ASIE

AFGHANISTAN* (3 mars)

Les activités agricoles continuent d'être entravées dans l'ensemble du pays par des pénuries d'intrants agricoles, par un système d'irrigation endommagé et par l'insécurité. Les perspectives concernant les cultures d'hiver de 1997 sont donc incertaines. La production totale de blé et d'orge de 1996 est officieusement estimée à 1,85 million de tonnes, volume inférieur à la normale.

Les Nations Unies ont lancé un Appel interinstitutions pour une aide humanitaire d'urgence et pour la reconstruction de l'Afghanistan, aide dont le montant est évalué à 133 millions de dollars E.-U. pour couvrir la période allant du 1er janvier au 31 décembre 1997. L'Appel comprend trois grands éléments: des programmes de portée nationale, visant à répondre à des besoins immédiats à travers le pays et comprenant notamment des activités telles que secours de base, déminage, assistance aux handicapés, rapatriement, immunisation et contrôle des stupéfiants; des programmes régionaux répondant aux besoins prioritaires des zones déshéritées, à savoir notamment: fourniture d'eau potable et assainissement, premiers soins de santé, abris, reprise des activités en milieu urbain et rural, et débouchés lucratifs; des mécanismes pour le suivi et l'évaluation des programmes d'aide pour que leurs objectifs soient réalisés dans le respect des normes internationales qui régissent les activités des partenaires de l'aide humanitaire.

Les besoins d'importations de céréales pour 1996/97, blé essentiellement, devraient atteindre environ 1,5 million de tonnes. L'aide alimentaire en céréales attendue en 1996/97 s'élève à environ 150 000 tonnes, dont 140 000 tonnes ont déjà été livrées.

ARABIE SAOUDITE (3 mars)

La récolte du blé démarrera en mai. Les emblavures de blé et d'orge en 1996/97 diminueront probablement pour la cinquième année consécutive. La production de blé de 1996 est estimée à 1,2 million de tonnes, légèrement en-deçà du quota fixé par le gouvernement de 1,3 million de tonnes. La récolte d'orge, estimée à 450 000 tonnes, est nettement inférieure à l'objectif de production de 1 million de tonnes pour 1996, traduisant principalement sa plus faible rentabilité par rapport au blé aux prix de soutien actuels.

Les importations de blé pour 1996/97 (juillet/juin) sont estimées à 100 000 tonnes et celles d'orge à 4,8 millions de tonnes, 45 pour cent de plus que pour la campagne précédente.

BANGLADESH (3 mars)

Le riz boro qui sera récolté en avril-mai, bénéficie de conditions dans l'ensemble favorables, grâce à des pluies légères et généralisées en février. On signale en outre un bon approvisionnement en engrais, à des prix inférieurs à ceux de l'an dernier. Pour 1996/97 l'objectif de production du riz boro qui assure normalement plus d'un tiers de la production totale de riz, est fixé à 7,5 millions de tonnes (riz usiné), contre une récolte de 7,25 millions de tonnes l'année passée.

D'après de récents rapports, le pays devrait engranger une récolte de riz exceptionnelle en 1996/97, compte tenu des cultures de riz boro en cours et des quelque 10 millions et 1,87 million de tonnes de riz aman et aus, respectivement, récoltées l'an dernier. Selon les prévisions du bureau de la FAO dans le pays, la production de riz non usiné devrait être légèrement supérieure à 29 millions de tonnes, avec pour le riz usiné un volume de plus de 19,3 millions de tonnes. A ce niveau, la production serait supérieure de plus de 9 pour cent à celle de l'an dernier, et de 8,7 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes. Cette récolte exceptionnelle est attribuée à d'excellentes conditions météorologiques, à l'arrivée ponctuelle de la mousson, à un meilleur approvisionnement en intrants, à de faibles dégâts dus aux ravageurs et à une expansion des superficies cultivées. Grâce à une légère augmentation des emblavures, de 3 pour cent, et à des conditions météorologiques favorables, la production de blé de 1996/97 devrait selon les prévisions dépasser légèrement 1,3 million de tonnes, ce qui représente une progression de quelque 3 pour cent par rapport à 1995/96 et 17 pour cent de plus que la moyenne enregistrée pendant la période 1991-1995.

Grâce à une bonne production de paddy, les importations de riz devraient diminuer en 1996/97. Selon les prévisions actuelles, le pays importera quelque 1,5 million de tonnes de blé et 250 000 tonnes de riz.

CAMBODGE (3 mars)

A la suite d'abondantes inondations au début de la campagne rizicole de la saison des pluies, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue en janvier dans le pays pour évaluer le résultat final de la récolte et faire le point de la situation générale en matière d'approvisionnements alimentaires.

La mission a estimé la production de riz de la campagne principale de la saison des pluies 1996/97 à 2,733 millions de tonnes et prévoit pour le riz irrigué de la campagne secondaire de la saison sèche, qui sera récolté en mars, un volume de 0,657 million de tonnes, soit 3,390 millions de tonnes au total. A ce niveau, la production totale devrait être supérieure de 2 pour cent à celle de 1995/96, avec une progression de 35 pour cent par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

Des précipitations favorables dans la plus grande partie du pays ont été bénéfiques aux semis et à la croissance du riz de la saison des pluies de 1996. Toutefois, des inondations ont été enregistrées en septembre/octobre dans plusieurs provinces et notamment dans les provinces productrices de riz de Battambang, Kandal, Prey Veng, Siem Reap, Kompong Cham, Pursat et Takeo, endommageant les cultures sur pied. Dans certaines régions, les rats et autres ravageurs ont contribué à aggraver les dégâts. De ce fait, les prévisions initialement favorables ont été révisées à la baisse, considérant les pertes de récolte enregistrées par endroits et les rendements amoindris: 1,67 t/ha, contre 1,75 t/ha en 1995/96. En dépit des dégâts et de l'affaiblissement du rendement, la production totale a été supérieure à celle de 1995, grâce à une augmentation des superficies récoltées.

