FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 04/99
Des précipitations normales ou supérieures à la normale au cours des deux derniers mois ont favorisé les semis et l’établissement des cultures de deuxième campagne pour 1999. Au mois de mars, la FAO avait distribué 2 874 tonnes de semences de haricots aux 243 000 ménages les plus affectés. Jusqu’ici, la récolte, prévue pour la fin du mois de mai, s’annonce bonne.
Du fait de l'irrégularité des pluies, qui ont principalement affecté les céréales et les haricots, la production de la première saison de 1999 est estimée à 1,1 million de tonnes, soit 3 pour cent de moins que l’année précédente et nettement en dessous de la moyenne pré-crise. On estime que ces récoltes ont baissé de 5 pour cent et de 14 pour cent respectivement depuis 1998. Les régions les plus touchées sont Bugesera, Imbo et Moso.
De récentes enquêtes sur la situation nutritionnelle indiquent que cette dernière s’est améliorée depuis le deuxième semestre de l’an dernier, ce qui traduit un progrès relatif de la sécurité et un meilleur accès aux terres, aux marchés et aux services de santé.
La distribution d’aide alimentaire aux 138 000 personnes déplacées les plus vulnérables se poursuit.
Selon les estimations préliminaires des récoltes de céréales pour 1998, rentrées à la fin de l’an dernier, on obtiendrait une production record de 458 000 tonnes de céréales et de 33 000 tonnes de légumineuses, soit un niveau sensiblement plus élevé que l’année précédente. De ce fait, les besoins en importations pour 1999 ont baissé des deux tiers par rapport aux 109 000 tonnes de 1998, principalement sous forme de blé destiné aux zones urbaines.
En dépit de l’amélioration générale des approvisionnements alimentaires, amenée par l’excellente récolte, la situation reste extrêmement tendue pour les habitants des régions frontalières de Gash-Barka et Debub affectées depuis mai 1998 par la guerre avec l’Ethiopie. Aux termes d’une opération d’urgence récemment approuvée par la FAO et le PAM, une aide alimentaire internationale sera distribuée à 268 000 personnes parmi les plus affectées, dont 246 500 personnes déplacées et 21 500 personnes déportées d’Ethiopie, pendant une période de neuf mois débutant au mois d’avril.
Des précipitations suffisantes au mois de mars dans les régions agricoles ont favorisé les semis et l’établissement des cultures secondaires "belg". Ces récoltes, qui représentent entre 5 et 10 pour cent de l’ensemble de la production céréalière annuelle, ont une grande incidence dans les régions de culture " belg ", où elles fournissent la plus grosse part des approvisionnements alimentaires au cours de l’année.
La campagne principale " meher " pour 1998 est bonne, avec une récolte de céréales et de légumineuses exceptionnelle d’un volume de 11,7 millions de tonnes, soit un tiers de plus que l’année précédente. Cependant, dans certaines régions de pâturage du sud et de l’est, le temps sec qui a prévalu durant la saison des pluies entre octobre et novembre a entraîné une détérioration des conditions de pâturage et de la santé des animaux, de même que de graves pénuries d’eau; la distribution urgente d'eau est en cours dans certains secteurs. Une récente évaluation de la situation entreprise conjointement par les gouvernements, les donateurs et les organismes internationaux, a établi que les régions les plus touchées sont la région Somali et les zones de basses- terres de Bale et Borena dans les régions de Oromya, pour lesquelles les approvisionnements en aliments et en eau s’annoncent problématiques. Les prix des céréales sont en augmentation, tandis que ceux du bétail ont accusé un déclin marqué depuis l’an dernier. En outre, l’embargo sur les importations de bétail provenant de ces régions imposé par l’Arabie saoudite a encore réduit le revenu des populations pastorales. On estime qu'environ 1,1 million de personnes auront besoin de 89 000 tonnes d’aide alimentaire pendant un semestre. Cependant, l’insécurité qui prévaut dans la région somalienne a jusqu’ici empêché l’accès aux populations nécessiteuses.
