FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 06/99

ASIE

AFGHANISTAN* (25 juin)

L’hiver le plus doux des quarante dernières années et une infestation de ravageurs ont fortement réduit la production céréalière de 1999. Une mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires, effectuée dans le pays du 22 mai au 23 juin 1999, a estimé la production céréalière totale de 1999 à 3,24 millions de tonnes, soit 16 pour cent environ de moins que la récolte exceptionnelle de 3,86 millions de tonnes de l’an dernier. En conséquence, les besoins d’importations céréalières durant la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin) devraient atteindre le chiffre record de 1,1 million de tonnes, dont plus de 95 pour cent de blé. Les importations commerciales de céréales sont estimées à 800 000 tonnes, soit un déficit de 323 000 tonnes. Les livraisons d’aide alimentaire d’urgence (y compris vivres-contre-travail et vivres- contre-semences), estimées à 97 000 tonnes, sont déjà dans la filière; les 226 000 tonnes manquantes devront donc être fournies par les programmes d'aide alimentaire.

Bien que les prix soient stables et les magasins d’alimentation bien assortis, l’accès aux vivres est fortement limité par la rareté des activités rémunératrices et le manque d’offres d’emplois non agricoles. Les dégâts causés aux ouvrages d’irrigation et la présence de mines terrestres entravent un nouveau redressement de l’agriculture. Pour le moment, on se préoccupe surtout des rapatriés Afghans et des personnes déplacées à l’intérieur du pays qui ont besoin d’une aide d’urgence. En outre, le problème des approvisionnements alimentaires est beaucoup plus grave dans des zones telles que Bamyan, Saripul, Faryab et Balkh en raison des dégâts relativement plus importants à la production de graines céréalières dans les zones sèches où ceux qui ont besoin d’une aide d’urgence sont très nombreux.

Quelque 8 000 ménages vulnérables dans les montagnes du centre et environ 21 000 personnes dans la province de Badakhshan dans le nord-est reçoivent une aide alimentaire internationale. On estime que 63 000 rapatriés en provenance de l’Iran et du Pakistan ont aussi reçu une aide alimentaire. On distribue des vivres aux groupes vulnérables par le biais des boulangeries des villes et de programmes d’alimentation dans les instituts (hôpitaux, orphelinats et dispensaires).

ARABIE SAOUDITE (5 juin)

La production de blé en 1999 devrait s’établir à 1,8 million de tonnes, à peu près comme l’an dernier. En mai, l’Organisation d’État des silos à céréales et des minoteries (GSFMO) a décidé de liquider ses stocks d’orge actuels, estimés à 890 000 tonnes. Cela entraînera probablement un recul des importations saoudites au cours des prochains mois. L’Arabie saoudite est le premier importateur mondial d’orge, représentant près d’un tiers du commerce mondial de l’orge.

ARMÉNIE* (25 mai)

Selon des rapports officiels, la superficie cultivée en blé, qui sera récolté en 1999, n’est plus maintenant que de 86 000 hectares. Les précipitations inférieures à la normale en automne et en hiver ont eu des effets négatifs sur les rendements potentiels et la production céréalière de 1999 risque de rester faible. On estime actuellement que la récolte de céréales de 1999 pourrait tomber au-dessous de 300 000 tonnes, contre 326 000 tonnes l’an dernier.

Alors que les besoins d’importations de céréales atteindraient presque 345 000 tonnes en 1998/99, les annonces d’aide alimentaire dépassent à peine 18 000 tonnes. Le solde devrait être couvert par les importations commerciales, malgré la dévaluation du dram, principalement à partir de pays voisins. La production agricole est en hausse mais la croissance reste limitée par la faiblesse du pouvoir d’achat et des problèmes structurels dans le secteur, notamment la petite taille des exploitations agricoles, des infrastructures ne convenant pas à l’agriculture familiale et l’insuffisance du crédit. Une croissance économique positive est aussi attendue en 1999, malgré les effets négatifs de la crise en Fédération de Russie sur le commerce, les emplois et les envois de fonds des émigrés. Ces envois sont un élément important du budget des ménages.

Il n’est guère possible pour le moment d’éliminer progressivement l’aide humanitaire et le PAM continuera à octroyer une aide alimentaire pour des secours et la réinsertion des réfugiés et des plus vulnérables dans la population locale. L’assistance sera axée sur des activités vivres-contre-travail axées sur la collectivité pour des groupes vulnérables capables de travailler, à l’appui du développement économique et social. Une distribution limitée d’aliments améliorera l’état nutritionnel de la majeure partie des personnes les plus vulnérables. Le programme, qui sera réévalué chaque année, durera trois ans.

AZERBAÏDJAN (25 mai)

Les premières perspectives de la récolte céréalière de 1999 sont satisfaisantes. Les pluies abondantes tombées récemment ont provoqué quelques dégâts localisés mais ont amélioré les réserves d’humidité après un hiver sec. Grâce à la privatisation des terres et au démembrement des fermes d’État en cours, la production alimentaire a augmenté (notamment celle des pommes de terre et des produits animaux) au détriment des cultures de rente. Cela est attribuable en partie à l’augmentation des emplois agricoles, à l’importance majeure attribuée à la sécurité alimentaire des ménages ruraux après la libéralisation du commerce des céréales, mais aussi au manque de circuits commerciaux capables d’écouler les produits de la terre. La production d’aliments de base continuera probablement à progresser. Évaluer la production vivrière durant la période actuelle de transition reste difficile. Toutefois, on prévoit provisoirement que la production céréalière restera au niveau de l’an passé, c’est-à-dire 1 million de tonnes.

Les besoins d’importations céréalières de 1998/99, estimés à environ 500 000 tonnes, seront couverts pour l’essentiel par des importations commerciales. Les livraisons d’aide alimentaire en faveur des groupes vulnérables se montent à 16 000 tonnes de céréales. Malgré le contrecoup de la crise en Russie (un quart des exportations de l’Azerbaïdjan allaient précédemment à la Fédération) et le ralentissement de la production pétrolière, la croissance du PIB devrait rester positive en 1999. Néanmoins, certains groupes de la population, dont 12 pour cent de personnes déplacées à la suite du conflit sur le Nagorno Karabakh, restent vulnérables et continuent à avoir besoin d’une aide humanitaire. Le PAM poursuivra son programme en faveur des personnes déplacées les plus vulnérables, tout en développant les activités rémunératrices. Le programme, qui sera réexaminé chaque année, aura une durée provisoire de trois à cinq ans.

