D'après les indications, les conditions de sécurité se sont améliorées en février dans plusieurs régions du pays, y compris dans les zones septentrionales de Bubanza et de Cibitoke, même si les troubles civils se poursuivent.
Les semis des cultures vivrières de la deuxième campagne 1997 B à récolter en juin-juillet, sont en cours. Les premières perspectives sont meilleures que lors de la campagne précédente, grâce à une amélioration des conditions de sécurité et des disponibilités en intrants agricoles, le Comité régional de coordination des sanctions (RSCC) ayant accordé une dérogation à l'embargo imposé par les pays voisins. La FAO distribue actuellement 200 tonnes de semences de haricots, de semences légumières et des binettes aux populations les plus vulnérables. Quelque 2 200 tonnes d'engrais, sur les 4 000 nécessaires pour couvrir les besoins pour 1997, ont été livrées dans le pays et sont actuellement en cours de distribution. Cependant, les 1 800 tonnes restantes, dont il est un besoin urgent pour les semis, sont encore retenues aux frontières, les gouvernements des pays voisins refusant de faciliter le processus d'importation. Si les conditions météorologiques demeurent satisfaisantes pendant la période de végétation, la production devrait être supérieure aux volumes réduits des trois dernières campagnes.
La mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue au Burundi en janvier/février, a constaté que la récolte de la première campagne 1997 (effectuée en janvier) s'était ressentie de l'insécurité, des mouvements importants de population, de l'embargo économique et, dans certaines zones, de conditions météorologiques défavorables. Les semis ont été limités par les déplacements de population, ainsi que par de faibles disponibilités en semences, notamment de haricots, de pommes de terre et de légumes. La mauvaise qualité des semences, l'absence quasi-totale d'engrais, le faux départ de la saison des pluies et la vague de sécheresse prolongée qui a affecté les principales régions productrices entre septembre et novembre 1996, ont contribué à affaiblir le rendement des cultures de céréales et de légumineuses.
La production vivrière globale de la première campagne 1997 a été estimée à 1,2 million de tonnes, soit 7 pour cent de moins qu'en 1996 et un recul de 18 pour cent par rapport à la moyenne enregistrée avant la crise, entre 1988 et 1993. Les cultures les plus touchées ont été les légumineuses et, dans une moindre mesure, les céréales. La production de légumineuses a reculé de 22 pour cent par rapport à 1996, tombant à 104 000 tonnes, et celle de céréales de 10 pour cent, passant à 148 000 tonnes. La production de racines et tubercules a fléchi de 4 pour cent, tandis que pour les bananes et les plantains la baisse de production a été de 5 pour cent.
La situation des approvisionnements alimentaires demeure extrêmement précaire pour la plupart des produits, notamment pour les haricots. Après une succession de mauvaises récoltes et du fait de l'embargo économique mis en place à fin juillet 1996, les prix des produits vivriers ont progressé en moyenne de plus de 40-50 pour cent depuis début 1996. Le prix des haricots a plus que doublé. La situation est particulièrement grave pour quelque 500 000 personnes déplacées et dispersées et pour environ 200 000 personnes regroupées. Une situation de malnutrition a été signalée chez les enfants qui se trouvent dans les camps mis en place par le gouvernement pour réinstaller les populations dans les zones de conflit, ainsi que chez les personnes déplacées. Le gouvernement a sollicité une aide humanitaire internationale en faveur des populations regroupées.
Un temps sec de saison règne dans le pays. Les semis des céréales de 1997 ne démarreront pas avant le mois de juin. La production de céréales et de légumineuses de 1996 a été réduite en raison des mauvaises conditions météorologiques enregistrées en juillet/août alors que les cultures se trouvaient à un stade critique de leur développement. Une mission FAO d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue dans le pays en décembre, a estimé la production céréalière de 1996 à 132 000 tonnes, soit quelque 11 pour cent de moins que l'année précédente et un recul de 29 pour cent par rapport à la moyenne. Les besoins d'importations pour 1997 ont été estimés à 289 000 tonnes. On prévoit des importations commerciales pour un volume de 120 000 tonnes, ce qui laissera un déficit de 169 000 tonnes à couvrir par une aide alimentaire. Face à de tels besoins, à fin février les contributions annoncées s'élevaient à 17 000 tonnes.
