Mesures concrètes pour la mise en oeuvre du plan
3. Le Plan d'action de la FAO accorde la priorité à trois domaines: intégration de considérations relatives au sexe à l'intérieur de l'Organisation, fourniture d'une aide sous forme d'orientation et d'assistance technique en matière d'intégration des femmes dans le développement/de spécificités de chaque sexe aux pays membres, et politiques volontaristes, comme il est indiqué plus loin.
4. Intégration dans les activités principales de considérations relatives aux spécificités de chaque sexe. La FAO a fait des efforts considérables au début des années 90 pour sensibiliser ses fonctionnaires du cadre organique aux problèmes et questions de spécificités de chaque sexe. Ensuite, l'Organisation a oeuvré pour renforcer l'engagement, les compétences et capacités de son personnel à incorporer les questions de spécificités de chaque sexe dans les domaines techniques de son programme de travail. Le quatrième Rapport d'activité mettait en évidence une importante initiative d'incorporation: le processus consultatif et participatif d'élaboration des programmes d'action concernant le rôle des femmes dans le développement/les spécificités de chaque sexe pour trois exercices (1996-2001), dans 24 divisions. Tels sont les fondements du Plan de la FAO. Les divers programmes ont été définitivement mis au point, chacun définissant des objectifs réalisables et identifiant des stratégies, des instruments de mise en oeuvre et des indicateurs pour le suivi. Il appartient à chaque division de mettre en oeuvre et de suivre le programme dont elle est chargée, puis de faire rapport en la matière.
5. Afin de renforcer l'intégration des spécificités de chaque sexe aux activités principales de la FAO, le Directeur général a créé un Comité interdépartemental sur le rôle des femmes dans le développement en février 1996 pour qu'il soit l'organe coordonnateur et consultatif au plus haut niveau pour le Plan de la FAO. Avec un appui de certains points focaux désignés et/ou groupes restreints au sein de chacune des 24 divisions techniques, le Comité donne des avis de politique et favorise la coordination et la prise de décisions concernant les questions de fond et opérationnelles touchant au rôle des femmes dans le développement. Le Comité a décidé de se réunir tous les trois mois et il a donc tenu six sessions depuis mars 1996.
6. Outre l'appui institutionnel à l'intégration des questions de spécificités de chaque sexe aux activités principales qu'elles a favorisé en mettant au point des programmes d'action, en créant un Comité d'appui et en désignant des points focaux, l'Organisation a élaboré les outils diagnostiques et méthodologiques et la formation nécessaires pour renforcer la capacité des fonctionnaires du cadre organique de mise en oeuvre des politiques et priorités concernant le rôle des femmes dans le développement/les spécificités de chaque sexe. Depuis 1993, la FAO élabore le Programme d'analyse socio-économique et d'analyse des spécificités de chaque sexe, qui met en oeuvre une approche pleinement participative de la formulation des politiques, programmes et projets. Il est conçu de manière à aider les cadres chargés du développement en leur fournissant les outils diagnostiques et méthodologiques dont ils ont besoin pour incorporer les questions de spécificités de chaque sexe et d'autres questions socio-économiques dans les activités principales. Sous la direction de la Division de la femme et de la population, la FAO a systématiquement présenté le modèle, les méthodes et les outils disponibles par le biais du Programme d'analyse socio-économique et d'analyse des spécificités de chaque sexe au personnel du cadre organique de la FAO en 1997. En juin, des séminaires d'explication qui ont comporté des débats relativement approfondis ont été organisés avec tout ou partie du personnel de huit divisions.
7. Un autre aspect important de l'incorporation de ces considérations dans les activités principales consiste à continuer à mettre en relief les questions liées aux spécificités de chaque sexe au sein de l'Organisation. A cet égard, le Sommet mondial de l'alimentation a été une excellente occasion de mettre en évidence l'importance des femmes rurales pour la réalisation des objectifs du Sommet. La FAO a exécuté un très grand nombre d'activités avant et pendant le Sommet pour mettre l'accent sur le rôle essentiel des femmes dans la sécurité alimentaire des pays et des ménages. Bénéficiant d'un appui de nombreuses divisions de la FAO, ces activités concernaient notamment la production de documents d'information et de synthèse, de communiqués de presse et d'exposés généraux, de récits d'expériences réussies et de rapports de colloques spéciaux sur les questions de spécificités de chaque sexe, de vidéos, la publication d'un des quatre quotidiens distribués pendant le Sommet, et des interviews diffusées par la presse, la radio et la télévision. La célébration de la Journée mondiale de la femme au Siège de la FAO en 1996 et en 1997 a également marqué des étapes importantes de l'institutionnalisation et de l'incorporation des questions de spécificités de chaque sexe et de cette importante manifestation mondiale dans les activités principales.