BANGLADESH (2 juin)

Des précipitations abondantes et supérieures à la moyenne en mai, ont mis un terme à plusieurs mois de sécheresse extrême. Les conditions atmosphériques seraient liées à l’effet prononcé du phénomène La Niña dans la région. De fortes précipitations, qui continuaient à tomber sur de brèves périodes, ont augmenté le risque d’inondations auquel le pays est exposé.

Malgré une sécheresse prolongée de quatre mois qui a fait baisser le niveau des nappes phréatiques, selon des prévisions officielles, la production de riz “boro” irrigué sera exceptionnelle cette année. La récolte est presque achevée et le Gouvernement estime actuellement que la production de riz “boro” atteindra environ 9,0 millions de tonnes, soit 1,1 million de tonnes ou 14 pour cent de plus que l’an dernier. L’objectif révisé pour la production de riz “boro” était de 8,7 millions de tonnes. La grande partie du riz “boro” produit dans le pays provient des districts de Dhaka et de Chittagong dans le nord-est, encore que le district de Rahshahi dans le nord-ouest produise plus de riz par an. Grâce aux meilleures perspectives de récolte, les prix intérieurs du riz ont baissé et les importations se sont réduites. Précédemment, une récolte de blé record de quelque 1,7 million de tonnes avait été rentrée, pour la deuxième fois consécutive, grâce aux conditions favorables au moment de la récolte et à la hausse des rendements. La production totale de céréales vivrières pour 1998/99 est estimée actuellement à environ 20,4 millions de tonnes.

CAMBODGE (2 juin)

Des pluies abondantes fin avril et début mai ont marqué le commencement de la saison des pluies. Toutefois, des rapports non confirmés indiquent que les pluies d’avril arrivées plus tôt cette année, les plus précoces depuis 10 ans, ont causé des dégâts au riz de saison sèche, au moment de la récolte. Toutefois, les précipitations accrues devraient profiter aux cultures de la campagne principale de la saison humide, dont les semis ont commencé ce mois-ci et qui seront récoltées en novembre. La production de riz de saison sèche de cette année (janvier-avril) était projetée à environ 723 000 tonnes, avant les dégâts, contre environ 742 000 tonnes l’an dernier. La production totale de riz de saison humide de 1998 s’est élevée à 2,7 millions de tonnes. Les récoltes de la saison sèche ayant été inférieures aux prévisions, la production totale de riz de saison humide et de saison sèche de 1998/99 est maintenant établie à environ 3,43 millions de tonnes, contre la prévision précédente d’environ 3,5 millions de tonnes.

CHINE (2 juin)

Les basses températures, approximativement un degré centigrade de moins que l’an dernier, dans les provinces de Heilongjiang et de Jilin, dans le nord- est du pays, auraient retardé les semis et le développement des cultures de printemps. Ces deux provinces produisent beaucoup de maïs. Les meilleures conditions météorologiques fin mai ont cependant favorisé les cultures, laissant à penser que la production de maïs de 1999 pourrait dépasser les 120 millions de tonnes prévus actuellement. Dans les principales régions productrices de blé, en particulier dans la province de Shandong, les pluies de la deuxième décade de mai ont légèrement amélioré les conditions sur 2,7 millions d’hectares (chiffre estimatif) après une sécheresse prolongée. Compte tenu de la sécheresse qui a sévi précédemment et qui a affecté la récolte de blé d’hiver de la campagne principale (environ 90 pour cent de la production totale), les perspectives sont moins favorables et la production devrait tomber à quelque 105 millions de tonnes, soit environ 5 millions de tonnes de moins que l’an dernier et 5 pour cent de moins que la moyenne à longue échéance. Les importations devraient être plus importantes pour couvrir la demande de blé. Dans l’ensemble, on prévoit cette année une légère augmentation des superficies ensemencées et l’objectif de production fixé pour les céréales vivrières est de 495 millions de tonnes, tubercules et légumineuses comprises.

CHYPRE (5 juin)

La production de blé et d’orge de 1999, dont la moisson est en cours, est estimée à 106 000 tonnes, soit environ 63 pour cent de plus que la production réduite de l’an dernier mais 6 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes. On prévoit que les importations de blé et d’orge en 1999/2000 (mai- avril) atteindront 500 000 tonnes, soit un peu plus que l’an dernier.

CORÉE, RÉPUBLIQUE DE (2 juin)

Les meilleures perspectives économiques cette année, en particulier pour les six derniers mois, permettent de penser que la demande se redressera légèrement pour les aliments de base et les produits carnés, demande déprimée ces dernières années en raison de la crise financière. Pour les produits du blé usiné, la demande reste stable, tandis que pour les aliments pour animaux à base de maïs, elle demeure plus limitée en raison du manque de dynamisme des industries de l’élevage et de la volaille.

On prévoit que la production de riz usiné en 1999/2000 sera d’environ 5 millions de tonnes.

CORÉE, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE POPULAIRE DE* (29 juin)

Une mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui s’est rendue récemment dans le pays, a fait part à nouveau de ses préoccupations déjà exprimées lors des évaluations précédentes, en particulier concernant la dégradation des normes nutritionnelles. Des pénuries alimentaires de grande échelle ont déclenché des problèmes nutritionnels chroniques touchant l’ensemble de la population, qui pourraient avoir des conséquences irréversibles à long terme. Une enquête nutritionnelle effectuée l’an dernier a indiqué qu’environ 62 pour cent des enfants étudiés souffrent d’un retard de croissance modéré ou grave, tandis que 61 pour cent à peu près présentent une insuffisance pondérale. La fréquence du retard de croissance risque de rester importante, indépendamment des mesures correctrices appliquées actuellement, bien que des suppléments nutritionnels puissent réduire le dépérissement qui est déjà fréquent. Quoique l’enquête nutritionnelle de 1998 ait donné une bonne idée de la situation, il est nécessaire de vérifier encore l’étendue et la gravité du problème, afin de proposer des remèdes spécifiques. Compte tenu de ce qui précède, la mission souligne le besoin d’une enquête nutritionnelle plus exhaustive.

