décrue étaient en cours et se poursuivront jusqu'à fin novembre. Les prévisions contenues dans ce rapport sont donc préliminaires et susceptibles d'être révisées ultérieurement au fur et à mesure que des informations plus précises parviendront sur les récoltes de ces cultures.


II. RESUME

Des récoltes moyennes à supérieures à la moyenne sont prévues en 1996 dans la plupart des pays du Sahel. Malgré des périodes sèches dans plusieurs pays en juin ou juillet, les conditions de croissance des cultures ont été généralement satisfaisantes dans la deuxième partie de la saison agricole (août-septembre) et les attaques par les déprédateurs sont restées relativement limitées durant l'hivernage. De ce fait, de bonnes récoltes sont attendues dans tous les pays du CILSS sauf au Cap-Vert et au Tchad.

La production céréalière totale des neuf pays membres du CILSS en 1996 a été estimée par les missions FAO/CILSS d'évaluation des récoltes à 9.4 millions de tonnes, ce qui est supérieur de 3 pourcent par rapport à 1995 et de 1,5 pourcent par rapport à la moyenne des 5 dernières années mais en baisse de 6 pourcent par rapport à la production record de 1994. Des productions supérieures à la moyenne sont attendues en Mauritanie, au Niger et au Sénégal. Elles sont proches de la moyenne au Burkina Faso, au Mali et en Gambie et inférieures à la moyenne au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et au Tchad.. La production a nettement augmenté par rapport à 1995 au Burkina Faso et au Niger. Elle est restée proche de 1995 en Gambie, au Mali et au Sénégal. La production a baissé par rapport à 1995 en Mauritanie, en Guinée-Bissau et au Tchad. Une récolte très faible est attendue au Cap-Vert.

Suite à plusieurs années de relativement bonnes récoltes, la situation des approvisionnements alimentaires devrait donc rester globalement satisfaisante dans l'ensemble en 1996/97. Cependant, certaines régions ont connu de mauvaises récoltes, en particulier dans le nord du Tchad et dans certaines zones du Mali, de la Mauritanie ou du Niger, traditionnement déficitaires.


III. RECOLTES CEREALIERES DE 1996 DANS LES PAYS DU CILSS



(i) Facteurs influant sur la production de 1996


(a) Pluviométrie

La saison des pluies 1996 a été marquée par une grande variabilité spatiale et ceci a eu pour conséquence générale des pluies souvent localisées. Le cumul pluviométrique saisonnier du 1er mai au 30 octobre montre une valeur proche de la normale dans presque tous les pays du Sahel. Dans certaines régions il a été supérieur à la normale mais dans les îles du Cap Vert, en Mauritanie, dans le nord et le centre du Sénégal et dans l’ouest du Niger, le cumul a en général été déficitaire. Dans ces zones, la variabilité des pluies n’a pas favorisé le bon développement des cultures.

Au Burkina Faso, la saison des pluies a démarré en avril. En Guinée Bissau, au Mali, dans l’extrême sud du Niger et dans le sud du Tchad, le démarrage a eu lieu en mai. Les premières pluies ont été enregistrées début juin au sud du Sénégal et en Gambie, et à la mi-juin en Mauritanie. Les précipitations sont restées au-dessous de la normale jusqu’à la fin du mois de juillet et ont sensiblement augmenté en août sur les principales zones de production assurant une bonne distribution des pluies et une amélioration des conditions de croissance des cultures dans l’ensemble des pays. Les précipitations sont restées généralement adéquates dans les principales zones de production jusqu’à la première décade de septembre. Les pluies ont ensuite diminué sensiblement en restant toutefois bien réparties sauf dans le nord et le centre du Sénégal, en Mauritanie et à l'ouest du Niger.

(b) Superficies ensemencées et disponibilités en semences

Seuls quelques pays sahéliens entreprennent une enquête agricole sur les superficies ensemencées. D'après les premières indications, suite aux bonnes conditions pluviométriques, les superficies ensemencées en céréales sont restées proches des niveaux de 1995. Elles ont augmenté dans certaines régions marginales où les bonnes pluies ont permis d'ensemencer des superficies habituellement non cultivées. Des superficies importantes de rizières ou d'aménagements hydro-agricoles n’ont par contre pas pu être cultivées cette année sur les bords du lac Tchad. En revanche, des inondations dans le sud du Tchad ont empêché la mise en culture de certains bas-fonds ou aménagements hydro-agricoles, notamment pour le riz et le sorgho.

Les disponibilités globales en semences ont été dans l'ensemble suffisantes dans la plupart des pays. L’irrégularité ou l’arrêt des pluies suite aux semis en juin ou juillet dans plusieurs pays ont entrainé un stress hydrique sur les jeunes plants ou des pertes de semis et ont donc nécessité des resemis, notamment au Burkina Faso qui a enregistré un longue période sèche en juin.

(c) Criquets pèlerins, sauteriaux et autres déprédateurs

- Criquets pèlerins

En Afrique de l'Ouest, les infestations de criquets pèlerins ont surtout été présentes en Mauritanie en 1996. Des essaims d’adultes immatures ont commencé à sortir des zones de reproduction printanière, du nord-ouest de la Mauritanie et du sud du Maroc, à la fin du mois d’avril, et ont atteint le centre de la Mauritanie en mai, et le sud-est à la fin du mois de mai. Quelques essaims ont continué vers le nord du Sénégal et l’ouest du Mali, où ils se sont probablement dispersés, n’étant plus présents alors que les pluies d’été n’avaient pas encore commencé. Un essaim a été vu dans le nord du Burkina Faso. Durant le mois de mai, d’autres adultes et un petit nombre d’essaims ont également migré vers le nord du Mali et vers le Niger, à partir du nord-ouest de l’Afrique. Un petit nombre d’adultes et de petits essaims ont été vus dans le nord-est du Niger vers le milieu du mois. Des éclosions et des formations de bandes larvaires se sont produites dans le nord du Mali, de la fin du mois de mai à la moitié du mois de septembre, et ont été suivies par une seconde reproduction, ayant produit des bandes larvaires durant le mois de novembre.