Cette année, en dépit d’une situation généralement satisfaisante au plan des approvisionnements alimentaires, quelque 2 millions de personnes vulnérables auront besoin, selon les estimations, de 180 000 tonnes d’aide alimentaire au cours de l’année 1999. Une assistance alimentaire s’impose également pour les 272 000 personnes déplacées par la poursuite du conflit armé avec l’Erythée voisine. Compte tenu des importantes quantités disponibles dans le pays, il est recommandé aux donateurs d’appuyer les achats locaux afin de renforcer le marché. Jusqu'ici, les engagements d'achats locaux se montent à 108 000 tonnes de céréales, et ceux concernant l'aide alimentaire importée à 285 000 tonnes.
Favorisés par des précipitations adéquates au mois de mars, les semis de la campagne principale de cultures céréalières des "grandes pluies" de 1999 ont été entamés.
La récolte, récemment rentrée, de la campagne des "petites pluies" pour 1998/99 dans les régions occidentale et orientale du pays, a été considérablement réduite par le caractère tardif et insuffisant des précipitations durant la période de végétation. Selon les estimations préliminaires, la production de maïs serait de 100 000 tonnes, soit à peine un quart de la moyenne. Bien que la campagne des petites pluies ne représente que 15 pour cent de la production nationale, elle constitue la principale récolte dans les provinces de l'est, du Nyanza, de la Côte et certaines parties de la province centrale. Dans les régions de pâturage de ces provinces, le temps sec a également entraîné des pénuries d'eau pour les humains comme pour les animaux, tout en altérant l'état des pâturages.
En dépit d'une situation généralement satisfaisante des approvisionnements alimentaires, grâce à une bonne récolte céréalière principale de 1998, la situation alimentaire est difficile dans les régions touchées par l'insuffisance des petites pluies. On a signalé de graves pénuries alimentaires, notamment dans les districts de Kiambu, Kirinyaga, Maragua, Thika et Nyeri des provinces centrales, de même que dans plusieurs localités des provinces de l'est. La situation risque fort de se détériorer au cours des prochains mois, avec l'épuisement des stocks alimentaires, et une aide alimentaire s'impose d'urgence pour les populations affectées.
Les précipitations supérieures à la moyenne qui ont prévalu durant les deux premières décades de mars ont favorisé l'achèvement des semis pour les cultures vivrières de la campagne principale 1999, tout en bénéficiant aux cultures précoces, si bien que les perspectives initiales sont favorables. Les pluies ont également amélioré l'état des pâturages et du bétail dans les régions pastorales de l'est, précédemment affectées par la sécheresse.
Les récoltes de maïs et de haricots de campagne secondaire pour 1998/99 ont été réduites, mais les résultats sont satisfaisants pour les autres cultures de base, et le prix de la plupart des denrées se sont stabilisés au cours du mois dernier, si bien que la situation alimentaire demeure dans l'ensemble satisfaisante. Cependant, de graves difficultés persistent dans le district de Rakai, où, par suite d'une succession de mauvaises récoltes, les stocks des agriculteurs sont épuisés. Les distributions d'aide alimentaire ont amélioré la situation, mais une récente mission d'évaluation dépêchée dans la région a estimé qu'environ 30 000 personnes continuent de souffrir de pénuries aiguës de nourriture. La situation reste tendue dans les régions du nord, où 400 000 personnes sont encore déplacées du fait de l'insécurité. Une aide alimentaire internationale est en cours de distribution.
Des précipitations normales ou supérieures à la normale au mois de mars ont favorisé les cultures alimentaires de deuxième campagne de 1999, récemment ensemencées, et les prévisions initiales sont favorables.