Les problèmes alimentaires devenant chroniques, il est de plus en plus important que, outre les céréales qui ont été la principale composante de l’aide alimentaire jusqu’ici, les aliments fournissant des acides aminés et acides gras essentiels ainsi que des micronutriments soient inclus afin de compenser les carences nutritionnelles. Il est donc impératif que l’aide alimentaire internationale soit plus diversifiée pour inclure des quantités plus importantes d’huiles et de protéines.

La mission a également observé des différences sensibles dans la consommation alimentaire. Certains groupes de population, par exemple des familles recevant une aide alimentaire internationale et/ou des intrants agricoles, sont mieux en mesure de faire face aux pénuries alimentaires que les habitants des zones montagneuses ou les familles de travailleurs industriels, notamment dans les régions non agricoles. Ces dernières années, ces groupes ont vu chuter le revenu que leur procurent les activités productives et les mécanismes de survie rationnels leur sont peu familiers. Ces familles sont déjà presque entièrement tributaires des rations du Système public de distribution de vivres. Les distributions d’aliments ayant cessé en avril 1999, elles ont dû compter sur d’autres denrées alimentaires ayant une valeur nutritionnelle inférieure. En outre, la capacité de ces groupes de se procurer des aliments sur les marchés agricoles est très limitée, parce qu’ils vivent dans des zones non agricoles et/ou n’ont pas assez de ressources pour acheter des aliments en quantités suffisantes. Compte tenu de ces différences, la mission s’est déclarée très préoccupée au sujet du bien-être nutritionnel de la population dans les zones du nord-est du pays qui sont industrielles et où les activités agricoles sont limitées. Bien que le PAM réponde à ces préoccupations en visant davantage de bénéficiaires dans le nord-est et en augmentant les rations, le nombre total de bénéficiaires et les programmes vivres-contre-travail dans ces zones, il faudra dans l’avenir mieux définir les besoins en tenant compte des facteurs géographiques et démographiques.

Sur la base des estimations de la production de riz et de maïs en 1998 faites par la dernière mission en octobre, et compte tenu de la production d’orge, de blé et de pommes de terre obtenue avec la double récolte de cette année, les disponibilités de céréales de 1998/99 ont été révisées et s’établissent maintenant à 3,78 millions de tonnes, soit environ 9 pour cent de plus que l’estimation initiale. En revanche, les besoins d’utilisation, concernant notamment les denrées vivrières, les aliments pour animaux et autres choses (semences et déchets), sont évalués à 4,823 millions de tonnes, ce qui laisse des besoins d’importation de 1,04 million de tonnes pour l’année. Sur cette quantité, on estime que les importations commerciales durant la campagne de commercialisation resteront inchangées à 300 000 tonnes. Les importations au titre de l’aide alimentaire, déjà livrées ou dans la filière, se montent à 642 000 tonnes. Les besoins d’importation non couverts sont donc d’environ 98 000 tonnes.

GÉORGIE* (25 mai)

La prévision actuelle relative à la production ne dépasse pas les 800 000 tonnes de l’an dernier. Les céréales d’hiver, principalement blé et orge, ont profité des conditions très satisfaisantes, mais selon les rapports officiels, la superficie ensemencée en blé d’hiver a diminué encore de 18 000 hectares, passant à 107 000 hectares. Même avec des rendements moyens, selon les prévisions officielles, la récolte de blé de 1999 s’établira à environ 150 000 tonnes, contre 160 000 tonnes en 1998. Toutefois, les estimations officielles tendent à sous-estimer la production effective. En même temps, les rendements risquent de rester faibles en raison de problèmes structurels tels que le manque de crédit, des installations de commercialisation et de transformation inadéquates et des systèmes d’irrigation et de drainage mal entretenus. La demande commerciale de denrées alimentaires et la disponibilité de fonds pour l’achat d’intrants ont souffert de la dépréciation du lari, de l’aggravation du déficit budgétaire et de la désorganisation du commerce avec la Fédération de Russie. En conséquence, l’aide humanitaire aux groupes vulnérables sera encore nécessaire en 1999/2000.

Les livraisons de céréales à titre d’aide alimentaire durant la campagne de commercialisation 1998/99 se sont montées à quelque 90 000 tonnes, principalement de blé. Le solde des besoins d’importations céréalières devrait être couvert par des importations commerciales. On peut constater que les importations enregistrées de blé et de farine ont fortement chuté après l'extension au blé de la TVA de 20 pour cent déjà appliquée sur les importations de farine. Néanmoins, la situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante, mais dans le climat économique plus difficile qui s’est instauré après la crise financière en Russie, les populations vulnérables continueront d’avoir besoin d’aide.

Le PAM a prévu de fournir 18 000 tonnes d’aide alimentaire à 180 000 personnes vulnérables et a ciblé des programmes vivres-contre-travail sur une période d’un an à partir de juillet 1999, avec une nouvelle phase de l’opération de secours et de redressement prolongée. La nouvelle phase vise principalement à augmenter le nombre des bénéficiaires des programmes vivres-contre-travail pour aider les personnes vulnérables à couvrir leur besoins alimentaires en cette période de baisse du pouvoir d’achat.

INDE (2 juin)

Les températures élevées fin avril et début mai ont nui à la récolte du riz et des légumes dans certaines zones mais ont été très favorables au blé et aux graines oléagineuses en phase de maturation. Les premières projections du Département de la météorologie du pays prévoient des pluies de mousson normales en 1999, qui commencent la dernière semaine de mai dans le sud et couvrent tout le pays en septembre. Le bon déroulement de la mousson est essentiel pour le riz “kharif” et les céréales secondaires. Grâce aux conditions météorologiques favorables, l’estimation de la production de blé pour 1999 a été révisée à la hausse et fixée à 72,8 millions de tonnes, chiffre exceptionnel représentant près de 2 millions de tonnes de plus que la prévision précédente et environ 7 millions de tonnes ou 10 pour cent de plus qu’en 1998. Le record précédent pour la production de blé a été enregistré en 1997, avec 69 millions de tonnes. Les perspectives de production s’étant améliorées, le prix de gros du blé à Delhi et à Bombay a sensiblement fléchi.

Du fait de l’accroissement de la production de blé et de riz, la production totale de céréales vivrières de 1998/99 est estimée à plus de 201 millions de tonnes, soit 3 pour cent de plus qu’une projection précédente et quelque 10 millions de tonnes de plus que l’année précédente.

