NIGER (20 mars)

Un temps sec, normal pour la saison, domine. Une mission conjointe FAO/CILSS d’évaluation des récoltes qui s’est rendue au Niger l’année dernière, a estimé la production globale de céréales pour 1996 à 2 325 000 tonnes, soit 10 pour cent de plus qu’en 1995 et 4 pour cent de plus que la moyenne des cinq dernières années. C’est surtout la production de sorgho qui a augmenté tandis que celle du riz rejoint les chiffres de 1995. Des criquets pèlerins ailés pourraient être présents et se maintenir dans le centre du Tamesna et peut-être dans l’Aïr.

Malgré cette récolte supérieure à la moyenne, la situation alimentaire devrait rester précaire dans plusieurs zones où les récoltes ont été médiocres pour la deuxième année consécutive. Le système national d’alerte rapide estime que les arrondissements de N’Guigmi, Ouallam, Tahoua, Tanout, Tchintabaraden et tous les arrondissements des départements de l’Agadez sont particulièrement vulnérables. C’est dans la zone du Tanout, dans le département de Zinder, où l’on a signalé d’importants déplacements de population en décembre et en janvier que la situation préoccupe le plus. En outre, début novembre, le stock national de sécurité était presque épuisé. Malgré les recettes réalisées grâce à la vente de céréales en 1996 et les engagements pris par les donateurs en vue de la reconstitution du stock, l’Office de commercialisation des céréales (OPVN), n’a pu acheter de céréales à la fin de 1996 après un appel d’offres lancé à la fin d’octobre car les prix des céréales ont monté et les négociants n’ont pu maintenir leurs offres. Le niveau du stock est maintenant de 4 500 tonnes. Les prix des céréales dépassent ceux de l’année dernière, surtout en raison des faibles importations en provenance du nord du Nigéria où les prix sont également élevés. Le 11 décembre, le gouvernement a demandé une aide extérieure pour un total de 118 000 tonnes de céréales. A la fin de décembre, une équipe conjointe FAO/PAM avec une participation FEWS s’est rendue dans l’arrondissement de Tanout dans le département de Zinder pour y évaluer la situation des groupes de population vulnérables et les besoins d’aide alimentaire extérieure et d’articles non alimentaires, dont des outils, des semences et un appui logistique. A la fin du mois de janvier, une autre mission FAO a été organisée dans l’arrondissement d’Ouallam. Les stocks des agriculteurs seront épuisés vers la mi-mars et des déplacements de population sont signalés. Ceux qui restent ont commencé à se nourrir d’aliments sauvages. A la fin du mois de février, une nouvelle mission d’évaluation s’est rendue dans les zones vulnérables des départements de Maradi, Tanout et Zinder et a confirmé la précarité de la situation alimentaire et nutritionnelle. Les migrations de familles entières augmentent. Les familles qui restent se nourrissent d’aliments sauvages et vendent du petit bétail ou empruntent en échange de leur récolte future. La situation varie beaucoup d’un village à l’autre, mais une assistance doit être fournie au plus vite dans l’arrondissement de Tanout et les zones voisines de l’arrondissement de Dakoro. Une petite aide sera également nécessaire dans les centres urbains où se sont concentrés des migrants provenant de ces zones, notamment dans le département de Zinder. Le gouvernement a commencé à distribuer des denrées alimentaires dans plusieurs arrondissements.


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