Les semis des cultures de la campagne secondaire "belg" 1997 sont en cours. Les cultures belg ne contribuent qu'à hauteur d'environ 7 pour cent à la production céréalière totale, mais dans plusieurs régions elles fournissent l'essentiel des disponibilités alimentaires de l'année. Les pluies de la campagne "belg" sont également importantes pour les semis des cultures de la saison longue (maïs et sorgho) de la campagne principale "meher". L'arrivée précoce des pluies "belg" à fin janvier, puis les précipitations adéquates enregistrées en février dans les zones productrices, ont favorisé les semis, ainsi que le développement des cultures précédemment mises en place. Les premières perspectives concernant les récoltes qui démarreront à partir de juin, sont favorables.
Dans les zones pastorales du sud, proches de la Somalie et du Kenya, qui connaissent une brève saison des pluies d'octobre à décembre (zone du Boréna dans la région d'Oromiya et la région proche de la Somalie), les précipitations irrégulières et bien inférieures à la moyenne enregistrées pendant la saison en plusieurs endroits ont été la cause d'une détérioration rapide de l'état des pâturages, de pénuries d'eau et de conditions d'élevage défavorables. Dans ces régions, on signale une situation alimentaire très difficile. L'aide alimentaire, actuellement distribuée aux populations touchées, est estimée à 10 000 tonnes de céréales, mais le manque d'eau demeure un grave problème. Il est recommandé de couvrir ces promesses d'aide au moyen d'achats locaux. Les régions les plus touchées sont les zones de Degahabur et Libean proches de la Somalie et les waredas de Dire et Yabelo dans la zone du Boréna. Les prix des céréales et de l'eau ont fortement augmenté dans les zones affectées, tandis que ceux du bétail ont marqué une baisse sensible. On signale d'importants mouvements migratoires. La situation devrait s'améliorer vers la fin du mois avec l'arrivée des pluies de la campagne principale.
Les récoltes céréalières de la campagne principale "meher", effectuées jusqu'en janvier, ont été exceptionnelles. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires effectuée en novembre/décembre, a estimé la production de céréales et de légumineuses à 11,7 millions de tonnes, ce qui représente une progression de 20 pour cent par rapport à l'année précédente. Ce résultat record est attribuable à des pluies abondantes et bien réparties pendant la campagne, qui ont encouragé les semis et amélioré les rendements, à des infestations de ravageurs réduites au minimum et à de plus grandes disponibilités d'engrais qui ont ainsi été plus largement utilisés. Selon les estimations, les excédents exportables atteindront en 1997 quelque 400 000 à 600 000 tonnes.
Toutefois, malgré une situation alimentaire dans l'ensemble satisfaisante, une aide alimentaire demeure nécessaire pour quelque 1,9 million de personnes, du fait de l'insécurité alimentaire structurelle et de leur pauvreté, et à cause de mauvaises conditions météorologiques localisées pendant la campagne principale "meher". Les besoins d'aide alimentaire devraient être couverts par des achats locaux. Le prix des céréales, en baisse constante depuis novembre, a continué de fléchir en janvier. L'augmentation des exportations de maïs, principalement vers le Kenya, devrait déterminer une hausse des prix au cours des prochains mois.
Dans les zones qui connaissent deux saisons des pluies, la récolte des cultures des "petites pluies" de la campagne secondaire 1997 est terminée. Cette récolte qui ne fournit qu'un quart de la production annuelle de céréales et de légumineuses, constitue toutefois la récolte principale dans les provinces de l'est et du nord-est. Dans la province essentiellement pastorale du nord-est, les petites pluies sont également importantes pour la reconstitution des réserves d'eau et pour les pâturages. Comme cette année les petites pluies ont fait défaut, la récolte devrait être fortement réduite, avec d'importantes pertes de bétail dues au mauvais état des pâturages et au manque d'eau. La campagne des petites pluies de 1996/97 fait suite à deux mauvaises saisons des pluies consécutives. La situation alimentaire est extrêmement précaire dans le nord et dans l'est du pays, tandis que le manque d'eau devient un grave problème. Les prix des animaux ont fortement baissé à la suite de ventes précipitées face au prix élevé des céréales.