8. Aide aux Etats Membres. L'Organisation aide les Etats Membres de diverses façons. Il est essentiel, pour qu'ils incorporent les considérations de spécificités des rôles dans leurs activités de développement, qu'ils veillent à ce que les politiques et la législation reflètent de manière appropriée les questions d'intégration des femmes dans le développement/de spécificités des sexes. A cet égard, la FAO offre des avis concernant les politiques adaptées aux différences de sexe, des directives et des méthodologies destinées à la préparation de politiques tenant compte du rôle spécifique des femmes, et donne des avis sur la préparation de plans d'action régionaux et nationaux sur le rôle des femmes dans le développement et les spécificités de chaque sexe, qui fournissent un cadre cohérent pour parvenir à l'égalité entre les sexes en matière de développement agricole. Par exemple, le Bureau régional pour le Proche-Orient (RNE) est en train de mettre en oeuvre des activités prioritaires avec 18 pays visés par le Plan d'action régional en faveur des femmes dans l'agriculture au Proche-Orient, qui bénéficie d'un appui de la FAO (RPAWANE 2000).
9. Pour permettre la prise de décisions en toute connaissance de cause en ce qui concerne les politiques et les programmes, la FAO reconnaît qu'il est essentiel d'avoir des informations et des données précises et à jour sur les obstacles et possibilités tenant aux spécificités des sexes qui se présentent pour les populations rurales. Ces données sont issues de recherches et d'analyses, d'enquêtes, de monographies et d'évaluations de projets exécutés par la FAO, par d'autres organisations des Nations Unies et institutions internationales, par des OING/ONG, et par des instituts de recherche/universités. La diffusion des informations qui en découlent est une activité essentielle de l'Organisation. Par exemple, le site World Wide Web de la FAO fait une place importante aux questions essentielles avant ''ne incidence sur le rôle des femmes dans le développement, en particulier les dimensions du développement durable, et il a une page de mise à jour mensuelle des résumés de monographies, de reportages, de rapports et d'articles fournis par les fonctionnaires de la FAO en poste au Siège, dans les régions et sur le terrain.
10. Les statistiques ventilées par sexe constituent une source particulièrement importante d'informations pour ceux qui décident des options de politique et de programme. C'est pourquoi la FAO accorde une attention particulière à la constitution de bases de données statistiques fiables, adaptées aux différences de sexe. Par exemple, sur la base de monographies relatives à sept pays, la Division de la statistique (ESS) et RNE ont procédé à des démonstrations d'une méthode permettant d'améliorer les statistiques relatives aux femmes qui peuvent être obtenues en apportant des modifications appropriées des recensements nationaux périodiques de l'agriculture et enquêtes par sondage. Ces conclusions ont été publiées sous forme de directives pour l'amélioration des statistiques relatives aux femmes. Afin d'intégrer une perspective tenant compte des spécificités de chaque sexe à la collecte des données, ESS et SDW ont aussi organisé un cours de formation sous-régional de trois semaines, en utilisant des modules de formation récemment mis au point sur les questions relatives au sexe dans les statistiques agricoles, afin de présenter aux agents techniques de 'administration de dix pays d'Amérique centrale et des Caraïbes des considérations relatives aux spécificités de chaque sexe pour la préparation des recensements agricoles.
11. Alors que la presse écrite et parlée offre d'excellentes voies de diffusion de l'information relative aux spécificités de chaque sexe, divers types d'ateliers/réunions d'experts fournissent des occasions d'approfondir par le dialogue la connaissance des questions concernant le rôle des femmes dans le développement/la spécificité de chaque sexe. Par exemple, le Bureau régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes (RLC) a récemment coordonné un atelier sur les femmes et leur rôle spécifique dans la pêche artisanale et l'aquaculture côtière, auquel assistaient des spécialistes de six pays, et des représentants d'institutions de développement agricole et halieutique et de projets financés par le FIDA. La Division des systèmes de soutien à l'agriculture (AGS), ainsi qu'AGROTEC, qui est financé par la Suède, ont tenu un atelier sur la spécificité du rôle des femmes et le génie agricole au Zimbabwe en 1996, qui devait permettre de faire régresser les attitudes stéréotypées selon lesquelles les femmes et les questions de spécificités de leur rôle ne sont pas compatibles avec la technicité du matériel, des outils et des machines.