Un autre mouvement d’essaim s’est produit, partant à la fin du mois de juillet du nord-ouest de l’Afrique, et se déplacant vers le centre et l’ouest de la Mauritanie en août. Dans un premier temps, les essaims ont pondu des oeufs au sud d’Aioun et dans le sud-ouest, à la fin du mois de juillet, et ceux-ci ont éclos durant la première moitié du mois d’août. Des pontes et des éclosions beaucoup plus nombreuses se sont produites, continuant durant le mois d’août (souvent indétectées) et au début du mois de septembre. Les bandes larvaires formées dans le sud-ouest durant le mois de septembre ont commencé à effectuer leur dernière mue imaginale (formation des jeunes ailés) vers le milieu du mois, formant ainsi de nouveaux essaims. Les essaims produits durant l’été se sont déplacés vers le nord, dans les régions côtières et l’ouest de la Mauritanie, au début du mois d’octobre. Certains ont continué plus loin vers le nord jusqu’à Inchiri et le sud-ouest du Maroc, où ils ont été signalés pour la première fois le 25 du mois. Les essaims les plus vieux étaient mâtures et ont pondu leurs oeufs près de Nouakchott au début du mois d’octobre. Les éclosions ont commencé au milieu du mois et de nouvelles bandes se sont formées jusqu’à la moitié du mois de novembre. Vers le milieu du mois d’octobre, la plupart des larves produites durant l’été avaient effectué leur dernière mue imaginale. Ces oeufs, éclos durant la première moitié du mois d’août près de Aioun, peuvent avoir évolué en bandes larvaires et produit de nouveaux essaims, qui sont peut-être ceux qui ont été vus migrant au nord-ouest à partir de cette zone, à la fin du mois d’octobre.

- Sautériaux

Plusieurs pays ont connu des infestations localisées de sautériaux, notamment le Burkina-Faso, le Cap-Vert, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Des traitements importants ont été entrepris au Niger. Ailleurs, l'abondance de la végétation naturelle a évité que les sauteriaux ne se concentrent sur les cultures.

- Autres ravageurs

Diverses attaques d'insectes ont été signalées, notamment de cantharides au Burkina Faso, au Sénégal et au Tchad. Des oiseaux granivores ont également été signalés en Gambie, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad.



(ii) Conditions météorologiques et suivi des cultures en 1996

Outre ses sources classiques d'information, le SMIAR utilise des données pluviométriques recueillies par les stations météorologiques ainsi que les données fournies par deux types de satellites pour suivre l'évolution des cultures dans la région et établir des prévisions de la production agricole.

Par l'intermédiaire du Système ARTEMIS installé dans son Centre de télédétection, la FAO produit pour l'ensemble de l'Afrique des images satellitaires décadaires et mensuelles sur la durée de présence des nuages à sommets froids, le nombre de jours de pluies, les estimations de pluviométrie et sur les indices de végétation (NDVI). Les images de durée de présence des nuages à sommets froids, qui comptabilisent la durée de présence des systèmes nuageux pluviogènes sont produites à partir des données transmises en temps réel par le satellite européen géostationnaire METEOSAT. A partir de ces informations, sont aussi établies des cartes décadaires et mensuelles du nombre de jours de pluies et des estimations de la pluviométrie. Les images des indices de végétation, qui donnent une indication sur la biomasse photosynthétiquement active, sont produites à partir des données transmises par les satellites américains NOAA.

Le SMIAR a accès aux séries historiques du Système ARTEMIS. Ces séries historiques comprennent des cartes d'indices de végétation remontant jusqu'à 1981. Les cartes établies à partir du satellite METEOSAT existent depuis août 1988. Ces séries historiques permettent de comparer la situation actuelle avec les années antérieures et fournissent une analyse plus complète dans l'espace et plus rapidement disponible que les informations provenant du terrain.

Dans la planche 1 sont présentées les cartes de durée de présence des nuages à sommets froids pour les mois de mai à septembre 1996. On peut voir que la durée de présence des nuages à sommets froids et, partant, la quantité de pluies reçues, a été la plus élevée pendant les mois de juillet et août. On note bien la forte baisse des pluies durant l’ensemble. Par comparaison avec la durée de présence des nuages à sommets froids pour la période mai-septembre 1995 on peut voir que les pluies ont été plus abondantes en juillet et août sur le sud-ouest du Tchad et moins importantes en septembre sur le centre et le nord du Sénégal.

Vous pouvez télécharger le film de la saison agricole en Afrique de l'Ouest (durée décadaire de présence des nuages à sommets froids de janvier à novembre 1996).

La planche 2 présente une évaluation de la saison agricole 1996 basée sur une classification selon l'évolution de la durée mensuelle des nuages à sommets froids comparée à la moyenne 1989-94. La zone du CILSS a ainsi été divisée en 6 classes. Chaque classe, identifiée par une couleur, correspond à un comportement type de l'hivernage 1996 par rapport à la moyenne. En gris (classe 1), la saison 1996 ne diffère pas beaucoup de la moyenne. En jaune (classe 2), la saison des pluies a connu un bon démarrage, un milieu de saison moins pluvieux, mais s'est améliorée par la suite. Dans les zones en rouge (classe 3), la présence des nuages et les pluies ont été particulièrement précoces mais ont nettement diminué en juin, retrouvant de bons niveaux en fin de saison. Les classes 4 et 6 (bleu et brun) correspondent aux régions ayant connu globalement une bonne saison des pluies; la classe 5 (vert) a connu des valeurs faibles de durée de présence des nuages à la mi-juin et la mi-juillet mais des valeurs élevées début juillet et en août.

L’analyse dans différentes zones du Sahel de l’évolution des occurrences des nuages à sommet froid obtenues par l’analyse des images du satellite METEOSAT et donc, par extrapolation, des pluies reçues, permet d’observer le profil de la saison des pluies en comparaison avec la moyenne sur plusieurs années (1989-1995). Il convient de noter que cette moyenne correspond à une série d’années relativement favorables du point de vue agroclimatique. Cette observation peut se faire avec les valeurs décade par décade ou bien avec les valeurs cumulées au fil de la saison. Dans l’ensemble, on constate que le cumul en fin de saison est souvent supérieur à la moyenne. Pour plusieurs pays, notamment le Burkina Faso et le Niger, la courbe 1996 est supérieure à celle de la moyenne en début de saison, indiquant que la saison des pluies a démarré de manière précoce.