Le gouvernement a déclaré l'état de catastrophe nationale et distribue une aide alimentaire de secours dans 39 districts. Toutefois, comme la Réserve céréalière stratégique est au plus bas niveau, une aide alimentaire et non alimentaire internationale a été sollicitée. Selon les estimations d'une mission d'évaluation des Nations Unies, 1,4 million de personnes seraient concernées. Dans les zones agricoles, il est également important que des semences et des outils soient fournis à temps pour les semis de la prochaine campagne des "longues pluies", qui va bientôt démarrer. Les régions les plus touchées sont les districts pastoraux de Wajir, Garissa, Isiolo, Mandera et Marsabit, où 500 000 personnes, soit quelque 90 pour cent de la population, risquent de se trouver en situation d'insécurité alimentaire, ainsi que les districts agricoles marginaux de Machakos, Makueni, Kitui, Mwingi, Mbeere et Tharaka-Nithi dans la région orientale, et les districts de Kajiado et de Taita Taveta dans la Rift Valley et dans la province côtière, respectivement. On signale une augmentation des cas de malnutrition dans les districts touchés.
Les semis des cultures de la campagne principale des "longues pluies" de 1997, qui démarrent normalement à la mi-mars, vont bientôt commencer. La superficie consacrée au maïs de la campagne principale devrait augmenter sous l'effet d'une forte hausse des prix par rapport à leur faible niveau de l'an dernier. La production de la campagne des "longues pluies" de 1996 a fléchi par suite d'une diminution des semis et d'un affaiblissement des rendements déterminés par le faible niveau des prix à la production, et par le fait que les pluies ont été à la fois trop abondantes dans certaines zones et insuffisantes dans l'est du pays. A cause du mauvais résultat de la récolte de la campagne secondaire des "longues pluies", les estimations de la mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires effectuée en octobre/novembre, concernant la production céréalière globale de 1997, ont été révisées à la baisse et indiquent maintenant un volume de 2,8 millions de tonnes, dont 2,2 millions de tonnes de maïs, soit un recul de 18 pour cent par rapport à l'an dernier. Pour la campagne de commercialisation 1996/97, les besoins d'importations céréalières ont été révisés et sont maintenant estimés à titre provisoire à 1,2 million de tonnes. Ce volume représente près du double de la moyenne des cinq dernières années. Comme les importations commerciales devraient s'établir à 1 million de tonnes, il reste un déficit de 200 000 tonnes, à couvrir par une aide alimentaire en faveur des populations affectées par la sécheresse. Le gouvernement a levé l'embargo à l'importation de maïs et abaissé les droits d'entrée pour stimuler les importations commerciales. Face à de tels besoins d'aide alimentaire, les contributions annoncées à la mi-mars s'élèvent à environ 53 000 tonnes.
L'épizootie de peste bovine qui a été signalée, va encore aggraver une situation alimentaire déjà précaire, surtout dans les zones de pâturages.
La mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue en Ouganda du 18 février au 5 mars, a constaté que les cultures vivrières des "petites pluies" de 1997 avaient été affectées par le caractère irrégulier des pluies pendant la saison, qui s'est manifesté par des vagues de sécheresse dans certaines régions et des inondations dans d'autres, et par de graves infestations de mosaïque du manioc par endroits. De plus, la production vivrière a diminué dans les régions septentrionales où des troubles ont causé des déplacements massifs de population dans quatre districts, et ce au détriment des activités agricoles. Les semis de maïs ont été eux aussi affectés par la baisse des prix enregistrée en 1996. Bien qu'il soit difficile d'établir des comparaisons précises en l'absence de données historiques fiables par campagne agricole, on estime que la production totale de la campagne des petites pluies a été inférieure à la fois au volume de l'année précédente et à celui d'une année normale.