Les disponibilités totales de riz pour 1997 sont estimées à 2,120 millions de tonnes, sur la base d'un taux d'usinage de 62 pour cent et de stocks de report estimés à 18 000 tonnes. Les besoins en riz du pays pour la consommation humaine, compte tenu des quantités nécessaires pour les semis et pour l'alimentation des animaux, ainsi que des pertes après- récolte, sont estimés à 1,993 million de tonnes. Le pays dispose donc pour 1997 d'un excédent de 127 000 tonnes.

Malgré cet excédent national, dans de nombreuses communes, des groupes importants de population souffrent de pénuries alimentaires, bien qu'à des degrés divers. On recommande donc au gouvernement de rester prudent dans son action de promotion des exportations de riz en 1997.

Dans quelque 265 communes, selon les estimations, de nombreux ménages connaissent de graves pénuries alimentaires. Le nombre exact de ces personnes vulnérables reste toutefois encore à établir. Le PAM procède actuellement à une évaluation. De fait, leur nombre pourrait être assez important, tout comme la quantité totale de riz nécessaire. Dans l'intervalle, s'il ne se produit aucun déplacement important de population, on estime que quelque 43 000 tonnes de riz et 1 600 tonnes d'autres denrées seront nécessaires en 1997 pour venir en aide aux populations les plus vulnérables appartenant à différentes communes. Un tel volume permettra de secourir 1,1 million de personnes pendant environ trois mois, alimentation des collectivités et activités de formation exclues. Il faudra toutefois faire le point de la situation lorsque l'évaluation en cours sera terminée. Il est par ailleurs recommandé au gouvernement de constituer, par des achats locaux et avec l'aide des donateurs, un stock supplémentaire de 25 000 tonnes de riz pour faire face aux situations d'urgence. L'achat de ce stock permettrait également de soutenir les prix à la production et encouragerait les exploitants à accroître leur production. Au total, les besoins d'aide alimentaire, y compris les rations d'urgence pour les groupes vulnérables et les stocks d'urgence que le gouvernement devra constituer, s'élèvent donc à 68 000 tonnes. Au 1er janvier 1997, le PAM détenait quelque 21 070 tonnes de riz, ce qui laisse un déficit de quelque 21 930 tonnes pour atteindre les 43 000 tonnes requises pour l'aide d'urgence et des activités vivres-contre- travail en faveur des groupes vulnérables.

CHINE (3 mars)

Pendant la dernière décade de février, les précipitations ont été dans l'ensemble faibles, voire même absentes, sauf dans certaines zones des provinces de Guizhou et de Yunnan, dans l'ouest de la région. Et cela alors que précédemment, des pluies inhabituelles pour la saison, généralement modérées et localement abondantes, avaient arrosé le sud-est du pays, déterminant des excédents localisés. Les conditions d'humidité des sols semblent satisfaisantes dans l'ensemble pour le blé d'hiver, qui sera récolté à partir de mai-juin. Néanmoins, un temps exceptionnellement chaud pour la saison (de 3 à 50C au-dessus de la normale saisonnière) à mi/fin février, a continué de réduire la résistance au froid des cultures de blé d'hiver en dormance dans les plaines du nord, tandis que l'on a signalé des vagues de sécheresse dans l'est. Encore une période de chaleur et le blé d'hiver commencera à sortir de dormance. Habituellement, dans les plaines du nord, la sortie de dormance du blé d'hiver se produit à la mi-mars. Les températures supérieures de 6 à 90C à la normale saisonnière, enregistrées dans les régions méridionales du pays, ont favorisé les opérations de repiquage du riz précoce cultivé en système à double récolte qui viennent de démarrer.

La production totale de céréales vivrières de 1996, soja, légumineuses, racines et tubercules compris, est estimée à plus de 480 millions de tonnes, le deuxième meilleur résultat consécutif, avec une progression de quelque 3 pour cent par rapport à l'année précédente. Selon les estimations, le riz, le maïs et le blé constituent entre 85 et 90 pour cent de la récolte totale. L'objectif de production du gouvernement pour cette année est encore fixé à 480 millions de tonnes.

Selon les indications officielles, les importations céréalières ont reculé de 42 pour cent en 1996, tombant à 12 millions de tonnes, tandis que les exportations ont augmenté de 42,3 pour cent, passant ainsi à 1,43 million de tonnes. Les exportations céréalières totales ont été quelque peu affectées par la baisse de 7 à 3 pour cent de la remise à l'exportation de produits agricoles. En 1996, le pays a importé 440 000 tonnes de maïs et exporté 159 000 tonnes, tandis qu'il a importé 761 000 tonnes de riz et exporté 264 000 tonnes.

CHYPRE (3 mars)

Les perspectives concernant les céréales d'hiver ne sont pas favorables, le niveau des précipitations ayant été le plus bas de ce siècle, avec une moyenne de 8mm en janvier contre un niveau normal de 102 mm. Pour 1997, on prévoit une production de céréales, orge principalement, de 100 000 tonnes, soit quelque 26 pour cent de moins que l'an passé. La production céréalière couvre normalement moins d'un tiers des besoins intérieurs totaux.

Les importations de céréales pour 1996/97 (mai/avril) sont estimées à 560 000 tonnes, quelque 60 000 tonnes de plus que la campagne précédente. COREE, REPUBLIQUE DE (3 mars)

L'objectif de production de riz usiné pour 1997 a été fixé à 4,87 millions de tonnes, contre un résultat favorable de 5,32 millions de tonnes en 1996. La production de 1996 est supérieure d'environ 13 pour cent à celle de 1995 et de 5,5 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes. Cet accroissement de la production est dû aux bonnes conditions météorologiques et au fort ralentissement de la diminution des superficies semées en riz, qui auraient, dans l'ensemble, reculé de 15 pour cent depuis 1990. Pour compenser les baisses futures des terres cultivées et améliorer l'auto-suffisance en riz, le gouvernement envisage d'accroître les investissements, dans le but d'augmenter les rendements dans des zones cibles, de développer les ressources en eau et d'améliorer les infrastructures et la mécanisation agricoles.