12. La FAO continue aussi à fournir un appui technique aux Etats Membres. Il prend la forme d'activités telles que le renforcement des capacités, la formation et l'analyse par sexe, ainsi que la formulation de projets adaptés aux différences de sexe. Dans l'analyse finale, toutes ces activités visent à donner aux femmes rurales davantage accès aux ressources productives et aux services, par exemple à la prise de décision, à l'emploi, aux services financiers, à la vulgarisation, à l'enseignement et à la formation, à l'information et à la technologie, aux marchés et au commerce international, ainsi qu'aux activités rémunératrices non agricoles. On en trouvera ci-après quelques exemples.
13. En 1996, la Division de la recherche, de la vulgarisation et de la formation (SDR) a publié "Améliorer le travail de vulgarisation agricole conduit auprès des femmes". Ces directives visent à enrichir le rare matériel tenant compte du rôle spécifique des femmes destiné aux agents de formation, de vulgarisation et de développement communautaire. Cet ensemble est fondé sur cinq monographies concernant des pays africains et a été conçu pour être adapté et utilisé à divers niveaux et dans divers cadres d'enseignement de type scolaire et non scolaire.
14. Outre les directives, la FAO axe ses efforts sur la formation aux approches participatives qui responsabilisent les femmes en favorisant leur accès et leur participation pleine et entière aux structures du pouvoir et aux organes de décision. Par exemple, la Division de la mise en valeur des terres et des eaux (AGL) continue à apporter un soutien technique à un programme de nutrition des plantes en Tanzanie qui a multiplié les activités de démonstration sur bloc d'application d'engrais avec des groupes de femmes. Les travaux de vulgarisation se sont avérés plus efficaces en groupe et, par le biais d'un fonds autorenouvelable, les participants peuvent acheter les intrants agricoles dont ils ont besoin et améliorer leurs compétences en gestion Un projet au Honduras est axé sur la formation de 120 femmes responsables en tant qu' "animatrices rurales" de "savoir-faire technique" dans des domaines tels que l'agriculture, l'administration et la comptabilité, la gestion et le système judiciaire. Les animatrices rurales doivent maîtriser les méthodologies participatives et les techniques de communication afin de transférer des connaissances à quelque 1 200 femmes rurales et à leurs familles.
15. La formation à l'analyse par sexe fait partie intégrante de bon nombre d'activités de la FAO. Par exemple, l'utilisation de l'analyse par sexe pour la conception de projets relatifs à la dendroénergie était le thème de l'atelier sous-régional de formation sur le rôle des femmes dans les projets de dendroénergie en 1995. L'Atelier rassemblait du personnel des départements des forêts et de l'énergie, d'instituts d'enseignement et d'ONG de sept pays d'Asie. Le cours faisait suite à une consultation régionale d'experts qui a reconnu que la meilleure façon de défendre les femmes était d'adopter une approche par sexe pour améliorer tous les projets, programmes et politiques relatifs à la dendroénergie. Un deuxième atelier tenu en 1996, rassemblant des participants de neuf pays, était axé sur la santé des femmes dans le contexte de la collecte, de la transformation et de l'utilisation de combustibles ligneux.
16. Pour donner suite à la formation de sensibilisation aux spécificités de chaque sexe, le Programme d'analyse socio-économique et d'analyse des spécificités de chaque sexe a été mis au point pour renforcer les capacités des pays membres en matière de personnel de l'administration et d'autres instances, de consultants et d'experts. Il permet de mieux appréhender la pertinence, pour le développement durable, de l'environnement socio-économique et physique, ainsi que la spécificité des sexes, la participation populaire, l'identification et le règlement des différends, la démographie et l'analyse des obstacles. Il s'agit de renforcer les capacités d'analyse et de gestion aux plans national et local par le biais de la formation de formateurs en leur fournissant les méthodologies et outils du Programme d'analyse socio-économique et d'analyse des spécificités de chaque sexe. Ces matériels et leur adaptation locale ont fait l'objet d'essais pilotes dans cinq pays de trois régions et de nouvelles adaptations et de nouveaux outils sont en cours d'élaboration. Le matériel est préparé simultanément en anglais, français, espagnol et portugais, et on sollicite actuellement un appui pour la version arabe.