Pour établir des projections concernant la production des cultures vivrières des "longues pluies" de 1997, la mission a utilisé et ajusté les données de 1996 provenant de sources officielles, ayant constaté que la production de certaines cultures, notamment du maïs, était surestimée, tandis que celle de manioc et de patates douces tendait en revanche à être sous-estimée. Par rapport aux estimations officielles relatives à 1996, la mission prévoit pour 1997 une augmentation de la production de racines et tubercules, avec pour toutes les autres cultures une récolte réduite: 1,643 million de tonnes de céréales, 512 000 tonnes de légumineuses, 6,472 millions de tonnes de racines et tubercules, et 8,940 millions de plantains. Par rapport aux besoins estimatifs à couvrir pour la consommation humaine et autres utilisations, une telle production s'avère légèrement excédentaire pour ce qui est des racines et tubercules, mais déficitaire pour les céréales et les légumineuses.
Toutefois, du fait des difficultés d'acheminement et de l'insécurité, la circulation commerciale des denrées des zones excédentaires vers les zones déficitaires, s'avère souvent impossible. De plus, pour une grande partie de la population, l'accès à la nourriture est limité par un pouvoir d'achat réduit. Aussi, malgré une situation généralement satisfaisante pour ce qui est des disponibilités alimentaires, une aide alimentaire est-elle nécessaire pour les populations gravement affectées par la sécheresse et les inondations, ainsi que pour les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur du pays. Pour ses programmes d'aide, le PAM a procédé dans la mesure du possible à des achats à l'intérieur du pays et a l'intention de continuer à le faire à l'avenir. Selon les estimations concernant les populations nécessitant une aide alimentaire, il s'agirait de 150 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, de 341 000 personnes victimes de la sécheresse ou des inondations, et de 268 945 réfugiés. Les besoins en aide alimentaire pour 1997 pour ces trois catégories, sont estimés à 57 405 tonnes de céréales et 10 326 tonnes de produits non céréaliers.
Considérant le caractère incertain et instable de la production agricole, notamment dans le nord du pays secoué par les troubles, la situation doit faire l'objet d'un suivi constant, afin de pouvoir intervenir en cas de nécessité.
Les semis de la campagne secondaire B de 1997 sont en cours. La FAO et d'autres organismes internationaux procèdent actuellement à des distributions de semences et autres intrants agricoles. Il devrait y avoir une nouvelle expansion des superficies ensemencées au cours de cette campagne, suite à un retour massif de réfugiés en novembre dernier.
Selon les estimations d'une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires effectuée en décembre, la production vivrière de la campagne A de 1997 devrait être supérieure à celle de l'année précédente, tout en restant en dessous de la moyenne enregistrée avant la guerre civile. La production de céréales et de racines et tubercules, a progressé de 23 pour cent, grâce à une expansion des semis et à des pluies abondantes, tandis que celle de légumineuses, la culture principale de la campagne, a fléchi de 12 pour cent en raison du caractère excessif des précipitations. La production de bananes et de plantains a légèrement augmenté, les progrès réalisés grâce à l'amélioration des techniques culturales ayant été partiellement annulés par les dégâts que des vents forts ont produit aux cultures dans d'importantes zones productrices. Toutefois, malgré cette amélioration générale, la production a été fortement réduite dans les préfectures rurales de Gikongoro et de Gitarama, et dans certaines zones de celles de Butare et de Kigali, frappées par une grave sécheresse en cours de campagne.
La diminution de la production de haricots, alors même que la demande augmentait fortement par suite du retour dans le pays de quelque 1,3 million de réfugiés, a aggravé une situation alimentaire déjà précaire. Les prix des haricots ont fortement augmenté au cours de l'année passée.
Les besoins d'importations pour le premier semestre de 1997 sont estimés à 30 000 tonnes de céréales, 45 000 tonnes de légumineuses, 124 000 tonnes de racines et tubercules et 522 000 tonnes de bananes et plantains. Le déficit total, calculé en équivalent céréales, est estimé à 141 000 tonnes. Après déduction des importations commerciales, les besoins en aide alimentaire sont évalués à 81 000 tonnes de céréales et 33 000 tonnes de légumineuses. La population vulnérable est estimée à 2,571 millions de personnes, soit un tiers de la population, y compris les rapatriés qui n'ont pas participé aux activités agricoles pendant la campagne A de 1997, les personnes rentrées précédemment qui ont dû quitter les zones de cultures qu'elles occupaient, et les groupes vulnérables, notamment les veuves, les personnes âgées vivant seules et les orphelins.