Les graphiques des pages 9 et 11 montrent l’évolution de la situation sur certaines régions ayant rencontré des accidents climatiques. Dans le sud-est de la Mauritanie (graphiques 1), la courbe 1996 est assez proche de la moyenne sauf durant les première et deuxième décades de septembre. Au centre du Sénégal (graphiques 2), la période sèche enregistrée à la mi-septembre est également très visible (valeur nulle des valeurs décadaires et palier vertical sur la courbe des cumuls). Au centre du Mali (graphiques 3), on observe un décalage de la saison des pluies d’environ une décade dans le temps et des valeurs cumulées qui sont restées toujours inférieures à la moyenne. Au centre du Burkina Faso (graphiques 4), la période sèche du mois de juin est bien marquée mais les bonnes pluies du début de saison ou à partir de juillet ont permis de garder un cumul nettement supérieur à la moyenne. Au centre du Niger (graphiques 5), la courbe très irrégulière pour 1996 montre l’irrégularité des pluies en juillet et août mais aussi les bons niveaux de pluies reçus en début ou fin de saison. Au nord-est du Tchad (graphiques 6), les pluies inférieures à la moyenne en juillet-août sont bien visibles. Les meilleures pluies de septembre ont permis au cumul de repasser au-dessus des valeurs moyennes en fin de saison. Dans le sud-ouest du Tchad (graphiques 7), les pluies sont restées pratiquement toujours supérieures à la moyenne, ce qui se traduit par un cumul nettement supérieur à la moyenne en fin de saison.



(iii) Prévisions préliminaires de la production céréalière des pays du CILSS

Durant la deuxième quinzaine d'octobre, une série de missions conjointes FAO/CILSS d'évaluation des récoltes effectuées conjointement dans chaque pays de la sous-région par la FAO et le CILSS (à l'exception de la Gambie où seule la FAO a participé à la mission) a permis d'analyser le déroulement de la saison agricole 1996 et les premières estimations de production des céréales préparées par les services nationaux de statistiques agricoles.

La production de céréales des neuf pays du CILSS en 1996 est estimée provisoirement à 9,4 millions de tonnes, soit 3 pourcent de plus qu'en 1995 et 1.5 pourcent de plus que la moyenne 1990-1995. L'évolution de la production par pays depuis 1987 est donnée dans le tableau suivant:

Tableau 1:Pays du CILSS - Productions céréalières 1988-1995 et premières prévisions pour 1996 (production brute en milliers de tonnes, le riz étant exprimé en paddy)

Pays
Production céréalière
Prévisions préliminaires pour 1996
1996/
1990-95 (%)
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
Burkina Faso
2 073
1 952
1 518
2 455
2 477
2 557
2 492
2 308
2 461
100
Cap-Vert
17
10
11
8
10
12
3
8
1
12
Gambie
100
97
90
111
96
104
106
103
104
100
Guinée-Bissau
147
149
169
180
171
180
190
201
174
94
Mali
2 196
2 155
1 771
2 414
1 809
2 228
2 457
2 189
2 193
99
Mauritanie
173
183
103
104
94
162
200
220
208
133
Niger
2 399
1 843
1 476
2 468
2 359
1 803
2 438
2 056
2 326
104
Sénégal 1/
867
1 067
950
970
856
1 134
964
1 093
1 095
110
Tchad
808
617
601
812
977
617
1 175
908
841
94
TOTAL 2/
8 800
8 100
6 700
9 500
8 800
8 800
10 000
9 100
9 400
101

Source: FAO/CILSS
Note: Les récoltes records sont soulignées.
1/ Pour 1993, le chiffre est basé sur une estimation faite par les services statistiques mais pas sur une enquête.
2/ Les totaux ont été arrondis.

Ces chiffres doivent être considérés comme préliminaires car les enquêtes ont été généralement préparées avant la fin de la récolte et comprennent des prévisions pour les cultures de décrue et de contre-saison. Dans certains pays la saison des pluies s'est terminée avec des pluies relativement importantes en octobre, ce qui a permis d'améliorer les rendements mais a pu aussi poser des problèmes au moment de la maturation ou des récoltes. Ces estimations sont donc susceptibles d'être revues dans les prochains mois mais il est peu probable qu'apparaisse un changement dans la tendance générale, à savoir une production globale supérieure à la moyenne dans les pays du CILSS.

La production céréalière totale des neuf pays membres du CILSS en 1996 a été estimée par les missions FAO/CILSS d'évaluation des récoltes à 9.4 millions de tonnes, ce qui est supérieur de 3 pourcent par rapport à 1995 et de 1,5 pourcent par rapport à la moyenne des 5 dernières années mais en baisse de 6 pourcent par rapport à la production record de 1994. Des productions supérieures à la moyenne sont attendues en Mauritanie, au Niger et au Sénégal. Elles sont proches de la moyenne au Burkina Faso, au Mali et en Gambie et inférieures à la moyenne au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et au Tchad.. La production a nettement augmenté par rapport à 1995 au Burkina Faso et au Niger. Elle est restée proche de 1995 en Gambie, au Mali et au Sénégal. La production a baissé par rapport à 1995 en Mauritanie, en Guinée-Bissau et au Tchad. Une récolte très faible est attendue au Cap-Vert.

La répartition par type de céréales est donnée pour chaque pays dans le tableau no 2.

Tableau 2: Pays du CILSS - Prévisions préliminaires de la production 1996 des différentes céréales (production brute en milliers de tonnes)

Pays
Mil
Sorgho
Maïs
Riz (paddy)
Blé
Autres 1/
Total 2/
Burkina Faso
785
1 314
223
124

16
2 462
Cap-Vert
-
-
1
-
-
-
1
Gambie 3/
61
10
8
25
-
-
104
Guinée-Bissau
21
22
9
120
-
1
173
Mali 4/
766
570
248
586
10
13
2 193
Mauritanie
8
114
5
81
-
-
208
Niger
1 832
425
13
52
3
-
2 325
Sénégal 5/
656
149
106
180
-
4
1 095
Tchad
239
362
60
87
1
92
841
TOTAL 2/
4 368
2 966
673
1 255
14
126
9 402

Source: FAO/CILSS
1/ Y compris fonio, berbéré et cultures de décrue au Tchad.
2/ Totaux arrondis.
3/ Estimations de la mission FAO.
4/ Non compris cultures de contre-saison.
5/ Y compris estimations pour cultures de décrue.