La Food Corporation of India (FCI) a déjà acheté 12,94 millions de tonnes de blé aux agriculteurs pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (avril/mars), niveau le plus haut en 10 ans. L’estimation finale des achats atteindra probablement un chiffre record, 14 millions de tonnes. En outre, la qualité du blé acheté serait exceptionnellement bonne en raison des faibles taux d’humidité. Le Gouvernement a donné depuis peu l’autorisation d’exporter jusqu’à un million de tonnes de blé.

INDONÉSIE* (2 juin)

Dans l’ouest de Java, les pluies en avril/mai ont augmenté les réserves d’humidité pour les cultures de la deuxième campagne, tandis que le temps en général sec a favorisé les travaux des champs dans l’est. Les premières indications météorologiques et un léger redressement de l’économie permettent de penser que la production de riz sera meilleure en 1999, par rapport à l’année précédente, ce qui pourrait entraîner une certaine augmentation des superficies plantées en riz. En outre, grâce aux investissements et à l’amélioration des réseaux d’irrigation, soutenus par des mesures d’encouragement gouvernementales visant à améliorer la fourniture de crédit et d’intrants, on prévoit également une hausse des rendements.

La projection officielle pour la production de paddy de 1999 est de 48,7 millions de tonnes, chiffre proche de l’estimation finale de 48,5 millions de tonnes pour 1998. Sur la base de cette prévision, les besoins d’importations de riz pour la campagne de commercialisation de 1999/2000 (avril-mars), sont estimés à environ 3,1 millions de tonnes. Outre le riz, quelque 3,3 millions de tonnes de blé seront nécessaires durant la campagne de commercialisation en cours. Avec le ralentissement des activités économiques, la demande de produits du blé relativement chers, en particulier dans le secteur de la restauration rapide, a diminué en raison de la baisse des revenus. Compte tenu des stocks d’ouverture ainsi que de l’aide alimentaire bilatérale sous forme de blé déjà programmée, les besoins non couverts d’importation de blé en 1999/2000 sont estimés à 2,2 millions de tonnes. A la mi-mai, l’Office national de planification de la logistique (BULOG) a annoncé des plans pour vendre quelque 500 000 tonnes de blé en stock, plus du sucre et du soja, sur le marché libre. Auparavant, l’Office était responsable de plusieurs produits, y compris blé et sucre, mais il ne s’occupe plus maintenant que de riz. Avec la libéralisation accrue, les minoteries sont maintenant en mesure d’importer du blé directement au lieu de l’acheter par le biais de BULOG et un des problèmes posés par les stocks importants avec l’Office était son prix d’émission qui n’était pas compétitif. BULOG devrait acheter cette année aux producteurs 1,5 à 2 millions de tonnes de riz.

Bien que la crise économique ait affecté principalement la sécurité alimentaire dans les zones urbaines, par la perte d’emplois, la baisse des revenus des ménages et l’accès plus difficile aux aliments, le problème gagne les zones rurales, où les départs vers les villes se multiplient. Dans certaines zones rurales, la population a augmenté sensiblement, exerçant une forte pression sur les services, augmentant la compétition pour les emplois et faisant baisser les salaires. En outre, du fait que la plupart des immigrés n’ont pas de terre et ont peu d’économies ou de biens, ils deviennent plus vulnérables aux pénuries alimentaires. Malgré l’aggravation de la pauvreté rurale, la situation nutritionnelle des chômeurs dans les villes suscite encore une vive inquiétude. Dans ces zones, malgré des perspectives de reprise modestes cette année, de larges secteurs de la population restent gravement exposés à l’insécurité alimentaire, car leur capacité de faire face s’est beaucoup dégradée. Des études indiquent des carences nutritionnelles de plus en plus graves, en particulier parmi les groupes à risque tels que les enfants, les femmes enceintes et les mères allaitantes.

L’aide alimentaire internationale et bilatérale au pays a sans aucun doute aidé à réduire l’impact de la crise économique sur les ménages pauvres. Toutefois, la solution à l’insécurité alimentaire à long terme réside dans le redressement de l’économie, mais on considère également indispensable d’appuyer les initiatives nationales et internationales visant à stimuler le redressement agricole et économique.

IRAN, RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D’ (2 juin)

La sécheresse et la plus grave pénurie d’eau en trois décennies ont gravement affecté la production intérieure cette année. Le Gouvernement exhorte les agriculteurs à réduire la consommation d’eau et à creuser des puits pour faire face au manque de pluie. Les zones les plus durement touchées seraient les terres sèches autour de la province d’Ardebil dans le nord-ouest, qui est presque entièrement tributaire des précipitations. En raison de la sécheresse, on prévoit également une grave pénurie d’eau dans le pays à partir de juin. La production intérieure de blé devrait tomber à quelque 9 millions de tonnes cette année, soit environ 25 pour cent de moins que l’année dernière. Les récoltes ayant été mauvaises, les importations risquent d’augmenter sensiblement cette année.

IRAQ* (5 juin)

Une sécheresse considérée la plus grave de ce siècle a causé de graves dégâts aux récoltes d’hiver de 1999. Les précipitations totales durant la saison des pluies d’octobre 1998 à mars 1999 ont représenté environ un tiers de la moyenne dans la plupart des régions. Les niveaux d’eau dans les principaux fleuves sont tombés de plus de 50 pour cent. De plus, la production a été limitée par de graves pénuries d’intrants agricoles essentiels et la multiplication des ravageurs, des adventices et des maladies animales. De récents rapports indiquent que plus de 4,6 millions de donums sous céréales, environ 46 pour cent de la superficie cultivée totale, ont été fortement endommagés. La sécheresse a également beaucoup nui au bétail, déjà touché par la fièvre aphteuse qui a infecté jusqu’ici plus de 2,5 millions d’animaux.

Le Secrétaire général des Nations Unies a approuvé le plan de distribution pour la sixième phase de l’opération “vivres-contre-pétrole” en mai, autorisant l’Iraq à vendre jusqu’à 5,26 milliards de dollars E.- U. de pétrole sur une période de six mois, afin d’acheter des vivres, des médicaments et des fournitures sanitaires et de procéder aux réparations d’urgence des infrastructures.