Les conditions de sécurité se sont considérablement dégradées ces deux derniers mois, notamment dans les quatre préfectures proches du Zaïre, où l'on signale un nombre croissant d'épisodes de violence. La distribution de l'aide alimentaire est entravée dans ces zones.
La récolte de la campagne secondaire "der", récemment engrangée et qui fournit quelque 25 pour cent de la production céréalière annuelle, a fortement fléchi. A cause des pluies tardives et faibles enregistrées pendant la campagne, des infestations de ravageurs et de l'insécurité qui règne dans certaines zones, les superficies ensemencées ont diminué d'un tiers tandis que les rendements se sont affaiblis. Les toutes dernières estimations indiquent une production céréalière de 45 000 tonnes, 60 pour cent de moins que l'an dernier et que la moyenne d'avant la guerre. Les pâturages et le bétail sont également en mauvais état à cause du manque d'eau.
La récolte de la campagne principale "Gu" de 1996 a été estimée par une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires à 243 000 tonnes de céréales, 47 pour cent de plus que l'année précédente, volume néanmoins encore inférieur d'un tiers à la normale. De plus, cet accroissement de production a été concentré dans le Bay et dans le nord-ouest, régions qui fournissent à elles seules la moitié de la production nationale. Ailleurs, la production a fortement diminué. La production céréalière totale de 1996/97 est estimée à 288 000 tonnes, 10 pour cent de plus que l'année précédente.
La situation des disponibilités alimentaires reste tendue dans bon nombre de régions après deux mauvaises récoltes consécutives. On signale des mouvements migratoires massifs de personnes en quête d'un travail et d'activités génératrices de revenus. Les réserves céréalières sont au minimum et les prix qui baissent habituellement au moment des récoltes, ont sensiblement augmenté. A fin janvier, le prix du sorgho était supérieur de 65 pour cent à celui de novembre 1996. En revanche, les prix du bétail ont fortement chuté à la suite des ventes importantes effectuées par les éleveurs pour faire face au coût de la vie et assurer la survie de leurs troupeaux. Les chefs des différentes factions politiques ont sollicité une aide alimentaire internationale, mais l'insécurité qui règne dans le pays entrave les opérations de secours dans les zones touchées.
Les besoins d'importations pour 1996/97 (septembre/août) sont estimés à 256 000 tonnes. Avec un renforcement des importations commerciales jusqu'à un volume de quelque 170 000 tonnes, il reste un déficit de 86 000 tonnes à couvrir par une aide alimentaire. Face à de tels besoins, 17 000 tonnes de céréales ont été annoncées. Une aide sous forme de semences est également urgente pour les semis des cultures de la prochaine campagne "Gu", qui démarrera le mois prochain.
Les perspectives concernant la récolte de blé de 1997, qui sera effectuée à partir d'avril, sont incertaines. Selon les estimations provisoires, les emblavures seraient au niveau de l'an dernier. Le niveau des cours d'eau a été normal et pour ce qui est des ravageurs, la situation est tranquille. Toutefois, les températures du mois de janvier, alors que les cultures étaient au stade délicat de la floraison, ont été supérieures à la moyenne et pourraient avoir affecté les rendements. Les prévisions relatives à la production ont été abaissées à 500 000 tonnes, 5 pour cent de moins que l'an passé. Une mission FAO d'évaluation des récoltes se rendra dans le pays début avril pour évaluer directement la récolte.
En décembre dernier, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a estimé la production céréalière de 1996/97 à 5,33 millions de tonnes, 50 pour cent de plus que le niveau réduit de l'année précédente et un volume légèrement supérieur à la récolte record de 1994/95. La production de sorgho a été estimée à 4,1 millions de tonnes, soit une progression de 61 pour cent par rapport à 1995/96 reflétant une forte expansion des superficies ensemencées sous l'effet de la hausse des prix, à laquelle se sont ajoutés une disponibilité accrue d'intrants agricoles et des conditions météorologiques favorables pendant la campagne. La production de mil a progressé d'un quart par rapport au faible niveau de l'année précédente, passant à 491 000 tonnes, du fait principalement d'une augmentation des semis. Un net fléchissement a toutefois été enregistré dans la moitié nord du Darfour et du Kordofan, où les précipitations ont été faibles et irrégulières en milieu de campagne et où plus de la moitié des cultures ont été jugées improductives.
