En Asie, la production totale de 1997 est estimée à 48,6 millions de tonnes, pratiquement au même niveau que celle de la campagne précédente. Parmi les principaux pays producteurs, en Thaïlande, la production a été supérieure de 4 pour cent à celle de 1996, tandis qu’en Indonésie, elle a baissé de 5 pour cent à cause de la sécheresse qui a régné durant les derniers mois de 1997. Au Viet Nam, la production est estimée à 2,1 millions de tonnes, comme l’an dernier, en dépit de la conversion des terres habituellement cultivées en manioc au profit de cultures plus rémunératrices, telles que le riz et le maïs. Toutefois, au sud, d’anciennes friches sont en train d’être transformées en terres de culture intensive du manioc avec des variétés à haut rendement ayant une forte teneur en fécule, compte tenu du grand intérêt manifesté par les féculeries.
En Amérique latine et aux Caraïbes, la production
de manioc devrait s’établir à 32,4 millions de tonnes en
1997, soit une hausse de 2,5 pour cent, essentiellement due à une
reprise au Paraguay, où les agriculteurs sont passés du coton
au manioc, ainsi qu’à des relèvements de la production en
Bolivie, en Colombie, au Pérou et au Venezuela. En revanche, un
recul de la production a été observé au Brésil,
le deuxième producteur et transformateur mondial, et au Costa Rica
et en République dominicaine, à cause de la diminution des
semis et des problèmes de sécheresse.
| 1995 | 1996 | 1997 prélim. | |
| (. . . millions de tonnes . . .) | |||
| Total mondial | 165.2 | 164.8 | 166.4 |
| Afrique | 84.9 | 84.2 | 85.2 |
| Congo, Rép, dem. | 19.4 | 16.8 | 16.8 |
| Ghana | 6.6 | 7.1 | 7.6 |
| Madagascar | 2.4 | 2.4 | 2.4 |
| Mozambique | 4.2 | 4.7 | 5.3 |
| Nigéria | 31.4 | 31.4 | 32.1 |
| Ouganda | 2.2 | 2.2 | 2.3 |
| Tanzanie | 6.0 | 5.9 | 4.4 |
| Asie | 48.2 | 48.8 | 48.6 |
| Chine | 3.5 | 3.5 | 3.5 |
| Inde | 6.0 | 6.0 | 6.0 |
| Indonésie | 15.4 | 17.0 | 16.1 |
| Philippines | 2.0 | 1.9 | 1.9 |
| Thaïlande | 18.2 | 17.4 | 18.1 |
| Viet Nam | 2.2 | 2.1 | 2.1 |
| Amérique latine et les Caraïbes | 31.9 | 31.6 | 32.4 |
| Brésil | 24.6 | 24.6 | 24.5 |
| Colombie | 1.8 | 1.8 | 1.8 |
| Paraguay | 3.1 | 2.6 | 3.2 |
En Amérique latine et aux Caraïbes, l’utilisation globale de manioc frais et transformé a augmenté, essentiellement au Paraguay, en Bolivie, au Pérou et au Venezuela, ainsi que dans les pays des Caraïbes. Au Brésil, la consommation alimentaire de manioc aurait augmenté principalement au détriment de son usage fourrager. L’accroissement de la consommation a été favorisé par la popularité croissante des nouveaux produits dérivés du manioc, comme par exemple, la fécule fermentée, connue sous le nom de "polvilho azedo" qui sert à la fabrication du pain, à l’industrie alimentaire et aux chaînes urbaines de restauration rapide. De même, on note une transformation accrue du manioc en pain sans levain ("casaba") dans les pays du bassin des Caraïbes. Parallèlement à l’évolution de la production, l’utilisation du manioc pour l’alimentation des animaux aurait augmenté en Bolivie et au Paraguay, mais diminué au Brésil.
En Asie, la consommation totale de manioc devrait avoir légèrement reculé en 1997, l’essentiel de cette baisse étant concentré en Indonésie. Elle a toutefois augmenté dans plusieurs pays, notamment en Chine, en République de Corée, aux Philippines et en Malaisie, qui ont tous accru leurs importations. On estime également que l’utilisation du manioc -surtout sous forme de produits alimentaires et de produits industriels- a progressé en Thaïlande, en dépit d’une augmentation des exportations.
Dans les pays développés, l’utilisation
du manioc comme aliment du bétail est resté proche du niveau
de l’année précédente dans la CE, le plus vaste marché
de farines protéiques et d’aliments pour animaux, y compris le manioc,
et ceci, en dépit de la peste porcine qui a frappé les principaux
pays utilisateurs de manioc, en particulier les Pays-Bas et l’Allemagne.
