Les pluies ont commencé mi-mars dans le sud, sont restées abondantes et généralisées, et se sont déplacées vers le nord en avril. Elles sont restées abondantes et supérieures à la moyenne en mai et juin. Dans le sud, la récolte du maïs de la campagne principale est en cours, tandis que dans le nord la croissance du maïs est satisfaisante. Dans le centre, les semis du riz pluvial et du riz irrigué sont achevés, tandis que le mil et le sorgho se développent bien dans le nord. Des pluies torrentielles fin avril et début mai ont provoqué de graves inondations à Ibadan.
Les approvisionnements alimentaires restent limités par l’importance des pertes après récolte et par les coûts de distribution élevés. Des pénuries d’engrais, de semences améliorées et de pesticides ont été signalées à l’époque des semis. De ce fait, de nombreux agriculteurs sont passés de la culture du maïs à celles du mil, du sorgho et des arachides, qui sont moins tributaires des engrais. Cependant, du fait des bonnes conditions météorologiques qui ont prévalu pendant la dernière période de végétation et de la rareté des infestations de ravageurs, la production céréalière finale de 1996 est estimée à 21,6 millions de tonnes, soit plus que l’année précédente. Par ailleurs, on enregistre la production de 55 millions de tonnes de racines et tubercules, qui sont les principales cultures vivrières. En 1997, le gouvernement a annoncé la déréglementation totale du marché des engrais, y compris la suppression des subventions et des importations d’engrais hors-taxe. Les engrais seront donc disponibles, mais à des prix très élevés, et la plupart des petits agriculteurs qui produisent l’essentiel des cultures vivrières du Nigéria, ne pourront y accéder. On s’attend à un nouveau recul de la production de maïs en 1997, compensé par une hausse de la production de mil et de sorgho, ce qui pourrait avoir une incidence dans les pays voisins, notamment au Niger et au Tchad, qui importent en général des céréales secondaires du Nigéria pour couvrir leurs besoins. Les besoins d’importations céréalières en 1997 sont estimés à 1 250 000 tonnes, dont 900 000 tonnes de blé et 250 000 tonnes de riz.