COREE, REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE POPULAIRE DE* (3 mars)

La situation alimentaire du pays continue à se détériorer et les perspectives sont sombres pour 1997. A la suite de graves inondations pendant deux années consécutives, les disponibilités nationales de riz et de maïs risquent de s'épuiser vers avril-mai si de grosses importations n'arrivent pas rapidement ou si on ne réduit pas sensiblement les apports alimentaires qui sont déjà estimés nettement inférieurs aux besoins minimaux.

Si la production céréalière de 1996 est légèrement meilleure qu'en 1995, les quantités disponibles pour la consommation sont nettement moindres cette année. En 1996, une mission conjointe FAO/PAM a estimé la production totale de céréales à quelque 4,3 millions de tonnes (y compris le riz usiné). Une part importante (environ 50 pour cent) de la récolte de maïs a été consommée prématurément sous la forme d'épis frais, à cause de la gravité des pénuries alimentaires, tandis que la production a connu une nouvelle baisse de 300 000 tonnes due aux dégâts des inondations de 1996. La production nette de riz usiné et de maïs disponible pour 1996/97 (novembre/octobre) est, par conséquent, estimée aux alentours de 2,84 millions de tonnes. En revanche, il faudrait environ 5,4 millions de tonnes pour la consommation totale de céréales (alimentation humaine et autres utilisations), ce qui laisse des besoins totaux d'importations de plus de 2,36 millions de tonnes. Même en supposant que le pays puisse importer 500 000 tonnes par des accords de troc et des importations à des conditions de faveur, comme il l'a fait en 1995/96, il resterait encore un déficit non négligeable de 1,83 million de tonnes.

Devant la gravité de la situation, la FAO et le PAM ont approuvé conjointement, le 12 février 1997, un deuxième appel d'urgence pour une aide alimentaire d'une valeur de quelque 41,6 millions de dollars. Jusqu'à présent, les contributions annoncées par les donateurs couvrent approximativement 43 pour cent. Par ailleurs, le montant de l'appel interinstitutions des Nations Unies de juin 1996, d'environ 70 000 tonnes, est désormais quasiment couvert. Malgré l'aide alimentaire d'urgence, le pays doit faire face cette année à un déficit vivrier considérable qui devra être comblé au titre de l'aide alimentaire bilatérale de programme. A la suite des inondations de 1995, cette aide s'est élevée à quelque 400 000 tonnes. La FAO a également lancé un appel d'urgence pour des semences, des engrais et des pesticides d'une valeur de 2,86 millions de dollars, afin de permettre au pays de cultiver à la fois du blé et de l'orge sur 10 000 hectares de terres touchées par les inondations, en complément des céréales traditionnelles. L'appel concernait 1500 tonnes de semences, 3140 tonnes d'engrais et 575 000 dollars E.-U. pour l'achat de pesticides. Le gouvernement avait initialement lancé un appel pour des semences et des intrants pour 100 000 hectares à cultiver dans des zones touchées ou non par les crues. Il a reçu pour l'instant les promesses de contributions suivantes: 5 490 tonnes de semences d'orge qui permettront d'ensemencer 36 600 hectares, 2 020 tonnes d'engrais et 107 000 dollars pour l'achat de pesticides. En outre, une aide supplémentaire de 3000 tonnes de semences d'orge a été annoncée fin février, mais il est probable que cette quantité ne soit pas disponible à temps pour les semis de cette année.

INDE (3 mars)

Les conditions sont dans l'ensemble favorables pour le riz rabi dans le sud-est de l'Inde. Cependant, dans les grandes régions du nord productrices de blé d'hiver, où ces derniers mois les précipitations ont été faibles et intermittentes, les réserves d'humidité des sols ont généralement diminué. L'irrigation des sols est adéquate mais à cette période de l'année, des pluies supplémentaires sont généralement nécessaires pour un bon développement des cultures. Il faudra donc un supplément de précipitations vers la mi-mars si l'on veut obtenir le rendement moyen de ces dernières années. Un autre problème pour le blé, qui risque également d'affaiblir les rendements, est celui des herbes adventices, notamment de Phalaris Minor. Aucun problème notable n'est en revanche prévu concernant la récolte de sorgho.

La production de blé de 1997 devrait augmenter, passant selon les estimations à 64,6 millions de tonnes, quelque 3 pour cent de plus que les 62,62 millions de tonnes récoltées l'an dernier et près de 10 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. Les semis de blé de 1997 ont bien démarré dans des conditions d'humidité des sols favorables grâce à des pluies de mousson tardives. Les emblavures ont légèrement augmenté sous l'effet du niveau élevé des prix du blé et d'une hausse de 9,5 pour cent du prix de soutien officiel, maintenant fixé à 4 150 Rs (118 dollars E.-U.). De ce fait, les superficies consacrées au blé ont légèrement progressé au détriment d'autres cultures, telles que la canne à sucre. Les dégâts causés aux cultures de riz par les inondations et les cyclones enregistrés à fin 1996 dans le sud de l'Inde et par la sécheresse dans l'Orissa, ont été compensés par un accroissement de production dans l'Uttar Pradesh, le Madhya Pradesh et le Punjab. La production rizicole de l'Uttar Pradesh est estimée par le gouvernement de cet Etat à 11,8 millions de tonnes, volume record. Selon les prévisions de la FAO, la production de riz usiné de 1996/97 devrait s'établir à près de 81 millions de tonnes, avec une légère progression par rapport à 1995/96. Concernant les semis de riz qui n'auront lieu que dans quatre mois, la superficie ensemencée pour la récolte 1997/98 dépendra dans une grande mesure des pluies de la mousson d'été qui démarrera en juin. Quatre-vingt à quatre- vingt-dix pour cent des semis de riz sont effectués pendant la mousson. La production céréalière totale de 1996/97 s'établirait à 191,18 millions de tonnes selon les estimations, contre les 185,04 millions de tonnes récoltées pendant la campagne précédente.