Malgré une certaine amélioration de la situation générale des approvisionnements alimentaires, suite à l’application de l’accord “vivres-contre-pétrole”, les problèmes sanitaires et nutritionnels demeurent généralisés dans de nombreuses régions. On prévoit que la sécheresse aggravera les problèmes d’approvisionnement vivrier existant dans le pays.

ISRAËL (5 juin)

Les perspectives pour la récolte de blé de 1999, dont la moisson est en cours, sont défavorables en raison de la grave sécheresse qui a également touché plusieurs autres pays de la région. En avril, le Gouvernement a officiellement déclaré 1999 une année de sécheresse et réduit de 40 pour cent l’eau allouée aux agriculteurs. Des milliers d’hectares plantés en blé auraient subi des dégâts. En 1998, la production de blé a été estimée à 168 000 tonnes, soit environ 6 pour cent de plus que la moyenne.

Les importations de céréales en 1999/2000 (juillet/juin) devraient s’établir à quelque 2,6 millions de tonnes, comme l’année précédente.

JAPON (2 juin)

Les semis du riz sont en cours, bien que quelque peu ralentis par de fortes pluies généralisées. Toutefois, ces pluies ont gonflé les réserves d’humidité du sol dans le sud et le centre du pays. Les surfaces plantées en riz ont été ajustées cette année à 963 000 hectares, comme l’an dernier. La superficie totale potentielle plantée en riz dans le pays est estimée à quelque 2,8 millions d’hectares. La demande de produits du blé étant plus faible et la demande d’aliments pour animaux stationnaire en raison de la réduction des troupeaux, l’importation de blé et de céréales fourragères devraient baisser l’an prochain.

JORDANIE (5 juin)

Une mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, dans le pays du 28 avril au 15 mai, a constaté que la sécheresse la plus grave depuis des décennies a décimé les céréales et fortement réduit la production horticole. Le secteur de l’élevage a été touché de la même manière et de nombreux éleveurs d’ovins risquent la faillite du fait que les coûts montent en flèche et que les produits diminuent en qualité et en quantité. Une épidémie de fièvre aphteuse a aggravé les pertes de production dues à la sécheresse et l’on prévoit de nouvelles poussées épidémiques.

Cette sécheresse sans précédent ne pouvait pas arriver à un moment plus difficile, lorsque la capacité du pays à augmenter ses importations est gravement compromise par le taux élevé de chômage, la réduction des exportations, une baisse des réserves de devises et un taux de remboursement de la dette insoutenable de 850 millions de dollars E.-U. par an.

Selon la mission, la production céréalière intérieure sera la plus basse jamais enregistrée, avec 13 000 tonnes en 1999, ce qui permettra de couvrir seulement 0,6 pour cent environ des besoins de consommation intérieurs, au lieu des 10 pour cent habituels. La mission a estimé que les besoins d’importations céréalières se montent à 1,94 million de tonnes au total, dont 742 000 tonnes de blé, 725 000 tonnes d’orge, 370 000 tonnes de maïs et 99 000 tonnes de riz pour la campagne de commercialisation 1999/2000 (juillet/juin). Environ 80 pour cent des besoins devraient être couverts par des importations commerciales, laissant un déficit de 387 000 tonnes à couvrir par une aide alimentaire d’urgence et au titre de programmes, dont 100 000 tonnes sont déjà engagés. La situation est particulièrement préoccupante pour les quelque 180 000 ménages de pasteurs et de ruraux sans terre, qui auraient besoin de 14 400 tonnes de blé et de 1 300 tonnes de légumineuses sous forme d’aide alimentaire d’urgence pendant huit mois. Il est également impératif de fournir une aide d’urgence au secteur agricole pour faire redémarrer la production pour l’an prochain.

KAZAKHSTAN (25 juin)

La campagne agricole de 1999 s’annonce difficile, malgré une légère reprise prévue dans la récolte de céréales et de légumineuses de 1999 par comparaison avec les 7,3 millions de tonnes de l’an dernier. De bonnes précipitations cet hiver ont accru les réserves d’humidité du sol après la sécheresse de l’an dernier, mais les problèmes économiques se sont aggravés. Les semis des céréales de printemps sont déjà bien avancés; néanmoins, les pluies abondantes ont retardé les opérations dans certaines zones. En revanche, le mois de mai a été relativement sec dans le nord-ouest et pour les cultures nouvellement semées, il est urgent qu’il pleuve. Le manque de fonds de roulement dans les exploitations pour l’achat d’intrants essentiels a été aggravé par la dépréciation du tengué après une période de flottement. Le crédit agricole est encore plus rare que l’an dernier. Pour 80 pour cent des exploitants agricoles qui sont endettés - et dont les dépôts bancaires sont bloqués - le troc est le seul moyen d’obtenir les intrants nécessaires. Toutefois, la capacité des agriculteurs de troquer des intrants a été affectée par la mauvaise récolte l’an dernier. Le surendettement, le manque de fonds de roulement et la pénurie d’engrais, de machines et de pesticides devraient entraîner une nouvelle réduction des semis et des rendements agricoles. Les surfaces plantées en céréales d’hiver ont diminué de 12 pour cent, passant à 0,7 million d’hectares. D’après les dernières prévisions officielles, les surfaces totales plantées en céréales à récolter en 1999 risquent de tomber à environ 11 millions d’hectares, dont 9 millions d’hectares de blé. Toutefois, les conditions météorologiques étant normales, les rendements moyens pourraient s’améliorer par rapport au bas niveau de l’an dernier et l’on prévoit que la récolte de céréales de 1999 progressera jusqu’à 9,5 millions de tonnes.

Les bas prix du pétrole et l’impact de la crise économique en Russie expliquent le ralentissement de l’économie en 1998 et 1999. Durant les neuf premiers mois de la campagne de commercialisation en cours, 1,8 million de tonnes de céréales comprenant du blé ont été exportées. Après la dévaluation du tengué, les exportations sont devenues plus compétitives et les importations moins intéressantes. Il semble que les droits imposés récemment de 200 pour cent sur les importations de produits provenant de pays voisins seront supprimés.

LAOS* (2 juin)

Dans la deuxième décade de mai, des pluies éparses de modérées à fortes sont tombées, profitant aux cultures de la deuxième campagne (saison sèche). La production de paddy de 1998/99 est estimée à 1,77 million de tonnes, soit environ 21 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes et un peu plus que l’année passée. La production est restée satisfaisante, en dépit de périodes de sécheresse localisée et d’une forte réduction des semis de riz d’altitude. Cet accroissement s’explique principalement par les inondations exceptionnellement faibles et par la forte expansion des cultures irriguées de riz de contre-saison.