(iv) Résumé par pays


Burkina Faso :

La saison hivernale a démarré avec des précipitations significatives au cours du mois d’avril dans les zones sud, sud-ouest et ouest du pays, notamment dans la région de Gaoua. Les pluies se sont poursuivies pendant le mois de mai dans la quasi-totalité de la partie sud du pays. En première décade de juin, les pluies se sont étendues dans la moitié nord du pays. Par contre, durant la deuxième décade, les pluies sont devenues plus rares sur l’ensemble du pays. Cette situation de récession pluviométrique s’est maintenue au cours de la troisième décade au nord d’un axe Bobo Dioulasso/Fada N’Gourma. En-dessous de cet axe, il a été noté une reprise d’une bonne pluviosité, notamment au niveau des régions de Gaoua et de Bobo Dioulasso. En juillet, les pluies ont couvert l’ensemble du pays et se sont poursuivies jusqu’à la deuxième décade d’octobre. Au 20 octobre 1996, le cumul pluviométrique était en géneral proche ou supérieur à la moyenne pluri-annuelle 1961-1990 sauf à Dori.

Les semis ont démarré pendant la troisième décade de mai dans la moitié sud du pays puis se sont intensifiés au cours du mois de juin. La pause pluviométrique qui a prévalu au cours des deux dernières décades du mois a occasionné des pertes de semis dans plusieurs régions notamment celles de Dédougou, Dori, Ouagadougou et Ouahigouya. Des resemis ont pu être effectués dans ces zones durant la première décade de juillet. Dans certains cas, ils se sont étalés jusqu’au mois d’août. Suite au retour des précipitations en juillet, les cultures ont continué à bénéficier d’apports hydriques favorables à leur développement dans l’ensemble de la zone agricole, sauf dans la région de Dori, avec une bonne répartition des pluies dans le temps et dans l’espace de juillet jusqu’à la fin de la saison. Les besoins en eau des cultures ont donc été convenablement couverts.

La situation phytosanitaire est restée globalement calme, malgré des cas d’apparitions de cantharides en août dans les champs de cultures en inflorescence, de sautériaux dans certaines localités de l’Oudalan et de mildiou dans la partie nord du pays. Mais ces attaques ont été sans gravité. Au cours du mois de septembre, des éclosions d’acridiens ont été signalées dans l’est, le centre-nord, le nord et la boucle du Mouhoun, mais n’ont pas occasionné de dégâts importants. Les problèmes d’alimentation et d’abreuvement des animaux ont été relativement mineurs, les pâturages ont été abondants, et, d’une manière générale, l’état physique et d’embonpoint des animaux est satisfaisant partout dans le pays.

La production céréalière de 1996 a été estimée à 2.461.000 tonnes de céréales soit un niveau proche de la moyenne des cinq dernières années mais supérieur à celui de la campagne passée (+7 pourcent). Cette augmentation significative de la production serait consécutive à une augmentation simultanée de la production de toutes les cultures, particulièrement la riziculture pour laquelle il est attendu une hausse de 48 pourcent par rapport à la campagne 95/96 et une hausse de 118 pourcent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La production prévisionnelle de mil est haussée de 7 pourcent, celle de sorgho de 4 pourcent et celle de maïs de 5 pourcent. Sur le plan géographique, la production a augmenté dans 21 provinces sur 30 par rapport à l’année 1995, en particulier dans la Comoé, le Passoré, le Sourou et le Yatenga où des haussent de plus de 25 % ont été enregistrées. En revanche, la production a baissé de plus de 10 % dans 5 provinces, notamment dans le Nahouri, le Séno et la Sissili.

Consulter les informations de base sur ce pays


Cap-Vert :

Les premières précipitations ont touché l’ensemble des îles de l’archipel à la fin du mois de juillet. Elles ont été significatives seulement dans les îles du nord et celle de Fogo où la saison agricole a pu effectivement démarrer avec les premières levées des semis de maïs et de haricot. Sur l’île de Santiago l’hivernage s’est réellement installé au cours des premiers jours du mois d’août. Les jeunes plantules ont connu des conditions hydriques de levée satisfaisantes. Par la suite, sur l’ensemble des îles à vocation agricole (Santiago, Fogo, Santo Antao, San Nicolau), les pluies ont été peu nombreuses et faibles en deuxième décade puis plus importantes en fin de mois et au début de septembre. Les plantes ont pu se développer de manière satisfaisante. Toutefois, localement dans les zones semi-arides, le maïs a connu un retard de développement. A partir de la deuxième décade du mois de septembre, les conditions hydriques se sont nettement dégradées. Les précipitations ont été faibles dans l’île de Santiago et Santo Antao, légèrement supérieures à Fogo mais limitées à quasiment un seul jour de pluie (le 15/09/96).

Les cultures ont ainsi connu des conditions d’alimentation hydrique particulièrement sévères conduisant au flétrissement quasi permanent des pieds de maïs et à l’arrêt de croissance du haricot. C’est en deuxième décade d’octobre que quelques pluies ont été enregistrées sur les îles de Santiago et Fogo, mais celles-ci ont été faibles et les cultures étaient dans un état de flétrissement irréversible. Les rendements du maïs sont nuls dans l’ensemble des îles et des zones à vocation agricole sauf dans certaines zones sub-humides et humides ainsi que dans la zone semi-aride de Boavista, quelques épis on pu être observés mais les rendements demeurent malgré tout très faibles. Concernant le haricot, les plants sont encore verts mais peu développés et déjà attaqués par les sautériaux.

Des éclosions larvaires de criquet sénégalais (Oedaleus Senegalensis) ont été observées dans toutes les îles agricoles; mais c’est surtout dans les îles de Fogo et de Santiago que les attaques ont été les plus importantes. A Santo Antao, le maïs a été attaqué par les iules. Dans les îles du sud, ont été également observées des attaques de sautériaux sur le haricot.

Le niveau de stress observé a conduit à des rendements nuls dans presque toutes les zones semi-arides et sub-humides.

La production agricole en 1996 est donc estimée à 1 019 tonnes soit une forte baisse (88 pourcent) par rapport à la campagne précédente et donc un niveau très inférieur à la normale.