Les exportations de riz devraient tomber à 2,5 millions de tonnes en 1996/97, contre un volume de quelque 4 millions de tonnes l'année précédente. Pour répondre à une demande croissante, contrôler la hausse des prix et renforcer les stocks nationaux, le gouvernement a autorisé la State Trading Corporation à importer 2 millions de tonnes de blé en 1996/97. A ce jour, le pays a négocié l'importation de quelque 1,68 million de tonnes, dont la plus grande partie est attendue d'ici la fin du mois de mars, alors que la récolte de blé devrait être en cours.

INDONESIE (3 mars)

Les averses, de légères à modérées, qui ont été enregistrées au cours de la dernière décade de février à Java, ont contribué à maintenir les réserves d'humidité des sols. On signale également une irrigation satisfaisante des sols et dans l'ensemble les perspectives sont favorables pour le riz de la campagne principale.

A la fin du mois de janvier, le gouvernement a augmenté de 16,6 pour cent le prix à la production du paddy (qui est ainsi passé de 450 Rp, soit 19,5 cents E.-U., à 525 Rp le kilo) et de 21 pour cent en moyenne celui des engrais, pour accroître les recettes des exploitants et réduire les subventions à l'achat d'engrais. Selon les estimations officielles, le pays a produit l'an dernier quelque 51 millions de tonnes de riz non décortiqué, ce qui équivaut à près de 33,15 millions de tonnes de riz usiné. La récolte de maïs devrait augmenter en 1996/97, sous l'effet de divers facteurs, notamment: de bonnes conditions météorologiques (avec des précipitations suffisantes pendant la première campagne de semis en octobre/novembre 1996), la diffusion de semences hybrides, un approvisionnement ponctuel en engrais et de meilleurs rendements. Le rendement potentiel a toutefois été quelque peu affaibli par des infestations peu importantes du champignon parasite "sclerospora maizidis". Quant au maïs, les objectifs de superficie et de production pour 1996/97 sont respectivement de 3,6 millions d'hectares et de 8,9 millions de tonnes.

Le gouvernement a récemment annoncé son intention d'investir près de 255,9 milliards de roupies pendant l'exercice financier 1997 qui s'ouvre le 1er avril, pour la construction des infrastructures relatives à un projet d'un million d'hectares de rizières dans le Kalimantan central. L'objectif de ce projet est de réduire la dépendance de l'Indonésie à l'égard des importations de riz et d'assurer l'autonomie vivrière du pays.

Grâce aux efforts déployés par le gouvernement pour accroître la production de maïs, en 1996/97 les importations devraient rester au niveau de la campagne précédente, à savoir 860 000 tonnes.

IRAN, REPUBLIQUE ISLAMIQUE D’ (3 mars)

Les trois tremblements de terre qui ont frappé plusieurs régions d'Asie à fin février, ont causé à ce jour 550 victimes. L'Iran a été le pays le plus touché, avec un séisme d'amplitude 5,5 sur l'échelle de Richter qui a fait près de 500 morts et 2 000 blessés dans le nord du pays. En outre, selon les estimations, cette catastrophe aurait laissé quelque 35 000 sans-abri et causé la perte de 30 000 animaux. Les opérations de secours, rendues difficiles par un froid extrême et par le gel, sont en cours et des abris provisoires ont été fournis aux sans-abri. Les dégâts les plus importants ont été enregistrés dans la province (et la ville) d'Ardabil, dans la ville de Meshkinshahr et dans 83 villages des alentours. Il s'agit d'une province agricole, mais à ce jour l'ampleur des dégâts au niveau de la production agricole n'a pas été déterminée. A la suite de cette catastrophe, le pays a sollicité au début du mois de mars 100 000 tonnes d'orge destinées à l'alimentation de 200 000 têtes de bétail dans les régions du nord-ouest. Il a également demandé 70 tonnes de semences de blé et 70 tonnes de semences d'orge. Pour accroître l'efficience et la rapidité de l'aide internationale, le gouvernement a demandé que cette aide soit couverte dans la mesure du possible par des achats locaux. Pour couvrir les besoins alimentaires des 60 000 personnes affectées au cours des quatre prochains mois, 1 320 tonnes de riz, 440 tonnes de céréales non spécifiées et 440 tonnes de sucre sont notamment nécessaires.

Le blé et l'orge, qui sont les principales cultures céréalières, seront récoltés à partir de fin avril/mai. Selon les estimations, la production moyenne de ces deux céréales pendant la période 1991-95 s'établirait à 10,4 millions de tonnes et 3,07 millions de tonnes respectivement.

Pour couvrir ses besoins, le pays doit importer des céréales, notamment du blé. Pendant la campagne de commercialisation 1996/97, les importations de blé devraient atteindre 4,7 millions de tonnes, tandis qu'il faudra importer 875 000 tonnes de riz.

IRAQ* (3 mars)

Les perspectives des cultures d'hiver de 1997 demeurent incertaines compte tenu des faibles précipitations signalées dans toutes les régions du pays, en particulier au nord où l'irrigation est essentiellement fonction des pluies. Par ailleurs, les pénuries d'intrants agricoles de base tels que semences de qualité, pièces de rechange, vaccins et produits agrochimiques, ainsi que l'incidence généralisée des ravageurs, des plantes adventices et des maladies des animaux continueront à limiter les rendements. La tenue générale du secteur agricole, en particulier durant la campagne 1996/97, est préoccupante. La production du blé et de l'orge de la campagne d'hiver 1996/97 devrait être considérablement inférieure à la normale. Avec l'entrée en vigueur de l'accord pétrole-contre-vivres, le secteur agricole devrait disposer durant six mois de 44,15 millions de dollars E.-U. La lutte contre les ennemis des cultures et les maladies des animaux, et les disponibilités de semences de qualité, pièces détachées, vaccins, médicaments et pesticides devraient contribuer à accroître la production végétale et animale et améliorer quelque peu la situation des approvisionnements alimentaires.

L'accord pétrole-contre-vivres prévoit également 804,63 millions de dollars E.-U. (sur un total de 1,3 milliard de dollars E.-U. d'aide humanitaire) pour l'achat de nourriture sur une période de six mois, ce qui améliorera sensiblement la situation alimentaire et nutritionnelle de la population. On estime, toutefois, que cette allocation de 804,63 millions de dollars E.-U. couvrira tout juste 50 pour cent des besoins estimés d'importations alimentaires.

