Les premières pluies substantielles ont couvert l’extrême sud début avril. Elles ont diminué fin avril, ont repris début mai, ont à nouveau diminué à la mi-mai, mais ont augmenté en même temps qu’elles se sont étendues au centre à la fin mai. Des précipitations abondantes sont tombées sur les régions de l’ouest début juin. La préparation du sol est en cours et les premiers semis ont commencé. Les semis s’étendront vers le nord après l’établissement des pluies.
On a signalé la présence, non confirmée, de petits groupes de criquets pèlerins ailés immatures dans le Timétrine près de Tinkar dans la deuxième décade de mai. Il y a peutêtre quelques ailés en phase solitaire qui se concentrent dans certaines régions de l’Adrar des Iforas et du Timétrine. Ils devraient se maintenir et pourraient être rejoints par d’autres ailés et sans doute d’autres petits groupes en provenance de la région de la mer Rouge. Toutefois, leur nombre restera vraisemblablement peu élevé. Avec l’arrivée des pluies, il est possible que des pontes à petite échelle aient lieu.
La récolte de 1996 ayant été supérieure à la moyenne, la situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Les prix du sorgho et du maïs sont restés en avril inférieurs à ceux de l’an dernier et, d’une façon générale, sont aujourd’hui stables. L’approvisionnement en céréales est adéquat. D’après le Système national d’alerte rapide, aucune distribution d’aide alimentaire n’est nécessaire pour le moment, mais plusieurs arrondissements, dans le nord, notamment dans les régions de Kidal, de Gao et de Tombouctou, pourraient connaître des difficultés économiques en 1997. Les approvisionnements en fourrage sont rares dans la région de Kidal et dans l’arrondissement d’Almoustarat dans la région de Gao. Les termes de l’échange sont moins favorables que l’an dernier pour les éleveurs. A la suite de l’écroulement d’un barrage sur le lac Horo dans la région de Tombouctou, plus de 1 000 hectares consacrés habituellement à des cultures de contre-saison ont été inondés, de sorte que 30 000 personnes environ ne sont plus en mesure de produire et ont donc besoin d’une aide extérieure. Le système national d’alerte rapide a recommandé de garder un stock suffisant dans la région de Kidal et de reconstituer les stocks dans la région de Tombouctou afin de couvrir les besoins dans la région du Lac Horo. Des achats locaux d’environ 17 000 tonnes de céréales sont presque terminés dans les régions de Mopti et de Ségou, ce qui ramène le stock national de sécurité à son niveau d’ouverture de 35 000 tonnes. Pour la campagne commerciale 1996/97 (novembre/octobre), les besoins d’importations céréalières sont estimés à 110 000 tonnes et les besoins d’aide alimentaire à 35 000 tonnes. A ce jour, 7 200 tonnes ont été engagées. Une aide alimentaire est aussi fournie aux Touaregs qui sont revenus des pays voisins. De novembre 1995 à novembre 1996, environ 77 000 réfugiés maliens sont rentrés chez eux, en provenance de l’Algérie (42 300), de la Mauritanie (14 000), du Niger (8 500), du Burkina Faso (5 000) et du Sénégal (700). On prévoit qu’en 1997, quelque 62 000 autres réfugiés rentreront au Mali en provenance du Niger (18 000), du Burkina Faso (15 000), de la Mauritanie (15 000) et de l’Algérie (14 000).
Le PAM continuera de fournir une aide alimentaire aux réfugiés rentrant chez eux. Un nouveau programme d’aide commence en juillet. Dans le cadre de cette opération, l’aide aux réfugiés se fera sous forme d’activités “vivres-contretravail” de relèvement et de réinstallation avec le concours des populations locales.