17. Chose tout aussi importante, la FAO continue à offrir une aide à la planification et la formulation des projets pour veiller à ce que les femmes soient traitées équitablement et à ce qu'il soit tenu compte des spécificité de chaque sexe. Ainsi, en 1996, la Division du Centre, d'investissement (TCI) a participé à 32 formulations de projets, dont 50 pour cent incorporaient une analyse des spécificités de chaque sexe et ont vu leur conception modifiée de manière appropriée compte tenu de cette analyse. Pour les activités relevant du Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA), la Division de l'assistance aux politiques (TCA) fournit une aide technique pour les analyses des contraintes, notamment celles liées aux spécificités de chaque sexe. Ces analyses sont effectuées par des experts nationaux des PFRDV. Le PSSA suit une approche participative pour mettre en place des expériences de terrain grâce à un dialogue permanent avec des hommes et des femmes de ménages ruraux. Des données sur la participation des femmes au PSSA, au point de vue de la démonstration, par des femmes, de technologies dans leur champ, sont actuellement réunies. Les premiers résultats montrent que la participation est très variable puisqu'elle va de 10 à 75 pour cent. Dans l'analyse des problèmes touchant à la production vivrière, une place particulière est faite à l'identification des obstacles liés aux spécificités de chaque sexe.
18. En 1995/96, SDW a procédé à la formulation d'un projet participatif afin de préparer un projet régional en Afrique australe sur les spécificités de chaque sexe, la diversité biologique et les systèmes de connaissances locales en vue de renforcer le développement agricole et rural. Des missions d'enquête ont été tenu au Zimbabwe, en Tanzanie, au Mozambique et au Swaziland et un atelier de formulation a été tenu au Zimbabwe à la fin de 1995. Y assistaient des représentants de plusieurs projets régionaux et nationaux, d'ONG, d'organismes gouvernementaux et d'institutions internationales. Le financement du projet a été approuvé par le Gouvernement norvégien à la fin de 1996 et les activités ont commencé en 1997.
19. Politique volontariste. Le Plan d'action pour l'intégration des femmes dans le développement prévoyait que la FAO donne aux femmes davantage accès aux emplois du cadre organique au sein de l'Organisation afin de tendre vers l'objectif, fixé par les Nations Unies, d'une représentation de 35 pour cent de femmes pour les postes du cadre organique. Lors de la réunion du 17 décembre 1996 du Comité interdépartemental sur le rôle des femmes dans le développement, il a été reconnu que si la mise en oeuvre détaillée de cet aspect du Plan faisait partie du Programme d'action divisionnaire d'AFP pour l'intégration des femmes dans le développement, la réalisation de cet objectif global appartenait à l'ensemble des départements/divisions de la FAO. Il a été convenu que le Comité interdépartemental devrait servir de point focal pour le suivi des progrès réalisés pour atteindre ces objectifs, et qu'AFP fournirait des indications à d'autres unités (le cas échéant) afin d'atteindre les objectifs de gestion des ressources humaines du Plan.
20. Les membres du Comité interdépartemental ont reconnu qu'étant donné la disponibilité différente de candidates des divers domaines d'activité techniques et non techniques de la FAO, il était difficile de parvenir à un taux uniforme de 35 pour cent (ou plus) pour toutes les unités administratives de l'Organisation. Cependant, il a été en outre noté que le taux général d'emploi des femmes à la FAO était resté à 19 pour cent environ pendant plusieurs années consécutives et que des mesures spécifiques étaient à l'évidence nécessaires.
21. Au début de 1997, sur la base des recommandations du Comité interdépartemental, le Directeur général adjoint a demandé à chaque département d'examiner les vacances de postes actuelles et prévues, d'identifier celles pour lesquelles on pouvait raisonnablement espérer trouver des candidates ayant le profil voulu et d'établir des stratégies et objectifs départementaux spécifiques. Chaque département a été invité à organiser, en coopération avec AFP, une réunion de réflexion des responsables des départements et des divisions pour mettre au point des stratégies en vue d'identifier des candidates et de fixer des objectifs de recrutement. En juin, ces réunions de réflexion s'étaient tenues dans six départements. La réaction a été dans tous les cas positive, coopérative et réceptive. Un grand nombre d'idées excellentes pour reconnaître et surmonter les obstacles à l'emploi des femmes ont été formulées.
22. Même si ces mesures de recrutement à long terme sont en cours d'adoption, des progrès ont déjà été réalisés. Lors d'un récent discours, le Directeur général a noté qu'en 1994, l'Organisation comptait cinq femmes de la catégorie des directeurs. En juin 1997, il y a en 12. Une progression a été observée pour d'autres grades du cadre organique. Par exemple, le Bureau du Conseiller juridique (LEG) a porté à 26 pour cent (c'est-à-dire 4/15e) le pourcentage de femmes du cadre organique occupant des postes financés par le budget ordinaire. Afin d'aider les divisions à recruter davantage de femmes qualifiées, SDW a établi une liste d'experts internationaux travaillant sur la question de l'intégration des femmes dans le développement à prendre en compte pour les services de consultants et les postes à pourvoir au sein de l'Organisation. Cette liste est constamment révisée et mise à jour et sera incorporée dans le système de listes de candidats à l'échelle de l'Organisation.