ISRAEL (3 mars)

Les perspectives de récolte de céréales sont incertaines, compte tenu des conditions météorologiques défavorables durant la campagne de croissance. La production de blé de 1996 est estimée à 150 000 tonnes, quelque 30 000 tonnes de moins que l'an dernier et moins que la moyenne pour la troisième année consécutive.

Les importations céréalières pour 1996/97 (octobre/septembre) sont estimées à quelque 2,1 millions de tonnes, autant que celles de la campagne précédente. Les minoteries du pays achètent du blé importé car les prix d'achat officiel intérieurs sont plus élevés que ceux en vigueur sur les marchés mondiaux.

Le pays n'a pas entamé la dernière phase d'un programme de libéralisation des importations d'aliments transformés qui était prévue pour le 1er janvier 1997 et qui porte sur l'ensemble des denrées alimentaires transformées, à l'exception des produits de boulangerie, du café et du chocolat. Le programme vise à ramener le tarif douanier de base à 8 pour cent en 2002.

JAPON (3 mars)

D'après les dernières estimations, la production de paddy de 1996 est de 12,89 millions de tonnes (ou 9,34 millions de tonnes de riz usiné). La baisse de la production est due à une diminution des superficies de 7 pour cent (de 2,12 millions d'hectares en 1995 à 1,97 millions d'hectares). A ce niveau, la production de 1996 est en recul de 4 pour cent par rapport à celle de 1995, tout en restant légèrement supérieure (2 pour cent) à la moyenne des cinq années précédentes. Dans le cadre du programme de reconversion du gouvernement, l'objectif pour l'exercice budgétaire 1997 (avril 1996- mars 1997) est fixé à 787 000 hectares, soit autant que la campagne précédente.

JORDANIE (3 mars)

Les conditions de croissance ont bénéficié de précipitations favorables tombées la dernière semaine de janvier, succédant au temps sec des trois premières semaines. La production totale de blé et d'orge de 1996 est estimée à 67 000 tonnes, quelque 26 pour cent de moins que le résultat médiocre de l'année précédente. La production de pommes de terre de 1996, estimée à 110 000 tonnes, est supérieure de 12 000 tonnes à celle de 1995.

Les importations de blé de 1995/96 ont été estimées à 538 000 tonnes, soit quelque 13 pour cent de moins que celles de la campagne précédente. Les importations de maïs et d'orge en 1995/96 (juillet/juin) sont estimées à 0,94 million de tonnes, tandis que celles de riz devraient être de 90 000 tonnes en 1996. Les importations de blé pour 1996/97 (juillet/juin) devraient s'établir à 0,43 million de tonnes, soit environ 20 pour cent de moins que celles de la campagne précédente.

LAOS* (3 mars)

Mars est le mois déterminant pour les conditions d'humidité du riz de la campagne secondaire qui sera récolté en avril/mai.

En 1996, des précipitations faibles et irrégulières tombées en juin/juillet ont retardé le repiquage du riz et perturbé sa croissance, tandis que des typhons ont provoqué des inondations généralisées dans les principales zones de riziculture des basses terres du centre et du sud. Six provinces ont été durement touchées et représentent près de 94 pour cent des pertes de riz. Khammouane, Savannakhet et Champasack ont subi les dégâts les plus importants et doivent faire face à de sérieuses pénuries. Il s'agit d'importantes provinces agricoles, Khammouane étant auto-suffisante et Savannakhet et Champasack excédentaires en temps normal.

Une mission d'évaluation FAO/PAM qui s'est rendue dans le pays l'an dernier a estimé qu'à cause de la perte de quelque 76 000 hectares de riz, la production de riz usiné de 1996/97 ne sera que de 836 000 tonnes. Le pays n'ayant pas de stocks de report, il ne disposera que de cette quantité de céréales pour la consommation durant la campagne de commercialisation 1996/97. En revanche, il faudrait quelque 864 000 tonnes pour les besoins alimentaires, et environ 1,02 million de tonnes pour l'utilisation totale. Les besoins totaux d'importations s'établissent donc à plus de 179 000 tonnes. En supposant que les importations commerciales s'élèvent à 25 000 tonnes, comme l'an dernier, le pays aura besoin d'une aide pour couvrir le déficit de 154 000 tonnes. La Mission FAO/PAM a recommandé de fournir une aide d'urgence de 43 000 tonnes pour 420 000 personnes qui ont été touchées par les inondations et ne disposent d'aucune réserve alimentaire. Le solde de 111 000 tonnes sera acheminé sous la forme d'une aide alimentaire de programme et de projet.

La FAO et le PAM devraient approuver sous peu une opération d'urgence conjointe pour expédier 30 240 tonnes de riz en faveur de 420 000 personnes parmi les groupes les plus vulnérables qui ont été victimes des inondations pendant six mois.

LIBAN (3 mars)

La production de blé de 1996 est estimée à 45 000 tonnes, encore inférieure à la moyenne et légèrement en-deçà du résultat de 1995. Le pays est fortement tributaire des importations (à hauteur d'environ 90 pour cent) pour satisfaire la demande de riz, de sucre et de lait en poudre.

En 1996/97 (juillet/juin), les importations de céréales -essentiellement de blé- devraient s'établir à quelque 760 000 tonnes, soit une hausse d'environ 5 000 tonnes par rapport à la campagne précédente.

MALAISIE (5 mars)

En janvier, des pluies nettement inférieures à la normale ont réduit les conditions d'humidité des cultures dans tout le pays, mais le retour des précipitations en février dans la région a amélioré leur état. La production totale de paddy de 1996 est estimée à quelque 2,12 millions de tonnes, chiffre légèrement meilleur qu'en 1995 et supérieur d'environ 5 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes.