Consulter les informations de base sur ce pays


Gambie :

Les premières pluies sont tombées durant la dernière décade de mai. La saison agricole a été fortement retardée à cause des pluies erratiques et des périodes de sécheresse ayant eu lieu dans la plus grande partie du pays. De plus, la Upper River Division et les régions côtières ont enregistré, durant la dernière décade de juillet et le mois d’août, de lourdes averses qui ont provoqué des inondations, du ruissellement et de l’érosion du sol, entraînant de sérieuses pertes culturales (notamment le maïs) dans ces régions. Au 10 octobre, le cumul des pluies était inférieur à celui de l’année précédente, mais supérieur à la normale.

D’après les estimations préliminaires, les surfaces cultivées en mil et en riz ont augmenté respectivement de 7 et 6 pourcent par rapport à l’année dernière, tandis que les surfaces cultivées en sorgho et maïs ont diminué de 17 et 18 pourcent, à cause de l’abandon des champs de maïs et de l’extension des campagnes encourageant les fermiers de tout le pays à cultiver le mil en priorité. A cause des pluies tardives, les pâturages se sont développés très tard, et jusqu’à la fin du mois de juillet, il n’y avait pas assez d’herbe. A l’inverse, les sécheresses intermittentes ont provoqué l’apparition de nombreuses chenilles défoliatrices dans la Western Division, la North Bank Division, et dans des parties de la Lower River Division, mais globalement la situation relative aux déprédateurs n’a pas créé de contraintes sérieuses durant cette saison.

La production totale de céréales est estimée à 104 100 tonnes, contre 103 300 tonnes l’année dernière, soit 1% d’augmentation. Les céréales secondaires ont diminué de 1% (78 700 tonnes contre 79 500 tonnes), tandis que le riz paddy a progressé de 6% (25 400 tonnes contre 23 800 tonnes). Globalement, la situation alimentaire est satisfaisante dans tout le pays, excepté dans la Upper River Division, où, à cause d’un excès de pluies, les champs de maïs et le cheptel ont été sérieusement affectés.

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Guinée-Bissau :

Les premières pluies ont été enregistrées dès la deuxième décade du mois de mai dans les parties sud et est du pays, suivies d’une pause qui s’est étalée jusqu’à la deuxième décade de juin. La situation ne s’est normalisée que durant la troisième décade de juin. La pluviométrie du mois de juillet, bien que déficitaire par rapport à la moyenne pluri-annuelle 1961-1990, était suffisante pour couvrir les besoins en eau des cultures semées au cours du mois de juin. Ces conditions hydriques favorables se sont maintenues durant les mois d’août et septembre au cours desquels ont été enregistrées des pluies satisfaisantes, régulières et bien réparties dans le temps et dans l’espace. Toutefois, des cas d’inondation ont été signalés à la même période à l’est du pays. A la fin septembre, le cumul pluviométrique était globalement déficitaire par rapport à celui de 1995. Toutefois, au cours du mois d’octobre, de fortes pluies ont été reçues dans l’ensemble du pays, ce qui a permis de résorber les déficits pluviométriques des mois écoulés.

Les semis se sont généralisés durant la troisième décade de juin, après la sécheresse de début de saison observée entre la deuxième décade de mai et la deuxième décade de juin. Ce démarrage tardif de la campagne s’est traduit par un étalement parfois important des travaux de mise en place des cultures de riz. Pour les cultures sèches (maïs, mil, sorgho et fonio), la campagne s’est déroulée sans grande perturbation des calendriers culturaux.

D’une façon générale, la situation phytosanitaire a été calme. Toutefois, quelques parasites ont fait leur apparition en certains endroits du pays. En juin, et jusqu’à la mi-juillet, des insectes ont endommagé les céréales et causé des pertes de semis. Au mois de juillet, des infestations de sautériaux ont été constatées dans les jachères et sur le mil dans les régions de Bafata et Gabu. Le riz de bas-fond a également subi des attaques d’insectes.

La production céréalière en 1996 est estimée à 174 000 tonnes. La production céréalière de la campagne agricole 1996 serait ainsi inférieure de 6 pourcent à la moyenne des cinq dernières années et de 13 pourcent par rapport à la campagne passée. Mais, compte tenu de modifications intervenues au niveau de la méthodologie et du traitement des données, les résultats de cette année ne peuvent être comparés à ceux des autres campagnes qu’avec circonspection.

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Mali :

Dans l’ensemble, la pluviométrie a été bonne et bien répartie dans le temps et dans l’espace, dans la majeure partie de la zone agricole. L’installation de l’hivernage 1996 a été normal dans l’extrême-sud du pays, suite aux premières pluies significatives enregistrées au mois de mai. L’installation a été en général précoce dans le centre. Par contre, des retards d’environ 10 à 30 jours ont été relevés au niveau des localités de Bougouni, Kayes, Mopti et Ségou. Au mois de juin, la pluviométrie a été dans l’ensemble relativement importante puis elle a sensiblement diminué en juillet, notamment durant les deux premières décades du mois. Au cours du mois d’août, la situation pluviométrique s’était beaucoup améliorée dans la majeure partie de la zone agricole. Seule la partie nord (Gao, Kidal, Tessalit, Tombouctou et Yélimané) continuait d’enregistrer de faibles précipitations. Pendant le mois de septembre, malgré la baisse généralisée des pluies, les conditions hydriques ont continué à être favorables dans l’ensemble de la zone agricole.

Les travaux de semis ont commencé pendant la troisième décade de mai et la première décade de juin dans la partie sud du pays, pour ensuite s’intensifier pendant les décades suivantes. Le déficit pluviométrique enregistré au cours des mois de juin et juillet, notamment dans la zone septentrionale de la zone agricole, a fortement perturbé la mise en place des cultures. Exceptés quelques endroits où les premières pluies ont permis des semis précoces ou à temps sur la bande sahélienne, les opérations de semis et de resemis n’ont pu se généraliser que tardivement entre fin juillet et fin août. Par rapport à une année moyenne, l’installation des cultures a connu un retard de 2 à 6 semaines selon les localités. Dans la moitié nord des régions de Kayes et Ségou, l’essentiel des semis de mil et sorgho se sont déroulés et se sont poursuivis jusqu’en début septembre. Pour les cultures irriguées, les conditions de croissance ont été bonnes grâce à l’arrivée à bonne date de la crue. Toutefois quelques problèmes pourraient affecter le riz de submersion au niveau de Mopti.