Bien que la situation générale des disponibilités alimentaires soit satisfaisante et que le pays dispose d'un excédent exportable de sorgho, la sécurité alimentaire est précaire dans plusieurs zones du Darfour et du Kordofan, où la récolte céréalière de 1996 a été mauvaise pour la deuxième année consécutive. Dans ces zones vulnérables, les recettes provenant des cultures commerciales et de l'élevage pourraient ne pas couvrir l'achat de quantités suffisantes de céréales. La situation devra être suivie de près au cours des prochains mois et il est suggéré d'adopter des plans d'intervention pour la fourniture d'une aide alimentaire, soit au moyen d'achats locaux de céréales, soit par une assistance au transport de denrées à partir des zones productrices excédentaires. Par ailleurs, une aide alimentaire est nécessaire dans les Etats du sud affectés par une guerre civile prolongée. L'aide alimentaire d'urgence nécessaire pour les quelque 2,6 millions de personnes déplacées et affectées par la guerre dans ces régions, est estimée à 52 176 tonnes (dont 39 000 tonnes de céréales).
La récolte de la campagne "Vuli" des petites pluies de 1996/97 est maintenant terminée dans les régions de la ceinture côtière du nord et du nord-est qui connaissent deux saisons des pluies, et où cette récolte fournit quelque 30 pour cent de la production vivrière annuelle de ces zones. Les petites pluies ayant été généralement insuffisantes, et ce aussi bien sur le continent que dans les îles de Zanzibar et de Pemba, de nombreuses zones ont enregistré une mauvaise récolte et une diminution du cheptel. La mission FAO/PAM d'évaluation rapide qui s'est rendue à la fin du mois de janvier dans huit régions sujettes à la sécheresse (Kilimandjaro, Arusha, Tanga, Lindi, Mtwara, Mara, Morogoro, Dodoma, région côtière), a relevé de graves déficits alimentaires dans quelque 24 districts du continent. La diminution des disponibilités alimentaires a déterminé une forte hausse des prix des denrées, qui sont ainsi devenues inaccessibles pour de nombreuses populations vulnérables. Leur nombre est encore en cours d'évaluation, mais selon les premières estimations, jusqu'à 400 000 personnes dans 24 districts du continent risquent ainsi de souffrir de graves pénuries alimentaires d'ici la prochaine récolte principale qui aura lieu en mai. A Zanzibar, 400 000 autres personnes (soit 50 pour cent de la population) pourraient être touchées, mais une nouvelle évaluation de la situation est nécessaire. De plus, malgré un bon résultat global des cultures céréalières de la campagne principale de 1996, la récolte a été réduite dans certaines zones où l'on estime que quelque 280 000 personnes auront besoin d'une aide alimentaire jusqu'à la prochaine récolte.
Le gouvernement a demandé une aide alimentaire en faveur des populations touchées par la sécheresse. Une aide alimentaire d'urgence est actuellement en cours de distribution. Le PAM mobilisera quelque 10 000 tonnes de céréales, qui seront achetées sur place puisque la situation des disponibilités alimentaires du pays est dans l'ensemble satisfaisante, tandis que le gouvernement puisera 55 000 tonnes de maïs sur les stocks alimentaires de réserve. Il s'agira également de venir en aide aux populations affectées en leur fournissant des intrants agricoles, principalement des semences.
Les réfugiés qui se trouvent dans la région de Kigoma, dans l'ouest du pays, sont estimés à 248 480 personnes (provenant pour la plupart du Burundi, mais aussi du Zaïre), dont le nombre augmente chaque jour.
Les perspectives concernant les cultures en développement de la campagne principale "masika" de 1997, dans les régions du sud ayant une seule saison des pluies, se sont améliorées grâce aux pluies enregistrées à fin février, début mars.