MONGOLIE* (5 mars)

La production céréalière de 1996 (essentiellement de blé) est en recul pour la cinquième année consécutive, du fait de la baisse des précipitations et des problèmes persistants du secteur dus à la transition économique et aux réformes du marché. La Mongolie fait partie des pays à faible revenu et à déficit vivrier. Bien qu'il ne soit pas confronté à une situation d'insécurité alimentaire, au sens strict du terme, ou à une urgence risquant d'entraîner une famine généralisée, c'est un pays qui, à l'instar des économies en transition de la CEI, a une population croissante de groupes à faible revenu qui subissent une réduction brutale de leurs conditions nutritionnelles due à la conjoncture économique. En conséquence, comme plusieurs pays de la CEI qui bénéficient actuellement d'une aide alimentaire, la recrudescence de la pauvreté en Mongolie est devenue un problème pressant qui nécessite une aide internationale. Les chômeurs, les personnes âgées, les ménages dont le chef de famille est une femme, les enfants, les retraités et les gardiens de petits troupeaux sont les catégories devant supporter le coût social le plus lourd de la transition. Ces catégories de population ont des ressources financières limitées pour acheter de la nourriture sur un marché en pleine libéralisation. Même ceux qui travaillent ont beaucoup de mal à satisfaire les besoins alimentaires de leur ménage car l'inflation demeure élevée et les hausses de prix des aliments ont jusqu'à présent largement dépassé les salaires du secteur public.

La capacité du pays de nourrir sa population s'est détériorée davantage car les disponibilités céréalières intérieures s'épuisent, et il faudra des importations considérables pour satisfaire les besoins durant la campagne de commercialisation 1996/97. La situation est aggravée par les faibles réserves céréalières et la baisse des échanges à l'exportation; en outre, le pays n'est guère en mesure d'effectuer des importations commerciales de céréales suffisantes pour combler le déficit. Par ailleurs, la chute des cours mondiaux du cuivre et du cachemire -d'importantes sources de revenus- réduira incontestablement davantage les recettes du gouvernement dans l'année à venir.

Les besoins totaux d'importations céréalières pour 1996/97 sont estimés à 235 000 tonnes de blé et 3000 tonnes de riz. Sur ce total de 238 000 tonnes, on estime que le gouvernement pourrait financer les importations commerciales de quelque 87 000 tonnes, à peu près comme la campagne précédente, ce qui laisse un déficit de 151 000 tonnes, pour lequel il faut une aide alimentaire d'urgence et de programme. Pour les groupes les plus vulnérables, d'une extrême pauvreté, on recommande l'envoi de quelque 22 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence, le solde de 129 000 tonnes devant être assuré par des crédits assortis de conditions de faveur et une aide alimentaire de programme. Afin de promouvoir les importations de farine de blé et de céréales, le gouvernement a institué, entre autres mesures, l'exemption des droits de douane. Quasiment toutes les minoteries ont arrêté la production en raison de la pénurie de céréales produites dans le pays.

Au début de l'année, la commission d'urgence de l'Etat a affecté 8,7m tugriks au transport de fourrage vers la Province de Hovsgol, destiné au bétail victime de l'hiver rigoureux.

MYANMAR (5 mars)

Les précipitations et les températures ont été généralement satisfaisantes pour le riz d'été, déjà semé. Les estimations officielles actuelles laissent entrevoir une production de riz d'environ 17 millions de tonnes en 1996/97, soit quelque 5 pour cent de moins que la production estimée en 1995/96. Cette baisse s'explique en partie par des rendements plus faibles que prévu durant la récolte de la mousson et des superficies ensemencées en riz d'été inférieures aux prévisions. La diminution des rendements serait due aux semences de qualité inférieure, aux pénuries et/ou au prix élevé des intrants, au mauvais temps et à des problèmes de ravageurs et de maladies. Fin janvier 1997, la production de riz de la mousson était estimée à 14,3 millions de tonnes pour 4,9 millions d'hectares. La superficie ensemencée en riz d'été devrait également diminuer car le gouvernement réduirait les mesures visant à encourager sa production. Contrairement aux deux dernières années, le Ministère de l'Agriculture autorise désormais les agriculteurs à décider la superficie qu'ils souhaitent ensemencer en riz d'été, en fonction de leur exploitation individuelle et des conditions du marché. On signale que le gouvernement envisage d'encourager la production de coton, de sucre et de légumineuses.

L'objectif d'exportation de riz pour 1997 est de 350 000 tonnes, en raison de la baisse de la production et de la lenteur des achats officiels.

NEPAL (5 mars)

La récolte du blé démarrera fin mars/début d'avril. D'après les premières estimations, la production sera d'un million de tonnes, plus que la moyenne et à peu près autant qu'en 1996. La production totale de céréales est estimée à 6,9 millions de tonnes en 1996, chiffre sensiblement supérieur à celle de 1995 et correspondant à la moyenne des cinq années précédentes.

PAKISTAN (6 mars)

Les conditions du blé d'hiver, dont la moisson commencera en avril/mai, sont satisfaisantes dans l'ensemble. Selon l'estimation provisoire de la FAO, la production de 1997 est de 17 millions de tonnes, à peu près autant que l'an dernier. Malgré une augmentation des emblavures de quelque 2 pour cent par rapport à l'année précédente, la production de blé de 1996 a été légèrement inférieure au résultat de 1995, compte tenu principalement d'une diminution des rendements moyens, due en partie à une pénurie d'engrais azotés et phosphatés lors des semis et du développement des cultures.

Compte tenu des conditions météorologiques favorables durant la campagne agricole, du démarrage précoce des pluies de mousson au Punjab, des disponibilités adéquates d'eau et des pluies normales dans la province de Sindh, la production de riz usiné en 1996/97 devrait être d'environ 4,3 millions de tonnes, quelque 8 pour cent de plus qu'en 1995. Les superficies ensemencées en riz ont augmenté de 3 pour cent, s'établissant à 2,23 millions d'hectares. Le gouvernement a augmenté les prix de soutien du paddy de 15 pour cent pour le Basmati et les variétés IRRI, et du riz usiné de 10 pour cent pour le basmati et de 15 pour cent pour les variétés IRRI.