Par ailleurs, on n’a guère noté de changements au Japon et
aux Etats-Unis, tandis qu’en Israël, les achats de granulés
pour l’alimentation animale, qui avaient été interrompus
en 1995, ont repris.
| 1995 | 1996 | 1997 prélim. | |
| ( . . millions de tonnes . . ) | |||
| Exportations | |||
| mondiales | 5,2 | 5,8 | 6,3 |
| Thaïlande | 3,9 | 4,6 | 5,1 |
| Indonésie | 0,5 | 0,4 | 0,4 |
| Chine 2/ | 0,4 | 0,4 | 0,4 |
| Autres pays | 0,4 | 0,4 | 0,4 |
| Importations mondiales | 5,2 | 5,8 | 6,3 |
| CE 3/ | 3,3 | 3,5 | 3,5 |
| Chine 2/ | 0,5 | 0,3 | 0,5 |
| Japon | 0,3 | 0,3 | 0,4 |
| Corée, Rép. de | 0,2 | 0,6 | 0,5 |
| Autres pays | 0,9 | 1,1 | 1,4 |
La progression des exportations mondiales de manioc en
1997 est due à un accroissement des expéditions de Thaïlande
qui assurent environ 80 pour cent des échanges internationaux. Les
exportations totales de produits dérivés du manioc en provenance
de ce pays sont estimées à 5,1 millions de tonnes, soit 11
pour cent de plus qu’en 1996, dont 4,1 millions de tonnes de cossettes
et de granulés. En Indonésie, les ventes vers l’étranger
en 1997 sont estimées à 400 000 tonnes, à peu près
comme l’année précédente, compte tenu de la récolte
réduite et des restrictions à l’exportation imposées
par le gouvernement pour couvrir les besoins intérieurs. En particulier,
les livraisons à la CE ont été inférieures
à 100 000 tonnes, considérablement moins que le contingent
autorisé de 866 000 tonnes. Pour ce qui est des autres exportateurs
traditionnels de manioc, les ventes de la Chine et du Viet Nam seraient
au même niveau qu’en 1996. Aucun des deux pays, tous deux exportateurs
et importateurs de produits à base de manioc, n’a réussi
à atteindre ses contingents, comme l’Indonésie, à
cause de la progression de la demande intérieure et d’un transfert
des approvisionnements vers d’autres marchés. Les expéditions
des exportateurs mineurs d’Afrique, Amérique latine, Caraïbes,
et Asie, sont restées aux alentours de 400 000 tonnes.
En
1997, le prix à l’importation des granulés de manioc, le produit
dérivé du manioc le plus commercialisé à l’échelle
internationale, a continué à baisser dans la CE, perdant 29 pour
cent pour s’établir à 108 dollars E.-U. la tonne, soit le plus bas
niveau des dix dernières années. Les prix du manioc ont été
victimes de la demande d’importations relativement faible de cossettes de tapioca
et de granulés dans la CE par rapport à la campagne précédente,
due principalement à la poussée de fièvre porcine, à
la chute des prix des céréales fourragères sur le marché
intérieur et au raffermissement des cours des farines protéiques.
Du côté de l’offre, la baisse des prix s’explique également
par la faible teneur en fécule des racines de manioc en Thaïlande
due aux précipitations excessives au moment de la récolte. Dans
le même temps, en 1997, les prix de l’orge, un des principaux concurrents
du marché fourrager, étaient de 161 dollars E.-U. la tonne dans
la CE, soit 17 pour cent de moins que la moyenne de 1996, tandis que ceux des
granulés de soja d’Argentine (c.a.f. Rotterdam) atteignaient une moyenne
annuelle de 276 dollars E.-U. la tonne, soit 3 pour cent de plus qu’en 1996. Malgré
la légère hausse des prix de la farine de soja et de la baisse des
cours de l’orge (voir tableau), les mélanges manioc/soja dans la Communauté
ont maintenu des prix attrayants, dus en grande partie au fort recul des prix
du manioc.
| Granulés de
manioc 1/ |
Farine de soja 2/ | Mélange manioc/ farine de soja 3/ | Orge 4/ | |
| ( . . . . . . . . . . . . . . . .dollars E.-U./ tonne . . . . . . . . . . . . . . . . .) | ||||
| 1991 | 178 | 197 | 186 | 222 |
| 1992 | 183 | 204 | 187 | 235 |
| 1993 | 137 | 208 | 151 | 197 |
| 1994 | 144 | 192 | 154 | 182 |
| 1995 | 177 | 197 | 181 | 209 |
| 1996 | 152 | 268 | 175 | 194 |
| 1997 | 108 | 276 | 142 | 161 |
| 1998 5/ | 98 | 210 | 120 | 155 |
Des disponibilités réduites de manioc pourraient provoquer une hausse des prix intérieurs et internationaux. Les prix intérieurs des racines en Thaïlande ont déjà atteint un plafond historique, en devise locale, de 2,30 baht/kg (52,6 dollars E.-U. la tonne) 1/ durant la première moitié de mars 1998, contre 1,03 baht/kg (39,8 dollars E.-U. la tonne) 2/ durant la même période de l’an dernier. Sur les marchés internationaux, les prix à l’exportation de la farine/fécule de tapioca Thaï (f.o.b. Bangkok), sont passés de 250 dollars E.-U. la tonne en mars 1997 à 325 dollars E.-U. la tonne en mars 1998. Par ailleurs, les prix des granulés de manioc exportés vers la CE au cours du premier bimestre 1998 ont diminué, mais ils pourraient augmenter étant donné les perspectives de baisse des prix du soja. Toutefois, ceci dépendra en grande partie de l’évolution des prix des céréales fourragères sur les marchés de la Communauté.
______________________
1/ Au taux de change moyen de 43,7 baht pour un
dollar E.-U. (mi-mars 1998).
2/ Au taux de change moyen de 25,82 baht pour
un dollar E.-U. (mi-mars 1997).