FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 04/99

AFRIQUE CENTRALE

CAMEROUN (19 avril)

Selon les estimations, la production céréalière de 1998 est supérieure à la moyenne. Les prix des denrées alimentaires ont baissé au lendemain de la récolte, et la situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Fin mars, après l’éruption du Mont Cameroun, à 60 km à l’ouest de Douala, des populations ont fui vers cette ville ainsi que vers Limbe. Cependant, la situation s’est à présent normalisée. Des difficultés d’approvisionnement alimentaire devraient se manifester dans les régions nord, affectées par de mauvaises récoltes. Une opération de secours du PAM a permis de livrer 6 000 tonnes de secours alimentaire à 210 000 personnes, en 1998, dans la région de l’extrême nord. Une nouvelle opération de secours étalée sur six mois permettra de distribuer 9 500 tonnes de denrées alimentaires à 660 000 habitants de la région nord (10 pour cent) et extrême nord (90 pour cent).

CONGO, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU* (6 avril)

La dernière estimation des Nations Unies situe le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI), en République Démocratique du Congo, à environ 467 000. Dans la province du Katanga, environ 40 000 PDI sont dispersées à l’ouest de Manono, tandis que près de 50 000 résidents des districts de Tchuapa et d’Ubangi dans la province d’Equateur, ont fui face à la reprise des hostilités, à la fin du mois de mars, et se cacheraient dans les forêts voisines. Près de 20 000 personnes déplacées séjournent dans les familles d’accueil, dans les zones de Kabare/Kalehe du sud Kivu, et la poursuite des activités militaires a entraîné un mouvement continu de déplacements de populations dans la province, selon l’axe Walungu- Mwenga-Shabunda. On aurait également signalé un grand nombre de personnes déplacées arrivant à Idjwi.

Au nord Kivu, les habitants du district de Masisi auraient amorcé leur retour, après huit mois de déplacement. Cependant, les raids fréquents de la milice d’Interahamwe continuent de déplacer un nombre considérable de personnes dans les régions rurales de Rutshuru-Kanyabayonga. On a également signalé récemment d’autres déplacements de populations dans les provinces de Maniema et du Kasai oriental. Dans les régions d’Uvira et Fizi du sud Kivu, il est question de tensions entre population locale et Banyamulenge, dans le haut et moyen plateau. Une mission FAO qui s’est rendue dernièrement au nord et au sud Kivu a estimé que 240 000 familles, soit 1,2 million de personnes, ont été affectées par des troubles intérieurs récents.

A Kinshasa, les approvisionnements alimentaires sont difficiles et les prix des denrées de base ont considérablement augmenté, notamment par suite d’une hausse très marquée du prix du carburant. La guerre a eu comme conséquence que les trois provinces qui approvisionnent traditionnellement Kinshasa sont surexploitées, et il y a risque d’épuisement des stocks. La production alimentaire dans la province d’Equateur a diminué, et l’insécurité, conjuguée à d’autres facteurs, a réduit l’acheminement de nourriture vers la capitale. Parallèlement, la guerre a perturbé la campagne A 1998/99 dans la province du Bas-Congo, et les exportations de denrées produites localement vers Brazzaville se sont intensifiées. Bandundu, qui est la seule source d’approvisionnement alimentaire pour la population de Kinshasa à avoir préservé la pleine capacité de production agricole, doit à présent répondre aux besoins de Kasais, et on ne sait pas pendant combien de temps cette province pourra continuer d’envoyer des quantités importantes de nourriture vers la capitale. Une telle situation pourrait conduire les agriculteurs des provinces productrices à vendre la totalité de leurs stocks, sans conserver les quantités nécessaires pour leur propre consommation ou suffisamment de semences pour la prochaine campagne. Cette situation prévaut alors que les importations sont en baisse depuis l’application d’une réglementation sur les devises étrangères, avec des conséquences négatives pour la sécurité alimentaire.

CONGO, RÉPUBLIQUE DU (6 avril)

L’approvisionnement en eau et en électricité a été partiellement rétablie dans les districts de Bacongo et Makelekele au sud de Brazzaville, qui avaient été désertés par environ 200 000 personnes depuis les combats de décembre 1998. Cependant, les marchés et autres services de base demeurent fermés. Mi-mars, environ 25 000 personnes déplacées provenant du sud de Brazzaville séjournaient dans 18 centres du nord de Brazzaville. Ces personnes n’ont pas encore été officiellement autorisées à se réinstaller à Bacongo et à Makelekele, même si un certain nombre d’entre elles ont réintégré leur foyer. Une partie des quelque 100 000 personnes déplacées qui avaient fui la ville de Dolisie, au sud, en raison des combats entre les forces gouvernementales et les groupes de miliciens, ont commencé à rentrer chez elles. Les affrontements se poursuivent dans la région de Pool, où environ 120 000 résidents de Brazzaville avaient fui au mois de décembre.

GABON (6 avril)

Les principales récoltes alimentaires de base sont le manioc et les plantains, dont la production est estimée à environ 330 000 tonnes. Le pays importe l’essentiel de sa consommation céréalière, estimée à près de 85 000 tonnes en 1999, dont la totalité est obtenue par voie commerciale.

GUINÉE ÉQUATORIALE (6 avril)

Les besoins d'importations céréalières annuelles sont estimés à 10 000 tonnes, venant s’ajouter aux récoltes alimentaires de base de patates douces, de manioc et de plantains. Les besoins en aide alimentaire pour 1999 (janvier/décembre) sont estimés à 2 000 tonnes de blé et de riz.

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (6 avril)

Les précipitations favorables ont permis de réaliser une bonne récolte céréalière fin 1998. La situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante. Pour la campagne de commercialisation de 1999 (janvier/décembre), les besoins d'importations céréalières sont estimés à 34 000 tonnes, sous forme de blé principalement. En décembre 1998-janvier 1999, environ 7 500 personnes se sont réfugiées à Bangui, après le début de combats dans la province Equateur de la République Démocratique du Congo.


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