Le gouvernement a révisé ses estimations d'importations de blé pour 1996/97, de 1,8 million de tonnes à 2,4 millions de tonnes, compte tenu d'une baisse des estimations de la production définitive de blé (16,9 millions de tonnes pour 1996/97), soit quelque 3 pour cent de moins que les premières prévisions.

PHILIPPINES (6 mars)

Durant la dernière décade de février, des pluies modérées (30-70 mm) de la mousson du nord-est tombées à l'est du pays ont ralenti la récolte du riz de la deuxième campagne tout en renforçant les réserves d'humidité pour la prochaine récolte de la campagne principale. De fortes précipitations pourraient avoir causé des inondations localisées dans tout le sud-est de Luzon.

La production de riz de 1996/97 est estimée à 11,54 millions de tonnes, soit 3,6 pour cent de plus que la campagne précédente et 15 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. Cette augmentation s'explique en partie par les prix attrayants à l'exploitation, qui ont entraîné un accroissemment des superficies et des rendements. Toutefois, l'offre intérieure ne suffit pas à couvrir la demande grandissante stimulée par l'accroissement démographique. En outre, les rendements par hectare ont stagné au cours des trois dernières années. Pour satisfaire la demande et conjurer d'éventuelles flambées des prix au troisième trimestre, le pays pourrait importer jusqu'à 650 000 tonnes de riz en 1997. Les chiffres récents du gouvernement indiquent que la production de maïs de janvier à juin 1997 devrait s'établir à 1,844 million de tonnes, par rapport à 1,778 million de tonnes pour la même période de l'an dernier.

SRI LANKA (18 mars)

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue dans le pays du 23 février au 7 mars 1997 pour estimer la récolte de la campagne Maha de 1996/97, prévoir la récolte de riz Yala de 1997 et évaluer la situation globale des disponibilités céréalières pour 1997. Outre les visites aux principales zones agricoles, la Mission s'est également rendue à Vavuniya au nord, qui a été victime de troubles civils pendant de nombreuses années et de graves sécheresses récemment.

Les précipitations durant la campagne Maha de 1996/97 ont été faibles et irrégulières. En dépit des pluies favorables tombées en septembre 1996 qui ont encouragé les travaux des champs avant la campagne Maha, leur diminution brutale en octobre a eu une grave incidence sur la préparation des sols et les semis. En conséquence, les superficies ensemencées pour la campagne Maha sont restées à peu près au même niveau qu'en 1995, dont le résultat avait été fortement compromis par la sécheresse. Par la suite, toutefois, les précipitations ont été meilleures que l'année précédente. Selon les estimations de la Mission, la superficie totale récoltée de riz Maha est de 477 000 hectares, soit 9 pour cent de plus qu'en 1995/96. Les rendements moyens ont également progressé de 3,1 tonnes/ha en 1995 à 3,3 tonnes/ha.

Dans l'ensemble, les précipitations n'ont toutefois pas suffi à constituer des réserves d'eau adéquates dans les réservoirs et les citernes, ce qui compromettra les semis du riz Yala de 1997 même si les pluies de la mousson d'été sont normales. La mission prévoit que quelque 257 000 hectares seront cultivés durant la campagne Yala, soit environ 8 pour cent de plus qu'en 1996, mais 33 pour cent de moins qu'en 1995, où la récolte fut exceptionnelle. Le rendement projeté est également de 3,3 tonnes l'hectare, comme pour la récolte Maha.

La Mission estime la production totale de riz Maha de 1996/97 à 1,602 million de tonnes, et celle de riz Yala de 1997 à 855 000 tonnes. La production globale de riz de 1997 devrait donc atteindre 2,457 millions de tonnes, en progression de 22 pour cent par rapport à l'an dernier, tout en restant inférieure de 13 pour cent au résultat supérieur à la moyenne de 1994/95.

Les disponibilités totales de riz usiné pour 1997 sont estimées à 1,682 million de tonnes, compte tenu d'un taux d'usinage de 66 pour cent et de stocks de report de 60 000 tonnes. Le pays a besoin de 2,17 millions de tonnes pour l'utilisation totale, y compris la consommation, les semences, le fourrage et les stocks de réserve. Les besoins d'importations de riz pour 1997 sont donc de 488 000 tonnes, dont la plupart seront des importations commerciales. Par ailleurs, on présume que le gouvernement importera quelque 900 000 tonnes de blé pour satisfaire la demande.

Les riziculteurs conservent normalement des quantités suffisantes de riz lors de la récolte pour couvrir les besoins intérieurs et commercialisent les excédents. Toutefois, en prévision d'une baisse de la récolte Yala cette année, ils devraient vendre moins de riz. Les importations seront, par conséquent, déterminantes dans la fixation des prix et tout retard pourrait entraîner un renchérissement, comme en 1996.

Une partie de la population du nord n'a pu exercer une activité agricole normale durant 1996/97 en raison des conflits civils et des conditions de sécheresse. En outre, ces catégories de population, pour la plupart de Jaffna, Kilinochchi, Mullativu, Mannar et Vavuniya, ne reçoivent aucune assistance du gouvernement. La Mission estime qu'appartiennent à cette catégorie quelque 44 500 familles ou 222 500 personnes qui ont souffert d'une perte de production pendant deux années successives. Elles ont par conséquent besoin d'une aide alimentaire durant 12 mois. Une aide alimentaire sera également nécessaire pendant au moins 6 mois pour 4 200 autres familles, soit 21 000 personnes, qui ont perdu la récolte Maha de 1996. Pour satisfaire ces besoins, on estime qu'il faudra quelque 22 400 tonnes de riz et 11 200 tonnes de blé au titre de l'aide alimentaire

SYRIE (3 mars)

La production de céréales de 1996 est estimée à 5,9 millions de tonnes, quelque 3 pour cent de moins que l'année précédente.

Au dernier trimestre 1995, le pays a exporté du blé pour la première fois depuis plus de vingt ans. Ces exportations ont toutefois cessé début 1996 pendant plus de six mois pour conjurer une hausse des prix due à la contraction brutale des stocks. Certaines exportations de blé ont été réduites pour 1996/97. Les exportations d'orge pour la campagne de commercialisation en cours sont estimées à environ 600 000 tonnes.

