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III. Conclusion

Au Niger, les enjeux liés à l’approvisionnement en bois-énergie des populations sont de trois (3) ordres :

Enjeu environnemental, par l’importance des prélèvements, particulièrement pour l’approvisionnement urbain. Ces prélèvements se font de façon largement incontrôlée et leurs effets s’ajoutent à ceux d’autres pressions qui s’exercent sur le milieu naturel fragile ;

Enjeu social, puisque c’est pratiquement toute la population, rurale et urbaine, qui est directement concernée soit en tant que consommateur, soit en tant que «producteur » ;

Enjeu économique enfin, d’une part en raison des revenus que génère directement ou indirectement le commerce du bois, et d’autre part, parce que le bois de feu est aujourd’hui et pour longtemps probablement, le seul combustible domestique disponible qui soit d’origine nationale, tandis que ses substituts potentiels, Kérosène et gaz butane, sont à importer.

Mais, compte tenu d’un certain nombre d’incertitudes aussi bien sur la demande que sur l’offre des ressources en biomasse, établir des balances reste un exercice difficile. Il faut toutefois ne pas perdre de vue les aspects fondamentaux de la situation des énergies traditionnelles au Niger et qui sont régis par des réalités établies :

Il y a une demande (croissante) de bois qu’il faut satisfaire ;

La demande urbaine exerce une pression croissante et destructive sur les formations forestières aux alentours des grandes villes ;

Le Niger, par sa position géographique et ses caractéristiques agro-écologiques, présente un environnement très fragile. Toute dégradation, minime soit-elle, peut avoir des impacts néfastes ;

La substitution est un phénomène très lent et coûte très cher aussi bien au pays qu’aux consommateurs ;

Les foyers améliorés n’auront qu’un impact limité sur le niveau de la demande même si le rythme de pénétration est satisfaisant.

La voie de salut pour garantir un approvisionnement en combustibles domestiques des populations qui soit à la fois durable, régulier, performant, adapté aux attentes des ménages et au meilleur coût pour le consommateur et pour la collectivité demeure la poursuite de la mise en œuvre de la Stratégie Energie Domestique qui assure une gestion conservatoire et rationnelle des ressources ligneuses.

Le but de cette stratégie est d’induire une modification durable, structurelle du fonctionnement des filières bois-énergie. Il s’agit de fournir un effort de création rapide de plusieurs centaines de marchés ruraux pour, à terme, faire disparaître l’exploitation incontrôlée ou au moins la réduire à un stade résiduel et, progressivement, de mettre sous aménagement les zones d’approvisionnement de ces marchés. Des outils méthodologiques existent même si des adaptations sont nécessaires pour les ajuster aux contextes locaux ou nouveaux : par exemple la nécessité de réviser les SDA : enquêtes filières en milieux urbain et rural et à l’échelle nationale, évaluation de la ressource, faire le point des dispositifs d’évaluation de la productivité des formations et mise en place des dispositifs complémentaires...

La dynamique de création massive de marchés ruraux devra s’accompagner d’efforts considérables en matière de promotion de l’économie de bois-énergie (diffusion de foyers améliorés performants).

En matière de substitution, compte tenu des effets négatifs possibles d’un éventuel recours massif au kérosène et au gaz sur la balance de paiements (importation), des efforts devront également être fournis pour promouvoir l’utilisation à grande échelle du charbon minéral, disponible dans le pays.

Pour améliorer la contribution du bois dans la satisfaction des besoins énergétiques, mais aussi dans la satisfaction des besoins en bois de service, nous proposons qu’un intérêt particulier soit porté à l’augmentation du potentiel ligneux sur pied, notamment en milieu rural où le bois manque cruellement dans certaines zones et où on pourrait encourager et développer la foresterie communautaire.

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