Les importations commerciales devraient être négligeables. Parmi les secteurs les plus vulnérables de la population toutefois, une aide alimentaire allouée aux projets continue d’être nécessaire pour appuyer des interventions bien ciblées dans les zones où la production rizicole a reculé en 1998/99. Sur la base des données disponibles, on estime à 251 000 les personnes touchées qui auront besoin d’une assistance pour une durée moyenne de quatre mois, ce qui implique des besoins d’aide alimentaire de 12 000 tonnes, dont une partie peut être achetée sur place.

Le Comité de planification de l’État et le Ministère de l’agriculture et des forêts ont prévu d’entreprendre leur premier recensement agricole en février/mars avec l’aide de donateurs. Un large éventail de données sera collecté dans les 141 districts, notamment sur les types de cultures, les intrants, la taille des exploitations, l’utilisation de la main-d’oeuvre et le bétail.

LIBAN (5 juin)

La production de blé et d’orge de 1999, dont la récolte se poursuit, devrait être d’environ 62 000 tonnes, chiffre à peu près égal à celui de l’an dernier. En 1998/99 (juillet/juin), les importations de blé devraient s’établir à 0,5 million de tonnes environ.

MALAISIE (2 juin)

Sur la base des rapports du Département de la météorologie, des précipitations supérieures à la moyenne ont été enregistrées entre les deux moussons. Cela est attribué en grande partie au phénomène La Niña dont les effets devraient commencer à s’atténuer peu à peu jusqu’en août. Bien que la mousson du sud- ouest, qui commence en juin, soit normalement associée à une période relativement sèche, on prévoit cette année que les pluies seront supérieures à la normale. On estime que la production de paddy en 1998 a été légèrement inférieure à la moyenne de 2 millions de tonnes.

Ces derniers mois, près d’un million de porcs ont dû être abattus en raison de la diffusion de l’encéphalite japonaise, dont ces animaux sont porteurs, qui a tué une centaine de personnes. Les derniers cas de maladie ont été signalés dans l’État de Malacca.

MONGOLIE* (2 juin)

Les semis du blé de la campagne principale, qui sera récolté en octobre/novembre, sont en cours dans les grandes régions productrices. Le mauvais temps associé à la persistance des problèmes dans le secteur agricole, a provoqué une nouvelle baisse de la production céréalière en 1998. La production de blé de 1998 a été d’environ 195 000 tonnes, niveau le plus bas en trois décennies et environ 18 pour cent de moins qu’en 1997 et 34 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Le Ministère de l’agriculture et de l’industrie a affecté 253 000 hectares aux cultures en 1999. Néanmoins, en raison du manque de semences, cet objectif pourrait ne pas être atteint. La FAO aide le Gouvernement à mettre en oeuvre des programmes axés sur la production agricole et le reboisement.

Du fait de la baisse des disponibilités intérieures de céréales, le pays a vu se détériorer sa capacité de nourrir sa population et le nombre de personnes sous- alimentées ne fait qu’augmenter. Les besoins d’importations sont toujours importants car la situation est aggravée par les faibles réserves céréalières, la baisse des exportations et la capacité réduite du pays d’effectuer des importations commerciales de céréales en quantité suffisante pour couvrir le déficit.

Compte tenu des problèmes d’approvisionnement vivrier dans le pays, quelque 60 000 tonnes d’aide alimentaire ont été engagées, dont 45 000 tonnes déjà livrées. En outre, 48 000 tonnes de semences de blé ont également été fournies.

MYANMAR (2 juin)

Des pluies exceptionnellement abondantes en avril ont légèrement endommagé le riz de saison sèche dans certaines zones, en particulier dans les zones bonifiées de Nyaungdone. Les semis du riz de la campagne principale (saison humide) se poursuivent et s’achèveront à la fin de juin dans la grande partie du pays. La récolte du riz commencera en octobre. La récolte du riz de la campagne principale représente environ 85 pour cent de la production totale. A supposer que les conditions météorologiques soient normales, la production augmentera cette année du fait de l’accroissement des superficies plantées. Les rendements toutefois continuent d’être limités par le manque d’intrants essentiels. Pour favoriser les exportations de riz, le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures, permettant notamment aux producteurs qui bonifient des terres en friche ou marécageuses pour cultiver du paddy, à exporter 50 pour cent de leur production.

Les conditions généralement favorables l’année dernière ont entraîné une petite augmentation de la production du paddy qui a atteint 17,8 millions de tonnes, soit quelque 7 pour cent de plus que l’année précédente.

Les exportations de riz pour 1999 devraient s’établir à 100 000 tonnes, contre environ 94 000 tonnes l’année précédente.

NÉPAL (2 juin)

On estime que la production de blé atteindra cette année environ 967 000 tonnes sur 650 000 hectares, soit environ 4 pour cent de plus qu’en 1998 et un peu plus que la moyenne. En raison des dégâts causés par les inondations l’an dernier, la récolte de paddy a été inférieure de quelque 200 000 tonnes à celle de 1997. La production totale de céréales pour 1998/99 est estimée à 5,9 millions de tonnes (en équivalent paddy), soit à peu près 5 pour cent de moins que l’année précédente.

La productivité agricole dans le pays reste médiocre et toute augmentation de la production globale dans le passé a été attribuée en grande partie à l’expansion des superficies cultivées et non à des hausses de rendement. Parmi les autres facteurs qui entravent l’essor du secteur, il faut citer la médiocrité des infrastructures (réseaux d’irrigation et routes) et la fourniture irrégulière d’intrants essentiels. Afin d’améliorer la fourniture d’intrants et leur efficacité et de stimuler la croissance, le gouvernement a déréglementé la commercialisation des engrais et prévoit d’éliminer les subventions aux engrais d’ici à juillet 1999.