L'essentiel de la production de blé étant du blé dur, il faudra des importations de quelque 100 000 tonnes de farine de blé en 1996/97. Les importations de riz pour 1996/97 (juillet/juin) sont estimées à 166 000 tonnes, environ 3 pour cent de plus que la campagne précédente.

THAILANDE (3 mars)

On signale des conditions favorables pour la récolte tardive du riz de la campagne principale et pour le développement précoce du riz de la campagne secondaire.

D'après les estimations officielles, la production de riz de 1996/97 est de 21,27 millions de tonnes. Les estimations du riz de la première campagne ont été révisées à la hausse, passant de 17,60 millions de tonnes à 17,75 millions de tonnes. La récolte du riz de la deuxième campagne devrait être de 3,52 millions de tonnes. A ce niveau, la production rizicole totale pour 1996/97 serait similaire au résultat de 1995/96 et supérieure de 5 pour cent à la moyenne des cinq campagnes précédentes. La production est restée à un bon niveau en dépit des précipitations abondantes et des inondations fin octobre, qui ont eu une incidence sur la pollinisation du maïs au stade de la floraison, causant une certaine baisse des rendements. Toutefois, les inondations ne devraient pas avoir nui à la production de maïs de l'an dernier, estimée actuellement à 4,39 millions de tonnes contre 4,38 millions de tonnes des premières prévisions. A ce niveau, elle serait supérieure de quelque 5 pour cent à celle de l'année précédente et d'environ 16 pour cent à la moyenne des cinq années précédentes. Cet accroissement s'explique par l'adoption de nouvelles variétés hybrides qui ont beaucoup de succès du fait de leurs rendements élevés et de la résistance aux inondations et aux maladies, et des prix attrayants qui ont incité à utiliser davantage d'engrais et entraîné un accroissement des superficies ensemencées.

Les exportations de riz sont officiellement estimées à 5,29 millions de tonnes en 1996, contre un objectif de 5 millions de tonnes. Même si l'on prévoit un accroissement de la production mondiale de riz et une concurrence plus vive des autres pays exportateurs, les exportations de riz Thai devraient rester soutenues en 1997. Leur objectif d'exportation pour cette année a été révisé à la hausse, s'établissant à 5,35 millions de tonnes, contre les 5 millions de tonnes prévues initialement.

Fin janvier, la Commission européenne a approuvé une série de mesures d'aide humanitaire d'une valeur de 2 millions d'ECU en faveur des minorités ethniques du Myanmar vivant en Thaïlande ou rentrées depuis peu dans leur pays. Ce programme permettra aux organisations non gouvernementales de fournir une aide alimentaire et médicale à plus de 90 000 personnes sur les six prochains mois.

TURQUIE (3 mars)

La production de blé de 1996 est estimée à 18,5 millions de tonnes, soit environ 3 pour cent de plus que le niveau inférieur à la moyenne de 1995 (18 millions de tonnes). La production d'orge, estimée à 8 millions de tonnes, est supérieure de 0,5 million de tonnes à la récolte de 1995. En revanche, la production de maïs s'établirait à 1,75 millions de tonnes, quelque 8 pour cent de moins qu'en 1995.

Le gouvernement envisage de réduire la taxe sur les importations de blé de 15 pour cent afin de prévenir une hausse des prix du pain qui ont augmenté d'environ 30 pour cent fin octobre et début novembre. L'Office turc des céréales (TMO) qui achète les céréales aux agriculteurs sera, par conséquent, autorisé à vendre du blé aux minoteries locales de son stock d'environ 700 000 tonnes pour contenir le renchérissement du pain.

Les exportations de blé et de farine pour 1996/97 (juillet/juin) devraient s'établir à 1 million de tonnes, en augmentation de 100 000 tonnes. Les importations de blé panifiable et de blé dur devraient passer de 1,2 million de tonnes de la campagne précédente à 0,7 million de tonnes.

VIET NAM (3 mars)

Le temps plus sec favorise la maturation du riz, en particulier après les conditions humides qui ont régné précédemment. L'objectif d'ensemencement du riz de printemps est de 2,5 millions d'hectares, dont environ 66 pour cent étaient semés fin janvier, contre quasiment 100 pour cent en 1996 à la même époque.

Les typhons et les inondations, au cours desquels près d'un millier de personnes auraient péri, ont eu une incidence considérable sur la récolte du riz de 1996. La production totale de paddy serait de 27 millions de tonnes en 1996, soit environ 7 pour cent de plus qu'en 1995 et 12 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes.

Le pays a exporté quelque 3 millions de tonnes de riz en 1996, ce qui représente une augmentation sensible par rapport à l'année précédente et correspond à l'objectif du gouvernement. On prévoit que 2,5 millions de tonnes seront exportées de janvier à septembre et 0,5 million de tonnes durant les trois mois restants.

Le pays devrait recevoir une assistance de 20 millions de dollars E.-U. pour un projet de réduction des pertes après récolte et d'amélioration de la qualité du riz. Le gouvernement allouera également 3,5 millions de dollars au projet qui sera conduit sur cinq ans dans les trois principales provinces rizicoles de Thai Binh au nord et de Can Tho et Soc Trang au sud.

YEMEN (3 mars)

Les précipitations ont été généralement normales en novembre, sauf à Hodeidah où les pluies ont été abondantes. La récolte des cultures d'hiver démarrera sous peu. La production céréalière en 1996/97 devrait se maintenir à peu près au niveau de la campagne précédente.

On s'attend à voir apparaître des criquets pèlerins en quantités faibles ou modérées, et quelques groupes et des petits essaims sur les plaines côtières de la Mer Rouge, en provenance de l'intérieur des terres. Ils devraient continuer à grandir et à se reproduire dans les zones de pluies récentes.

Les importations céréalières pour 1996 -essentiellement du blé- sont estimées à quelque 2 millions de tonnes, en augmentation d'environ 2 pour cent par rapport à 1995.