Dans l’ensemble, la situation phytosanitaire est restée calme. Cependant, après plusieurs années d’accalmie, le criquet pèlerin est réapparu du mois de juin dans le nord, nécessitant l’envoi sur le terrain d’une équipe de surveillance. Les oiseaux granivores (quelea-quelea et passer luteus notamment) ont aussi causé des dégats sérieux sur le mil à Nioro, le riz à Gao, les mil/sorgho et riz à Tombouctou.

La production céréalière en 1996 est estimée à 2 294 000 tonnes soit un niveau supérieur à la moyenne des cinq dernières années (+3 pourcent) et à la campagne passée (+6 pourcent). Cette augmentation significative de la production serait essentiellement due à de bons rendements réalisés au niveau des principales spéculations car les emblavures céréalières totales sont en légère baisse de 1 pourcent par rapport à la campagne 1995. Les productions de mil, de riz et de blé connaîtront une forte hausse par rapport à la campagne 1995/96 avec respectivement 12 pourcent, 27 pourcent et 67 pourcent. Pour le maïs et le sorgho, on constate une baisse de la production, tant par rapport à la campagne 1995/96 (11 pourcent et 3 pourcent) que par rapport à la moyenne des cinq dernières années (13 pourcent et 3 pourcent). Ces chutes découlent d’une baisse simultanée des rendements. En plus de ces prévisions, il faut tenir compte des productions de contre-saison dont les objectifs pour la campagne 1996/97 se chiffrent à 49 000 tonnes environ, composés de riz (33 000 tonnes), de maïs (14 000 tonnes) et de sorgho (2 000 tonnes).

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Mauritanie :

Les premières pluies ont été enregistrées à la fin du mois de mai dans le sud du pays mais sont restées faibles et éparses. Elles ne se sont maintenues au cours de la 1ère décade de juin que dans le sud des Hodhs. En deuxième décade, les pluies ont été plus intenses mais sont restées cantonnées au sud du pays. Elles se sont poursuivies dans le sud-ouest en troisième décade de juin puis dans le sud-est (Hodhs et Assaba) en première décade de juillet. En deuxième décade, les pluies sont restées très faibles et n’ont été significatives que dans le Guidimakha et le sud du Gorgol. A cette date, le cumul pluviométrique accusait un déficit notable dans l’ensemble du pays. En troisième décade, l’ensemble du pays a été arrosé, permettant un démarrage effectif de la saison agricole. Les pluies ont été très abondantes particulièrement dans le Hodh El Chargui. Le mois d’août a été satisfaisant malgré quelques pauses pluviométriques en deuxième et troisième décades notamment dans le Hodh El Chargui. Le mois de septembre a connu un ralentissement sévère du régime pluviométrique avec une mauvaise répartition temporelle dans l’ensemble de la zone agricole où parfois près de 20 jours secs ont été enregistrés notamment dans l’Assaba et le Gorgol. La reprise de précipitations du mois d’octobre n’a été ressentie que dans le Gorgol, le Hodh El Chargui, le Trarza. Globalement, par rapport à l’an dernier et par rapport à la normale, la saison est déficitaire dans l’ensemble de la zone agricole sauf dans une petite poche dans le Hodh El Chargui et le Trarza.

Les premiers semis localisés en humide ont été effectués dans le sud des Hodhs au cours du mois de juin. La faiblesse et la rareté des précipitations du mois de juin ont rendu difficile les conditions de levée de ces premiers semis dont beaucoup ont échoué. Au début du mois de juillet, les semis se sont étendus timidement dans le sud du Guidimakha et de l’Assaba et il a fallu attendre la fin du mois pour que la campagne démarre effectivement. Dans le Gorgol et le Brakna, les semis se sont prolongés jusqu’au mois d’août.

Etant donné les mauvaises conditions de démarrage de l’hivernage, les paysans ont préféré cultiver dans les bas-fonds afin d’assurer leur production. Ainsi les conditions d’alimentation hydrique des cultures de Diéri (pluviales strictes) assez médiocres dans l’ensemble de la zone agricole sauf dans le sud du Guidimakha et de l’Assaba, ont été meilleures dans les champs de bas-fonds qui bénéficient de sols à bonne capacité de rétention en eau et d’apports hydriques de ruissellement. Toutefois, certains départements ont connu des périodes sèches prolongées à partir du mois de septembre, compromettant le potentiel de production des cultures de Diéri, notamment dans le Brakna, le Gorgol, le sud du département de Timbédra et l’extrême-est du Hodh El Chargui. Etant donné la faiblesse de la crue du fleuve Sénégal et de son affluent le Gorgol, les cultures de Walo (de décrue en arrière saison dans le Gorgol, le Brakna et le Trarza) devraient connaître un faible développement avec des superficies en nette diminution.

La situation phytosanitaire a été marquée par une activité acridienne importante. En juillet, des essaims mâtures de criquets pèlerins ont été observés en reproduction au nord d’Aioun El Atrouss (Hodh El Gharbi) et ont donné naissance à la première génération estivale à partir de début août. D’autres ont dévié par le nord pour atteindre le sud-ouest du pays (Trarza) vers fin juillet. Compte tenu des conditions écologiques favorables dans cette région, les essaims se sont stabilisés et se sont reproduits à partir de la première décade d’août sur une grande étendue. Les populations larvaires dans cette région ont produit des essaims de petite taille en mouvement vers le sud-ouest, vers Rosso, Keur-Macène et au-delà vers le Sénégal. Les dégâts constatés sur les cultures et les pâturages sont de faible intensité. Cependant, les essaims immatures pourraient endommager les productions de contre-saison (cultures maraîchères, cultures irriguées: sorgho et maïs).

Suite à la forte pression aviaire enregistrée au cours de la dernière campagne agricole, des actions de dénidification des oiseaux granivores ont été effectuées. Parallèlement, des prospections sont en cours pour l'identification des dortoirs de Quelea Quelea, malgré les difficultés d'accès du fait de la présence de marigots. Les dernières pluies font craindre des reproductions dans des zones inaccessibles au traitement mécanique.

La production prévisionnelle de la campagne 1996/97 est estimée à 207 700 tonnes de céréales contre 219 800 tonnes en 1995/96, soit une diminution de 5 pourcent, mais un niveau nettement supérieur à la moyenne des cinq derniéres années. C’est au niveau des cultures de bas-fonds et du Walo que les baisses sont les plus sensibles (respectivement 37 pourcent et 60 pourcent). Le Diéri et les cultures de décrue pourront connaître une baisse de l’ordre de 5 pourcent. En revanche, les cultures irriguées enregistrent une augmentation d’environ 50 pourcent.