Selon les estimations les plus récentes, la première campagne de 1999 donnerait une production alimentaire totale de 2,34 millions de tonnes, soit 14 pour cent de plus que l'an dernier, mais un volume légèrement inférieur à la moyenne d'avant la guerre. Ce chiffre se compose de 64 000 tonnes de céréales, 92 000 tonnes de légumineuses, 1,5 million de tonnes de bananes, 646 000 tonnes de racines et tubercules et 50 000 tonnes de fruits et légumes. En dépit de l'augmentation marquée de la production de racines et tubercules, et d'une production stable de bananes et de plantains par rapport à l'an dernier, la campagne a été médiocre pour les céréales et les haricots. L'insuffisance des pluies durant la période de végétation a affecté la productivité céréalière, et l'on prévoit une production inférieure d'environ 15 pour cent à la campagne A de 1998.
Les approvisionnements en denrées alimentaires de base autres que les céréales sont satisfaisants. Le prix des patates douces et du manioc ont baissé jusqu'à un tiers de leur niveau d’il y a un an, permettant aux couches les plus défavorisées de la population un accès plus facile à la nourriture, et l'on note une amélioration générale de la situation nutritionnelle. Cependant, la situation alimentaire demeure tendue dans les préfectures de Giseny et Ruhengeri au nord- ouest, où la persistance des troubles intérieurs a perturbé les activités agricoles et continue d'entraver la distribution d'aide alimentaire. L'amélioration relative de la sécurité au cours des mois précédents a permis au gouvernement de réinstaller une partie des populations déplacées. Environ la moitié des quelque 600 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays et vivant pour certaines dans des camps ont été réinstallées dans de nouveaux sites. La distribution d'aide alimentaire aux personnes les plus affectées a été estimée à 52 000 tonnes pour la période janvier/juin 1999.
Les pluies enregistrées au cours des deux premières décades du mois de mars ont amélioré l'état des pâturages et l'approvisionnement en eau dans les régions pastorales du nord-ouest, affectées par le temps sec durant la campagne "deyr" précédente. Ces pluies ont également rendues plus favorables les conditions du sol en vue des semis de la prochaine campagne principale "gu", sur le point de commencer. La FAO procède actuellement à la distribution de 560 tonnes de semences de sorgho aux 28 000 agriculteurs touchés par la sécheresse dans les régions de Bay et de Bakool.
Les récoltes céréalières secondaires "deyr" de 1998/99, récemment rentrées, ont été estimées à 80 000 tonnes, soit le double du niveau médiocre de 1997/98 - affecté par de graves inondations - mais toujours inférieur de 25 pour cent aux niveaux précédant les troubles intérieurs. Malgré une augmentation des semis, les pluies tardives et inférieures à la moyenne de la période octobre/décembre ont altéré les rendements. De plus, l'insuffisance des précipitations a entraîné une détérioration de l'état des pâturages et des réserves d'eau servant à la consommation humaine et animale. Bien que les récoltes "deyr" représentent normalement 20 pour cent de la production céréalière annuelle, la présente récolte fait suite à la mauvaise récolte principale "gu" de 1998, laquelle avait seulement atteint un quart de la production précédant la guerre.
On prévoit que la situation des approvisionnements alimentaires, déjà difficile, continuera à se détériorer au cours des prochains mois, exposant environ 1 million de personnes à des pénuries alimentaires, avec un risque grave pour 400 000 d'entre elles. Le prix des céréales a brutalement augmenté au cours des derniers mois et se trouve largement hors de portée de la majorité de la population. Après cinq mauvaises récoltes d'affilée auxquelles s'ajoute l'embargo sur les importations de bétail en provenance de Somalie imposé par l'Arabie saoudite, les mécanismes de subsistance ont pratiquement été épuisés. On voit s'intensifier les mouvements de populations à la recherche de nourriture et d'eau, notamment en provenance des régions les plus touchées de Bay et de Bakool, et la reprise des combats dans de nombreux secteurs ne fait qu'aggraver la situation. Selon les estimations, environ 30 000 personnes ont été déplacées par les pénuries alimentaires et par l'insécurité. Une aide alimentaire d'urgence est en cours de distribution.
