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III. Bilan Demande / Offre

Comme on le voit, des incertitudes résident aussi bien sur le niveau de la demande que sur l’offre de combustible ligneux.

En ce qui concerne la demande, si le bois est utilisé par tous les ménages urbains pratiquement, l’on ne sait pas avec exactitude la contribution du combustible ligneux dans la satisfaction des besoins énergétiques en milieu rural : nous réaffirmons qu’il y a une forte utilisation de résidus agricoles dans certaines zones rurales. Par ailleurs, les besoins sont exprimés en fonction du croît de la population, sur la base du RGP 1988. Or, il reste à vérifier que ce taux de croît est toujours valable. En outre, l n’est pas pris en compte la dimension «urbanisation » alors qu’elle peut influer sur la demande. Enfin, la demande estimée n’intègre pas la consommation ponctuelle mais importante enregistrée à l’occasion de certaines manifestations (fête de tabaski par exemple). Quant à l’offre, les superficies des différents types de forêts du pays, leur état actuel (niveau de dégradation), leurs productivités respectives et partant leurs productions ainsi que le potentiel sur pied sont toujours mal connus. Dans ces conditions il est difficile de dresser un bilan véritablement fiable entre l’offre et la demande en combustible ligneux dans le pays.

 

 

Mais, déjà les évaluations réalisées dans le cadre de l’élaboration des schémas directeurs d’approvisionnement en bois des villes ont montré que le bilan Ressources Ligneuses Disponibles/Besoins en bois est négatif dans les départements de Tahoua, Maradi et Zinder et tout porte à croire qu’il en est de même pour ceux d’Agadez et Diffa : dans toutes ces zones les prélèvements de bois sur les forêts sont donc supérieurs à la capacité de régénération de ces dernières.

Malgré les limites mentionnées ci-dessus, un bilan a été dégagé à l’échelle nationale et la situation. Ces informations sont présentées dans le tableau ci-dessous :

Tableau n°7 : Bilan de la Production de bois par rapport aux besoins.

Années

Bilan (Production - Besoins)

% de la production par rapport aux besoins

(Stères)

(Tonnes)

(%)

1989

-2 036 075

-488 658

77

1990

-2 423 572

-581 657

73

1991

-2 820 422

-676 901

70

1992

-3 226 925

-774 462

67

1993

-3 643 390

-874 414

64

1994

-4 070 135

-976 832

62

1995

-4 507 490

-1 081 798

59

1996

-4 955 794

-1 189 391

56

1997

-5 415 397

-1 299 695

54

1998

-5 886 661

-1 412 799

51

1999

-6 369 959

-1 528 790

49

2000

-6 865 676

-1 647 762

47

2001

-7 374 209

-1 769 810

47

2002

-7 895 970

-1 895 033

43

2003

-8 431 380

-2 023 531

41

2004

-8 980 877

-2 155 410

39

2005

-9 544 911

-2 290 779

37

2006

-10 123 948

-2 429 748

35

2007

-10 718 468

-2 572 432

33

2008

-11 328 966

-2 718 952

32

2009

-11 955 954

-2 869 429

30

2010

-12 599 959

-3 023 990

29

 

Comme on le voit sur le tableau ci-dessus, le bilan à l’échelle nationale est donc négatif et depuis fort longtemps.

Le déficit qui n’était que d’environ 488.000 tonnes en 1989 sera plus que triplé en 2000 pour passer à 1.648.000 tonnes, et il pourrait se situer autour de 3.024.000 tonnes à l’horizon 2010.

En comparaison avec le besoin global du pays, le tableau fait ressortir que la contribution de la production des formations naturelles à la satisfaction du besoin global évolue de manière régressive : de 77% en 1989, elle ne sera que 47% en 2000 et seulement de 29% à l’horizon 2010. Autrement dit, 71% de la demande en bois-énergie du pays devront être satisfaits autrement que par la seule exploitation de la production annuelle des forêts nigériennes en 2010.

Dans la réalité la résorption de ce déficit passe par la combinaison des deux pratiques suivantes qui sont lourdes de conséquence :

- un prélèvement sur le capital forestier, c’est-à-dire un prélèvement qui va au- delà de la production annuelle des forêts et qui est de plus en plus important. Ainsi, à terme et compte tenu de l’accroissement des besoins, ce prélèvement sera insoutenable et le capital sera inévitablement insuffisant pour faire face à la demande. On voit en effet (tableaux 3 et 7) qu’à l’horizon 2010, les besoins totaux en bois-énergie (17,7 millions de stères) représenteront pratiquement le tiers (30,34%) du volume total de bois sur pied du pays (58,33 millions de stères) ; la satisfaction de ces besoins par la seule voie de ponction sur le capital forestier à la disparition pure et simple de ce capital conduira dans un proche avenir, c’est-à-dire à l’horizon 2020 ;

- une utilisation de plus en plus importante de résidus agricoles tels que les tiges de céréales et les déjections des animaux qui par le passé, étaient traditionnellement laissés sur le terrain où ils contibuent à la protection des sols contre les érosions et à la reconstitution de sa fertilité. Leur utilisation à grande échelle comme combustible contribuera à exacerber la crise de fertilité de sols et partant, augmentera la dynamique des défrichements de nouvelles terres de cultures et donc mettra en évidence la régression des formations forestières.

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