Des prix rémunérateurs pour les céréales, une situation tendue pour ce qui est des céréales fourragères, des conditions de croissance bonnes jusqu'à présent et la progression rapide des semis de printemps en dépit de graves problèmes de liquidité et de disponibilités très limitées en matière de crédit agricole, sont autant de facteurs qui viennent renforcer les prévisions officielles selon lesquelles la récolte céréalière de 1997 pourrait rester stable, dans des conditions météorologiques normales. La production céréalière de 1996 a été officiellement estimée à 69,3 millions de tonnes, mais de l'avis général elle aurait été supérieure d'au moins 10 pour cent. Un printemps frais et humide a ralenti la croissance des cultures, mais également limité les infestations de ravageurs. Selon les indications, il pourrait y avoir cette année un plus grand recours aux engrais et aux pesticides. Les perspectives actuelles indiquent un meilleur rendement, notamment dans les régions clés du Caucase du Nord et des terres noires frappées par la sécheresse l'an dernier. Une telle amélioration pourrait, à condition toutefois que les cultures, dont le développement est en retard de 2-3 semaines, parviennent à être récoltées en temps voulu, compenser le fléchissement de plus d'un million d'hectares des emblavures et la production de céréales d'hiver pourrait ne pas s'écarter de façon trop importante de celle de l'année passée.
Les semis des céréales de printemps sont pratiquement terminés. Au 9 juin, les agriculteurs des grandes exploitations avaient ensemencé 52 millions d'hectares en cultures de printemps, dont 35 millions d'hectares en céréales (maïs non compris) et n'étaient qu'à 1 million d'hectares de l'objectif. La superficie totale sous cultures de printemps est inférieure à celle de l'an dernier, mais celle consacrée aux céréales est restée stable. En outre, la part consacrée au blé de printemps a augmenté. Comme les exploitations privées et les détenteurs de parcelles accessoires pourraient mettre 3 millions d'hectares supplémentaires sous céréales, la superficie totale emblavée (céréales d'hiver et de printemps) atteindrait alors 51 millions d'hectares, environ 5 pour cent de moins que l'année passée. Dans l'ouest de l'Oural, les réserves d'humidité des sols pour le développement des céréales de printemps sont bonnes grâce à d'abondantes chutes de neige durant l'hiver et aux bonnes pluies enregistrées jusqu'à présent. Dans l'est de l'Oural, les conditions d'humidité sont favorables actuellement pour les cultures récemment semées, mais dans l'ouest de la Sibérie, où l'humidité accumulée pendant l'hiver a été inférieure à la normale, les cultures pourraient dépendre de la régularité des précipitations au cours de la période de végétation.
Malgré le caractère déterminant des superficies ensemencées et des conditions de végétation aux fins de la récolte, la situation économique des exploitations affectera leur capacité de procéder aux semis et à la récolte en temps voulu. Plus de 70 pour cent des fermes sont endettées et le crédit agricole est extrêmement limité cette année. Au niveau fédéral, les allocations budgétaires pour des crédits commerciaux (qui permettent aux exploitations d'obtenir des intrants contre des livraisons futures de céréales) sont remplacées par des crédits à des conditions de faveur octroyés par le truchement des banques commerciales et des régions. La disponibilité actuelle de crédits à des conditions de faveur est réduite, mais des efforts sont faits pour les destiner à des exploitations/entités viables. Comme les années passées, les coûts de production ont dû être financés pour l'essentiel par la vente ou l'échange de produits agricoles. Le prix élevé des céréales en 1996/97 (le prix du blé alimentaire a été établi pour la campagne de commercialisation à 215 dollars E.-U. la tonne - même si selon les indications le prix agricole moyen serait inférieur d'environ un tiers - et celui de l'orge fourrager à 140 dollars E.-U. la tonne, voire 170 dollars E.-U. la tonne) et une bonne demande de céréales fourragères après la mauvaise récolte de l'année passée, pourraient aider les exploitants à mobiliser les intrants nécessaires pour les semis. Bien que l'on puisse s'attendre à de faibles rendements du fait de l'épuisement des sols, après plusieurs années consécutives de fertilisation inadéquate, et des pénuries de liquidité, les indications disponibles actuellement n'écartent pas la possibilité d'une récolte céréalière au niveau de celle de l'année passée, estimée par la FAO à environ 75 millions de tonnes. Toutefois, le résultat final dépendra étroitement des conditions météorologiques d'ici la fin des opérations de récolte en septembre/octobre.
La demande de céréales a accusé un brusque fléchissement au cours de ces dernières années, en raison d'une forte diminution du cheptel, d'un recours accru aux graminées fourragères et de la substitution des importations de céréales fourragères par des importations de produits animaux. Selon les estimations, en 1996/97 les importations nettes de céréales sont tombées à environ 2,3 millions de tonnes, blé et orge principalement, provenant pour l'essentiel du Kazakstan et d'Ukraine.
Le PAM continue à fournir un complément d'alimentation à quelque 90 000 personnes déplacées dans les alentours de la Tchétchénie et reconsidère l'imminente cessation progressive de son aide. Les contributions reportées sont suffisantes pour poursuivre les opérations jusqu'en octobre.