La récolte du blé irrigué pour la campagne 1998/99 est en cours, mais les perspectives sont défavorables. En effet, la surface ensemencée aurait décliné de moitié par rapport aux 140 000 hectares de l'an dernier. De plus, les coûts de production élevés et les prix comparativement inférieurs du blé et de la farine de blé importés, conjugués au retard des semis par suite des dégâts causés aux pompes et aux infrastructures d'irrigation par les inondations, ont nui aux semis. On prévoit également une réduction de la productivité par suite de températures anormalement élevées en décembre et en janvier. Selon les dernières prévisions, la récolte devrait atteindre 280 000 tonnes, soit une chute de 48 pour cent par rapport à l'an dernier.
La récolte de céréales secondaires de 1998 est estimée à 5,3 millions de tonnes, soit un volume record. La production de sorgho a augmenté de 36 pour cent par rapport à l'année précédente, atteignant 4,3 millions de tonnes, tandis que celle du mil a augmenté de 56 pour cent, atteignant 1 million de tonnes. Les disponibilités à l'exportation, sous forme de sorgho principalement, sont actuellement estimées à 719 000 tonnes. Le prix du sorgho est tombé en-deçà des coûts de production dans les principales régions productrices, par suite d'une récolte exceptionnelle et d'importants stocks de report, ce qui pourrait réduire les semis de la prochaine campagne à partir du mois de juin.
En dépit d'approvisionnements alimentaires abondants, la situation demeure tendue dans le sud, perturbé par des troubles intérieurs prolongés qui ont provoqué l'effondrement de toutes les activités économiques. On estime à 2,3 millions le nombre de personnes affectées par la guerre, dont les besoins en aide alimentaire d'urgence pour 1999 seraient de 173 000 tonnes. Compte tenu des importantes disponibilités au niveau national, il est fortement recommandé d'acheter les volumes destinés à l'aide alimentaire sur place, de manière à soutenir les marchés. Cependant, de nouveaux engagements s'imposent d'urgence afin d'éviter une rupture dans les distributions; en effet, les stocks alimentaires, notamment de denrées non céréalières, sont à des niveaux dangereusement bas.
Les pluies abondantes du mois de mars, suivies par une période sèche en février, ont amélioré les perspectives pour les récoltes principales "msimu" de 1999 dans les régions de hautes terres du sud, du centre et du sud-ouest. Les pluies du mois de mars ont également profité aux semis et à l'établissement des cultures précoces de la campagne "masika" dans les régions à régime bi-modal du nord et du nord-est. Dans ces régions, affectées par une sécheresse aiguë pendant la campagne "vuli" précédente, les précipitations ont aidé à régénérer les pâturages et le bétail.
La situation des approvisionnements alimentaires est satisfaisante pour les denrées de base autres que les céréales. Cependant, du fait de la médiocrité de la production de maïs "vuli" de campagne secondaire, ainsi que des pertes en cours de stockage supérieures à celles prévues au cours de l'an dernier, les approvisionnements en maïs demeurent tendus. Le prix du maïs, qui avait atteint un sommet au mois de janvier cette année, a baissé en février et en mars; il reste cependant supérieur d'un tiers à celui de l'an dernier. En revanche, le prix du riz, des haricots et des cultures non céréalières a décliné dans la plupart des régions.
La mauvaise campagne "vuli" de 1998/99 a entraîné une augmentation du nombre de personnes déjà vulnérables aux pénuries alimentaires du fait des pertes localisées de récolte durant la campagne principale de 1998. On estime à présent à 1 million les personnes réparties dans 13 régions affectées par les mauvaises récoltes et nécessitant une aide alimentaire. L'approvisionnement alimentaire de ces personnes est précaire, notamment dans les régions de Dodoma, Singida et Morogoro, où un certain nombre de personnes seraient mortes de faim. Les besoins d'aide alimentaire pour la période avril-juin de soudure avec la prochaine récolte seraient de 29 000 tonnes, et l'aide alimentaire internationale est estimée à 20 000 tonnes, déjà promises en totalité. Le gouvernement s'est engagé à fournir les 9 000 tonnes restantes, mais les réserves d'urgence sont pratiquement épuisées.