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Niger :

La saison des pluies a démarré de manière précoce avec les premières pluies enregistrées à la mi-avril dans les régions de Gaya et Maradi. L'installation des pluies s'est poursuivie sur les zones agicoles en mai et début juin, permettant un bon déroulement des semis. Mais à partir de la deuxième décade de juin, la pluviométrie a nettement diminué et a été déficitaire en fin juin et en juillet, nécessitant des resemis en juillet et en août. De ce fait, la campagne a connu un démarrage précoce et une fin tardive avec une période sèche marquée en juin/juillet. Les variétés tardives ont mieux résisté à cette période sèche que les variétés précoces, mais dans l’ensemble la bonne pluviométrie des mois d’août et septembre a permis de compenser le déficit enregistré en début de saison.

La campagne agricole 1996 a été assez mouvementée au niveau des attaques de déprédateurs mais l’impact sur les cultures devrait rester limité. Grâce à des stocks suffisants de carburant et de produits phytosanitaires, les traitements, généralement menés par voie aérienne, ont eu lieu au moment adéquat et les infestations ont été bien contrôlées. Au 10 octobre, 225 000 hectares avaient été traités, sur un total d’environ 490 000 hectares infestés, notamment dans les départements de Zinder, Maradi, Tahoua et Diffa. Environ 90 pourcent des interventions ont concerné la lutte contre les sautériaux, 300 hectares ont également été traités contre les oiseaux granivores et aucune opération de lutte contre les criquets pèlerins n’a été nécessaire.

La production céréalière 1996 a été estimée sur la base de l’enquête agricole à 2 325 000 tonnes soit près de 10 pourcent de plus qu’en 1995 et 4 pourcent de plus que la moyenne des cinq dernières années. C’est surtout la production de sorgho qui a augmenté, le production de riz restant proche de celle de 1995.

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Sénégal :

Les premières précipitations ont été enregistrées dans le sud au cours du mois de mai. Elles se sont étendues sur la région de Tambacounda au cours du mois de juin mais sont restées faibles, ne permettant donc pas un démarrage effectif de la saison agricole. Celui-ci n’est intervenu qu’en juillet avec un retard très important, notamment dans le département de Vélingara où les pluies ne se sont réellement installées qu’en troisième décade de juillet. Plus au nord, dans le bassin arachidier c’est en deuxième décade du mois de juillet que la saison a effectivement démarré. Dans le nord du pays, les premières pluies utiles n’ont été enregistrées qu’à la fin du mois de juillet. Au cours du mois d’août, les précipitations ont été plus abondantes surtout dans le sud du pays où le déficit pluviométrique a été en partie comblé. Dans la moitié nord, des pauses pluviométriques d’une décade ont été enregistrées, particulièrement dans le bassin arachidier. Celles-ci se sont répétées en deuxième décade de septembre dans toute la moitié nord. A la date du 10 octobre, le cumul pluviométrique était déficitaire dans la moitié nord du pays à l’exception du département de Linguère. Dans le reste du pays la saison est presque identique à la normale.

Du fait de l’installation irrégulière de l’hivernage dans le sud du pays, de nombreux resemis ont été nécessaires et le dessalage des terres en vue de la mise en place des casiers rizicoles dans les régions de Kolda et Ziguinchor a été retardé. Dans le bassin arachidier, notamment dans le département de Fatick, les retards importants et échecs de semis ont entraîné une diminution sensible des superficies emblavées et dans certains villages les champs ont été abandonnés.

Par la suite, les cultures ont connu des conditions d’alimentation hydrique plutôt satisfaisantes au cours de leur développement dans la moitié sud du pays et dans la région de Louga. Dans les régions de Diourbel, Thiès, Fatick et St Louis, les pauses pluviométriques des mois d’août et de septembre ont entraîné ainsi une diminution sensible du rendement potentiel.

La situation phytosanitaire a été calme au cours de la saison. Des attaques de sauteriaux ont nécessité des traitements sur environ 105 974 ha (soient 66 pourcent des superficies infestées). Une menace d’invasion de criquets pèlerins existe du fait de la présence en Mauritanie d’importants essaims mâtures et de jeunes ailés. Les conditions écologiques favorables à leur reproduction rendent cette situation préoccupante.

Les résultats de l’enquête agricole annuelle donnent un chiffre de production prévisionnelle de 1 066 903 tonnes de céréales pour une superficie totale de 1 300 000 ha. Par rapport aux résultats de la campagne précédente, les superficies cultivées ont augmenté de 7 pourcent et on prévoit une hausse de la production d’environ 1 pourcent. A cette prévision, il faut ajouter la production des cultures de décrue estimée à 28 000 tonnes, ce qui donne un total d’environ 1 095 000 tonnes.

Les productions de riz et de fonio ont augmenté respectivement de 10 et 12 pourcent. La production du maïs aurait baissé de 8 pourcent, mais l’estimation de la production de maïs était susceptible d’être revue à la hausse après nouvelle évaluation début novembre.

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Tchad :

D'une manière générale, les précipitations ont été caractérisées par une répartition spatiale et temporelle très variable tout au long de la saison. En zone sahélienne, la pluviométrie a été déficitaire et mal répartie dans l'espace et dans le temps au cours des mois de mai et juin puis a connu des périodes sèches durant les mois d'août et septembre. Seule la sous-préfecture de Masseyna (Nord Chari Baguirmi) a bénéficié d'une pluviométrie suffisante. Au nord de la zone soudano-sahélienne, une situation pluviométrique comparable n'a permis un démarrage effectif de la campagne qu'à partir du mois de juillet alors que, plus au sud, la situation se rapproche de la normale. En zone soudanienne, l'installation des pluies plus précoce a été perturbée par des périodes de sécheresse durant les mois de juin et de juillet. Le mois d'août a connu des pluies abondantes. Au cours du mois de septembre, l'ensemble du pays a enregistré d'importantes précipitations qui ont parfois donné lieu à des inondations en zone soudanienne (Tandjile, Mayo-Kebbi) mais qui n'ont pas pu compenser le déficit pluviométrique du début de saison en zone sahélienne. Comparativement à l'année passée, le cumul pluviométrique de la saison 1996 est déficitaire dans la majeure partie du pays, le long d'un axe nord-ouest sud-est. Quelques zones demeurent excédentaires dans le sud de la zone soudanienne (sud du Logone et du Moyen-Chari).