OUZBÉKISTAN (28 mai)

La récolte des céréales d’hiver de 1999 a démarré dans plusieurs régions. Les perspectives demeurent satisfaisantes, mais sans intrants essentiels, la production risque d’être très inférieure à l’objectif de production révisé de 5,3 millions de tonnes. Il semble que la superficie cultivée est restée stable. Dans les grandes exploitations, le blé et l’orge occupent 1,3 million d’hectares, dont 1 million d’hectares de terres irriguées. Par ailleurs, la population rurale doit ensemencer d’autres superficies sur ses propres parcelles, dont les rendements augmentent plus rapidement que ceux des grandes exploitations. L’objectif de production des céréales d’hiver de 1999 avait été précédemment fixé à 4,6 millions de tonnes, dont 4,0 millions de tonnes (3,8 millions de tonnes de blé) en provenance des grandes exploitations et le reste des parcelles privées. Cet objectif est supérieur à la production estimée de 3,8 millions de tonnes de blé et d’orge en 1998. En outre, le pays a produit environ 0,5 million de tonnes de maïs et de riz, portant le total de la production céréalière de 1998 à 4,3 millions de tonnes. Le pays réduit ses importations de céréales afin de maintenir une balance commerciale positive, malgré la réduction des exportations de fibres de coton, la baisse des prix et la désorganisation du commerce avec la Fédération de Russie et les États voisins. Le déficit céréalier de 1998/99 devrait être couvert par des importations commerciales.

PAKISTAN (2 juin)

Durant la troisième décade de mai, un cyclone tropical “2A” a dévasté un certain nombre de villes et de villages de pêcheurs sur la côte sud près de Karachi. Les districts les plus touchés sont Thatta, Badin et Tharparkar. Le cyclone aurait fait 700 morts et 2 000 disparus. Outre les victimes, 18 000 hectares de terres arables auraient été endommagés.

La récolte du blé, qui vient d’être rentrée, est estimée à 18 millions de tonnes, soit quelque 4 pour cent de moins que l’an dernier. Cette baisse est attribuée en grande partie au fléchissement des rendements dû à l’utilisation réduite des engrais, à une sécheresse prolongée dans les zones de cultures pluviales qui produisent environ 16 pour cent du total, et à des semis tardifs. La production de blé dans le pays devrait rester stable, aux alentours des niveaux actuels dans l’avenir, du fait de la présence d’autres cultures compétitives et de problèmes concernant la salinisation, la fourniture d’intrants et la qualité des semences. A supposer que les conditions météorologiques soient normales, la production de riz de 1999 devrait s’établir à 5 millions de tonnes, soit le même chiffre que l’an dernier et environ 18 pour cent de la moyenne des années 1993-1997.

Les importations de blé pour la campagne de commercialisation 1998/99 sont estimées à 2,9 millions de tonnes et devraient augmenter en 1999/2000, étant donné que la production intérieure a baissé cette année.

PHILIPPINES (2 juin)

Le temps plus sec en mai a réduit l’humidité et favorisé la récolte de céréales de la deuxième campagne. Auparavant, des averses supérieures à la normale ont persisté en avril dans l’est du pays, ralentissant la récolte des céréales de la deuxième campagne. Dans l’ensemble, des pluies abondantes durant le premier trimestre ont stimulé la production de paddy et de maïs. La production de riz et de maïs durant le premier trimestre de 1999 est la plus forte enregistrée ces cinq dernières années et indique une reprise considérable par comparaison avec les récoltes réduites par El Niño l’an dernier. Selon des rapports officiels, la production de paddy durant le premier trimestre a été d’environ 3 millions de tonnes contre 2,2 millions de tonnes durant la même période l’an dernier, tandis que la production de maïs est estimée à 1,265 millions de tonnes, soit environ 60 pour cent de plus que l’an dernier.

Grâce à une bonne production au premier trimestre, les stocks céréaliers sont abondants. Les stocks de riz se montaient à 2,43 millions de tonnes au début d’avril, c’est-à-dire 11,6 pour cent de plus que l’an dernier, alors que ceux de maïs étaient de 448 800 tonnes à peu près, soit 31,4 pour cent de plus que l’année précédente.

RÉPUBLIQUE KIRGHIZE (26 mai)

La politique agricole vise essentiellement à introduire la privatisation des terres et à augmenter la production de betteraves à sucre, de maïs, de coton et de tabac, tout en faisant en sorte que la production de blé demeure stable. L’objectif fixé pour la production de céréales en 1999 est de 1,7 million de tonnes. La récolte en 1998 est estimée officiellement à 1,6 million de tonnes.

Les perspectives de récolte pour le blé d’hiver de 1999 restent satisfaisantes. Il semble que l’abandon des céréales au profit des cultures industrielles et autres cultures vivrières se poursuivra cette année. Il pourrait être difficile d’obtenir les hausses de rendement envisagées étant donné le manque d’argent dans les exploitations pour l’achat d’intrants, la dévaluation du som et l’aggravation des problèmes économiques cette année à la suite de la crise financière en Russie. Il est prévu pour le moment que la récolte céréalière de 1999 restera à 1,6 million de tonnes et comprendra 1,2 million de tonnes de blé.

On prévoit que les importations céréalières en 1998/99 seront de quelque 120 000 tonnes. Les livraisons d’aide alimentaire se sont montées à 4 000 tonnes et le solde a été couvert par des importations commerciales. Le pays exporte aussi 150 000 tonnes de blé par an aux États voisins de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan.

SRI LANKA (2 juin)

Dans la deuxième moitié d’avril, des pluies torrentielles et des inondations dans les districts de l’ouest et du sud de Colombo ont fait de nombreux morts et blessés. Les semis du riz “yala”de la campagne secondaire, qui représentent environ le tiers de la production totale, sont presque achevés et la récolte commencera début août. Les pluies abondantes tombées plus tôt durant la campagne qui ont permis de remplir les réservoirs d’eau d’irrigation, ainsi que les prix intéressants du riz au moment des semis devraient faire croître les superficies plantées et la production totales de riz “yala”.

La production totale de paddy de 1998/99 est estimée à 2,7 millions de tonnes (1,87 million de tonnes de riz usiné). La récolte “maha” de 1998 a souffert un peu des pluies abondantes tombées durant la phase de maturation.

Selon des rapports officiels, le pays a importé environ 150 000 tonnes de riz l’an dernier et quelque 0,9 million de tonnes de blé. Ces dernières années, la consommation de riz par habitant a diminué car les consommateurs ont donné la préférence aux produits du blé.

