FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 11/00 - GÉORGIE* (6 novembre)
La Géorgie est confrontée à une grave crise alimentaire. La production agricole de 2000 a chuté par suite de la sécheresse aiguë qui a affecté tant les cultures pluviales que les secteurs irrigués. Les six régions les plus touchées sont celles de Kakheti, Mtskheta Mtianeti, Kvemo Kartli, Shida Kartli, Samtskhe- Javakheti et Imereti. Dans la région orientale du pays, les récoltes céréalières sont en grande partie perdues. Bien que les choses s’améliorent quelque peu lorsqu’on se déplace vers l’ouest et le nord, les chutes de rendement y sont néanmoins de l’ordre de 50 pour cent ou plus, et la qualité des céréales obtenues est des plus médiocres. Dans les secteurs irrigués, les rendements ont parfois baissé de moitié, par suite d’une irrigation dans l’ensemble inadéquate. À la fin du mois d’octobre, la récolte de 128 000 hectares avait permis de rentrer environ 115 000 tonnes de petites céréales, soit un rendement de 0,9 tonne à l’hectare contre 2,3 tonnes à l’hectare l’an dernier. Selon les estimations provisoires, la production céréalière de 2000, maïs compris, s’établirait à 348 000 tonnes, dont 93 000 tonnes de blé (226 000 en 1999) et 250 000 tonnes de céréales secondaires. Toujours au niveau prévisionnel, la production céréalière d’ensemble de 2000 ne devrait représenter que 44 pour cent de la production céréalière estimative totale de 1999, et 52 pour cent de la dernière moyenne quinquennale.
La sécheresse a en outre affecté toutes les cultures, et pas seulement les céréales. Ainsi, le rendement des pommes de terre, denrée de base importante dans les régions montagneuses, est particulièrement médiocre, notamment dans les régions non irriguées. La production de tournesol a également beaucoup souffert, de même que celle des fruits et des légumes; les vendanges ont aussi été affectées. Enfin, les dégâts subis au niveau des pâturages et de la production de fourrage rendront nécessaire la réduction du cheptel, notamment dans l’est.
Étant donné que la production nationale de céréales (qui comprend les denrées alimentaires, les semences céréalières pour animaux et les pertes) s’établit, au niveau minimum, à 1,09 million de tonnes, on estime que les besoins en importations céréalières de la Géorgie pour 2000/2001 seront de 748 000 tonnes, dont 620 000 tonnes de blé, 88 000 tonnes de maïs, 35 000 tonnes d’orge et 5 000 tonnes de riz. Il est difficile de proposer une estimation précise des importations commerciales, compte tenu des importations informelles et du volume de commerce de transit; on peut toutefois les estimer à 437 000 tonnes, tandis que les promesses d’aide alimentaire se montent à 76 000 tonnes. Il reste donc un déficit non couvert de 235 000 tonnes ainsi ventilé: 124 000 tonnes de blé; 80 000 tonnes de maïs, 30 000 tonnes d’orge et 1 000 tonnes de riz; ce déficit devra être couvert par une aide alimentaire additionnelle.
Une aide alimentaire d’urgence est nécessaire pour environ 696 000 personnes particulièrement touchées par la sécheresse; en outre, le PAM a lancé un appel pour près de 66 000 tonnes d’aide alimentaire sur une période de huit mois allant de novembre à juin, c’est-à- dire jusqu’à la prochaine récolte principale.