Dans la zone soudanienne, les périodes sèches entre mi-juin et mi-juillet ont perturbé les semis qui se sont étalés jusqu'au mois de juillet et août et ont entraîné l'abandon de superficies en vivriers (excepté au Moyen Chari) au profit du coton qui a bénéficié de cours d'achat aux producteurs avantageux et d'un retour à une relative sécurité dans le Logone. Parallèlement, les fortes pluies du mois de septembre responsables d'inondations dans le Tandjile ont perturbé la campagne rizicole qui sera médiocre. En zone soudano-sahélienne, la mauvaise répartition des pluies a entraîné de nombreux resemis jusqu'au mois d’août notamment dans le Chari Baguirmi. En zone sahélienne, les semis et resemis se sont étalés jusqu'à la seconde décade d'août. Toutefois, la mauvaise répartition des pluies et les épisodes de sécheresse répétés ont conduit le plus souvent à l'abandon de nombreux champs qui ont été laissés en pâture. Les préfectures du Kanem, du Biltine et l'extrême nord du Batha ont été les plus sévèrement touchées par la sécheresse mais, contrairement à la saison 1995, les productions, bien que faibles, ne devraient pas être nulles.

La situation du criquet pèlerin est restée relativement calme durant l'hivernage. Quelques individus solitaires ont été signalés dans les préfectures de Biltine et de Batha sans toutefois engendrer des conséquences notables au niveau des cultures. D‘importantes populations de criquets puants ont été relevées au Ouaddaï, occasionnant quelques dégâts sur les cultures maraîchères. Les sautériaux, contrairement à la saison passée, n'ont été signalés qu'épisodiquement et les dégâts sur les cultures sont restés très localisés. Des infestations de divers insectes ont été signalés dans plusieurs régions. La présence d'oiseaux granivores (Quelea-quelea et Pasteur luteus) a été relevée dans la quasi-totalité du pays et leur pullulation demeurait préoccupante à l'heure des récoltes.

Les prévisions de la récolte céréalière 1996 sont de 840 600 tonnes contre 908 000 tonnes en 1995 soit une baisse de 7,4 pourcent. Cette baisse se situe essentiellement dans la zone sahélienne - 17 pourcent) car la zone soudanienne enregistre un niveau de production comparable à celui de 1995 (515 200 tonnes en 1996 contre 516 500 tonnes in 1995). Par rapport à la moyenne de production pour la période 1991-1995, la production 1996 est en baisse de 6,4 pourcent. Par culture, on enregistre les variations suivantes par rapport à la dernière campagne: mil + 5 pourcent, sorgho -17 pourcent, maïs - 4,4 pourcent, berbéré - 6,6 pourcent, riz + 9,7 pourcent.

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IV. RESUME DE LA SITUATION DANS LES PAYS COTIERS D'AFRIQUE DE L'OUEST

Les conditions de croissance des cultures céréalières pour 1996 ont été généralement favorables dans la majorité des pays côtiers. La saison des pluies a commencé début mars dans le sud et début avril dans le nord des pays côtiers et s'est poursuivie par des pluies relativement irrégulières mais abondantes. Le cumul des pluies depuis le début de la saison a généralement été normal ou supérieur à la normale et les réserves en eau du sol ont été suffisantes pour assurer le bon développement des cultures. Une bonne récolte est attendue dans la région, sauf au Liberia et en Sierra Leone.

La première récolte de maïs, qui a eu lieu en juillet, a été bonne dans la majorité des pays côtiers. Une récolte proche de la moyenne est attendue pour le mil et le sorgho. La deuxième culture de maïs, plantée fin août/début septembre, bénéficie de conditions de croissance suffisantes grâce à des pluies bien réparties bien que relativement limitées en septembre.

Les premières estimations de la FAO concernant l'ensemble de la production céréalière pour les neuf pays côtiers non membres du CILSS indiquent une production d'environ 29 millions de tonnes. Ces estimations, qui sont présentées dans le tableau 3, sont encore préliminaires et sujettes à révision pour prendre en compte les résultats de la récolte des cultures encore sur pied. Des récoltes moyennes ou supérieures à la moyenne sont attendues dans tous les pays côtiers, à l'exception du Liberia et de la Sierra-Leone. Les premières estimations indiquent une récolte record au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Cameroun et au Nigeria où une pénurie d'intrants a notamment limité la production de riz. Les prévisions sont proches de la normale au Togo.

Au Liberia, la situation reste très instable et peu sûre. Les troubles civils continuent de perturber la production agricole et une très mauvaise récolte est attendue cette année. En Sierra-Leone, la production céréalière s'est légèrement rétablie par rapport à 1995, suite à la mise en place du processus de paix et de programmes de réhabilitation, mais restera insuffisante pour couvrir les besoins du pays.

Tableau 3: Pays côtiers d’Afrique de l’Ouest - Production céréalière 1988 - 1995 et premières prévisions pour 1996 (production brute en milliers de tonnes, le riz étant exprimé en paddy)

Pays
Production
Prévisions préliminaires pour 1996
1996/
1990-95
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
Bénin
557
564
546
587
608
628
649
634
680
109 %
Cameroun
930
901
842
1 001
905
980
920
1 200
1 180
118 %
Côte d’Ivoire
1 144
1 193
1 238
1 314
1 317
1 352
1 363
1 480
1 440
105 %
Ghana 1/
1 156
1 184
845
1 436
1 255
1 644
1 594
1 834
1 800
116 %
Guinée
755
668
751
872
935
964
978
870
870
94 %
Liberia 1/
298
280
100
109
102
65
50
56
70
92 %
Nigeria 1/
18 007
18 007
17 678
18 615
19 597
19 329
20 358
20 943
22 000
111 %
Sierra-Leone
546
574
563
467
478
499
465
337
540
120 %
Togo
503
568
484
465
494
633
443
502
490
97 %
Total
23 896
23 939
23 047
24 866
25 691
26 094
26 820
27 856
29 070
111 %

Source: FAO
Note: Les récoltes record sont soulignées.
1/ Estimations préliminaires de la FAO basées uniquement sur une évaluation qualitative de la saison agricole.
2/ Totaux arrondis.


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