SYRIE (5 juin)

La sécheresse la plus grave ces dernières années a endommagé les cultures de blé et d’orge dont la moisson est en cours. Cette année, les précipitations auraient été inférieures de 50 pour cent à la moyenne. Plusieurs fleuves se seraient taris, ce qui a affecté les cultures irriguées d’été. On évalue la production de blé de 1999 à 2,8 millions de tonnes, soit nettement moins que les 4,1 millions de tonnes enregistrées l’an dernier et environ 30 pour cent de moins que la moyenne. La récolte d’orge est estimée à 700 000 tonnes, quelque 48 pour cent en deçà de la moyenne.

Les stocks de blé seraient suffisants mais les importations d’orge devraient augmenter pour couvrir la demande d’aliments pour animaux à la suite de la perte de pâturages.

TADJIKISTAN* (27 mai)

D’après les renseignements les plus récents, la récolte de céréales et de légumineuses de 1999 pourrait être très inférieure aux 500 000 tonnes indiquées l’an dernier par des estimations officielles. Selon les premières estimations officielles, en 1999, les emblavures n’étaient plus que de 90 000 hectares à cause des pénuries d’intrants (principalement de semences) et de la salinisation. On a laissé en friche 80 000 hectares et on a reconverti à la culture du coton quelque 10 000 hectares de terres irriguées. En outre, un hiver bref et doux et un printemps humide ont favorisé le développement de la rouille et du charbon et les rendements pourraient être inférieurs à ceux de l’an dernier. On peut déjà prévoir que la récolte de céréales et de légumineuses de 1999 tombera de 14 pour cent, s’établissant à 430 000 tonnes. En décembre 1998, une loi a affecté 28 000 hectares de terres supplémentaires à l’exploitation privée, mais trop tard pour semer des céréales d’hiver avec de bons résultats.

La baisse de production devra être compensée par une aide alimentaire et des importations commerciales, en provenance principalement du Kazakhstan et du Kirghizistan.

Un appel a été lancé en décembre 1998 pour un total de 24,8 millions de dollars E.-U., destiné à satisfaire les besoins humanitaires et à permettre la réadaptation de plus de 500 000 personnes vulnérables en 1999. L’appel comprend des projets visant à accroître la production de denrées vivrières de base et la sécurité alimentaire, et prévoit aussi la fourniture de vivres aux populations à risque.

THAÏLANDE (2 juin)

De fortes averses précoces et généralisées sur la grande partie du pays en avril et en mai ont augmenté sensiblement les réserves d’eau pour l’irrigation du riz et du maïs de la campagne principale, tout en ralentissant la récolte du riz de la campagne secondaire. Des averses plus fortes dans l’ouest ont provoqué quelques inondations. Dans l’ensemble, les précipitations supérieures à la normale durant la saison sèche ont favorisé le développement du riz de la campagne secondaire, dont la récolte est en cours. Selon des rapports officiels, la production de riz de la campagne secondaire sera d’environ 4,5 millions de tonnes, contre 3,8 millions de tonnes estimés précédemment.

En prévision d’une meilleure récolte de la campagne secondaire, l’objectif d’exportation du riz pour 1999 a été récemment porté à 5,5 millions de tonnes, alors que l’objectif initial était de 5,3 millions de tonnes. Durant les quatre premiers mois de l’année, toutefois, les exportations de riz ont été inférieures de 23 pour cent à celles enregistrées l’année dernière durant la même période. Quelque 1,83 million de tonnes de riz ont été exportées de janvier à avril, contre 2,37 millions de tonnes durant la période correspondante en 1998.

TURKMÉNISTAN (28 mai)

La récolte des céréales d’hiver, semées sur 570 000 hectares, est en cours. Les conditions de croissance ont été favorables cet hiver. Il semble que l’objectif de production pour les céréales d’hiver de 1,3 million de tonnes pour 1999 pourra être atteint. En outre, le pays produit un peu de maïs et de riz. L’objectif de production du coton est de 1,3 million de tonnes. La production a atteint 700 000 tonnes en 1998.

TURQUIE (5 juin)

On prévoit que la production de blé de 1999 sera de 20 millions de tonnes, soit comme l’année dernière, tandis que la production de maïs devrait augmenter. Néanmoins, ces chiffres peuvent être révisés à la baisse du fait de la sécheresse qui sévit dans le sud- est et le centre du pays. Les importations de blé durant la campagne de commercialisation actuelle 1998/99 (juillet/juin) devraient s’établir à environ 0,9 million de tonnes, c’est-à-dire quelque 36 pour cent de moins qu’en 1997/98. Les importations de maïs devraient reculer, passant à 650 000 tonnes, soit environ 200 000 tonnes de moins que l’année précédente.

VIET NAM (2 juin)

La saison des pluies a commencé à la mi-avril dans les principales zones de culture le long du delta du Mekong et dans les montagnes du centre. C’est la première fois en trois décennies que la saison humide commence si tôt; cela a mis fin à un temps extrêmement sec dans la région du delta. Normalement, la saison humide commence fin avril ou début mai. La sécheresse ayant fait son apparition plus tôt, les rendements d’hiver et du printemps 1998/99 devraient être légèrement inférieurs à ceux de l’an dernier.

L’objectif fixé pour les exportations de riz en 1999 est de 3,9 millions de tonnes, soit un peu plus que les 3,8 millions de tonnes de l’an dernier. A ce jour, les exportations de riz auraient atteint cette année quelque 1,3 million de tonnes de riz, soit une baisse sensible par rapport aux 2,3 millions de tonnes exportées durant la même période l’an dernier, lorsque l’Indonésie et les Philippines étaient plus actives sur le marché. En début d’année, des rapports officiels ont indiqué que 2,3 millions de personnes environ souffraient de pénuries alimentaires dues au temps sec qui a sévi dans les provinces du nord et du centre.

YÉMEN (5 juin)

La production céréalière totale en 1999 devrait s’établir à 748 000 tonnes, soit à peu près autant que la moyenne, mais environ 10 pour cent de moins que la récolte exceptionnelle de l’an dernier.

Des criquets pèlerins épars pourraient persister par endroits dans le nord des plaines côtières de la mer Rouge, près de la frontière avec l’Arabie saoudite et se reproduire s’il pleut encore.

Les importations céréalières de 1999 - blé essentiellement - sont estimées à 2,7 millions de tonnes environ.


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